55
Commentaires

Le Monde choisit soigneusement ses "révoltés de l'impôt"

La campagne anti-impôts du Monde se poursuit. Cette fois-ci, le quotidien ne s’appuie pas sur un sondage pour témoigner du matraquage fiscal mais sur des reportages. Si les rencontres avec ces "révoltés fiscaux" sont adroitement racontées, elles mettent cependant en lumière des colères singulières, plutôt que des faits statistiques.

Derniers commentaires

Je n'ai lu que l'article sur la dermato, que j'ai trouvé très mauvais, en particulier parce qu'il reprenait les assertions de la malheureuse dame, sans apporter d'informations.
Cet article ressort le délire sur "la sécu, c'est terminé, c'est la CJCE qui l'a dit" qui es complétement faux.

Il n'y a pas longtemps j'ai un propos de Joffrin "ce n'est pas parce qu'on serait devenu tout d'un coup mauvais qu'on perd des lecteurs".
Non, bonhomme, vous avez toujours été mauvais et vous dirigez successivement quotidiens et hebdos depuis 15 ou 20 ans, vous avez juste bénéficié de l'inertie et de l'attachement de vos lecteurs à leurs quotidiens et hebdos, mais à force, on vous quitte.
Si quelqu'un doutait encore que Le monde s'était transformé en un torchon de droite, il aura là la confirmation.
Bonjour
J'attends avec délectation un article du Monde interviewant des personnels de Libération se plaignant de l'application de l'ANI lors de leur licenciement, ANI que leurs porte drapeau avaient tant porté aux nues.
Un article tout à fait charmant, qui met en perspective le truculent discours poujadiste "tous pourris parce que je gagne pas autant que je le souhaiterais".

Je connais un artisan boulanger aujourd'hui retraité, qui vit très confortablement après avoir pu mettre suffisamment de côté. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi médisant, d'aussi accroché au "c'était mieux avant" et d'aussi convaincu d'avoir raison seul contre tous. J'évite au maximum de discuter avec cette personne, et quand j'y suis obligé, je me contente de l'écouter, en l'incitant de préférence à me parler de ses passions, c'est moins désagréable.

Ce que je constate, d'une manière générale, c'est que les entrepreneurs petits et grands ont tous très vite tendance à prétendre que ce qu'ils ont, ils ne le doivent qu'à eux-mêmes. Or c'est une erreur fondamentale, et on ne le répètera jamais assez : réussir économiquement, ça nécessite toute une société. Avoir une affaire qui marche, ce n'est pas qu'une histoire de bonne gestion ou de marketting agressif : c'est avant tout le fait que des gens viennent nous faire confiance et acheter le produit ou le service que l'on propose. On ne réussit jamais seul, et par conséquent, c'est à tort que l'on prétend avoir le droit indiscutable de garder l'intégralité de ses bénéfices en laissant les autres crever la gueule ouverte. Au contraire : c'est parce que l'on a bénéficié d'une confiance de la part du reste de la société que l'on doit s'en montrer digne en y contribuant de quelque manière que ce soit.

Quant à savoir si le gouvernement utilise bien l'argent qu'il obtient grâce aux impôts, j'éviterai soigneusement de répondre, en procédant avec plaisir à une petite mesquinerie goguenarde. Figurez-vous que lors des mouvements universitaires de 2007-2009, les étudiants qui manifestaient se faisaient volontiers agresser dans la rue par des quidams qui leur imposaient de se taire parce que : "Fallait pas voter Sarkozy." C'est avec un plaisir des plus pervers et cynique que j'aime à clâmer aujourd'hui haut et fort aux pigeons et autres cosettes de la presse d'information générale : "Fallait pas voter Hollande. Maintenant taisez-vous."

Je sais bien, c'est bas, c'est vile et veule, ça n'élève absolument pas le débat. Mais rassurez-vous, ce n'est pas que je pense spécialement du bien de Hollande. C'est surtout que je pense du mal des donneurs de leçon qui se convainquent que - sous prétexte qu'ils ne voient que l'argent dans leur vie - ils pourraient se permettre de prendre tout le monde de haut et de prétendre avoir raison sans jamais faire l'effort d'argumenter.

Veuillez pardonner cette incursion dans l'amertume, je vous promets que je n'en rajouterai pas.

Merci beaucoup, en tout cas, Anne-Sophie.
Les professions libérales sont traitées ainsi, on va être précis :

La cotisation d’allocations familiales est de 5,40%.
La cotisation d’assurance maladie est de 9,81 %. 'Ce taux comprend la cotisation additionnelle de solidarité de 0,01%).
La CSG est de 7,50 %. et la CRDS est de 0,50 %.
La CURPS est de 0,50 % pour les médecins

On en est à 24 %

Ensuite, les cotisations retraite obligatoires environ 15 %

On frôle les 40 % avant même d'avoir parlé de l'impôt sur les revenus.

Mais ce n'est pas fini : la fameuse CET, les côtisations professionnelles obligatoires et j'ai dû en oublier.

Cerise sur le gâteau, pour ceux qui sont concernés, la TVA qui gonfle la note donnée au client de 20% et qui repart illico dans les caisses du Trésor.

Prenons un architecte qui vous facture 1000 €, il lui reste nettement moins de 50%, peut être moins de 30% même.

Je ne dis pas que c'est scandaleux, ce post a un but informatif concernant les fameuses professions libérales évoquées plus haut et explique pourquoi leur prix sont extrêmement élevés.
Un peu hasardeux comme calculs car si une mains d'oeuvre est payé 20€ de l'heure, le salariés lui, n'est payé que 9€43 de l'heure brut et si pièce à changer il y a, la différence entre le prix vendu et celui payé peut varier de 1,5 à 5...

Le gains n'est pas le même... trops facile de ce limiter aux « charges » sociales
So what?
C'est la même chose (en ordre de grandeur) pour les salariés. On n'a jamais facturé l'heure de travail au prix du salaire net (ni brut). Il a toujours fallu tenir compte des "charges" et autres cotisations. Sinon, on travaille au noir. Mais on ne finance pas : l'assurance maladie, sa future propre pension de retraite, les allocations familiales, ... sans compter l'école des enfants, la police pour maintenir un semblant d'ordre républicain, etc, etc...
Dans le bâtiment, par exemple, il fallait il y a quelques années facturer l'heure de main d'oeuvre au minimum 2,5 fois le taux horaire net (avant prise en compte du temps payé mais non facturable), simplement pour ne pas perdre d'argent.
Cela n'a rien de nouveau. Je rappelle également qu'il y a quelques lustres, le taux de l'impôt sur les sociétés était à 50%. Et on n'entendait pas en permanence les lamentations des pauvres patrons exploités.
S'il y a une crise actuellement, elle ne vient certainement pas de trop de "charges" ou trop d'impôts. Mais peut-être faudrait-il aller chercher du côté de la "concurrence libre et non faussée"?
Une piste pour Le Monde?
A cela ajouter : liberté des mouvements de capitaux
Comment peut on être anti-austérité ou anti politique de l'offre et en même temps taper sur les pauvres bougres qui supportent (de moins en moins) la cure. J'y voit une incohérence dans la ligne éditoriale.

Une politique de la demande implique, outre un relèvement des minima sociaux et bas salaires, une baisse d'impôt pour les TPE/PME/PMI qui créent l'emploi non délocalisable. Conséquence : fiscalité non optimisable.
11 000 € de bénéfice ? Ce n'est pas beaucoup.
S'il est en Bénéfice Industriel et Commercial, ça correspond à son salaire, même pas 1 000 € par mois.

S'il est en SARL, il peut porter en charges son salaire, auquel cas, ça ne veut rien dire, vu que son salaire peut être de 10 000 €, ou de 100 000 €. C'est un choix. De plus, le bénéfice est soumis à 15% d'impôt sur les Sociétés, et ensuite il déclare en RCM. En fonction du niveau de ses autres revenus, il peut être préférable pour lui de se verser un salaire ou le laisser en bénéfice. Mais peut-être partage-t-il ce bénéfice avec un associé...

Bref ! Donner un bénéfice comme cela, et dire que c'est beaucoup, ça ne correspond pas à grand-chose.

A part ça, pas mal l'article...
Est-ce qu'on doit parler du journal "le monde " ou de son contenu?

Et on ne répond pas les deux mon capitaine, je suis simple matelot.
Les professions libérales et les gérants majoritaires de SARL paient moins de charge, en pourcentage, que les salariés (je veux dire, soyons précis : somme de toutes les charges patronales et salariales).

Le problème c'est que pour ces deux catégories, ce n'est pas prélevé à la source, et donc ils ont toujours l'impression de payer trop. Qu'ils calculent ce que ça leur couterait d'avoir un salarié payé autant qu'eux (net de charges) et ils comprendraient peut être. Mais c'est tellement facile de dire qu'on est écrasé par les charges.

Quant à notre amie la dermato, c'est la sécu qui la fait vivre, alors on peut quand même attendre de cet organisme qu'il contrôle un peu les dépenses générées par les médecins.

Cette petite musqiue anti impots, elle dure depuis quinze ans. Ça a commencé quand, en 1999, après une année de croissance soutenue, la déficit de l'état a été moins important que prévu (mais déficit quand même) et que Chirac a lancé la campagne médiatique "Rendez l'argent". Et les socialistes ont cédé, en plus, avec une baisse d'impots...

Après quinze ans de matraquage (qui continue), pas étonnant qu'on en soit là.
Il y a des râleurs professionnels (j’entends déjà certains ici s'écrier quel toupé il a de parler de râleur alors qu'il n'a pas cessé de le faire ici, ici, et encore là... et patati et patata... à quoi je répondrai qu'il y a de bon et des mauvais râleurs)

Pour en revenir à l'article, il est clair que la concurrence "libre et non fossé" à fait naitre pas mal de problème et on peut comprendre que face aux chômages qui grimpent, les impôts qui augmentent mais pas pour tout le monde on cherche les boucs émissaires sans se rendre compte que ni la sécu, ni les chômeurs ne sont la solution à tous leurs maux.. Ah s'il connaissait tous Anne-Sophie Jacques et se chroniques économique, il n'en serait pas à ce niveau

Quoi qu'il en soit, il quand mêmes des journalistes qui, pour vendre leur feuille de choux, au lieu de faire de l'information, d'expliquer les impôts ceux qui en payent et ce qui n'en payent pas, préfèrent faire du populisme, donner aux peuples ce qu'il demande au lieu de faire une véritable enquête journalistique sur la fiscalité, l'emploi, la répartition de l'impôt, la finance etc...

Merci Anne-Sophie Jacques pour cette brillante chronique et aussi pour avoir mouché Daniel Shneidermann en lui faisant remarqué qu'il y avait d'autres manières de collecter la taxe, ce qui montre, d'ailleurs, que vous auriez fait une excellente journaliste/présentatrice (Je sais, je suis chiant mais c'est pour la bonne cause :-D )
Moi aussi, je suis un "quidam" "ulcèré" et "courroucé" ;-)
Anne-Sophie, on parle de gloubi-boulga, là, pas de bougli-boulga, enfin !
Surtout en inter-titre...
S'il vous reste du chocolat râpé et de la moutarde de Dijon, révisons donc nos classiques !
:-D
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.