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Le « Che » écartelé entre Le Figaro et Libé

Derniers commentaires

C'est fou comme je me sens moins stupide après, qu'avant la lecture des papiers de Judith...
Et en plus, dans le cas présent, je partage son analyse, ce que n'implique pas nécessairement la première phrase.
Je profite du fait que le forum sur cet article magnifique refait surface pour poser une question : est-ce qu'en France le film est distribue en deux parties comme dans de nombreux autres pays ?

Et si oui, il sera peut-etre interessant de voir a quel point les critiques de la seconde partie seront similaires ou differentes dans le discours par rapport a celles de la premiere partie.

( d'autant plus interessant que le film ayant ete tourne et monte comme un seul long film, des critiques differentes seraient a mon avis soit intellectuellement malhonnetes, soit prouveraient que les auteurs de ces critiques sont venus lire cet article de Judith Bernard )
bon alors bande de veaux... ne seriez-vous pas en train de vous faire bercer par l'aphroditomorphéesque bercement de l'actualité ?
merci judith
c'est toujours un plaisir de vous lire, et de se nourrir l'esprit, encore !
Excellente chronique.

Ces analyses de textes, précises et implacables, sont ce que vous faites de mieux, Judith.

Les idéologèmes de droite n'ont pas de meilleure ennemie !

Merci
Je n'ai pas eu le courage de lire tous les commentaires parus depuis le 8 janvier, alors peut-être que je vais tomber dans le piège de la redite.
Concernant le film "Che" (que j'ai vu, et qui est prudent dans l'approche idéologique du personnage, comme on pouvait s'y attendre: après tout les financeurs sont issus de l'industrie capitaliste du cinéma), on pourrait appliquer le même exercice de décorticage à l'affiche: pur produit marketing, elle n'incarne pas le film, mais bien la "cible" espérée du film. On y trouve un Benicio del Toro à l'air quelque peu ahuri, à côté d'une charmante jeune femme, qui, dans le film, il fallait s'en douter, n'apparaît que dans le dernier quart. Cela adoucit certainement l'image du guerillero: rangé du côté des lovers et des jeunes premiers, le voici canalisé. Ouf! pas de révolutionnaire dangereux qui tienne. Les deux personnages ne sont pas icônisés, mais dans l'action: on nous vend de l'aventure, de l'action (voir les deux militaires en arrière-plan). Le titre, imposant par sa typographie, évoque une sorte de graffiti chic, un peu chiadé. Une discrète étoile rouge se cache dans le logo-titre. C'est l'histoire d'un individu dont on va traiter, semble nous dire l'affiche, nous vous inquiétez pas, cher public consommateur, il ne sera pas question de revendications collectives, mais bien d'un héros "ordinaire", empathique et catégorisable. On respire... imaginons qu'il ait été question de traiter de la force des utopies qui animait le Che? Beurk!
L'affiche est au final à l'image du film: prudent, politiquement correct.
Vous démontez/trez les présupposés d'Eric Neuhoff, Che n'étant que prétexte à une attaque en règle de l'anti-capitalisme, en cette époque de tempête financière, faire réagir le lecteur du Figaro aux ordinaires muleta de son clan est de bonne guerre, cela ressoude au cas où certains auraient enfin des doutes sur le système qu'ils adorent.

Pourtant, le fait de n'avoir pas vu le film pourrait mettre en péril votre propre posture critique, Judith : sur quoi vous fondez-vous d'autre que sur vos propres credo idéologiques pour remettre en cause ceux de l'autre, non que je le défende, vous savez que je suis du même camp, mais l'argument de "partial" pourrait vous être retourné, c'est çui qui dit qui y est, et tutti quanti. L'alibi idéologique ne s'autodétruit pas sous la dénonciation tout aussi partisane.

Alors que si vous aviez vu le film, vous pourriez analyser le rapport entre la critique et l'objet lui-même du point de vue de son rapport au film, donc décider sur pièce, ex post, de son inadéquation pour cause de partisanisme, vous émetteriez un avis fondé sur une observation de la critique en train de se mal faire en soi.

Mais comme je n'ai pas vu moi-même le film et que je n'ai aucune envie d'y aller, ceci n'est qu'une supposition, je me contenterai de vous lire toujours avec autant de plaisir.


http://anthropia.blogg.org
De toute cette discussion, il semble que le CHE n'ait pas été écartelé entre le Fig et Lib mais fouetté par les deux comme un exorcisme à la Française journalistique ce qui les a écarté d'une critique du film pour passer sur des banalités bestiales et éculées de salon mondain.

La pensée "unique" n'a jamais existé que dans la tête de quelques plaisantins de salon voulant se rendre intéressants.
Pour être précis, pour créer une pensée unique, il faut tuer tous les autres. C'est ce qu'ont cherché à faire scientifiquement HITLER et STALINE (mais ce n'est pas les seuls) sans y arriver.
Je préfère les termes plus nets de pensée dominante qui selon le moment peut s'exprimer différemment. Le rôle du bon journaliste étant de saisir avant les autres l'objet et l'expression des besoins de cette pensée dominante. Le bon journaliste étant convenu comme étant celui qui est le plus cher (qui se vend le...). Son prix est égal à la hauteur (ou bassesse) de sa veulerie.

Ce qui m'intéresse dans la critique de Mme JUDITH c'est de montrer comment fonctionne cette veulerie dont le but est identique sous deux formes différentes afin de mieux épouser le clientèlisme de chacun. La peur de l'image que reflète le film (vrai ou fausse est ici secondaire) recoupe assez bien la peur de cet avilissement de l'état Français et de l'ensemble de ses institutions qui recouvre sa squelettique constitution. Aucun des deux critiques ne parle du film mais de la représentation fantasmagorique qu'ils en ont. Leur propre peur leur fait lacérer une œuvre fondamentalement "HOLLYWOODIENNE" et créer en contrecoup, les bases d'une iconographie avec laquelle ils n'auraient jamais penser attraper des mouches.

MAIS si cela bruisse autant autours de cette viande avarié n'est-ce pas que la décomposition du régime est très avancée ?
Très bon article. Très bon sujet. On touche du doigt l'un des phénomènes de la "pensée unique", qui n'est en fait que la molassone pensée élitiste parisienne. Merci @si de faire ce bon boulot !
Pas vu et pas lu de critique, n'irai pas voir non plus. Car je pense comme Zoé Valdes que le Che est "le père du terrorisme moderne". Je ne sais pas juger s'il y a des causes justes pour la terreur. Mais "iconiser" un terroriste c'est dupliquer son crime. Celà ne peut être juste.
Après coup, je serais volontiers encore plus sévère avec les deux papiers, dont la malveillance me paraît flagrante.

Je ne reviens pas sur celui du Fig, qui est trop peu une critique cinématographique pour qu'on puisse en débattre davantage.

Pour l'article de Libé, je trouve peu pertinent de reprocher au film de "filmer le Che comme une statue de marbre", qui ne nous apprendrait rien sur lui. Certes, nous ne sommes pas dans une bio concentrée sur l'individu, sa personne, son enfance, sa psychologie, son histoire familiale ou ses déterminations sociologiques. Mais cela me semble un parti pris, et plus que pertinent en la matière : le Che surgit comme le produit de l'Histoire, il est accouché par l'oppression ; il a le charisme indispensable aux leaders, et le film restitue cela très bien, mais son individualité ne fait pas l'objet d'une fascination ou d'une enquête plus fouillée. Manière de prolonger l'approche guévariste de la Révolution, tâche collective dont la responsabilité incombe à ceux qui en éprouvent la nécessité au delà d'un certain seuil d'oppression. Certes, le Che apparaît comme relativement exemplaire dans cette période de l'Histoire ; il n'est pas invraisemblable qu'il l'ait en effet été, sur cette période. Fauché comme James Dean dans la fougue de la jeunesse, il n 'a de toutes façons pas vécu assez longtemps pour avoir le temps de dégrader lui même son propre idéal ; il incarne donc à juste titre une forme de "pureté" de l'idéal révolutionnaire, et j'ai l'impression que c'est cette "pureté" qui dérange la bien pensance contemporaine, qui veut absolument que toute révolution soit souillée d'emblée par la corruption qui la menace... Ajoutons tout de même que le Che de Soderbergh apparaît aussi comme un homme dur, intransigeant, quand il s'agit de punir les traîtres à la cause, ce qui donne un peu de cette ombre dont Solis regrette qu'on ne la voie pas.

Enfin, sur le "non-réalisme" du film, le procès me semble à nouveau malveillant : le filmage au ras du godillot, assez lent et long, restituant les obstacles de la progression dans la jungle, les différends avec d'autres formations communistes, rend compte avec justesse de la lenteur et de la difficulté de la geste révolutionnaire... Et tout ça n'est ni si joli, ni si sublime que Solis veut nous le faire croire ; les corps sont abimés, fatigués, et la révolution apparaît pour ce qu'elle est : une entreprise périlleuse, douloureuse, qui nécessite une dose assez hallucinante de détermination, et même de foi, pour être conduite à son terme. J'ai trouvé tout cela passionnant, captivant. Et la réaction de la critique, cette manière de faire la gueule au film et à son sujet, me paraît être un symptôme très éclairant de la manière dont se pense tout projet insurrectionnel aujourd'hui...
@olivier écrit : "Les deux critiques du film sont en phase avec le dégout prononcé de la classe médiatique française pour l'extrême-gauche."
J'ai relu les articles. ils font passer pour de l'extrême gauche un mouvement nationaliste qui se voulait démocratique mais que la réalité a bousculé. Nos deux "critiques" ont de fait plus peur d'eux mêmes et de la réalité sociale que du CHE. Sans partager les positions des dirigeants cubains, j'ai toujours lutté contre l'embargo.

je suis particulièrement d'accord avec cet internaute qui dit qu'une critique idéologique (de quelque bord) est bonne à prendre si elle est honnête. Malheureusement cela devient rare et JUDITH fait partie de ces raretés, donc je la lie avec plaisir sans être aveugle ni bouché...

Libé fait "pschitt" comme Coca Cola... ?
Merci Judith, très bonne analyse de l'article du figaro ; un peu moins d'accord sur celle de LIbé , mais vous avouez vous-même que cette dernière est plus proche d'une critique cinématographique que celle du figaro.

J'aurais bien aimé qu'on revienne aussi, si c'est possible (m'sieur Klein ?) sur les critiques us ; je sais qu'à Cannes, ils étaient tous scandalisés. L'un des journaux a comparé ce film à un film sur Hitler où l'on n'aurait pas du tout parler des camps de concentration !!!!
"Le gauchisme insurrectionnel c'est moche..."

A quand un film sur "le droitisme insurrectionnel" , ou plutôt "coup d'état fasciste" ?
A la limite, s'il y a bien une type d'insurrection "montrable", c'est seulement celui venant de gauche.
Ce qui me laisse penser que pour le Figaro, ça n'est même pas le gauchisme qui l'ennuie, c'est "l'insurrection" a visage humain, celle dont on peut vraiment faire un film.
Sur cette chronique Judith, permettez-moi une critique inspirée par l'admiration que j'ai par ailleurs pour vos interventions aussi bien écrites que télévisuelles. Je trouve qu'il est dommage que vous n'alliez pas au fond de votre propre pensée, ne serait-ce que pour l'écrire noir sur blanc. En lisant votre chronique, l'impression que j'en retire est la suivante (concernant le figaro) :

"Un journal de droite est incapable de produire une critique mesurée, intéressante, de ce film sur Che Guevara". Serait-ce votre propre idéologème bien à vous ?

Je conteste ! Il me semble que la raison de la nullité de la critique du Figaro est surtout due à la médiocrité toujours plus abyssale du journal. Le Figaro n'est pas qu'un "journal de droite", il est surtout un mélange d'intérêts politiques, de bien-pensance mesquine et d'un manque d'inspiration qui finalement, avouons-le, nous fait bien marrer quand il ne fait pas pleurer ...

Je pense qu'on peut espérer de la part de journaux de qualité, qu'ils soient de droite ou de gauche, une critique un peu plus profonde du film de Soderbergh, qui 1) ne s'arrête pas au sujet présenté 2) sorte des figures imposées (la révolution c'est pas bien, c'est vieux, c'est sale) 3) prend au corps les problèmes posés par la distribution du film aux USA par exemple.

Une position idéologique ne dessert pas forcément la critique d'un film si elle s'accompagne d'honnêteté intellectuelle (personne n'a dit que c'était facile !). Plutôt que "de gauche" ou "de droite", on attend des critiques des positions claires - et pas nécessairement des jugements de valeur politique - sur le film qu'on leur présente, et non pas sur ce qu'il aurait pu être si eux-même l'avaient tourné; le problème est que la presse française papier manque peut-être du courage nécessaire pour dépasser la pensée unique en vigueur sur certains sujets ...

"Paradoxalement", il me semble que la grande presse américaine est beaucoup plus professionnelle dans son traitement du film. Les articles du Washington Post et du New York Times par exemple réussissent au moins à s'affranchir d'une tentation de ridiculiser M. Guevara Ernesto ...
Votre critique des formes de critiques de deux organes de presse au public différent met bien en évidence les buts poursuivis. Merci d'aiguiser notre intelligence.

Il y a 10 ans, les mêmes n'auraient pas fait le même type de critique car la situation sociale était différente et ces journaux avaient des buts immédiats différents.
La critique du film sert de couverture à une sorte de témoignage à charge dans ces deux quotidiens.
Pourquoi ?
Serait-ce pour dire "point de salut dans la révolution" ou "point de salut dans ceux qui prennent la tête d'une révolution" ?
C'est une critique très dangereuse dans le sens ou une révolution ne se décrète pas mais s'impose d'elle même à toute une population dans certaines circonstances, y compris aux nationalistes bourgeois comme l'a démontrè maintes fois notre histoire.
Le film en lui même est très "HOLLYWOODIEN" et pas du tout documentaire comme le prétend le réalisateur. Du moins c'est mon avis.

Cela dit, j'ai parfois du mal à suivre le forum : çà glisse (à cause du froid ?). Dommage car il y a des choses intéressantes.

Meilleurs vœux.
A propos de certaines critiques que j'ai pu voir sur le film ''Le Che'' de Steven Soderbergh, je ne pense pas que ce film nous donne justement une image toute blanche de la révolution cubaine et du Che. Je viens d'aller voir la première partie de ce film et je trouve qu'aussi bien par son fond et sa forme, ce film nous donne une vision très contrastée du personnage contrairement à ce que peuvent dire le Figaroscope (''une vision pas objective du personnage'') ou Libération (''une statue de marbre'').

Par la forme : comme rarement dans les films de guerre je n'ai détecté la présence d'aucune scène d'émotion intense (avec une belle musique de fond...). Le film dans le début m'a fait pensé à ''Carnet de voyage'' (le film sur la jeunesse de Ernesto Che Guevara) par son côté presque documentaire (témoignages de paysans... opprimés par la dictature de Batista). Je n'ai ressentis aucune émotion vive à part plusieurs touches d'humour (même dans certaines scènes de combat). Ce film prête plutôt à la réflexion qu'à une idolâtrerie aveugle de l'icône qu'est aujourd'hui le Che.

Par le fond : Je pourrais citer par exemple la scène où le Che exécute froidement 2 membre de son armé (qui se sont corrompus) pour donner un exemple d'un côté sombre du Che montré dans le film. Mais je resterais sur quelque chose de présent du début à la fin du film : le fait que le Che a toujours maintenu le fait qu'un révolution sans arme ne peu pas être menée à bien : d'abord il le dit clairement ensuite viens le mépris pour la 2ème force d'opposition à Cuba à l'époque qui organisais une grêve générale. Cette théorie étant bien sûr tout à fait contestable (Gandhi, Mandela ...) on ne peu pas dire que ce point fait l'éloge du Che. On pourrait aussi parler de la relation plus qu'ambigüe que tiennent le Che et Castro dans le film.

Voilà, voilà.
sur la forme, rien à dire... l'image de la bonne vieille et de ses béquilles, chapeau, très joli...ça me donne envie de me replonger ds mes cours de lettres de prépa...
mtt, je suis assez d'accord sur pl. points qui peuvent avoir l'air contradictoires...
*oui, on peut critiquer une critique sans avoir vu le film, si le but est d'analyser la critique, et pas le film en soi... ce que fait Judith, dc rien à redire...

*ms oui aussi, sans moi-même avoir vu le film, ms en ayant lu divers articles depuis ses débuts jusqu'à sa sortie de mtt, cette production a l'air de vouloir faire parler d'elle sans parler du film en lui-même, de parler du che sans parler de la véritable réalisation du film, de faire parler de la politique historique sans parler de l'art et de la technique...et c'est là que c plus gênant...

*oui, ce film de 5h a l'air chiant, oui il a l'air d'être pro che, el che etait un héros, el che est sur tous les t-shirt... c pour ça que je vous demande de ne pas me mélanger ce film avec "diarios de moto", comme l'ont certaines personnes au dessus, comme l'a fait ruquier cet aprem à la radio... ça n'a rien à voir! "diario de moto" ne parle pas du che, il parle d'Ernesto Guevara de la Serna, rien à voir rien àvoir, et c pour ça que le film est d'autant plus réussi, car c le che AVANT d'être le che, et c ça qu'est chouette, pas d'ideologie, pas de politique, pas de mythe ouh la la c'quil etait gentil cetait un dieu vivant ce che, un pti père du peuple, qd on sait effectivement, comme l'a dit je ne sais plus quel bon journaliste ds je ne sais plus quel bon journal "on dit souvent que le che etait pret à mourir pour ses ideaux... on oublie pus souvent de dire qu'il etait pret à tuer aussi..."

*ensuite, sans avoir vu le film, et oui, je redoute aussi ce côté très propre que va pouvoir avoir le film, sans sang, sans vomi, sans ombre... j'aimerais vraiment un film, sans qu'il soit de droite, ni anti-revolutionnaire, assez objectif, pour "demytifier" justement cette image de dieu vivant, qd on sait que tous les momes l'ont sur leur t-shirt sans savoir qui c'est, si le film est juste là pour dire que c'était un héros, ça merci, on s'en doutait déjà... en 5h, j'aimerais justement de la nuance, du camaieu, des demi-teintes, et j'ai peur de ne pas voir ça...enfin, c peut-être un vieil a priori

allez, je m'arrête là. Merci Judith pour ces articles tjs très bien écrits, meme si je ne suis pas tjs d'accord sur le fond, c tjs agréable à lire...
Vous écrivez "Notre dernier plateau, consacré à la critique littéraire à la télé, vous a manifestement pas mal emballés. Alors : un petit tour en critique cinéma, ça vous dirait ? Pas à la télé, naturellement - l’exercice, hélas, a purement et simplement déserté les chaînes"
C'est FAUX !! Cette émission existe , elle s'appelle LE CERCLE sur CANAL + CINEMA , présentée par F.BEIGBEDER le dimanche à 19h50.

Chaque semaine, 6 critiques de cinéma venu d'horizons divers ,quotidiens , hebdos, revues de cinéma, donnent leur point de vue sur 4 ou 5 films à l'affiche. Il sont rarement du même avis ,et les éreintements ne sont rares, peu de films font l'objet de louanges unanimes , dernier en date TWO LOVERS de James GRAY.

De plus, l'équipe n'est pas figée , une douzaine de journalistes participent plus ou moins régulièrement à l'émission et seulement 6, à tour de rôle, sont en plateau.F. Beigbeder se contente de la présentation du film et siffle la fin des débats mais ne donne que rarement son avis. C'est très vivant, très animé , on s'étripe dans la bonne humeur et surtout on parle CINEMA, MISE EN SCENE, JEU DES ACTEURS(TRICES) et non pas nombre d'entrées, coût de la production etc..

C'est peut-être parce qu'elle n'est pas sur une chaine de grande écoute que cette émission se permet une certaine liberté , en tout cas pour les abonnés de CANAL amateurs de CINEMA elle mérite le détour.
Bravo Judith de nous avoir appris que Libération était un journal de gauche (heu...qu'entendez vous par "gauche" ?). Je dis ça, parce que si on avait affaire en fait à deux journaux de droite (on ne sait jamais) votre article n'aurait plus beaucoup de sens !...
Moi aussi j'aime Judith. Comme tout le monde ici (même Lax).
En revanche, méfiez-vous, Madame Bernard, acheter le Béchamelle-où est le bec et lire à la fois le fig et libé : ça commence à tourner au masochisme
Bravo Judith, il est grand temps d'appeler un chat un chat : le Figaro n'est pas un journal d'information mais un organe de parti. A une autre époque Jean d'Ormesson, alors directeur de ce journal, avait fait interdire une chanson de Jean Ferrat ("un air de liberté").
Quant à Libé, on continu à y réécrire l'histoire. La révolution française n'était qu'un bain de sang, mai 68 un grand défoulement d'étudiant épris d'amour libre et le Che un bourreau tortionnaire argentin...
Plus sérieusement cette analyse croisée pose le problème du pluralisme de la presse. On accuse beaucoup internet de détourner les gens de la presse "officielle", c'est comme accuser le thermomètre de l'augmentation de la fièvre.
Le seul bémol que je formulerai à l'exercice, c'est qu'à moins d'acheter le Figaro, on ne peut suivre l'intégralité de la démonstration de Judith. La reproduction publiée sur le site, même après grossissement, n'étant pas lisible et pas disponible à ma connaissance sur le net, contrairement à celle de Libération.

Une fois que vous avez lu la critique de Libé, vous en ressortez plus perplexe encore, puisque l'auteur rejette le film sous couvert de manque de crédibilité, trop propre, trop lisse, mais aussi il lui dénie toute dimension romanesque, sous couvert de quoi, je me le demande encore.

yG
Je m'adresse pas spécialement à Nicolas ci-dessus, désolé que ça lui tombe dessus, mais cette multiplication de déclarations transies de la part des mâles en manque du forum à coup de sous-entendus pas si fins que ceux qui les écrivent le pensent ça devient louuuuuurd.
A chaque billet de Judith ou présence de Judith dans un plateau, c'est parti pour l'avalanche de compliments "oh heureusement que vous êtes là, et que vous êtes pertinente et en plus bien gaulée ce qui ne gâche rien..."
Au début elle a dû trouver ça sympa, mais à force ça doit la gaver comme pas permis que certains ne puissent s'empêcher de complimenter son discours sans mettre une petite couche de remarques déplacées sur son physique. En tout cas moi ça me défrise et ça me fait percevoir ces compliments comme obséquieux et insincères.

Fin du HS
Je ne suis pas tout à fait d'accord :
- On a le droit de parler d'une figure historique sans être tout à fait fidèle à la vérité
- Mais le personnage du "Ché" se prète à une version fidèle pour démystifier le personnage.
Le Ché est une icône chez de nombreux jeunes, qui ne connaissent cependant pas grand chose de lui. A chaque mouvement d'étudiants, vous trouverez une référence.
Je suis le premier concerné par cette méconnaissance (mais ce n'est pas mon idole), et j'aurais apprécié du film qu'il montre tout le personnage. Et je pense que je ne serais pas le seul à apprendre beaucoup de choses.
Si j'ai bien compris, c'est ce que voulait dire Libération.
Bonjour Judith,

Juste quelques mots pour vous remercier de l'état d'amusement - et même parfois de jubilation - dans lequel me plonge immanquablement la lecture de vos billets / chroniques / analyses.
Mon idéologème n'est pas très masqué : j'aime beaucoup ce que vous faites (êtes) et vous prie de bien vouloir continuer, vous êtes l'une des raisons de mes fréquents passages sur ce site.

Au plaisir de vous relire.
Souvenons nous de la photo de Alberto Korba, qui a fait beaucoup pour propager une légende…

Le Che n’est ni un mythe ni une réalité…
C’est une icône !

Stan 1000g
Je plussoie (comme on dit en novlangue dans les forums hype) pierre-samuel gall et J.F. Sebastian. Je pense que Judith Bernard a un peu poussé son analyse du texte de libé pour qu'il cadre bien dans sa démonstration. Quand je lis la critique, je comprends plus "c'est dommage que le combat du Che soit pas montré de manière un peu plus réaliste, avec des zones d'ombre et des mauvais choix" que la thèse avancée par JB.
J'ai vu le film et c'est clair qu'on a un Che quasi parfait du début à la fin, même s'il reste humain (son asthme récurrent). Un Che qui fait plier les gens et les évènements quasi uniquement par le verbe : le film est très bavard et très chiche en scènes d'action, de toute façon relativement peu spectaculaires. Che est montré comme un révolutionnaire du discours, un théoricien de la révolution.

J'ai pas encore vu la suite (Che : Guerilla) mais je pense que Soderbergh n'est pas bête, il a construit son diptyque dans la tradition hollywoodienne des biopics : l'ascension puis la chute. Dans le 1 tout est rose et tout roule, dans le 2, probablement, ce sera l'heure des mauvais choix, du sang versé inutilement et des désillusions.
"Après tout, l'autre devrait être parfait et ne l'est pas, il ne sait pas se libérer lui-même, ou bien s'il se libère, ce n'était pas comme ça qu'il fallait faire.
C'est à ce double titre qu'il mérite de mourir.
S'il y échappe, tant mieux pour lui."

Alors ça... On a jamais aussi bien résumé la situation d'un Palestinien à Gaza depuis 60 ans. Je sais c'est réducteur pour applaudir une phrase aussi universelle, mais je fais ce je que peux avec mon bac +0.

Non, sérieux, c'est TRES fort.
Bravo Judtih, là, sur le Che, vous aviez un boulevard. Vue la couche de glace qui recouvre les trottoirs, vous auriez pu vous vautrer lamentablement.
Mais votre maestria coutumière vous a fait éviter toutes les plaques de verglas, et vous nous avez fourni une brillante chronique, en vous contentant de faire ressortir le côté noir de la force.

Je voudrais quand même réhabiliter le Figaro en séparant bien tout le côté éditorial et critique de ce journal, et les journalistes d'investigation pure, qui à mon sens sont les meilleurs de la presse française.
Cela m'arrive, même sur le net, de rechercher de vraies informations et pas des a-peu-près à la mode Libé et Nouvel Obs, et je sais que j'ai le plus de chance de les trouver dans Le Figaro. Mais évidemment, il faut un peu de travail spéologique.et mettre sa lampe de décryptage. Alors... cet article-là, le titre indique que c'est un éditorial ou un sondage Celui-là, ça a l'air bon. Mince, je me suis faite avoir, encore idéologie.... Voilà l'info brute, c'est ce que je voulais.... Ouff.... Génial, ici un vrai article par un correspondant étranger. Mon miel.
Mais il n'y a pas d'entourloupe, c'est un journal qui se revendique de droite.

Je me suis rendue compte de la qualité du Figaro quand je me suis occupée de la revue de presse pour le mouvement de soutien au néo-zapatisme mexicain, et les vraies informations étant traduites d'un journal de gauche mexicain appelé la Jornada qui servait d'étalon. J'ai très vite pu constater que les meilleures informations brutes étaient celles du Figaro et que les plus biaisées étaient celles du Monde, pourtant encore à l'époque journal de référence.

Je ne tenterai pas de réhabiliter Libé, parce que ce journal se prétend de gauche........

Mais pour en revenir au Che, pour moi, c'est un personnage historique essentiel. Quelqu'un qui a refusé le pouvoir à Cuba et qui a choisi de continuer la révolution ailleurs, en ces temps où l'Amérique Latine crevait de pauvreté et d'oppression.
Cela fait plus de quarante ans qu'il est mort, la situation a changé, en Amérique latine et partout dans le monde
Place aux analyses des historiens et aux interprétations de grands artistes. Quelqu'un qui a fait "Sexe Mensonges et Vidéo" a forcément un point de vue intéressant et subtil sur le Che. Et personne n'est obligé, à travers un film, de parler de tout. A ce compte-là, on pourrait s'étendre à n'en plus finir sur les crimes de Batista, le dictateur qu'ont défait Castro et le Che. Ce qui rendrait les exécutions dans les prisons tout de suite après la Révolution cubaine beaucoup plus explicables. Je ne justifie pas, j'explique : après tout, peu de monde a crié au scandale quand Saddam et ses sbires ont été exécutés.

Mais évidemment, vu le sujet, la doxa joue forcément à plein. Il faut à tout prix faire allégeance au pouvoir dominant et prouver qu'on n'est pas un ignoble révolutionnaire à la solde de.....
heu.... Qui déjà ? Heuh beuh....... Chavez ! L'ignoble Chavez.... Ou le sous-commandant Marcos.

Aujourd'hui, où nos dominants se trouvent contraints de libérer tant de pauvres victimes de l'oppression en les noyant sous les missiles et les bombes (ils quittent ainsi cette vallée de larmes définitivement, ce qui résoud leurs problèmes d'approvisionnement et de liberté), il serait indécent de faire le dithyrambe de toutes les personnes qui luttent contre l'oppression directement sur le terrain et tentent de se libérer elles-mêmes. Nous, nous ne pouvons pas faire d'omelettes sans casser d'oeufs, mais les autres devraient pouvoir le faire.

Après tout, l'autre devrait être parfait et ne l'est pas, il ne sait pas se libérer lui-même, ou bien s'il se libère, ce n'était pas comme ça qu'il fallait faire.
C'est à ce double titre qu'il mérite de mourir.
S'il y échappe, tant mieux pour lui.
Judith, par pitié, cessez d'écrire "faites" avec un accent sur le I, il n'y en a pas!
Les critiques du film sont idéologiques. Et la critique des critiques ne l'est pas ? : )
Vous écrivez : "Dans les deux cas, la révolution guevariste est indiscutablement (c’est le propre d’un idéologème, de ne pas être discutable, puisqu’il n’est pas même formulé) perçue comme une négativité." Je passe sur le Figaro qui se situe nettement en dehors du film, mais d'après les citations de libération, je ne vois pas en quoi dire que le personnage manque de vérité historique induit un jugement idéologique. C'est une critique certes non esthétique, mais elle a quand même sa place dans une film rapportant une période de l'histoire. Toute critique en dehors d'une critique esthétique serait-elle infondée ?
Prenons un autre exemple, j'ai vu le film "Soy Cuba" il y a quelques temps que j'ai trouvé magnifique et qui est pourtant clairement un film de propagande et je ne pense pas que ça soit un jugement idéologique anti-révolutionnaire de base de le mentionner ...

Je n'ai pas non plus vu le film mais juste la bande-annonce (c'est à dire beaucoup vu qu'elle est faite comme une bande-annonce à l'américaine) et ça ne m'a pas donné envie de le voir (malgré la critique dithyrambique d'un télérama qui passe totalement le côté historique pour le coup). Il est vrai qu'elle rappelle beaucoup le che des t-shirts, en terme d'esthétique. Le problème avec le Che est que c'est un sujet un peu épuisé et donc entre la "diabolisation" des uns et l"'icônisation" des autres, on attend peut-être autre chose après tant d'années...
Très intéressant, ce décryptage.
Cela dit, concernant Libé en tout cas, votre démonstration fleure bon le capillo-tracté-pour-arriver-où-j'ai-décidé, à savoir "Libé, socio-traître qui dézingue l'idée même de Révolution".
Rappeler que le Che, malgré toute ses qualités, n'est pas un saint, que tout héros recelle sa part d'ombre, et regretter qu'un film ignore ce coté sombre, ça n'équivaut pas à dire "L'insurrection, c'est moche". (Je précise qu'on est à égalité: je n'ai pas vu le film.)

Je pourrais faire subir (bien humblement, et bien plus succinctement, c'est mon côté feignant) le même traitement à votre chronique, finalement, et en dégager les principaux idéogèmes:

-Le Figaro est de droite. (Waaah!)
-Suggérer qu'un révolutionnaire n'est pas pas seulement un héros positif, c'est être de droite, comme le Figaro.
-Donc Libé n'est pas de gauche (D'ailleurs, la preuve: ils avaient fait un édito qui voulait dire "Faire dérailler les trains, c'est mal"...)

Mais bon, je sais bien que ce dernier postulat plaît énormément, ici comme ailleurs....
1. Je partage totallement la position de J.F. Sebastian , et je trouve dommage que Judith, dans sa chronique bien écrite et bien tournée, ait un peu trop manichéisé (par plaisir d'utiliser les "idéologèmes" ?) - La critique de Libé ressemble plus à une déception : "nous aurions voulu un film qui nous fasse aimer le Che, mais de façon crédible, en nous montrant un peu plus la réalité, et non cette hagiographie simplificatrice, qui ne changera rien à notre compréhension de l'homme et du mythe" et en ce sens, la critique de Libé est légitime, puisqu'elle critique le film en lui-même.

2. Pour TCHD, Je trouve beaucoup plus interessant de comparer des critiques de film sans avoir vu le fillm. Cela évite de mélanger l'analyse avec sa propre critique, et d'être tenté de dire que l'une a tord ou l'autre raison, alors que ce ne serait qu'un point de vue subjectif de plus. En revanche, Judith a bien fait la critique des critiques en les ayant lu, ce qui est la moindre des choses.

Merci Judith, bonne année.
Merci pour cette subtile chronique, merci pour le lien vers la chronique plus ancienne, merci d'être une "improductive" et permettre à une "productive" de bientôt 40 ans de continuer à apprendre...
Judith, bravo pour cette critique comparée. Mais c'est quoi une critique qui ne se laisserait pas autant prendre par son écrasant sujet et sache accorder sa part aux questions formelles ? Si on en trouve une pour mettre à côté de ces deux là, ce serait bien.

La révolution guevariste est une négativité pour nos deux faiseurs d'opinion de la presse française, Figaro, Libé, en accord avec ce que dit Soderbergh lui-même. «Cela valait-il le coup ?» Tout le monde d'accord, alors ??? (pas pour les mêmes raisons, les mêmes ideologèmes).

Soderbergh prétend qu'il a voulu filmer avec la distance d'un documentaire. Cette neutralité (forcément artificielle) du documentaire, est-ce la plus juste ? Est-elle seulement possible quand la température de l'H-istoire à chaud n'est pas encore retombée ? Car les films de Soderbergh "sortent" quand même au moment de la "sortie" imminente de Castro (et du frangin ?) de la scène politique cubaine. ??? Faire le film à telle prétention historique, n'est-ce pas là la première question à poser ; la forme "neutre" n'est-elle pas une "escroquerie" dans ce cas ? Car elle ne fait rien d'autre que consolider une "doxa" à propos de Cuba que les historiens n'ont pas eu le temps de nuancer.

Est-ce qu'une fiction prenant les époques cubaines et boliviennes de biais (avec le Che comme second rôle) n'aurait pas plus de pertinence pour faire comprendre quelque chose de cette réalité, vous savez ce fragment, ce petit détail à qui l'art sait donner une valeur qui le dépasse… quand c'est réussi, bien-sûr. Mais ça c'est la critique qui le dit… 

Après cela je me dois d'aller voir les films pour savoir vraiment ce que j'en pense.?
Du beau, du bon, du Bernard...
Merci, Judith pour ce décodage rigoureux. C'est d'une limpidité remarquable.
Très bonne année...
Les deux critiques du film sont en phase avec le dégout prononcé de la classe médiatique française pour l'extrême-gauche.

D'avantage qu'un dégoût, il s'agit même d'un tabou : trouver quelques vertus à la lutte d'extrême gauche et c'est la mise sur le banc de touche ; quel chroniqueur, quel journaliste bouclant ses fins de mois avec une émission de débat (150 euros pour On refait le monde), ne verrait pas son parcours compliqué s'il avouait un tel penchant ? Finalement, combien n'osent même plus exprimer leur véritable opinion ?

A droite de la médiatique française, on trouve Yvan Rioufol et Eric Zemmour, l'extrême droite moins l'antisémitisme, à gauche, c'est Philippe Val et Caroline Fourest. Ca donne envie !
Avec pour dénominateur commun pour tous une détestation de l'extrême gauche et de l'islam sous couvert de lutte contre le fondamentalisme (Fourest mise à part).

Pour ces gens-là, des médias comme Politis, le Plan B, ou le Monde Diplo sont des territoires qui sentent le rance, l'immobilisme, un ghetto bien délimité autour duquel on a construit un mur. Chacun chez soi.

Certes il arrive encore qu'un Pascal Boniface apparaisse sur les plateaux. Yves Calvi est fidèle, que voulez-vous.
Pour le Figaro : Autant demander à La Croix d'accepter l'affiche A4 du dernier concert de Madona.
Pour Libé : Ch'é plus.
"je ne l’ai pas encore vue, mais c’est pas grave."
Pour moi, la lecture de la chronique s'arrêtera à cette phrase. C'est pas grave non plus ...
Ce n'est pas un film réaliste, parce que c'est trop beau (le beau n'est pas réel, jamais ?);
L'auteur n'affirme pas que le réel est forcément beau, mais plutôt que les révolutions armées se font rarement en costume impeccable façon james bond. Il critique l'oubli du sang (celui de la prison dirigée par Guevara, par exemple), des taches de boues ou du fameux vomi (il critique l'arrivée en bateau sur Cuba, avec Ernesto et Fidel discutant comme deux grands hommes regardant vers l'horizon, alors que la réalité serait plus proche d'une bande de guerilleros ayant un mal de mer épouvantable).

L'auteur ne critique pas le beau en soi, mais le décalage selon lui manifeste entre la vision idyllique du film et une prise de pouvoir armée réelle.
Est-ce vraiment si stupide ? Un film sur l'arrivée au pouvoir de Pinochet aurait-il du sens sans l'évocation du bombardement de la Moneda et de la fin d'Allende ? Un film sur la révolution française peut-il faire l'impasse sur la guillotine et la terreur ?

Dans les cas précis évoqués plus haut, il me semble qu'un biopic réaliste se doit de ne pas oublier le sang et la boue. Il me semble que c'est sur ce point que porte la remarque du film "propre". Reste à savoir si celui-ci se veut être un film historique réaliste.

Je pense donc que cette question de l'esthétique n'est en fait qu'une reformulation de la première question que vous posez :
le biopic doit-il obligatoirement être réaliste?
Dans ce cas précis, une réponse objective semble impossible, tant de sujet est teinté d'idéologie.

J'aurais tendance à faire les remarques suivantes :
Si je me réfère à la description de libé, quel impact aura le film sur le spectateur ?
- ceux qui actuellement considèrent le che comme un révolutionnaire romantique au grand coeur façon robin des bois en sortiront confortés, puisque le film fait l'impasse sur les passages noirs.
-ceux qui considèrent le che comme un guerillero ayant commis des exécutions et des violences inutiles n'iront pas voir le film (sauf s'ils sont critiques pour le figaro) ou sortiront de la salle déçus par un film plus "graphique" que "bio".

Ce qui pourrait vouloir dire que, finalement, le film risque fort de ne pas changer la vision qu'a le spectateur de Guevara, puisque les passages polémiques ne sont pas évoqués. Le message sous-jacent n'est donc peut-être pas tant "le gauchisme insurrectionnel, en vrai, c’est moche" que "passer totalement à côté des éléments polémiques en évoquant la vie d'un personnage aussi marqué idéologiquement, c'est peut-être passer à côté de ce qui aurait pu faire un film passionnant, incitant à la remise en question et à la discussion, quelle que soit la vision initiale du spectateur".
Evoquer les passages noirs aurait pu inciter au dialogue, à la réflexion sur Guevara. Les oublier, c'est laisser les amateurs de t-shirts de barbus et les lecteurs du figaro dans leurs certitudes. Et donc, peut-être (mais pas forcément), risquer de ne rien apporter au sujet.
Depuis deux ans, on entend chez les habituées des plateaux de débat, de LCI, iTélé à Rtl, que le Ché était un assassin. Avant ces deux ans, rien, depuis deux ans, assassin !

Depuis une an, on entend chez les habituées des plateaux de débat que : fondamentalisme musulman = fachisme.

Qui lance la mode ? Qui écrit le catéchisme ?
Décidément Judith, je vais avoir de plus en plus de mal à me passer de vos chroniques, tant elles sont utiles à former mon esprit à la lecture critique.

Sans un oeil averti, nous risquons de passer au travers des idées sous jacentes, qui cependant nous pénètrent à notre insu. Nous sommes encore trop nombreux à donner notre confiance aux critiques, en gageant de leur impartialité, en espérant qu'ils nous livrent leurs impressions sur un film en dehors de considérations politiques.

Avons nous tort ?
Si je devais lire un journal écrit, achèterais je le figaro ? ... il y a peu de chances. Je lirais certainement un journal plus proche de mes "convictions".
Finalement, ces critiques ont le droit d'exister, il faudrait juste ajouter sur le journal la mention "Attention ! Journal de droite" histoire de prévenir le lecteur qui ne serait pas encore au courant (Je parle ici de la critique du figaro).
petit réveil sympatoche <3

comme quoi, on peut écrire "pied au cul" et "bander", sans être tout à fait débile :-p

car, en effet, il me semble que si les [s]bobos[/s] gogo-danseuses forumo-philosopho-économico-politiques acceptaient un peu plus de vulgarités, ils "subsumeraient" (merci à vous au passage) les plus obscènes orthographiades comme un taxon légitime et respectable de la divine réthorique logique du ô Tribun très affuté...

sur ce, je vous merde bien grassement le pied gauche... x-)
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