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Le Monde : avènement d’une dynastie Niel ? Par Julia Cagé et Benoît Huet

L'économiste des médias et présidente de la société des lecteurs du Monde critique les nouveaux statuts du quotidien et son fonds de dotation, a priori favorables à une sanctuarisation du capital préservant l'indépendance du Monde, mais qui donnent à Xavier Niel le contrôle de la gouvernance. Nous publions ci-dessous le texte qu'elle a adressé au journal, co-signé avec l'avocat Benoît Huet. Le Monde n'a pas publié cette tribune.

Commentaires préférés des abonnés

pendant ce temps :


(...)

On ne le dira jamais assez.

Les élections approchent et Xavier Niel l'a compris.

Derniers commentaires

Instructif et à suivre de près sur la durée...

On ne le dira jamais assez.

Les élections approchent et Xavier Niel l'a compris.

du coup est ce qu'on aura les détails des modalités de transmission du capital d'@si au salaries ? 


Ce qui avait choque dans le processus de restructuration juridique de Mediapart c'est que les actionnaires historiques (dont mauduit et plenel) ont reçu un joli pactole  en vendant leurs parts car "il a bien fallu évaluer mediapart au prix du marche pour ne pas tromper le Fisc". En soit cela me parait légitime  je n'y vois pas d’inconvénient (outre que le fait que mediapart avait du s'endetter pour payer les actionnaires et donc assumer un risque financier important) mais l'excuse m'avait fait un peu sourire, "le prix du marche" venant au secours de ces actionnaires  anti libéralisme c’était pour le moins caucasse.   


Cette nouvelle organisation du Monde est regrettable, mais quand je vois que lagardere a finalement du abdiquer son pouvoir et abandonner sa commandite, je me dis que rien n'est grave dans le marbre , juridiquement il n'y a rien qui soit véritablement immuable. 


"Une brèche vient ainsi s'ouvrir dans le mécanisme d'agrément, qui avait été durement négocié par le Pôle d'indépendance du Monde en 2018, et qui permettait au journal de se prémunir contre l'entrée d’un actionnaire indésiré. 

 ... / ....

Une brèche vient ainsi de s'ouvrir dans le mécanisme d'agrément obtenu par le Pôle d’indépendance du Monde en 2018, et qui lui permettait de se prémunir contre l'entrée d'un actionnaire indésiré."


 Plutôt deux fois qu'une mais est-ce pour autant nécessaire de trouver cette mention à deux endroits ....

Peut-être faut-il ajouter également que chacun est libre de faire ce qu’il veut lorsqu'il s’agit de sa personne et encore dans la limite du respect de l’exercice de la liberté des autres mais surtout que dès lors que l’on est amené à prendre possession du fruit du labeur d’autrui, il n’y aurait pas d’autre issue que celle de décider collectivement de ce qu’il doit advenir de cette garde avant qu’il en ressorte purement et simplement de l’accaparement.


Ce que je veux dire c’est que l’on pourra encore s’extasier de la philanthropie de ne pas posséder des actions directement mais via un ‘véhicule’ conçu pour démocratiser la prise de décision - quoique l’on ne voit pas bien comment chaque partie devrait être représentée en dehors du principe "une personne une voix" qui n’a pas cours en ces lieux ? Peut-être faut-il essayer de voir un peu plus loin et se résoudre notamment à considérer que la finalité n’est pas le processus de décision en soi mais plutôt la chose qu’il faut décider en définitive ?


De fait, et s’agissant d’un organe de presse comme de toute entreprise faisant appel à la contribution de tiers, le plus important est, me semble-t-il, de déterminer comment devra être réparti le fruit du labeur entre les différentes personnes et entités qui contribuent à créer de la valeur et cela, quelle que soit la structure de prise de décision ou l’organisation du pouvoir qui n'est pas une fin en soi comme on vient de le dire !


Nous devrions ainsi travailler à faire advenir en ce 21ème siècle, une société ou la collectivité encadre la manière dont le fruit du labeur est réparti notamment entre les actionnaires, les dirigeants et les salariés. Nous avons bien identifié que nos chevaux périssent de la maltraitance et de la surexploitation des propriétaires d’écuries avec la complicité de leurs contremaîtres et nous semblons persister à penser que l’unique solution consisterait à rendre les propriétaires plus vertueux là où s’imposerait logiquement la nécessité d’encadrer le plus strictement possible la façon de traiter les chevaux et peu importe la propension de tel ou tel propriétaire à se comporter de façon vertueuse ou non !


Je soutiens donc que nous pourrions aller au-delà des distinctions catégorielles, par-delà les séparations entre le bien public indispensable et le gagne-pain des crève-la-faim (c’est vrai que la démocratie s’en gnagne !) pour nous demander si oui ou non nous envisageons de réformer (pour ne pas dire transformer) cette société où nous laissons le voisin salarié se faire gruger par l’actionnaire (fût il vertueux). Peut-être faut-il pour cela que nous détournions un peu notre regard de la chatoyante possession du stock pour nous concentrer davantage sur l’écoulement du flux de richesse que nous contribuons à créer collectivement et dont la répartition devrait être encadrée par des règles établies elles aussi collectivement ?

... de "journal de référence" à "journal de révérences" , le pas est franchi et les journalistes (qui ne voient plus que la "fin de mois" comme déontologie) ne "mouftent" qu'à minima !

pendant ce temps :


Le déclin du Monde profitera-t-il à Mediapart (et ASI) ?

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