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L'Afrique prend l'eau à Paris

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Une Bourse du travail est un bien collectif au service de tous les travailleurs. Ces personnes devraient plutôt remercier les syndicats de les avoir laissés occuper ces locaux pendant aussi longtemps. On ne voit pas très bien comment la confiscation de locaux syndicaux peut influer sur la régularisation d'immigrants illégaux. Qu'ils occupent le ministère !
Laconique. Mais saisissant. Merci Mr Korkos.
J'ai lu le beau texte du roi africain, splendide, avec cette phrase sublime qui dit qu'il n'entrera pas au Paradis avec des pieds souillés.
Désolée, je n'ai pas touché au lien vers le discours de notre Minuscule...
ALAIN B. : Ouais, très soft, cette critique. Deux discours qui enfoncent des portes ouvertes (l'Afrique est un peu responsable de sa situation, son avenir est entre les mains de sa jeunesse, la guerre c'est pas bien, etc.).
Deux discours aussi puants l'un que l'autre.
D'un côté, le Français qui vient faire la leçon à ces grands enfants que sont les Africains, pas encore entrés dans l'Histoire.
De l'autre, l'Amerlocain qui distribue les dollars et les bons points, qui dit ce qu'il veut comme s'il était Dieu le Père : « Non seulement je veux voir les Ghanéens auto-suffisants sur le plan alimentaire, je veux vous voir exporter des produits alimentaires à d’autres pays et gagner de l’argent. Cela, vous le pouvez. »

Un discours affligeant de bêtise et de racisme d'un côté, un discours paternaliste de l'autre ; ponctué par un célèbre slogan tel une marque de basquettes.

Le texte officiel du discours d'Obama à Accra.
dans la série "je continue de défigurer l'Afrique au nez et à la barbe de tous", à voir si ce projet a des chances d'aboutir : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2050_electricite_europe_deserts_afrique.php ???.....

prochain paysage de l'Afrique à photographier par les Depardon du XXIème siècle : des champs de panneaux solaires qui remplaceront les dunes.....

mais promis-juré-craché c'est pour faire travailler les locaux (qui se nourriront de protons, neutrons et autres électrons)...... et faire bénéficier l'économie locale de toute cette modernité..... etc..... un peu comme Areva au Niger quoi !! http://areva.niger.free.fr/
Voilà, je ne connaissais pas Béhanzin ni d'ailleurs le reste de l'histoire de l'Afrique Occidentale Française qui cependant décorait amplement les murs de ma salle de classe à l'école primaire en compagnie de l'Afrique Equatoriale Française et d'autres Afriques encore colonisées. On apprenait la litanie de leur noms (Haute-Volta, Dahomey etc...) Nous vivions l'Empire en étendue mais pas en durée.
Merci, Alain Korkos, d'avoir fait revivre en homme d'honneur ce roi vaincu et humilié.
J aime ces grands humanistes qui aiment les misereux chez les autres .Ceux qui critiquent sans sortir de chez eux.Ces donneurs de leçons revolutionnaires de comptoir, qui considerent que les autres sont des salauds alors qu eux ils sont bien en ne faisant rien!! Ces opportunistes qui au premier chant de sirene tournent leur veste ..Au fait il va bien Kouchner? Et Besson ce grand humaniste de gauche que devient il?... que pense t il des sans papiers.?
Excellente chronique, comme d'habitude.
merci Alain

Un homme africain dont on nous a affirmé qu'il n'était « pas assez entré dans l'Histoire ».
« Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature...


Ouh la la ! je viens juste de voir d'où provenait cette phrase (pas l'habitude de cliquer sur les liens).
J'ai d'abord pensé à une phrase de manuels/livres d'histoire du XIXè siècle...
Ouh la la ! Comme j'ai eu tort...
Cette phrase a été prononcée en 2007...
Ouh la la ! Je pleure, chers amis @sinautes, j'avais oublié l'horreur de ce discours de Dakar, cette impudence, cette condescendance.

Merci Alain pour ce moment nécessaire, douloureux, mais nécessaire. Il est là notre devoir de mémoire.
En espérant que, dans 100 ans, le discours de Dakar fasse partie d'une vaste mythologie, qu'il soit considéré comme ringard, obsolète, idiot. Comme un vieux truc du XXè siècle, prononcé par un ignoble provocateur. Prononcé par notre président élu à plus de 50%.
C'est navrant. Et, surtout, c'est grave.
oui bravo Alain , très belle chronique !
Le Flash back sur l'époque des colonies est édifiant .
Le sujet est vraiment d'utilité publique car il faut rappeler
que la colonisation ne s'est pas faite tout sourire en trocant
des babioles contre de l'or .
Les armes ont parlé et après le génocide des mayas et aztéques
par les espagnols et portugais en amérique centrale et du sud (15e et 16e
siècle) , même époque pour les Français et Anglais avec
les indiens d'amérique du nord , ce fut au tour de l'Afrique
de subir la sauvagerie de l'homme blanc (civilisé ??) .
On est loin de legèreté des "parapluies" de Cherbourg !!!
Au passage, un petit papier énervé sur l'attitude ô combien pugnace, fière et courageuse de nos grands syndicats, défenseurs de la veuve et de l'orphelin, mais pas trop.
ben cette chronique, m'sieur korkos, elle me rends particulièrement triste...

triste d'être dans le même pays que cette équipe gouvernementale, suprême en tête, particulièrement raciste et [s]ego[/s]ethnocentrée (le triste sire Guaino va avoir du mal à se remettre de ses discours humiliants à l'encontre d'autrui si d'aventure lui revenait un jour une conscience) !!

et puis triste de me dire que nos pays, qui restent pourtant toujours un rêve pour tant de migrants, ne sont plus capables d'accueillir l'étranger et de laisser un couvert de plus à leurs tables......

alors voilà l'Afrique de Depardon toujours si belle : http://www.news-voyageur.com/dotclear/images/afrique-depardon3.jpg

et l'Afrique de Jean Rouch toujours si respectée : http://www.youtube.com/watch?v=CTBAbvF6mBM&feature=related
Angle éditorial fulgurant. Merci. Vaut le coup de le faire lire au cynique rédacteur du discours de Dakar ainsi qu'à son interprète.
Les syncalistes ce ne sont pas des fonctionnaires, ils travaillent dans leur immense majorité benevollement.ça faisait plus d un an que des sans papiers occupaient la boursse du travail .En quoi les syndicats et particulierement la CGT sont ils responsables de ce fait .Eux qui ont reussi par l action a régulariser des milliers de sans papiers.Pourquoi ce pataquesse de la part des medias, alors que jusqu à present ils s ent fouttaient du problème des sans papiers!.Et pourquoi ne pas occuper le siège du MEDEF?De l UMP? De LIBE? ça métonnerai que ça dure un an...
Merci... tout simplement MERCI Alain, vous êtes un roi... heureusement que vous avez été exilé sur @si.
Cher Alain Korkos,

Mille excuses : je m’infiltre à nouveau — comme un goujat, car je n'ai même pas pris le temps de lire votre chronique (ce qui suit est prêt depuis quelques jours)…

Avez-vous lu Un chasseur de lions, d’Olivier Rolin, paru en août 2008 au Seuil dans la collection Fiction & Cie ? Si oui, inutile de poursuivre la lecture de ce message destiné à vous signaler une particularité de ce roman qui entrelace la vie d’un peintre, Manet, et celle de l’un de ses modèles, sorte de Tartarin ridicule, truculent, émouvant, décevant. Le tableau existe : Portrait de Pertuiset, le chasseur de lions — le s est de trop…
Si ce roman peut vous intéresser, c’est un peu au même titre que celui de Pérec : une bonne quarantaine de tableaux de Manet sont cités, soit nommément soit allusivement, sans parler de l’évocation de compositions de Berthe Morisot, bien sûr, si proche de Manet, qui la peignit, elle et ses sœurs, mais aussi de Whistler (mon préféré), Delacroix, Rubens, Courbet, Vernet, Vollon, et j’en oublie certainement. De quoi alimenter une belle chronique, non ?
Pour autant, il s’agit bien d’un roman et non d’un catalogue. Mais, n’ayant pas prévu d’être confronté à une telle profusion de toiles lorsque j’ai choisi d’emmener Un Chasseur de lions au Vietnam parmi une cinquantaine d’autres ouvrages, j’ai dû me rabattre sur Internet pour visualiser celles sur lesquelles Rolin s’attarde peu ou prou.
Or quelle ne fut pas ma surprise de constater, malgré la qualité médiocre des reproductions sur la Toile, que la description par Rolin du Chasseur de lions de Manet m’est apparue erronée, d’entrée de roman. Ce dernier commence en effet ainsi (p.7) : « Allongé sur la terre bleue, le lion barre toute la largeur du tableau, sa tête contre le bord gauche, gueule béant sur les crocs, un trou derrière l’œil ouvert, brillant (un œil de verre, se moqueront de mauvais esprits), noir d’où goutte un peu de sang, l’extrémité des pattes arrière débordant du cadre, à droite. »
C’est le quatrième mot du livre, l’adjectif bleue, qui m’a fait cliquer sur la recherche d’images de Gougueule, même si j’étais prêt à accepter que Manet ait devancé Van Gogh. Rolin maintient sa version à trois autres reprises (pp. 7, 14 et 29), insistant particulièrement en page 7 : « […] à gauche du tronc, le sol est bleu, à droite il tire sur le mauve lilas, en bas vers le vert mousse. »
Or, si le bleu est bien présent à cet endroit du tableau, il m’a semblé qu’il était le signe de la présence non pas de terre mais, plus naturellement, d’eau. Et c’est là que vous entrez en scène, cher Alain : que voyez-vous ?
Voici mes indices :
— Le tronc qui est au second plan, à gauche de celui du premier plan (celui qui coupe le lion en deux), est frisotte sur ses bords, est entaché de blanc sur sa droite et, surtout, présente une discontinuité presque en bordure supérieure du tableau — ligne du fût comme interrompue et changement de couleur entre le bleu du bas et le gris brun du haut (pour autant que j’en puisse juger sur la reproduction). Cela signifie que ce que Rolin prend sans doute (il n’en parle pas, en fait) pour la base d’un tronc est plutôt celle d’une couronne de feuilles, cette dernière se reflétant, bleue, ainsi que le tronc, bleu, dans de l’eau, bleue. Le départ du tronc (gris brun) serait alors situé sur l’autre berge, marron, du point d’eau.
— Dans l’angle supérieur opposé du tableau (à droite donc), une langue verte avance dans le bleu : de l’herbe verte avançant sur de la terre bleue ? Peu probable.
— Les taches de soleil dans le bleu sont d’autant plus blanches et découpées qu’il s’agit de reflets sur une eau calme mais tout de même un peu mouvante. Et ne peut-on voir, dans la tache (très blanche) la plus proche du bord supérieur à peu de distance de l’angle à droite, une petite cascade ? Il y a, me semble-t-il, une légère différence de niveau entre cette tache très blanche et une autre, plus proche du chapeau de Pertuiset.
— On trouve, page 25, la phrase suivante : « Il va trouver un marabout qui, après consultation d’Allah, lui donne un tuyau en or massif : la nuit prochaine, les lions viendront boire à la source appelée “fontaine des Kabyles” » Fontaine, source, cascade… « C’est l’heure tranquille où les lions vont boire » , écrit le poète (Hugo). Il est logique que Pertuiset ait tué son lion près d’un point d’eau.
Ai-je la berlue ?
Avec mes plus cordi@les salutations,
Alain
Si seulement, oui si seulement il y avait plus d'Alain Korkos un peu partout en France !

Mais comment les fabrique-t-on ?

Quelles réformes faut-il faire dans les écoles ?

Faut-il le cloner ?

Et faire en sorte que mon boulanger, mon épicier, le patron du troquet ou mes collègues de travail puissent aussi tenir des propos d'une si belle humanité ?
"Littéralement Béhanzin signifie: « L'univers tient l'œuf que la terre désire » et ce roi qui s’était choisi le nom fort de Kondo le requin prit comme devise « Le requin en colère vient troubler la barre », illustrant sa volonté de défendre la terre de ses aïeux contre les Français."
(D’après le site du Musée Branly).

Un film a été tourné sur l’exil de Béhanzin
Le scénariste en était Patrick Chamoiseau.

Il a fière allure, Béhanzin sous son parasol. Il me fait un peu penser à la photo de Picasso et Françoise Gilot de Robert Capa.
Voilà en effet une chronique qui ne porte pas à la rigolade.
Plutôt à la honte et la colère contre les dirigeants de ce pays et ses « syndicalistes musclés ».
Et puisqu’en Afrique, terre de culture, tout se fait en musique je remets cette chanson qui rappelle le temps où l’ignoble ne faisait encore que rêver d’être le roi.
Et puis tiens, je mets ça.
Et même un petit coucou personnel à Ada et ses amis.
J'ai lu cette chronique avec beaucoup d'intérêt, je viens de découvrir avec effarement le discours de NS à Dakar, ... et j'ai essayé de lire l'article du Monde, mais le lien ne marche pas.
C'est peut-être temporaire ou dû à ma machine ... ce message au cas où le problème viendrait de chez vous.
Moi qui avait besoin du remontant garanti du samedi matin, j'suis gâté...
Très belle chronique, Alain, effectivement en résonance avec d'autres papiers sur le site. Montrant encore une fois, n'en déplaise aux esprits chagrins, la richesse d'@si.
Alain, merci beaucoup pour cette chronique.

La seule consolation que j'avais ce matin en devant aller bosser etait de savoir que [s]votre[/s] ta chronique allait etre en ligne.

Et si je suis effectivement heureux d'avoir pu commencer cette journee avec cette lecture, l'emotion qu'elle provoque est si forte, que maintenant c'est pour des raisons reellement valables que je me sens inconsolable.
Il n'y a pas qu'à Paris que les sans-papiers sont expulsés, et il n'y a pas que des Africains.

Il y a tous les autres

Tous clandestins
C'est pareil, chronique bien nostalgique... Familier ? Je ne sais pas, mais votre papier me permet de voir cet homme noir autrement. Bah oui, bêtement, j'y avais pas pensé. On voit tellement souvent des immigrés ou fils (et filles) d'immigrés qu'on en oublie qu'ils sont et restent des hommes (quand bien même on s'intéresse à ces sujets-là).

Votre chronique est, pour une fois, concise, mais tellement profonde. Il n'y a rien besoin de dire de plus. Dans une société de plus en plus focalisée sur l'actualité, au détriment de celle de la veille, il est primordial de pouvoir prendre du temps, du recul, d'imaginer...

Encore merci (ce sera mon premier vote sur le site, depuis le temps...)
Merci bcp pour cette chro.

Quand j'étais enfant (5 à 8 ans), à Abidjan qqes années, j'avais 2 livres d'histoire:
un truc style 'nos ancêtres les gaulois', et celui de la côte d'ivoire, dont je revois la couverture à dominante orange.
Je tentais de lire et de comprendre ces luttes pour territoires entre rois divers: rien qui ne puisse déparer avec celles entre pairs et rois de notre bonne -pas si vieille- gaule, les symboles et 'coutumes' diffèrent, certes, mais avec un décryptage minimal, on y arrive.
Mais justement...le livre était rarement employé en classe...

Allons, je vais prendre mon thé, remède souverain (© Florence Arié :-) ) contre les nostalgies et les indignations...
Après avoir lu cet article émouvant je ne peux pas m'empêcher de voir que parapluies et bâches ont remplacé parasols et dais. J'essaye d'y voir comme un symbole.
J'aime beaucoup quand différentes parties du site se complètent comme ça: cette chronique, l'Afrique fantasmée par les journalistes (et leur audience) dans l'émission d'hier, qui elle même renvoyait à l'émission avec les photographes pro et en herbe, où qq'un parlait du besoin de "construire des histoires" pour que des sujets deviennent présentables au grand public.
Évidemment, cette construction d'histoire peut tomber bas (comme la fille "effrayée" et les noirs dans le RER de Match) ou opter pour l'élégance par la juste suggestion, comme dans cette photo-ci.

Bon, je vais prendre un autre café, remède sûr contre la grandiloquence du matin, sorry.
Au sujet de l’histoire de la marche forcée vers la modernité occidentale, il y a Les autres hommes, un très bon documentaire de Michel Viotte. Et cette triste histoire se poursuit aujourd’hui.
Bravo Alain !
Vous l'avez seulement mise en tag de votre article, masi cette autre phrase du top 5 de la nullitude kokzyste mérite bien d'être recitée, pour savoir à qui l'on doit ce genre de situation.

Le drame de l'Afrique c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire!


Après une semaine mouvementée sur ASI, enfin un article responsable. merci.


Vous citez des passages soft de notre ancienne histoire, somme toute assez jeune. Une lecture de l'Almanach Vermot de la même époque, entre autre, reflète les vrais accents colonisateurs de l'époque, en des termes qui aujourd'hui feraient frémir.
Alain,

En général, vos chroniques m'amusent, m'enchantent, m'ouvrent l'esprit.

Aujourd'hui, je suis bouleversée.

Vous racontez un quotidien et une histoire si familiers...


Votez, votez ici, asinautes, que cela soit lu par le plus grand nombre.

En larmes... mais reconnaissante.

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