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Commentaires

L'Arabe, le journal et le policier

"Dégage, sale Arabe !"

Derniers commentaires

Comme d'habitude, j'ai l'impression qu'un truc m'échappe, que je ne comprends pas bien..
Le flic a insulté ce gars pour s'en débarrasser, car il était un témoin gênant d'un tabassage.

Et tout le monde de vouloir que la personne insulté porte plainte, ah mais il peut pas ses témoins risquent des trucs.., zut c'est ballot..

Mais moi je m'en fous qu'il porte plainte pour injure raciste. L'important c'est que si le mec qui s'est fait tabassé à froid sur la figure, le nez cassé par une matraque (légitime défense de la matraque?), a envie de porter plainte contre les flics, le jeune homme de sciences po soit son témoin sans tergiverser et sans se laisser intimider par des insultes.
Les blessures physiques sont prioritaires sur les blessures à l'âme, hein? Ou on en est rendu là que maintenant c'est le contraire?

Arabe, de Bondy, étudiant à sciences po, rien de grave mais si il se dégonfle de témoigner du tabassage scandaleux... au minimum je lui fais une main toute molle et au maximum il se prend un zef si je dois lui serrer la paluche un jour (c'est dire que moi, mes pulsions racistes, je les bride un max. et que la haine je la jette).
Ce qui frappe aussi dans cette une, c'est justement que Libé en fasse la une, à partir d'une information difficilement vérifiable. Imaginez la catastrophe pour les personnes victimes de ce genre d'agressions moins médiatisées, essayant de réclamer leur droit, si ce témoignage se révèle faux!
Ca serait un grave et important retour en arrière, parce que dé-crédibilisé.

Je ne suis pas victime de ce type de dérapages mais il faut être aveugle pour ne pas en voir. J'ai des amis de couleur de peau, qui s'en plaignent. Il suffit d'aller aux halles à Paris pour voir l'attitude des CRS. J'ai assisté à une scène d'insultes gratuites de la part des CRS oui.
Y a tellement de cas qui sont filmés dans les banlieues et pour lesquels il n'y a pas de suite et dont la presse en parle pas.

Aussi respectable que soit le protagoniste de cette histoire, son témoignage est pris en compte parce qu'il est étudiant à Sciences Po? Les autres ne sont pas crédibles? Ceci n'est pas un délit, non plus?

Ensuite je ne veux pas dire que toutes les forces de l'ordre ont des attitudes racistes. Le dérapage existe et c'est malheureusement la nature humaine, comme ici lors des manifestations assez violentes. En revanche l'inacceptable est la solidarité de la corporation sur le moment du fait et ensuite. Pour quelques brebis galeuses tout une corporation en pâtis. Je tenais à faire cet aparté.
Mais vous allez arrêter un peu, tous, avec Sciences Po? Ca suffit, oui ! Remplacez dans votre tête ces deux mots maudits par "étudiant en fac d'anglais à Mulhouse", je suis sûre que votre niveau de rage va baisser d'un coup!

Oui, son appartenance à l'établissement lui a donné sans doute un accès plus facile aux médias. Oui, certains bien pensants se sont ans doute plus offusqués de l'affaire que s'il avait été chômeur. Mais lui n'y est pour rien, va falloir songer à ne pas se tromper de victime, nom d'une pipe au miel !
Lisant ce forum et plusieurs remarques à propos de l'utilité de préciser que la victime du fait divers est étudiant à Sciences Po, il me revient les déclarations de notre président, alors ministre et candidat, sur l'épisode de Marseille (bus incendié, une jeune femme brûlée gravement) à Europe 1:
"S’agissant de cet acte barbare, encore une fois inqualifiable, qui a conduit une jeune fille d’origine sénégalaise, qui fait ses études en France, qui prenait son bus dans un quartier populaire, qui ne demandait rien à personne, si ce n’est faire des études pour préparer son avenir, ceux qui sont capables de rentrer dans un bus, de jeter de l’essence, d’y mettre le feu, quel que soit leur âge, doivent rendre compte d’un acte qui est un acte criminel." (blog de l'UMP)
Comme quoi, si on remplaçait la jeune fille sénégalaise par "un chômiste feignasse" et les subordonnées relatives qui suivent par "qui se grattait les parties génitales en public", ç'eût été moins grave, je présume ?

Si du reste le fait que le narrateur est étudiant en Sciences Po doit contribuer à la crédibilité d'un témoignage, les bras m'en tombent, mais je les récupère promptement pour conclure : pas d'objection à ce qu'on mentionne la "couleur" de la personne, elle est significative ici ; pas de problème non plus pour évoquer ses études, s'il s'agit d'une information de nature tout aussi significative : il semble que ce statut ait été évoqué devant les policiers et les ait fait réagir, alors d'accord. Mais si on pouvait en rester là au lieu de tomber dans la faille du "cas par cas" si cher à nos gouvernants ...

De même (?), dans le collège de ma fille, un enfant de père Kossovar et de mère albanaise ; les parents en instance de renvoi ; le comité de soutien qui met en avant le sérieux dans les études du fils, les gages d'intégration ; petite gêne chez moi : si tout le monde abandonne les règles de droit au profit du "cas par cas" (lui mérite de rester, pas l'autre), on est dans une immigration choisie par qui, et sur quels critères ?

Pour finir, quand je (re)lis la dernière phrase des mêmes propos rapportés de NS : "la meilleure prévention, c’est la sanction", je déprime, et ça fait un moment que ça dure...
Dans cinquante ans, on relira cette période à l'aune de l'arrivée de Sarkozy dans le paysage national, Ministre de l'intérieur à Président, il a décomplexé la police, lui a donné un sentiment d'impunité, il a mis la France dans un rapport traumatisant à la sécurité et à l'identité, il a ouvert les vannes et le pire de beaucoup a pu s'exprimer en toute liberté. Ce blanc-seing est à travailler, le projet de la gauche doit inverser le sens des choses : passer de la politique de la peur à une politique du vivre ensemble, contrer ces démons de la droite tordue.

http://anthropia.blogg.org
Eh bien je trouve cet article terrible...

Je viens d'ailleurs de répondre à un article sur le sujet sur Marianne:

[quote=.]Eh bien, moi, ce qui me gène dans cette médiatisation du jeune de Sciences Po, c'est justement parce que c'est un type de "Sciences Po"...
Si un jeune ouvrier, traité de la même manière, avait dit la même chose... AUCUN article dans Libé... Mais un type de "Sciences Po", ça en jette...

Pauvre France, pays de serfs, habitués à se courber devant la future "élite" ou celle que l'on leur a vendu comme telle...

Toujours se courber devant ce qui est déclaré comme "élite" et à laquelle les journalistes parisiens considèrents qu'ils font partie.

Réflexe de CLASSE, tout simplement...

Quant à l'article ci-dessus, il n'a pas tout à fait tort. Rien n'est tout blanc ni tout noir. Les zones grises sont les plus importantes... et il ne faudrait pas béatiser ceux qui sont les souffre-douleurs d'autres citoyens... car tous forment LA France et interagissent entre eux...


Et je viens d'ajouter sur l'article de Rue89:

Les journalistes de Rue89 ont le même réflexe... SciencesPo, tu parles, c'est donc quelqu'un de bien...

Terrible prolongement de la pensée unique répandue par l'Education Nationale.

Et le type de "SciencesPo" va être interviewé sur le plateau de diverses TV... C'est pas un ouvrier maghrébin qui aurait cet "honneur", pouah, les journalistes parisiens ne s'y intéresseraient surtout pas... et personne ne l'inviterait, pas de journalistes, pas de "ministre"... même si c'est un type qui retourne sa veste en quelques semaines...

Hé, réveillez-vous les gars, regardez dans quel état est ce pays!!!!
un peu d'humour sur le sujet

http://www.touslespodcasts.com/annuaire/radio-tv/radio-nationales/1260-episode501452.html
Je redonne le lien proposé plus haut par Natoussia, qui permet de lire l’article de Libération en intégralité (accès payant).
« Comme un ennemi dans sa propre République »
Pour certains, le lire avant de poster, leurs auraient évité de nombreux messages affligeants(euphémisme).
HS : pas hors sevice,( quoique ?, le matin )
Réveillez vous lucide!
vous en connaissez beaucoup qui se réveillent lucide le matin ?
cool les ciseaux
merci de votre compréhension et de votre tolérance, cher Pierre, aimable Pierre,
bizare ce bandeau en haut de la page d'accueil !
gamma
vivement le jour du tirage des poules pour la coupe du monde(de foot bien entendu) et que le France tombe dans le même poule que l'Algerie.La on va bien voir les bons français et le mauvais,
ce genre de rapport ne circule qu'en interne : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/actions_en_cours/france/actions/france_des_policiers_au_dessus_des_lois, dommage !

rares sont les média qui s'intéressent à de vrais dossiers : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/actions_en_cours/france/actions/abou_bakari_tandia, avec des vrais gens qui meurent dans la vraie vie de vrais policiers !

la main de Thierry Henry a fait plus d'une semaine de débats à la télévision en squattant toutes les émissions.....
un ange passe...
Le foot le foot le foot,comme disait Bedos....Comment supporter qu'il ait pris une telle place,qu'il engendre de tels débordements imbéciles ?Quant à l'histoire de ce jeune homme,elle ne m'a pas étonnée.J'ai assisté ce genre de scène dans un couloir du métro.Il s'agissait d'un couple qui ne venait apparemment pas de Corrèze..Je me suis fait insulter pour avoir ramassé un tube de rouge à lèvres tombé du sac de la jeune fille et qui avait roulé à mes pieds.Après la fouille,on les a laissé repartir.J'ai été bouleversée par cette violence ordinaire. Qu'est-ce qu'ils nous demandent déjà ? ah oui...D'être fiers d'être FRANCAIS !
Pour ma part, les manifestations de joie dans la rue après les matchs de football, peuvent me rendent relativement agressif. J'habite dans une ville moyenne et aléatoirement, lorsque un pays gagne un match, c'est le déchainement sous mes fenêtres pendant plus d'une heure.

J'accepte et je comprends les déchainements de klaxons et les hurlements de joie lorsqu'il s'agit d'une finale de Coupe du Monde ou d'un match de tournoi à la rigueur.

Je me fiche du football et je me fiche que la France et l'Algérie soient qualifiés à la Coupe du Monde de Football... Surtout quand je suis tranquille dans mon lit en essayant de dormir.

Je n'excuse pas le racisme suspecté d'un policier, cependant je comprends que les débordements populaires pour un événement si futile pour beaucoup de gens, puissent provoquer des mots agressifs voir racistes pour certains. Surtout quand on souhaite dormir.
salut
moi j'ai noté l'autre jour un amalgame qui m'a fait bondir, dans le Figaro (Magazine ou Madame, je ne sais plus), c'est le fait de décrire le hijab, foulard de base des musulmanes, comme étant "islamiste". Donc, la musulmane voilée est islamiste. Rejet de l'arabe, de l'islam, débat sur l'identité nationale, élection de Van Rompuy à la présidence de l'Europe (un chrétien convaincu et militant), vraiment je me demande où on va...
Plus je lis d'histoires de personnes victimes de racisme plus je me dis que le "problème" vient de leurs parents.
Non non ne me tapez pas dessus, je m'explique.
Je crois, malheureusement, que beaucoup de parents ont élevé leurs enfants en s'appuyant sur les valeurs que la France prétendait (prétend) représentée : liberté, égalité, fraternité et bla bla bla.
Ils n'ont jamais voulu voir qu'en fait, leurs enfants grandissaient dans un pays fortement imprégné de racisme, de pseudo-supériorité blanche.
Mais je crois aussi que cela est du au faible niveau d'éducation qu'ils avaient eux-mêmes.

Pour ma part, je n'ai pas été réellement confrontée à ce racisme de bas étage. Pour une raison toute simple, ma mère nous a toujours dit : "vous êtes des petits métis. Ne vous faites aucune illusion, vous ne serez jamais vu par les français comme des leurs. Si vous vous comportez mal, il vous sera toujours dit que c'est parce que vous êtes noirs."
Avoir été élevés de la sorte, fait que nous ne nous sommes jamais faits d'illusions sur la France. Conclusion, les réflexions du style "sale noire" je n'y ai jamais eu droit sauf une fois où j'ai giflé le quidam - non pas rapport à son insulte - mais parce qu'il m'avait postilloné au visage.
Quant aux réflexions plus sournoises j'y mets rapidement un terme en renvoyant poliment mais fermement l'auteur des propos dans ses 22. En général cela calme illico.
Mais il est vrai que ne correspondant pas à l'image que certains se font de l'africain, je suis respectée (et aussi parce que je me respecte et n'essaie pas d'être ce que je ne suis pas).
A deux reprises, j'ai entendu des âneries racistes parce que j'étais allée m'informer sur mes droits dans un commissariat et que j'étais mariée à un ressortissant d'une de nos ex colonies. A deux reprises, alors que je posais des questions précises, les deux gradés que j'ai vu, chacun dans un commissariat différent puisque 5 années s'étaient écoulées entre ma 1ere et ma 2e visite, m'ont déclaré (sans répondre à ma question) : vous n'aviez qu'à pas épouser un Africain ! J'ai dû les envoyer paître et les prier de bien vouloir répondre à mes questions et de me faire grâce de leurs réflexions racistes.
J'ai entendu la réflexion de Chirac au "petit journal de C+" hier soir, sur un type qui lui avait serré la main. Chirac lui demande d'où il est, il répond du bled où est Chirac... plus tard, le voilà qui dit : "ça m'étonnerait qu'il soit vraiment né ici"... parce que le type était métis ! Il en a dit d'autres. Tout le monde qui parle (donc média et médiatisés) ne cesse de pointer du doigt et de stigmatiser les Musulmans, les polygames, les femmes voilées, les gens des quartiers, les émeutiers... et mélangent tout ça dans le melting pot du racisme. Et voilà comment ça ressort : un des nombreux jeunes gens d'origine maghrébine, nés en France, intégré (je déteste vraiment ce mot), est mis dans le même sac de rejetés par un flic de base. Lequel a peut-être bcp moins d'instruction que ce jeune homme.
Constamment je relève des accès de racisme, des phrases racistes, à la télé, dans les déclarations de nos politiques, dans la bouche du voisin, de la voisine, tous les jours je m'insurge comme je le peux contre ces réflexions racistes.
Hélas, je me sens souvent très seule lorsque je gueule en public... une fois dans un bus, nous étions deux, deux femmes, à faire taire un papy qui engueulait le chauffeur, Antillais, parce qu'il répondait aux questions de l'Africain un peu perdu sur le trottoir et que, du coup, le bus n'avançait pas ! Bus bondé, un papy qui gueule et 2 femmes seulement pour l'engueuler... et la seconde était métisse.
Moi, j'vous dis que le Français est raciste, que Sarko en fait son beurre, que les media surfent sur la vague et pis voilà.
Nous sommes de retour dans les années 50, sur le plan du racisme !
Quand il y a des manifestations de ce type, on se retrouve catalogué comme un ennemi de sa propre République.

Je ne crois pas du tout a cette histoire, c'est le genre de manip dont la bande du Bondy blog est habituée, de plus ce gars est gonflé d'invoquer sa "propre République" quand il va défiler avec un drapeau étranger devant l'arc de triomphe.
Souvenez-vous de ce « salearabe »

« Mot de passe »…
ou on se « Passe le mot » ?

Les CRS ont des mots d’« Anges d’or » !
"(...) un indiscutable flagrant délit de racisme, par un policier en service (...) Libé en fait donc sa manchette, et voici tout lecteur saisi de stupeur."
Je ne comprends pas :
- si le lecteur est saisi de stupeur à cause d'un indiscutable flagrant délit de racisme, par un policier en service, c'est qu'il ne sort pas beaucoup de chez lui, qu'il n'écoute pas la radio et qu'il n'a jamais entendu parler du CODEDO, ni deQUE FAIT LA POLICE? de Maurice Rajsfus. Mais il faudrait alors que le lecteur prenne contact avec le monde réel.
- si en revanche le lecteur est saisi de stupeur parce que Libé en fait sa Une, c'est qu'il n'a pas bien compris (le lecteur) que Libé a quelque peu changé ces dernières années. Il faut alors lui conseiller (au lecteur) de se contenter de lire le supplément NEXT

PS : il y a de drôles d'odeurs sur ce forum ce matin.
Daniel, vous ne voyez pas la manip ???

Etrangement, je viens d'entendre ce ''d'jeuns'' sur RMC et il déclare : ''il se trouve que j'ai un problème, je ne supporte pas qu'on me parle mal'' ensuite à 10h17 : il déclare '' le policier m'a dit : c'est la fête pour vous mais pour nous c'est encore plus la fête car on peut taper sur des Arabes''...

Un peu carricatural peut être, non ? il ne force pas le trait ?

Par ailleurs, plusieurs reflexions me viennent :

- Cet homme est en relation étroite avec le Bondy Blog, qui comme chacun sait est très équillibré dans son ton. (sic) et pas du tout communautariste. Yacine Bellatar en est le membre le plus représentatif.

- Cet homme sort dans la rue fêter la victoire de l'Algérie avec force drapeaux alors que, pendant ce temps là, la France joue sa place à la coupe du monde. Dès lors, comment les considérer comme Français à part entière ? Français de coeur ou de circonstance ?

- Cet homme n'est pas un inconnu car il s'est déjà illustré au cours des émeutes de 2003 et il avait été reçu par les autorités. On voit bien que ce Monsieur tout le monde est TRES impliqué dans la lutte communautaire....

Daniel, votre gauchitude vous a encore joué des tours, et la réalité est certainement un peu différente du récit que vous en faites.

Vous ne voyez pas la manip ou bien, elle vous satisfait ?
J'ai des dizaines d'histoires similaires dans ma besace, sans être moi-même concernée par l'injure raciste.
Grandir entre Barbès et Anvers, à Paris, ouvre les yeux sur pas mal de choses.
L'injure n'est donc pas rare, elle s'est je pense banalisée, elle est peut-être même privée de récit médiatique.
Et pas uniquement par la faute des journaux (Sleepless t'es dur avec Libé :-)

Il me semble que l'antiracisme d'aujourd'hui a changé son fusil d'épaule : on ne combat pas le racisme au nom de l'égalité entre les hommes (perspective universaliste qui traite les humains de manière indifférenciée) on combat pour vivre suivant les préceptes de sa culture, de sa religion, dans une perspective communautaire. L'échec relatif de l'intégration en est peut-être la cause, mais pas seulement (individualisme croissant de notre société, perte de valeurs, nihilisme égocentrique, pouah).

Le changement de profil des organisations antiracistes l'atteste. Qui voit-on à la télévision ? Le CRAN, ou encore les Indigènes de la république et leur super porte parole Houria Bouteldja. Le curseur de la lutte antiraciste s'est déplacé des luttes pour l'égalité vers la lutte pour les particularismes. Si tout le monde se bat pour être traité différemment pourquoi se fatiguer à traiter tout le monde de la même façon.

La boutade est stupide mais elle explique je pense le silence qui pèse sur les comportements explicitement racistes, éclipsés par les débats autour de ce qu'on mange à la cantine ou porte sur la tête à l'école ou sur son lieu de travail, débats qui relèguent une réflexion profonde sur les causes du racisme qui perdure aujourd'hui.

Je suis surprise enfin par la chute de votre article : je n'ai pas compris si vous vous réjouissiez :
- qu'un arabe puisse intégrer Sciences Po ou
- que la parole d'un arabe qui a intégré Sciences Po parvienne à un journaliste (donnant ainsi une image positive des arabes, pour une fois)

Je suis très contente pour ce jeune homme qu'il fasse cette école qui lui promet un bel avenir, mais je l'aurais été davantage encore si l'entretien avait été recueilli auprès d'un arabe qui n'a pas fait sciences po. Est-il nécessaire d'intégrer une école pour que la parole devienne digne d'intérêt ? Je sais je coupe un peu les cheveux en quatre mais le fait qu'un arabe intègre cette école n'est ni un gage d'intégration (ces conventions ne concernent qu'un nombre très limité de personnes et n'ont qu'un impact très limité, par ailleurs elles servent d'alibi démocratique à une école qui se donne ainsi une bonne image à peu de frais, les difficultés des jeunes ainsi intégrés sont souvent réelles : ils font souvent l'objet d'un gentil mépris de la part de leurs congénères - expérience personnelle) ni rassurant pour l'avenir du journalisme dans ce pays : l'histoire n'aurait jamais fait la une s'il venait d'une banlieue pourrie et qu'il y était resté.

Joli progrès, en somme.
Et pas uniquement par la faute des journaux (Sleepless t'es dur avec Libé :-)

Salut Danette,

Non, pas particulièrement.
Je trouve que Daniel oublie de poser une des hypothèses dans sa tentative d'explication.
Bien sûr, je le fais, moi, plus ou moins sous la forme d'une boutade.
Mais le fait que Libé ne fasse plus sa une sur des sujets qu'il abordait régulièrement, et presque de façon militante, peut tout simplement aussi venir de Libé lui-même.
Peut-être ne faut-il pas chercher de raison externe.
Je le pense.
Ha bah, oui, ça, faut pas se faire d'illusion, Libé c'est globalement centre-droit libéral bon teint. Suffit de s'intéresser un peu à Joffrin, on est vite fixé.
Tout à fait d'accord avec toi : on prône le respect de la différence, au lieu de mettre en avant ce qui est en commun.

Parce qu'au fond, on a tous les mêmes vies, arabe ou pas arabe, science-po ou pas science-po : les mêmes problèmes amoureux, de vie en couple, et puis les problèmes de boulot, et des enfants à s'occuper et qui donnent du soucis mais aussi qui sont les plus mignons du monde, et puis des ennuis de santé, et puis la famille, et puis les bières et rigolades entre potes, et puis on se pose les mêmes questions philosophiques (qu'est-ce que je fous sur Terre...), etc...
Bref, si les choses s'expriment de manière différentes selon la culture, au fond les problèmes humains tournent toujours autour des mêmes choses - or, au lieu de mettre en avant ce terreau commun, qui pourrait être une manière de pacifier bien des situations, c'est surtout les différences, vues comme de toute façon irréductibles, qu'on met en avant.

Du coup, ce qui est triste, c'est qu'on reste toujours à ce constat, censé dire tout de la situation, de "communautarisme". On dit le mot, c'est comme si on avait tout dit. Suit après ça, toujours plus de demande de lois.

Et on ne met jamais en question les raisons qui pousseraient tant de gens à se mettre en communauté fermée (sinon des raisons essentialistes, "c'est l'islam qui est comme ça", par exemple...). Et on ne met jamais en question cet individualisme que tu cites, on ne met jamais en question la civilisation (notre civilisation) qui produit pourtant précisément tous ces effets. À gauche comme à droite, même si ça s'exprime de manière différente, on retrouve en germe cette détestation et cette phobie de tout lien commun, de toute relation inter-humaine qui serait d'un autre ordre que d'un pseudo-rationnel (l'État, la loi...) qui serait soi-disant suffisant - et on se retrouve donc avec l'individualisme, qui évidemment se déploie dans toute sa splendeur dans le libéralisme économique.

Or il me semble que plus on érige de barrière entre les gens, de différences irréductibles, plus on abat tout ce qui fait du lien, qui permet de vivre ensemble sans avoir recours à la loi au moindre problème, plus cela produit comme effet que les gens se réfugient en communauté fermée, en clan, en rejetant de plus en plus violemment ceux qui y sont extérieurs.

D'un côté on a l'identité nationale, sorte de retour pathétique du pétainisme le plus gerbant et du "bon français" comme palliation, refuge ou paravent pudique (écran de fumée dirait Daniel) à la violence économique.
De l'autre on a soit le "respect des différences" (avec comme seul recours la Loi), soit, en négatif, le rejet automatique de tout lien commun dans la catégorie cul béni et réac.

Je ne vois aucun des deux pouvoir quoi que ce soit dans l'établissement d'une société plus apaisée en général, ou contre le racisme en particulier. Pour cela il y aurait un sens à donner collectivement au vivre ensemble qui reste à inventer.
Chère Danette O'Choc,

Pourquoi le fait que le garçon soit à Sciences po rendrait son témoignage moins important ou moins crédible? S'il est arrivé là, c'est que le garçon sait s'exprimer et a des capacités de réflexion et des connaissances sur l'actualité qui lui ont permis d'écrire un point de vue clair et nuancé. Peut être que s'il n'y avait pas été, il n'aurait pas contacté Libé pour témoigner, je n'en sais rien. Cela affaible-il pour autant la portée de son témoignage?

Ensuite, vous êtes un poil caricaturale avec l'école et ses conventions :
[quote=Danette O Choc]ces conventions ne concernent qu'un nombre très limité de personnes et n'ont qu'un impact très limité, par ailleurs elles servent d'alibi démocratique à une école qui se donne ainsi une bonne image à peu de frais, les difficultés des jeunes ainsi intégrés sont souvent réelles : ils font souvent l'objet d'un gentil mépris de la part de leurs congénères - expérience personnelle
D'une, pour ce nombre limité de personnes, le fait d'entrer à Sciences Po constitue indéniablement une opportunité d'ntégration et un tremplin, le nier serait de la mauvaise foi. Oui, cela donne une bonne image à l'école, "à peu de frais" je n'en suis pas si sûre.
De deux, le "mépris de la part de leurs congénère", je ne l'ai jamais vu, en 4 ans à Sciences Po. C'est certainement arrivé mais tous mes copains de promos issus de convention ZEP m'ont dit qu'ils se sentaient intégrés et logés à la même enseigne que les autres. N'est ce pas un peu abusif de tirer des conclusion d'une seule expérience personnelle?

Je pense que ce témoignage nous apprend surtout que le racisme ordinaire n'est pas "urbain", ni "social", mais c'est bien une histoire de délit de sale gueule.
Franchement , je le comprends ce jeune homme : il a la chance de pouvoir soutenir une de ses équipes favorites qui s'est brillamment qualifiée , à la régulière. Que l'équipe de France n'en soit pas , ça me semble être de bon sens ! Les connards de tout poil qui s'en prennent à la joie sont des le Pen à jouir.
[quote=DS]Aujourd'hui encore, il est militant du "club" politique de Villepin. Il présente donc de nombreux signes d'intégration.

Heu, c'est quoi ce baromêtre au doigt mouillé? Qui vous dit que c'est pas un sale con qui brûle aussi des voitures?
Et surtout, à l'inverse : les pauvres gosses qui ne présentent pas de "nombreux signes d'intégration", ont eux l'honneur de pouvoir se faire appeler "sale arabe"?
Voyons voyons...
A la lecture de l' (attendu) 9:15, d'abord l'impression, comme vous le faites remarquer, d'être blasé ("bof, quoi de neuf ?"), quoique toujours dégoûté par ce genre de compte-rendu...

Puis, arrivé au dernier paragraphe, comme un doute : l'intégration de cet étudiant vous semble (du moins je le comprends ainsi) donner plus de force à son témoignage; si ce n'est pour vous du moins pour ses interlocuteurs chez Libération.

Mais...le détail de cette intégration si réussie, et pour le dire si liée au militantisme aux cotés de DDV, ne devrait-il pas poser encore plus de questions ? DDV étant "le premier opposant a Sarkozy", ne peut-il pas y avoir des arriere-pensées à ce témoignage ?

Ne vous méprenez pas, de tels dérapages ne me semblent pas irréalistes, loin de là. Mais, vous m'en voyez fort marri, la fréquentation télévisuelle, puis webesque d'une équipe de décrypteurs appelée ASI puis @si m'a rendu si paranoiaque que je ne peux me défaire de cette tenace habitude de chercher l'agenda caché de tout ce qui bouge dans les media...

Bien à vous avec le plaisir habituel,
FD
De témoignages du racisme policier, Libé faisait quotidiennement sa Une dans les années 70. Ils sont aujourd'hui exceptionnels. Est-ce parce que les réflexes racistes, en trente ans, se sont raréfiés dans la police ? Ou au contraire, se sont-ils tellement banalisés, que plus aucun journal ne considère que ce genre de témoignage vaut la Une ?

Ou tout simplement parce que Libé est devenu un torchon ?

J'ai complété, l'impression que vous aviez oublié quelque chose :)
Êtes vous sûr que le CRS ne parlait pas d'Auvergnat ?

Plus sérieusement, c'est du mimétisme hortefeullien.
La "France d'après" a un vieux goût de rance.
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