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"L'autre journalisme" de XXI fait grincer les dents de la presse traditionnelle

"Un autre journalisme est possible": c’est le titre du manifeste que publie, jeudi 10 janvier, la revue XXI. Dans ce texte de 20 pages qui sera vendu avec XXI, les fondateurs Laurent Beccaria et Patrick Saint-Exupéry, affichent plusieurs convictions. XXI publie ce manifeste à l'occasion de son cinquième anniversaire.

Derniers commentaires

Lorsque l'on parle de rentabilité des journaux (je parle plutôt des journaux et périodiques d'info géné), il est un indicateur qui est toujours très éclairant, quand on peut en avoir de connaissance, c'est le nombre de canards qu'il faut vendre pour financer les plus gros salaires de la boîte.

Au vu de ce ratio, il est souvent assez facile de comprendre que ce qui plombe la presse, ce sont les grosses (parfois très grosses) rémunérations des "stars" qui entre deux éditos ou papiers d'humeur (jamais de reportage, leur opinion suffit à éclairer la plèbe sur la réalité du monde) cachetonnent sur les plateaux de télé et les studios de radios.
Si vous voulez découvrir un autre journalisme regardez donc ce nouveau journal de ré-information :

Journal hebdomadaire de Voix de la Russie - 7 janvier 2013

En particulier, ce journal fait de l' "Arrêt sur Image" : à la minute 18 le bidonnage de France 2 est trop énorme.

Avec une conclusion à la Groland.
On va voir quel écho la presse traditionnelle va donner à ça :

http://blogs.mediapart.fr/blog/remy-garnier/070113/de-la-posture-limposture-lettre-ouverte-jerome-cahuzac

Texte assassin qui me renforce dans mon impression première : ce qui est le plus à reprocher à Cahuzac n’est pas sa clinique de millionnaires, son « faites ce que je dis pas ce que je fais, l’austérité c’est juste bon pour vos gueules de manants » » ou un hypothétique compte en Suisse comme on dit « boire en suisse », mais le cadeau fiscal fait à une coopérative de malhonnêtes (et encore, j’ignorais ce qu’en dit Garnier avec une impitoyable précision).

Il m’est arrivé à deux reprises de ne pas pouvoir payer un impôt (aucune fausse déclaration donc, comme France Prune pourrie). Je n’ai eu aucun dégrèvement, juste un moratoire.

Je cite Garnier :

Posture et imposture sont les deux mamelles de cette prétendue gauche que vous incarnez, Monsieur CAHUZAC. La posture de non-intervention peine à dissimuler l’imposture des interventions en coulisses.
La vraie gauche, elle, n’a jamais fait sienne cette devise propre à la droite nationale, militariste et ultraconservatrice qui l’illustra si bien contre DREYFUS :
« Une petite injustice vaut mieux qu’un grand désordre. »
Je vous promets que la grande injustice qui frappe les petits contribuables, les sans grade, face aux fraudeurs privilégiés que protégent des services corrompus, n’évitera pas un immense désordre.


Garnier a repris du poil de la bête, Cahuzac, ses soutiens et le Canard Enchaîné n’ont pas fini de souffrir !
[quote=David Medioni]Des réactions en chaîne qui montrent à quel point les questions posées par XXI devraient susciter un débat. Quel type de journalisme demain et avec quel financement ? Les médias doivent-ils devenir des marques ? Quel rôle pour les journalistes de l'avenir ? Toutes questions qui reviennent en permanence, à la faveur de tel ou tel événement d'actualité.

Merci David de signaler ce manifeste. Et bien voilà, cher @si, c'est donc le débat de ce vendredi, n'est-ce pas ? Pendant la période des bonnes résolutions, les égos de nos chers patrons de presse sont certainement mieux à même de débattre ;-)

Ce pourrait même être un débat récurrent @si, genre tous les trois mois, on remet le couvert. Suivi des informations, réactions des invités actuels sur les extraits des émissions précédentes (surtout montrer les extraits à ceux mis en cause, cela les fera venir plus facilement et mettra un peu de piquant dans le débat, mais pas de ping-pong sanglant non plus, hein ?!).

Le débat pourrait même changer de lieu / rédaction à chaque numéro, pour impliquer encore d'avantage les média traditionnels, genre "Tous ensemble pour parler du journalisme", et avec les lecteurs bien sûr. Par exemple si la rédaction de Libé ou du Monde n'est pas "intéressé" pour accueillir le débat, c'est que les questions qu'il pose ne les intéresse pas... Et quelque soit la raison du refus invoqué, c'est joindre le geste à la parole. Désolé pour la provoc, mais Le Monde et Libération font partie des journaux que je n'achète quasiment plus depuis des années, trop déçu.

Vivement vendredi donc !!
Abonné de la toute première heure à @si , lecteur de la toute deuxième heure de XXI, c'est un vrai plaisir de retrouver ici deux de mes journaux préférés... euh revues... euh, non supports d'information... ou médias... Ah, merde, alors: ces trucs serait-ils si nouveaux et différents qu'on ne pourrait les nommer? Les catégoriser? Les taxinomier? Numérique ou papier. Faut choisir ton camp, camarade, qu'ils disent en substance à Libé, même si ils le disent pas comme ça. Et le débat s'engage: papier contre numérique. Et Laurent Beccaria, ci-dessus, a bien raison de rappeler les fabulous 80's, qui ont vu la marketisation de la presse (et pas que: la marketisation du monde en général, le triomphe de ce que Debord, Vaneigem et quelques autres avaient dénoncé depuis près de 20 ans - le monde du spectacle enfin achevé dans la marchandise, dont le marketing-pub n'est jamais que la liturgie).
Alors il ne faudrait pas que la pseudo querelle des anciens et des nouveaux, papier ou numérique, occultent cette réalité: "la pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons" (Hara Kiri - Cavanna, probable, ou Choron). Et puisqu'on en est là, rappelons quand même que les meilleurs journaux du monde de France, ont tous, sans aucune exception, été épargnés par la pub: Le Monde de dans l'temps, Le Figaro d'avant, Libé des débuts, Hara Kiri (mensuel et hebdo), Le Canard Enchaîné, Actuel ancienne et nouvelle formules... J'en oublie sûrement. Et, tiens, une idée, un nommage (et un hommage): si ces "nouveaux" médias, numériques ou papiers, on les appelait des SPAI - Sans Pub A l'Intérieur (et non pas Sous Produits Agro-Industriels; quoique...)? Après, qu'ils soient de niche, généralistes, de reportage ou de conviction, qu'importe: ce seraient juste des SPAI.
Sinon, dans le payant qui semble marcher, y a Politis et Fakir.
Ç'aurait été intéressant de les contacter pour savoir où ils en sont au niveau viabilité.
//La ligne budgétaire annuelle "frais de reportage" des vingt journalistes de Rue89 équivaut aux frais remboursés pour un récit de XXI. C'est un montant dérisoire".//

Comme est dérisoire le résultat. Comparez la page d’accueil de Rue89 et celle de Médiapart. Rue89, le France-soir de la décadence.


Giret écrit : //A force de vouloir jouer les avant-gardes, ces deux-là risquent de se retrouver enfermés dans la nostalgie d’un pseudo âge d’or"//

Entre être enfermés dans la nostalgie mais en continuant d’écrire et d’avoir des lecteurs et ne plus pouvoir écrire car on n’a plus de lecteurs comme Libé, le choix est vite fait, non, mon Vinvin ? Tu es sans doute trop jeune pour avoir vécu la première grande fracture entrer Libé et ses lecteurs : l’irruption de la pub. Avant, Libé était un journal foutraque, parsemé autant de coups de génie que de coups de cons, mais on ne s’y ennuyait jamais. Après, les coup de génie sont devenus observables à la loupe, la bobotude a pris ses aises et le lectorat a lentement mais sûrement fondu. Lire et relire le papier de Stern-Brocard dans Siné bande encore Mensuel.
C'est sympathique, les manifestes, mais je ne peux jamais m'empêcher de me demander si, au-delà des nobles intentions affichées, d'autres intérêts ne sont pas en jeu. Comme lorsque MM. Niel ou Leclerc s'autoproclament les vaillants défenseurs du consommateur, par exemple. Ici, ce manifeste constitue également un beau coup de pub pour XXI - mais qui sait ce qu'il en restera demain, si le capital venait à s'ouvrir à d'autres investisseurs de la presse dite traditionnelle, comme cela a pu arriver à Rue89.

Sans préjuger la probité des uns et des autres, je serais bien davantage enclin à adhérer à un manifeste de personnes qui n'ont rien à vendre.
Hufnagel est un tocard issu de Libé/20 minutes et Slate, monté par la bande de bras cassés Attali et Colombani/Le Boucher venus du Monde, un assez triste journal en ligne qui se veut fun sur la forme mais qui recycle la même idéologie libérale moisie que Le Monde, des articles traduits du site de la maison-mère Slate.com et d'autres trucs ramasse-curieux sans intérêt genre "manger des insectes est-il bon pour la santé ?". Il suffit de voir le nombre de commentaires sous les articles pour comprendre que le site peine à exister.
Pire, le très mauvais Hugues Serraf, un "libéral de gauche" qui cachetonne aussi chez Atlantico, y écrit, et Glad a été recruté chez Canal + au Grand Journal, c'est dire la médiocrité de ce site et l'originalité de ses animateurs.
Quel intérêt de mettre du pognon là-dedans ? Au nom d'une pluralité qui n'existe pas ? Les mêmes plumitifs passent de site en site en s'échangeant leurs postes comme des vignettes Panini.
On ne le répétera jamais assez mais quand un site soit-disant gratuit est financé par de la pub, le produit, c'est le lecteur.
Quelques précisions pour prolonger cet article.

Huit fois dans le Manifeste XXI (c'est même le point 1) nous répétons que l'erreur est d'opposer papier et numérique.Que Vincent Giret de Libé, pour éviter les questions qui fâchent sur "les marques médias" et le marketing, ait fait mine de ne pas le voir, passe. Mais Asi, c'est plus étonnant.

Alors écrivons-le une neuvième fois: opposer le numérique et le papier est le débat le plus éculé qui soit.

Le vrai problème c'est que, après avoir, pendant près d'un siècle, permis au journalisme de se développer en absorbant la plus grande part des coûts, la publicité a commencé dans les années 80 -bien avant internet- à traverser la muraille de Chine entre le rédactionnel et la publicité. Le phénomène a même touché les grands journaux (quotidiens et hebdomadaires). Les titres ont été atteints par les joies du ciblage, du marketing, et de l'intégration dans les groupes de communication. Aussi la crise de confiance entre la presse et ses lecteurs est-elle antérieure à Internet.

Lorsque le web s'est développé, la plupart des grands journaux ont cru qu'en développant leur site puis une kyrielle d'applications, ils allaient récupérer la manne publicitaire qui s'échappaient vers le monde numérique. Cela n'a pas été le cas. Le bilan financier de la presse numérique n'est pas glorieux. Seuls deux sites échappent à la spirale des déficits, des augmentations de capital ou des rachats: Mediapart et Asi, tous les deux sur abonnements, sans publicité. Nous avons vécu la même trajectoire avec XXI et 6 Mois.

Ces quatre projets-là, si différents, avaient un point commun: les professionnels de la profession ne leur donnaient aucune chance.

Le journalisme doit plus que jamais s'appuyer sur le lecteur. C'est pour lui que nous travaillons, c'est à lui que nous nous adressons, c'est lui qui nous juge et qui permet à l'aventure éditoriale de se poursuivre -ou pas.

Dire que la presse n'a pas assez engouffré d'argent dans le numérique est sans doute vrai dans un certain nombre de cas (par exemple Slate). Mais le Guardian par exemple, grand quotidien anglais, phare du journalisme numérique, qui expérimente, invente, investit à tour de bras depuis une décennie n'y arrive pas mieux. Il licencie à tour de bras et perd 100.000 livres par semaine. Rue89 -dont j'ai été l'un des premiers et modestes actionnaires- a pulvérisé chaque année ses objectifs d'audience sans être rentable. L'équilibre financier dans cet univers
une ligne d'horizon qui se dérobe sans cesse.

Il y a beaucoup de voies à explorer sur le net (comme média), en utilisant le net (comme outil), sur papier (avec une offre renouvelée, bien loin des hebdos -franc-maçons-immobilier-guide du vin-l'islam qui fait peur). Notre Manifeste est un appel à explorer toutes les solutions pour refonder la presse, à partir du meilleur de sa tradition.

Les réactions qui remontent des abonnés et désormais des journalistes, qui ont reçu le texte avec le numéro 21 de XXI et quelques jours d'avance surle jeudi 10 janvier, nous confortent dans l'idée qu'il vaut la peine de s'engager.

Ce débat n'est pas franco-français. La revue Harper's aux Etats-Unis (l'un des trois titres les plus prestigieux de la presse américaine) traduit actuellement ce texte pour le publier dans leur prochain numéro. Et l'école de journalisme de Columbia, qui reste la référence dans ce domaine, vient de publier un rapport qui partage le diagnostic cruel du Manifeste XXI.

Laurent Beccaria (cosignataire du Manifeste XXI)
Votre vision me semble un peu biaisée. Il n'y a pas que deux sites d'information qui "échappent à la spirale des déficits, des augmentations de capital ou des rachats". Je suis sûr de ne pas être le seul (vous devriez vous renseigner auprès du SPIIL) mais pour prendre l'exemple de La Tribune de l'Art, nous sommes parfaitement indépendants et bénéficiaires. Bien sûr, il s'agit d'un titre d'information "spécialisé" et peut-être ne parliez-vous que de la presse IPG, mais ce n'est tout de même pas négligeable. Et bien sûr, nous sommes très petits, mais pas tant que ça sur le plan du lectorat (96 000 visiteurs uniques en décembre, ce qui n'est pas si mal pour un titre "de niche" de ce type). Et même si nous allons introduire une partie payante réservée aux abonnés avec des services supplémentaires, nous voulons que l'actualité reste gratuite et financée par la publicité car nous souhaitons faire du journalisme engagé, qui puisse faire bouger les choses et être largement repris par le reste de la presse (ce qui, à notre échelle, est le cas), ce qui est difficile pour un titre payant (seul Médiapart, à mon avis, y arrive). C'est donc un choix parfaitement assumé et même nos pires ennemis (nous en avons un certain nombre) n'osent pas nous accuser d'être inféodés à nos annonceurs (en gros, des musées et des marchands d'art) car ils savent que c'est faux (et que ça se voit).

Et même si nous allons introduire une partie payante réservée aux abonnés avec des services supplémentaires, nous voulons que l'actualité reste gratuite et financée par la publicité car nous souhaitons faire du journalisme engagé, qui puisse faire bouger les choses et être largement repris par le reste de la presse (ce qui, à notre échelle, est le cas), ce qui est difficile pour un titre payant (seul Médiapart, à mon avis, y arrive). C'est donc un choix parfaitement assumé et même nos pires ennemis (nous en avons un certain nombre) n'osent pas nous accuser d'être inféodés à nos annonceurs (en gros, des musées et des marchands d'art) car ils savent que c'est faux (et que ça se voit).


C'est la vôtre de vision qui est biaisée. Vous pouvez raconter tout ce que vous voulez, il est faux de dire que l'on peut faire du journalisme indépendant et engagé en étant financé par la pub. Vous vivez dans l'illusion. C'est toujours, TOU-JOURS, celui qui paie les violons qui dirige la musique.
nous voulons que l'actualité reste gratuite

Et ce qui est gratuit ne vaut rien, comme le prouve tous les jours Rue89.

Lire la réaction de Pierre Haski, dans le déni c'est édifiant. il vient de se prendre un gros panpan féfesse par Papa Clauclau mais c'est pas grave, il continue... Jupiter aveugle ceux qu'il veut perdre.
Le débat en France devient réellement nauséabond. On ne discute plus des qualités ou des défauts des uns et des autres, on ne critique plus les faits et gestes des gens, on les catégorise pour les opposer les uns contre les autres. Les riches (forcément méchants) contre les pauvres (forcément gentils), les entrepreneurs (forcément exploiteurs) contre les salariés (forcément gentils), les journaux gratuits sur internet (forcément pourris) contre les payants (forcément vertueux)... Et j'en passe. A ce niveau de débat, on a dépassé le manichéisme...
Je ne défendrai pas Rue89 car manifestement il prend une tournure que je n'aime pas. Mais dire "ce qui est gratuit ne vaut rien, comme le prouve tous les jours Rue89", c'est comme dire "tous les politiques sont pourris, comme le prouve tous les jours untel", cela s'appelle du poujadisme et du populisme.
Effectivement, j'aurais dû nuancer, et ne pas mettre tous les gratuits dans le pauvre sac où git Rue89.

Et dire qu'on arrive encore à trouver dans ce dernier de bons articles

Mais il faut fouiller de plus en plus.
Je crois qu'il faut débattre sans généraliser, en en s'appuyant sur des faits et des exemples, c'est tout ce que je voulais dire.
Je m’informe en allant sur des sites internet d’information :
Arrêt sur images moyennant un abonnement de 3,50€ par mois,
Mediapart moyennant un abonnement de 9,00€ par mois.
Au total ça correspond en gros au prix de 2 paquets de cigarettes. Et je ne fume plus depuis 4 ans alors hein !
Pourquoi ces sites payants alors qu’il en existe des gratuits ?
Sur ces sites, je suis un client qui vient acheter une marchandise à un marchand. Le marchand a intérêt à ce qu’elle soit bonne, cette marchandise, sinon je ne viendrai plus. C’est moi le roi.
De plus, sur ces sites, il n’y a pas d’annonceur qui vient m’embêter pour me vendre une autre marchandise pendant que je suis occupé avec ce que je suis venu chercher.
Il y a un marchand, une marchandise et un client, c’est tout. Et c’est très bien comme ça. Et ça vaut bien 2 paquets de clopes par mois.

Qu’y a-t-il sur les sites gratuits ? Qui suis-je sur un site gratuit ?
Il n’y pas de marchand puisqu’on n’y vend rien.
Il n’y a pas de client puisqu’on n’y achète rien.
Il y a ce qui ressemble à de la marchandise mais personne ne la vend et personne ne l’achète.
Il y a des annonceurs. Ah oui, il y a des annonceurs.
L’annonceur est la personne qui tente de faire savoir qu’elle vend une marchandise (un bien ou un service), faite par lui ou quelqu’un d’autre, afin que quelqu’un achète cette marchandise.
Le marchand est la personne qui vend à quelqu’un une marchandise (un bien ou un service), faite par lui ou quelqu’un d’autre.
Le client est la personne qui achète une marchandise (un bien ou un service) à un marchand, fabricant ou intermédiaire.

Sur les sites gratuits tout est chamboulé.
L’annonceur paye, donc c’est lui le client.
Le site encaisse, donc c’est lui le marchand. Et il a intérêt à ce que la marchandise soit bonne pour l’annonceur sinon l’annonceur ne viendra plus. C’est l’annonceur le roi.
Je suis qui, moi, là-dedans ?
Hé oui, la marchandise.
Wow, c'est presque poétique!
C'est carré: j'adore.
De la poésie carrée alors. Ou de la géométrie poétique.
Vous êtes gentils les amis. En fait je recycle un billet que j'ai commis la semaine dernière. C'est donc d'actualité.
http://anedebout.over-blog.com/article-gratuit-tout-compris-114060006.html
Bien vu, chef !

Ajoutons que beaucoup de sites gratuits gagnent leur vie en utilisant les travail de cons de bénévoles.

Con de bénévole que j'ai été sur Rue89 pour sept articles.

Avec le recul, ce que je croyais naïvement être les sept piliers de la sagesse s'est avéré du grain à moudre pour les sept mercenaires
Quand il est dit "tout ce qui est gratuit ne vaut rien", il me semble que c'est juste un raccourci. Ça veut dire, dans le cas de la presse , que l'information est réduite à une marchandise sans valeur. Il est évident qu'une information payée par le lecteur (les clients d'ASI par exemple) ou par ceux qui la fabriquent (les bénévoles d'Acrimed), n'a pas la même valeur qu'une information payée par la pub. Si l'on prend l'exemple des journaux gratuits payés par la pub, la tendance sera de faire au moindre coût et de recopier les dépêches d'agence. Si la pub ne rentre pas, il n'y a qu'en tapant sur le rédactionnel que l'on peut réduire les frais. Dans le cas de journaux payés par les lecteurs, c'est l'adhésion des lecteurs à un projet qui donne sa valeur à ce qui est proposé.
"faire au moindre coût" a été l'alpha et l'omega des restructurateurs* de journaux comme le Monde ou Libé. On vire des journalistes par paquets entiers... et c'est comme ça qu'un quotidien autrefois de référence a pu confondre Mmes Sarkozy II et III dans sa titarille sans que personne ne voie la boulette à temps.

* Le moindre coût ne les concernant pas, il manquerait plus que ça ! Voir les émoluments de Colombani au Monde, Colombani qui n'a rien perdu de sa superbe donneuse de leçons.
"sa titraille" : pas vu la boulette à temps !

Faut dire que je ne me paie pas, et comme ce qui est gratuit ne vaut rien...

(Patapé, Didier Rykner, ou alors, pas avec un varlin !)
Le temps d'écrire ceci, un message s'est intercalé. Je m'adresse donc à l'avant-dernier commentaire avant celui-ci (celui de Varlin).

Ce que vous dites est en partie vrai pour certains journaux, mais en faire une généralité est tout simplement faux. Ceux qui raisonnent comme cela et qui recopient à moindre coût des dépêches d'agence ont ce qu'ils méritent, c'est-à-dire qu'ils perdent toute crédibilité et à terme, j'en suis certain, tout lectorat. Ils finiront par en crever, et tant mieux.
Dans notre cas, nous allons chercher l'information, nous sortons énormément d'informations inédites, nous enquêtons, et nous prenons parti, fût-ce contre nos annonceurs (c'est arrivé plusieurs fois) ou contre de gros annonceurs potentiels. Lorsque l'on reçoit un communiqué de presse, il arrive bien sûr que nous n'ayons pas eu l'information auparavant, et que celle-ci puisse intéresser nos lecteurs. Dans ce cas, il est hors de question de reprendre le communiqué mais on écrit un article original, en y ajoutant des informations que nous sommes allés chercher, sans prendre pour parole d'évangile la propagande qu'il peut y avoir dans le communiqué. En revanche, je peux vous garantir que dans bien des supports "payants" on retrouve le communiqué presque tel quel.

Bien sûr, on peut perdre des annonceurs. Mais ceux-ci sont suffisamment nombreux pour que cela ne soit pas bien grave. Et le fait que l'on ait beaucoup de lecteurs, et que nous soyons très spécialisé, donc qu'il n'y ait pas tant de supports que cela, fait que certains prendront aussi de la publicité même si on est critique envers eux. Je préfère cent fois perdre un annonceur que des lecteurs qui penseront que nous sommes vendus à cause de la publicité. Car c'est bien le nombre et la qualité de notre lectorat qui nous amène des annonceurs.
D'aillleurs, penser que les abonnements des lecteurs est aussi une preuve d'indépendance est une vue de l'esprit. Là aussi, pour augmenter les abonnements, un journal pourrait aller dans le sens de ce que voudrait les lecteurs. Combien de fois est-ce que je lis dans ces forums des chantages au désabonnement. @si pourrait se dire : ah oui, attention, on va perdre des lecteurs, allons dans leur sens sinon ils vont se désabonner, ou allons dans tel ou tel sens pour gagner des lecteurs. Ben non, ils résistent, et ils ont raison. Ils préfèrent perdre des lecteurs ou ne pas en gagner qu'ils pourraient avoir et rester intègres. Pourquoi pensez-vous qu'il en va forcément différemment avec les annonceurs.

Enfin, vu notre spécialisation, le nombre de lecteurs très attachés au site, sachant que même sans qu'ils aient rien en échange (même pas de déduction fiscale car nous ne sommes pas "information politique et générale)", et sans en faire beaucoup la promotion, nous avons tout de même 200 souscripteurs qui paient en moyenne 40 euros par an. Sans rien de plus en échange. Nous pourrions sans aucun problème avec un abonnement annuel de 50 euros avoir 4000 abonnés (minimum) et nous aurions un chiffre d'affaire supérieur à celui que nous avons actuellement. Et on serait donc lu par 4000 personnes (5000 si on inclut les familles ?) et après. Quel intérêt d'être lu par aussi peu de monde ? Comment peser sur quoi que ce soit alors que le problème sur internet est que contrairement à un journal, on ne peut pas le prêter, on l'achète ou pas... J'ai pris le parti d'être potentiellement lu par tout internaute. Cela donne une véritable visibilité, et ça nous permet de réelleement pouvoir faire avancer des choses. Donc oui, nous sommes gratuit, et nous faisons pourtant du journalisme engagé. On peut en débattre, mais donnez-nous des faits, pas des arguments du genre "vous êtes gratuits donc forcément vendus". Ca a un petit côté insultant très agaçant.
@Varlin
C'est toujours, TOU-JOURS, celui qui paie les violons qui dirige la musique.
Mouais. Sur le fond, je serais presque d'accord avec vous, mais je ne crois pas que ce reproche puisse être systématique.
Par exemple, les cites qui s'ouvre sur un terrain vierge, se trouve de fait en position de force. C'est les annonceurs qui voudrons être sur leurs pages. Il est donc envisageable que des internautes vivant de la pub puissent se sentir libre à un instant T.
De plus, je ne crois pas que l'on puisse opposer ce modèle à celui des abonnements. Je pense par exemple à l'importance des "affaires" sorties par Médiapart dans l'évolution du nombre de leurs abonnés. Quel modèle fonctionne? Acrimed? Obligés de relancer les appels aux dons presque "désespérément"?
Je me demande plutôt si un violoniste qu'on paye pour jouer, voudra t-il un jour jouer pour autre chose que de l'argent?
Laurent Beccaria : Huit fois dans le Manifeste XXI (c'est même le point 1) nous répétons que l'erreur est d'opposer papier et numérique.Que Vincent Giret de Libé, pour éviter les questions qui fâchent sur "les marques médias" et le marketing, ait fait mine de ne pas le voir, passe. Mais Asi, c'est plus étonnant.

Ne soyez pas étonné. @SI est en train de sombrer de plus en plus dans les travers qu'il est sensé dénoncer et décrypter. La raison m'échappe, seule des consignes de "repositionnement" (initialement sans doute bien intentionnées mais in fine catastrophiques) du capitaine pourrait expliquer un tel naufrage.

(donc : j'en ai marre que @SI fasse les conneries qu'il est sensé dénoncer et je le dis avant de me casser, épisode 4. Au tour du petit nouveau, David Medioni après l'épisode 3 et l'épisode 2, et la première étape de l'épisode 1. Et j'avoue que c'est assez perturbant que ce soit M. Beccaria l'auteur de cet épisode 4...)

Je crains qu'ici vous ne vous fatiguiez pour rien, M. Beccaria.
Sur les ancêtres (toutefois pas si anciens) de ces « mooks » (vilain néologisme), créés dans la mouvance de XXI, lire aussi ce billet de 2007.
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