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Le gouvernement et les migrants : oubli, ou mensonge ?

Vous vous souvenez de l'évacuation du camp de Calais ?

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Un gros mensonge ? Voilà: https://ruptly.tv/vod/20170212-055

...c'est Ruptly , mais c'est amusant !
Christophe Castaner, porte-parole de Macron, dit très exactement ceci :
« Monsieur Ruffin, vous étiez où en mai 2015, quand moi j'étais aux côtés de François Brottes, député et que nous recevions, avec le cabinet d'Emmanuel Macron, les syndicalistes et les salariés d’Ecopla ? ».

Le fait qu'il prétende avoir été présent confirme que le propos est délibéré, à moins de plaider avoir eu des hallucinations ce jour-là, ou de jouer sur les mots en disant, après coup, que les syndicalistes étaient membres du MEDEF et les salariés des haut cadres de la Direction.
Que de contorsions philosophiques autour d'un truc simple: quand ils ont promis aux migrants de Calais que "aucune décision de coercition" ne serait prise à leur encontre, leur seul but était que ces migrants acceptent de quitter Calais y compris pour aller à l'autre bout de la France. C'était pas gagné, hein, surtout avec les dangers qu'ils avaient bravé pour arriver là, à quelques pas de l'Angleterre. Il fallait donc les tromper. Ils l'ont fait. Nécessité fait loi.

J'ajouterai même que certains migrants étaient parfaitement conscients de l'embrouille, seulement très fatigués, et peut être, quand même, envie d'y croire un peu. Les associations qui les accompagnaient étaient un peu dans le même cas. Fatiguées, envie d'y croire un peu, espérant que ça profiterait, quand même, à certains et résolues à "surveiller", mais sachant bien que la raison du plus fort etc...

Pour ma part, j'ai cessé de m'interroger sur la bonne foi de ceux qui nous dirigent. Autant se demander de quelle couleur était le cheval blanc d'Henri IV
Tiens, exemple clignotant de bobard dont les sites en vert sont capables...

Rappelons qu'une fake news est dans le langage courant une information mensongère, donc bien un mensonge intentionnel, à ce niveau on ne peut plus décemment parler de rumeur ou de légende urbaine... (l'excuse de l'incompétence a des limites tout comme la théorie de la coïncidence):

"pourquoi et comment la Russie veut déstabiliser Macron"
le titre est affirmatif sans nuances, ils ont les preuves.
Voyons...

Les vilains médias financés par le Kremlin (parce que dans les démocraties une telle chose est prohibée) en lien, on clique et on tombe sur la page d'accueil (ou d'ailleurs on apprend des trucs aussi) mais pour trouver l'article source... débrouillez-vous tout seul, si Romain Herreros l'a trouvé vous pouvez le faire.

Deuxième source en lien, le HP cite... lui-même, comme le bon vieux journal d'auto-référence...

Et là, donc, la source de cette ânerie est un député LR, sûr que de titrer "Pourquoi et comment un député LR veut déstabiliser Macron" est beaucoup moins funky, reconnaissons-le...

Les autre sources, le wapo et Nicolas Henin, ou comment se rassurer en restant au chaud de ceux qui pensent comme nous... aucune voix dissidente voire alternative ne viendrait donc troubler ces certitudes? même pas les communicants de la campagne Macron, insoupçonnable de parti-pris, ni de "militantisme" à pastille orange?
Non.

La Russie adorait pourtant le libéralisme et sa prospérité avec Eltsine, mais plus maintenant, retour au communisme, tenez le pour dit et c'est un investigateur assis derrière son ordi qui vous le prouve. La Russie n'a décidément pas compris ce qu'il faut faire pour plaire aux médias atlantistes, un mystère insondable...

S'en suit une série de trucs présentés comme des faits archi-prouvés comme quoi il y aurait une possibilité de trollage, des affirmations complotistes (du grand complot russe mondial) à base de "hasard du calendrier (ou non)", selon un autre média (Le Canard Enchainé), d"autres sources citées étant les services de com du FBI, de la CIA, (d'un pays qui a des troupes sur le territoire de 150 pays, aka 70% des pays de la planète) de la DGSE (1ere destination touristique...)... il doit bien avoir un rapport entre ces sources, mais lequel???

Conclusion affirmative "l'ingérence russe en France mêle tous les niveaux", on peut se permettre d'être affirmatif car les preuves dures ont été données , sans doute possible, dans un article qui débuta par une autre affirmation entrée dans l'histoire "les "officines" ont éliminé Clinton, pour faire court.

Les internautes perdus sans decodex et qui sont allés consulter d'autres sources savent que aucune preuve n'a pu être produite par les services de com de l'armée d'un pays en guerre (USA), que bien sûr évidemment ces preuves existent mais on les garde parce que on n'a pas envie de les montrer, pas besoin de toute façon quand les médias peuvent en convaincre leurs lecteurs... un détail.

Une dernière pour le plaisir:
les "attaques informatiques" viennent "comme par hasard" des "frontières russes"...
Magnifique.
C'est même pas un mensonge.
Encore une fois les lecteurs du Monde, de l'Obs et dons du Huffpost ignoreront que ces attaques ont été localisées venant... d'Ukraine.. à la frontière russe donc, mais d'un côté ou de l'autre, quelle importance, hein?

(je précise que je n'ai aucune fascination du chef et que Poutine n'est pas non plus ma tasse de thé)
On passe à coté de la vraie question. Qui est que, incompétence ou manipulation à la limite peu importe, une faute est commise et aucun compte n'est demandé. Nous tous dans nos métiers pouvont être licencié pour "faute professionnel grave". On cherche éventuellement à savoir les intentions de la personne qui a commise la faute pour qualifier celle ci (et ses sanctions), mais d'abord et avant tout, on est viré.

Nous avons tous sous les yeux que nous sommes gouvernés par des gens qui sont sur des standards qu'on aurait cru réservés aux moins doués d'entre nous. On prend le moins bien des actifs, et on leur donne le role le plus important. On marche sur la tête.

Il faut vraiment qu'on développe une culture de responsabilités des décideurs.
Content qu'on reparle de Calais, le sujet avait complètement disparu des médias depuis l'évacuation.
Cela signifie t'il que tout est réglé ? Ou nous cache t'on la vérité? A priori 2eme option d'après DS.
Celà confirme bien que seules les mauvaises nouvelles attirent les médias (@si inclu)
entendu aussi, "erreur de communication" ou "communication maladroite" à propos des mensonges gros comme une maison de fillon.
D'ailleurs sur BFM un viol est une "intervention virile" parait-il.
Le problème du "mensonge" ou du qualificatif de "menteur" est qu'il est attaquable en justice pour diffamation justement à cause du caractère délibéré du mensonge. L'ignorance, l'oubli, la maladresse ne l'est pas.
La présomption d'innocence veut donc qu'on doit éviter d'utiliser ce vocable sans preuve.

Cela dit, l'éthique journalistique devrait pousser à interroger les protagonistes mis en défaut et avoir une réponse de leur part.

De mon point de vue :
- pas de réponse = refuse la vérité de face = mensonge
- une réponse peut permettre à la personne de reconnaître son erreur, de s'excuser, etc etc (voire de reconnaitre la véracité du mensonge pourquoi pas)
Ça dépend aussi du point de vue.
Si on adopte, instinctivement, celui du gouvernement, si on a plus de facilité de se mettre du côté de ceux qui ont le pouvoir, alors on peut plus facilement émettre l'hypothèse que ce n'est pas un mensonge, parce qu'il y avait bien volonté au départ, mais qu'après les complexités font que, et puis la réalité vous rattrape, et puis etc.
Si on adopte plutôt celui des migrants, si on se met plus facilement à leur place, alors, eux, de leur côté, ils voient qu'on leur a promis quelque chose, ce quelque chose n'est pas rien puisque joue leur vie, ce quelque chose n'est pas tenu, on leur a donc menti.

Ce problème de qualification de mensonge peut donc aussi prendre sa source dans ce à quoi on s'identifie le plus facilement : la classe dominante - ou les autres.

Comme nous le rappelle Ruffin ou les Pinçon-Charlot, le champ social est polarisé : se mettre plutôt à la place des dominants c'est être "objectif", se mettre plutôt à la place des dominés c'est être "militant".
C'est la story du fils de Lagardère pris en flagrand délit de délit d'initié...
Sa défense: je préfère l'incompétence à la malhonnêteté...

"Le mensonge, nous dit Wikipedia, est "l'énoncé délibéré d'un fait contraire à la vérité". Le mot important est ici "délibéré"

Les médias et les politiques ont inventé un terme qu'ils sont strictement les seuls à utiliser avec les autres élites en accusation:
la "contre-vérité"
Ce qui permet de ne pas utiliser le mot mensonge, qui d'ailleurs est toujours moins violent en français qu'en anglais ("lie"), et par contre de sortir quelque chose qui comprend la racine "vérité" dedans, tout de suite plus indolore, comme l'ultra-capitalisme fut rebaptisé ultra-libéralisme...
Comme ceux qui vous affirment que d'être athée est aussi une forme de croyance.
[quote=Daniel Schneidermann]Le conseiller de Macron savait-il que le cabinet de Macron n'avait pas rencontré les salariés d'Ecopla ? Idress et Fakir ne peuvent certes pas prouver que oui. Mais Baumard et Laurent ne peuvent pas davantage prouver qu'il ne s'agit que de simples trous de mémoire. A chaque journaliste, à chaque media, donc, de faire son choix de vocabulaire. L'un des deux choix est-il plus justifié que l'autre ?

Comment se fait-il que l'impossibilité de mentir, le "Je mens" de crétoise: Épiménide mémoire, n'ordonne pas la réflexion sur la question du mensonge et questions liées, celle de la calomnie en particulier (dans sa distinction juridique supposée d'avec la diffamation)? Faute de le faire - et l'on comprend très facilement qu'on ne le fasse pas! - nous entrons dans le domaine pirandellien (illustré notamment, mais pas seulement par À chacun sa vérité) de la si méconnue folie ordinaire (celle que l'on n'enferme pas plus qu'on ne la célèbre) opposant vérité et mensonge au sens moral comme dans la fameuse opposition entre Kant et Benjamin Constant: le premier posant que l'on ne doit à personne jamais mentir, le mensonge détruisant la confiance sans laquelle il n'est pas d'humanité, et le second opposant que l'humanité précisément commande de mentir en certaines occasions: Jankélévitch en a donné la plus troublante version: "mentir à un nazi, c'est dire la vérité". À cette approche morale, le jeune Nietzsche a conduit à préférer, dans Vérité et mensonge au sens extra-moral, ce que les Grecs d'avant Platon, soit selon lui les vrais et grands, ont par leurs tragédies illustré anticipativement contre la philosophie: plutôt Eschyle et Sophocle que le Socrate de Platon. Le débat journalistique évoqué par le matinaute dans sa question finale: L'un des deux choix est-il plus justifié que l'autre ? démontre qu'il est régi par le (non-) choix philosophique préalable de l'approche métaphysique de la question qui de Platon jusqu'aujourd'hui régit l'opinion.
Éternelle question que de savoir si les politiques sont malhonnêtes ou incompétents ...

Curieux que bien peu ne se demandent pas plutôt pourquoi ce sont toujours les mêmes qui sont les dindons de la farce.
"Le mensonge, nous dit Wikipedia ..."


Wikipedia dit-elle la vérité ?
Moi qui croyais qu'ils avaient tous trouvé comme solution le mot « contre-vérité », aussi laid que confortable pour éviter de dire « mensonge »...
Une promesse ne s'oublie jamais (*)

On la respecte... ou pas.

(*) Sauf à en faire 10 par jours comme certains candidats à la présidentielle. Mais alors chacun sait qu'elles n'engagent que ceux qui y croient.
Le mensonge, nous dit Wikipedia ....
Vous n'aviez pas d'autre source sous la souris? Parce que Wikipedia, c'est pas mal mais, pour ce qui est du sens des mots, on a plus costaud.
Par exemple, le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, qui liste:
A. ? Affirmation contraire à la vérité faite dans l'intention de tromper.
B. ? P. ext.
1. Tromperie, illusion.
2. Artifice:


Ou encore Larousse :
Action de mentir, de déguiser, d'altérer la vérité
Assertion contraire à la vérité
Littéraire. Ce qui est faux, illusoire, trompeur


Il faut être singulièrement chafouin pour chercher des noises à quelqu'un à propos de l'utilisation d'un mot dans son sens étendu, utilisé et compris par tout le monde.
Comme je le disais dans l'autre forum, Samuel Laurent a parfois moins de scrupules à parler de mensonges, comme en témoigne son fil Twitter : https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=mensonge%20OR%20menteur%20OR%20ment%20OR%20mentez%20from%3Asamuellaurent&src=typd

Quand il s'agit du gouvernement Trump, cela ne semble pas être un problème : https://twitter.com/samuellaurent/status/823975080845832193
Il a notamment fait partie du jury du prix du menteur politique de l'année : https://twitter.com/samuellaurent/status/695539990940553216
Il a traité Laurent Wauquiez de menteur : https://twitter.com/samuellaurent/status/296650828721311744

On pourrait se dire qu'il ne s'agit pas de ses articles dans Le Monde, certes. Regardons alors.

Quand il s'agit de fact-checker un compte Facebook d'extrême droite : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/15/amalgame-avec-les-sdf-reprise-de-faits-divers-anciens-les-hoax-sur-les-migrants-se-multiplient_4848218_4355770.html
Nicolas Sarkozy sur Bygmalion dit « tout simplement un mensonge » : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/12/02/attentats-bygmalion-nicolas-sarkozy-dit-faux_4822222_4355770.html

Ce sont juste quelques exemples pris à la va-vite. Mon boulot n'est pas fact-checker ;)

Il faut croire que ses réticences à parler de mensonge dépendent de la personne visée. Mais alors… Samuel Laurent aurait une idéologie ?
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