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La vidéo de Sarkozy qui a enflammé les enseignants-chercheurs

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marianne
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copernic
on croyait que le modèle de shakeqi se trouvait en tunisie, mais en réalité c'est pol pot son idole : jetons l'élite intellectuelle et scientifique en pâture à ce qu'il considère comme de la populace , le thème fonctionnaire/fainéant est usé jusqu'à la corde
En fait Libé est allé chercher le lien sur youtube
Avez-vous vu la vidéo comparative des discourts OBAMA-Sarkozi sur la science?
Ca vaut le coup: a voir sur Libel
comment expliquer que les médias relaient si peu le buzz qu'a fait la vidéo des chercheurs marseillais? Ou plutôt, comment se fait-il que les chiffres qui y sont avancés, je suppose assez facilement vérifiables, ne fassent l'objet d'aucun commentaire? Je ne regarde pas tous les journaux télé mais tout ce que j'ai vu est un passage sur la diminution des moyens en euros constants. Rien sur la place réelle de la France en recherche du point de vue international par exemple. Alors que l'argument de base de NS est que la recherche française serait "médiocre", comment se fait-il que les journaux télévisés (source majoritaire de l'ensemble de la population) ne discutent absolument pas ce point ? Au lieu de cela les reportages sont axés sur un "refus de réforme", un problème de "statut", etc... Pourquoi aucune analyse à grande écoute n'explique que les chercheurs, via les états généraux de 2004, ont exprimé un désir ardent de réforme au contraire, mais que la réforme nécessaire de l'Université qu'ils appellent de leur voeux est incompatible avec la diminution des moyens imposée par la politique actuellement menée. Parce qu'à mon avis c'est le fond du problème et la motivation le mouvement des EC (je ne suis pas EC moi-même alors en même temps je n'en sais rien).
Sous le titre "Monsieur le Président, vous ne mesurez peut-être pas la défiance..." Wendelin Werner, professeur de mathématiques et Médaille Fields 2006 lui explique combien sa prestation du 22 janvier a été désastreuse et mal ressenti par la communauté scientifique.
[quote=Wendelin Werner]Je n'arrive pas à comprendre ce qui a bien pu motiver cette brutalité et ce mépris (pour reprendre les termes de Danièle Hervieu-Léger, la présidente du comité que vous avez mis en place ce jour-là), dont l'effet immédiat a été de crisper totalement la situation et de rendre impossible tout échange serein et constructif.
J'ajouterai, qu'étaler autant de clichés et d'ignorance à propos d'un métier, de la part du plus haut personnage de l'Etat c'est une faute grave. Je ne vois pas pourquoi blâmer et demander la tête uniquement de ses conseillers. Monsieur "j'assume tout ce que je dis" sauf quand ça sent le roussi n'a pas perdu sa crédibilité ce jour-là. La crise de confiance était déjà là.
Il faut toujours qu'il tape sur une catégorie professionnelle pour la donner en pâture aux autres Français. Ses réformes se basent toujours sur le dénigrement des personnes concernées, toujours réactionnaires et tournées vers le passé et qui ne veulent pas progresser, quand lui le chevalier blanc fait tout pour leur sauver la mise. Un grand incompris, face à une horde d'aigris et de malcomprenants.
Les réformes tout le monde sait qu'il en faut. Mais qu'est-ce qui fait croire à ceux qui nous dirigent, qu'ils peuvent en mener une, contre, et toujours contre, jamais avec, les gens qui sont les premiers concernés et qui devront appliquer et faire appliquer ?
Pourquoi toutes les réformes échouent jusqu'ici ? Parce qu'elles sont l'unique fruit d'une idéologie, et ne répondent en rien aux vrais problèmes rencontrés dans les professions concernées.
Le boulot d'un politique c'est de travailler pour l'ensemble et pas seulement pour ses potes. Et tant que les acteurs professionnels, ne seront pas impliqués dans les réformes qui les concernent - je ne parle pas d'une mascarade de consultation quand un projet de loi est déjà rédigé pour changer un point ou une virgule - ce sera toujours la même chose.
Impliquer les gens, discuter vraiment, envisager plusieurs voies, et arbitrer en argumentant vraiment son choix, c'est sans doute plus difficile que d'imposer ses vues idéologiques à tout le monde sous prétexte qu'on a été élu par une majorité de Français. C'est un vrai défi, et ça demande de la carrure. J'ai la sale impression qu'on n'est pas près d'avoir ça chez nous. Et tant qu'on n'aura personne capable de comprendre que vouloir tout imposer est une belle connerie, rien ne changera. Avancer vraiment et durablement, ça prend du temps. Et ce n'est pas en lançant réformes sur réformes à un train d'enfer qu'on y arrivera. Surtout quand les donneurs de leçon ont l'air si ignorant de la réalité du quotidien de leur concitoyens.
A quand une émission sur le mouvement de grogne au sein de la presque totalité des universités françaises ?
Une seule chronique à ce sujet, cela fait bien peu.
Je me mets à espérer que vous êtes en train de la préparer (cette émission)...
Bonjour,

J'ai zappé hier en fin d'après-midi pour tomber sur Riposte sur la 5.
Je ne regarde plus cette émission depuis 2 ans, Moati y est devenu insupportable, et en plus il réunit des plateaux plutôt 'biens pensants", comme les dénonce Noam Chomski dans son bouquin "La fabrication du consentement"..
Malgré tout, l'émission s'est terminée dans une grande rigolade après les propos du député UMP de service en réponse aux accusations de mépris avancée par Axel Kahn suite à ce discours : "je suis d'accord avec vous monsieur Kahn pour poursuivre dans le dialogue…"
A s'entêter dans leurs idéaux et à la défense de leur maître, ils (ces députés) deviennent vraiment comiques. Mais alors vraiment. Je ne sais pas si je dois plaindre leurs électeurs.
Quoique je n'ai pas eu d'emploi à la sortie, j'ai aimé le temps des études universitaires( il y a 50 ans) ... qui m'ont donné une culture générale irremplaçable pour pouvoir nourrir ma curiosité pendant toute ma vie...

mais il y a trop de dysfonctionnements - liés au manque de moyens, certes, mais aussi à une conception stupide de l'enseignement ! (comment imaginer qu'on surcharge un chercheur de corrections de devoirs ?) Il devrait avoir un collaborateur avec qui il pourrait discuter de ce qu'il attend comme réponse au problème posé, et ensuite des subtilités et pbs divers rencontrés par ce collaborateur dans la correction, et c'est tout !

Un étudiant ne devrait plus avoir de problème pour se procurer un livre recommandé par un prof ! (avec l'informatique quand même ! mince alors !).

Par contre, il serait obligatoire pour les chercheurs de raconter à leurs étudiants ce sur quoi ils travaillent...ce qui donnerait peut-être envie de s'y mettre. (et permettrait de vérifier au passage qu'ils travaillent) J'ai toujours été saisie par l'ignorance, même de gens "cultivés", de ce que peut être le travail d'un chercheur. (j'ai le souvenir de cours sur le fonctionnement du cerveau et les premiers pas à l'époque en détection du fonctionnement électrique...passionnants).

Conversation de deux lycéens bac S : "je ne me vois pas chercheur !" - "oui, pour s'embêter derrière un tube à essai !"....

Le seul chercheur que je connais disait, lors de sa dernière année avant la retraite : "je passe de temps en temps au labo prendre un café ! "... c'est vrai qu'à 65 ans, on n'est sans doute plus aussi productif question inventivité et ampleur et rapidité d'intelligence, mais alors, ne serait-ce pas le moment favorable pour se consacrer entièrement à l'enseignement ? ou à la gestion des labos et au soutient des autres chercheurs ?

Il faut aussi connaître de près l'arrogance et le mépris et le côté "princier" de certains profs de fac ... (j'en ai un autre dans ma famille, qui a même été à la tête d'un université) pour comprendre l'énorme gaffe de Sarkozy ! crime de lèse majesté ! Il faut avoir aussi connu l'arbitraire du passage de examens (savoir caresser les profs dans le sens du poil, sinon gare !(j'en ai fait les frais !(ex : avoir une moins bonne note qu'une copine à qui j'avais passé tous les plans, expliqué le cours, et fait réciter...). Et il faut aussi connaître le népotisme et le clientèlisme qui règne dans certains couloirs...

Enfin, je me demande ce que le monde universitaire, qui semble se lever comme un seul homme, est en train de défendre exactement... et j'ai des doutes....
Je viens de regarder la page gratuite et je vois que le Figaro joue encore la carpette de service en venant relayer les accusations de Sarkozy.

Une chose qu'ils oublient un peu de préciser, quand ils disent que beaucoup d'enseignants-chercheurs ne publient pas, c'est que ce n'est pas forcément parce qu'ils sont feignants, mais parfois parce qu'ils n'ont pas le temps de publier. En dehors du fait que les moyens donnés pour la recherche sont insuffisants (ce qui la ralentit, forcément), les profs de fac doivent s'occuper de leurs cours, avec des classes souvent très chargées donc dès qu'on a des corrections de partiels en 1ère ou 2e année le nombre de copies est énorme, ils doivent aussi très souvent s'occuper des tâches administratives (ce qui n'est pas rien en fac, étant donné que le manque de personnel conduit presque toujours à un bordel innommable dans les administrations).
Et le problème, c'est que la charge de travail liée aux cours et aux problèmes administratifs est d'une certaine manière incompressible, parce que ce sont des choses qui doivent absolument être faites et ne peuvent pas attendre. Ce qui signifie que systématiquement, quand il y a surcharge de ce côté-là, c'est la recherche qui en pâtit.

Alors, il se peut que certains profs soient très contents de ne pas publier et de ne faire que les 2/3 de leur travail. Ca me paraît curieux parce que généralement la recherche est de loin ce qu'ils préfèrent, et pour arriver à un poste d'enseignant-chercheur il faut déjà avoir démontré sa passion pour la recherche.
Il y a aussi et surtout des profs qui, frustrés de ne pas trouver assez de temps pour leur recherche, font tout ce qu'ils peuvent pour alléger la charge de travail liée aux cours. J'en ai vu un certain nombre, et dans ce cas ce sont les étudiants qui en font les frais. C'est une des raisons pour lesquelles je suis plutôt favorable à l'idée d'évaluation des cours par les étudiants.
Mais en mettant la pression pour que les profs publient plus, on encourage ce genre de comportement qui est à mon avis le plus grave des deux.
Saluons le travail de nos valeureux chercheurs et leurs innombrables découvertes,
comme ici, par exemple, dans le domaine animalier.
Alerté par des amis chercheurs, j'ai publié cet article sur LePost et la vidéo qu'il contient, dans le week-end qui a suivi le discours de Nicolas Sarkozy sur le recherche :

Le sketch de Sarkozy aux chercheurs passé inaperçu
http://www.lepost.fr/article/2009/01/26/1400126_le-sketch-de-sarkozy-aux-chercheurs-passe-inapercu_1_0_1.html

La vidéo brute et sans montage du discours a été disponible le Lundi suivant le discours de Nicolas Sarkozy.

J'espère que l'article et la vidéo vue plus de 12000 aura servi à alerter alors que très peu de médias ont évoqué le "sketch" de Sarkozy dans les jours qui ont suivi. Il aura fallu le web pour que "lemédias" daignent voir le total manque de respect de Sarkozy à l'égard des chercheurs (comme de beaucoup d'autres français).
Mode "Lefebvre" ON :
C'est un des plus beaux discours de Sarkozy, après peut-être celui de Dakar. Je suis sûr qu'il aura le même succès.
Mode "Lefebvre" OFF.
Le bilan pour l'enseignement supérieur .
Il y a la LRU qui donne plein de pouvoirs aux présidents d'université (un certain nombre ont plongé sans trop réfléchir et maintenant ils ont leurs fonctionnaires sur le dos), puis la réforme du statut des enseignants chercheurs (EC) et le système SYMPA (en remplacement de San Remo) qui permet d'attribuer le budget aux différents UFR (bonjour les dégâts pour les IUT).
J'ai lu aujourd'hui : http://www.rue89.com/2009/02/10/la-fille-de-marleix-recrutee-a-la-sorbonne-soupcon-de-copinage
C'est beau la France
article Rue89

voila en gros ce dont les enseignants-chercheurs ont peur.
NOUS SOMMES TOUS DES FEIGNANTS ET NICOLAS 1er VA ENFIN NOUS METTRE AU BOULOT !!!!

non mais des fois..........

merci nico pour tout ce que tu fais :))
Je n'ai qu'une chose à dire: MERCI pour le sujet, excellemment traité comme d'habitude. Cela mériterait un dossier, non? J'espère qu'il y aura d'autres contenus sur le sujet en tout cas.

Une chose contre laquelle le monde de la recherche s'élève: évaluer les chercheurs par des gens "extérieurs" (donc, par définition, qui n'y connaissent pas grand chose) suppose de se baser sur des critères "objectifs" (sous-entendu: un truc simple quoi, compréhensible par tous, pas le contenu de vos travaux). D'où le recours à la bibliométrie: on vous évalue en fonction du nombre de publications, des revues où vous publiez, et le nombre de fois que l'on vous cite. Donc, si vous travaillez sur une tribu oubliée et que vous êtes le seul à vous y intéresser, si vous travaillez et publiez en français et non en anglais (honte!), si vous travaillez sur un sujet tellement nouveau que personne n'a encore repris vos travaux, tant pis pour vous! Vous êtes mauvais! Par contre, publiez n'importe quoi, de préférence en beaucoup d'articles similaires et en anglais, avec des résultats bâclés mais qui vont dans le sens du courant, voire pompez sur vos voisins, et là, c'est bon!

Un article de Pierre Jourde (encore) sur le sujet: http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article1093&debut_articles_meme_rubrique22=80

et un autre:
http://www.rue89.com/2009/02/09/on-classe-les-chercheurs-comme-google-classe-les-sites
la vidéo avec les plans rétablissant la vérité est excellente!!

une idée à creuser pour @si!!

merci justine!
Et cet éditorial de Nature ??

http://www.nature.com/nature/journal/v457/n7230/full/457636b.html

:-)))))))))


Les américains avaient Bush.....

Nous avons Sarkozy....

(edit : désolé je n'avais pas vu que cet édito était cité plus haut... )
Bonjour,

Encore un élément à ajouter au dossier déjà épais de "Ce type, un Président de la République !!!"
la video d'Axel KAHN hier soir au JT : http://jt.france3.fr/soir3/
de 10'51 à 14'35

KAHN : " ........ça m'a choqué en fait, de toute ma vie j'ai été un homme libre, je n'ai jamais accepté qu'on me prenne en otage et j'ai eu l'impression que le président de la république cherchait à me prendre en otage, et ça je ne le supporte pas....."

et maintenant à Pécresse de méditer sa phrase lancée à l'assemblée au député Goldberg sur l'université : "...il n'y a pas d'amour sans preuves d'amour........"
......les preuves d'amour de son petit chef elle les attends toujours : elle lui a obéi au doigt et à l'oeil et aujourd'hui il lui colle des garde-chiourmes pour [s]l'assister[/s] la surveiller : bonjour la preuve d'amour !!!!
Merci d'avoir mis ce discours, il m'a fait bondir hier et j'ai même pensé à vous l'envoyer moi-même tellement il me paraissait hallucinant.

Je suis scandalisée par ce mépris, ce ton donneur de leçons, et la façon dont il énonce des contre-vérités avec une suffisance crasse, on a vraiment envie de lui jeter des tomates. Il leur parle comme s'ils étaient des sales gamins ou des petits vieux séniles.

C'est d'autant plus stupide de sa part que contrairement à Darcos (qui est au moins aussi doué que Sarko dans cet exercice), Valérie Pécresse est une ministre plutôt douée en communication. Dieu sait que je n'aime pas le gouvernement Sarkozy, mais quand je vois Pécresse s'exprimer dans des débats, je ne ressens pas l'exaspération que provoquent en moi Sarkozy ou Darcos. Peut-être est-ce de la manipulation, mais au moins sa façon de parler n'est pas insultante ni méprisante pour ses interlocuteurs.
C'est donc d'autant plus stupide de la part de Sarko d'aller ruiner les possibles effets "apaisants" de Pécresse en allant lui-même provoquer ouvertement la communauté des chercheurs.

Je me permets de poster un autre lien de Sauvons la recherche, dans lequel il y a une pléthore de chiffres qui montrent à quel point Sarkozy raconte n'importe quoi. J'avoue que bien que ce soit tragique, j'étais morte de rire en voyant le graphique des fonds alloués à la recherche en fonction de l'orientation politique du gouvernement.. On voit aussi à quel point la stratégie de dénigrement systématique de notre système est mensongère.
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2141

Au final, je crois que ce discours a réussi à me faire basculer dans le camp des opposants à la réforme. Je ne savais pas trop quoi en penser jusqu'à présent, car bien que j'y aie passé déjà 6 ans, je ne connais pas assez bien le fonctionnement interne d'une université. Certaines choses me paraissaient bonnes, d'autres mauvaises. Mais quand je vois le discours qui va avec, j'ai tendance à me rallier à ceux qui voient de mauvaises intentions (outre une ignorance et un mépris total de l'université) derrière cette réforme.
Le problème reste encore et toujours que les gens qui font les réformes sur l'université sont souvent ceux qui n'y ont jamais mis les pieds (logique, puisque c'est le cas de la grande majorité de notre élite dirigeante, à commencer par Pécresse: prépa, HEC, ENA).
Pendant la polémique, le travail continue.

Merci !!
Merci Justine Brabant pour cet observatoire. Et je crois qu'il y a encore à dire sur le traitement médiatique de la mobilisation de la communauté universitaire et de la recherche (c'est quand même la première fois, pour beaucoup, que des professeurs d'université descendent dans la rue...) : Sarkozy revendiquant le soutien d'Axel Kahn, qui se désolidarise presque aussitôt, etc.

Concernant ce discours, il est à noter que même la très prestigieuse revue scientifique internationale Nature s'en est offusquée, dans un éditorial cinglant titré "No time for rhetoric" paru dans son édition du jeudi 5 février. Nature qualifie ce discours "d'exemple mélodramatique typique de "la méthode" (en français dans le texte) Sarkozy" et de "caricature" et estime que, "appliquer au monde de la recherche, "la méthode" Sarkozy a atteint ses limites". Extraits :

[quote=Nature]

No time for rhetoric

(...) In a speech on 22 January, as he set out his plans for a national strategy on science and innovation, French president Nicolas Sarkozy lambasted the country's university system as "infantilizing" and "paralysing for creativity and innovation". Sarkozy implied that French researchers were fainéants (layabouts) with cushy jobs, and no match for their supposedly more industrious British counterparts.

The speech was a typically melodramatic example of la méthode Sarkozy and, if it contained some home truths, it was largely a caricature. His harsh rhetoric in this case can only reinforce the resistance he has set out to overcome. In 2000, the incumbent science minister, Claude Allègre, saw his plans for sweeping reforms dashed after scientists united against him, weary of his unnecessary provocations and sceptical of reforms imposed from on high with little consultation. Sarkozy is tempting a similar fate.

(...) But a massive strike across French universities that began this week (see page 640) suggests that, applied to the research community, la méthode Sarkozy has reached its limits. Sarkozy should heed Allègre's earlier mistakes and understand that he cannot modernize France's research system unless he has scientists on board. As things stand now, even top researchers who support the broad thrust of the reforms complain that their advice is being ignored, and that many changes seem as though they are being imposed by technocrats seeking grandiose institutional rearrangements as ends in themselves.(...)


Nature poursuit la critique sur son site web et, dans un billet intitulé (en français) "Entente pas cordiale", conseille au président français de s'inspirer du discours d'Obama aux chercheurs américains le 17 décembre dernier. Extraits :

[quote=Declan Butler dans The Great Beyond (blogs.nature)]

(...) Sarkozy should perhaps take a leaf out of Obama's oratory textbook – here's a president who clearly knows how to rub researchers up the right way, and get the eyes moist at the lab bench. French researchers can only dream of hearing words from Sarkozy such as those of Obama's 17 December speech where he wooed researchers thus :

"Right now, in labs, classrooms and companies across America, our leading minds are hard at work chasing the next big idea, on the cusp of breakthroughs that could revolutionize our lives. But history tells us that they cannot do it alone. From landing on the moon, to sequencing the human genome, to inventing the Internet, America has been the first to cross that new frontier because we had leaders who paved the way: leaders like President Kennedy, who inspired us to push the boundaries of the known world and achieve the impossible; leaders who not only invested in our scientists, but who respected the integrity of the scientific process."

Oui, “words do matter.”
Merci de relayer ce discours hallucinant.

Là, c'est trop. Toute l'université s'est sentie salie, jusqu'aux étudiants et aux admistrations.
Bien démoraliser ses troupes et les humilier avant de partir à la bataille de la réforme, c'est la marque des brillants stratèges. :-)

Le genre de tactique idiote qui fait que vous vous retrouvez avec vos propres troupes contre vous.

Et après, on pleurniche parce c'est la faute des autres.....

En tout cas, chez les stratèges d'en face, ça apprend vite, et ça gaze bien.

Merci pour cette lecture.
On retrouve, en filigrane, dans le discours transpirant de médiocrité du petit Nicolas, le préjugé selon lequel le chercheur en France est un gros fainéant de fonctionnaire, qui a beaucoup de temps libre, des revenus colossaux, ne donnant aucun résultat et la France ne peut plus se le permettre etc, etc. Peut-être est-ce chimérique qu'un jour, le petit Nicolas se mette à s'expliquer face à d'éminents chercheurs du CNRS, pas derrière un podium où lui seul a la parole, non non, dans une table ronde, d'une émission télévisuelle débarrassée de son journalisme de cour et de ses dispositifs qui empêchent d'aborder toute question de fond.

Je vous remercie Justine pour cette chronique. A quand une émission d'@si sur la recherche?
Sarko c'est Sarko, on ne le changera pas, quoiqu'il en dise.
Mais quelles sont les revendications des grévistes?
Ne pas dépasser 192 heures annuelles de cours, entre autres. Ca fait quand même quatre heures par semaine!
C'est pas une revendication archi corporatiste?
En réponse à Isa :
[quote=Isa]Sarko c'est Sarko, on ne le changera pas, quoiqu'il en dise.
Mais quelles sont les revendications des grévistes?
Ne pas dépasser 192 heures annuelles de cours, entre autres. Ca fait quand même quatre heures par semaine!
C'est pas une revendication archi corporatiste?

Petite question d'abord : d'où vient ce chiffre de 192 heures ?

Bon, voici mon point de vue sur ça :

Déjà, 4h en classe par semaine, c'est déjà pas mal de boulot :
- Il faut préparer les cours, et les maîtres de conférences ont tendance à changer les modules qu'ils enseignent régulièrement, ce qui fait que l'argument 'oui mais ça c'est vrai la première année après les profs sont peinards' marche moins bien.
- Il y aussi les corrections, et contrairement à ce qu'on croit, elle ne se limite pas toujours à un examen à la fin du semestre, dans certaines filières, les contrôles continus sont fréquents (de mémoire, en licence 1 et 2 j'avais deux ou trois contrôles continus et un examen final dans chacun de mes cinq modules dans un semestre)
- Et il ne faut pas oublier le travail d'encadrement des stagiaires de master (voir de licence dans certaines filières) et des thésards.

Ensuite, les enseignants-chercheurs (EC) ne sont pas qu'enseignants (on dit souvent 'les profs de fac'), leur travail de recherche est très prenant. On peut trouver des moutons noirs partout mais la petite expérience que j'ai de ce milieu me laisse penser qu'ils sont minoritaires (je suis en M2 recherche et ai commencé mon stage avec un chercheur, je travaille 6h par jour, bon je suis dans une bibliothèque chauffée avec de la lumière ;-) ).

Il faut aussi voir que les EC ont aussi pas mal de travail administratif : dépôt de dossier pour des subventions, organisation des séminaires/conférences/colloques, réécriture des maquettes des diplômes (elles changent tout les 4 ans), examen des dossiers des candidats aux filières sélectives (M2, prépa capes, prépa agreg...).

Enfin sur les revendications, la réforme du statut des EC est loin d'être la seule, et dans cette réforme du statut, ce qui gène le plus, ce n'est pas tant le fait que le temps d'enseignement soit modulable, mais plutôt le fait que ce soit le président de l'université qui prenne la décison de cette modulation en autocrate. Pour les autres problèmes : la réforme des concours d'enseignement du secondaire, le démentèlement des IUFM, les conséquences de la loi LRU, le projet de contrat doctoral, le sort du CNRS.

Le gros problème de ce mouvement actuellement est son manque de visibilité et l'incompréhension du public (qui est tout à fait logique, ce sont des réformes très techniques).

Désolé pour la longueur du post.
Pour les 192 heures de travaux dirigés (128 de cours magistral en amphi) ce n'est pas 4 heures hebdomadaire mais 6 car l'année universitaire est sur 32 semaines.
Pour une heure de présence en face des étudiants on estime à 3 heures de préparation (écriture du sujet et correction sont comprises) soit 24 heures et l'autre moitié du temps (24 heures) pour un service complet (qui était à l'époque de 48 heures) est de la recherche, de l'administration, du contact avec les étudiants et de l'enseignement à distance.
Prenons l'exemple de Madame Sophie X, professeure à l'université de Paris III, en lettres modernes : l'année dernière, pour assurer deux heures hebdomadaires, sur un seul semestre (plus un petit mois à la fin du deuxième), de cours d'agrégation sur Jean de Rotrou, elle a dû lire les textes au programme, les décortiquer, lire les autres textes de l'auteur, les autres de la même époque ayant quelque rapport, l'ensemble des articles publiés sur l'auteur, construire un cours, puis des leçons (exercice agrégatif qui demande au minimum six heures de préparation pour 40mn d'oral), corriger une soixantaine de dissertations de 12 pages en moyenne, et rédiger elle-même un excellentissime et colossal corrigé. Eh bien, cela, en plus de ses cours habituels, l'a contrainte à mettre la recherche entre parenthèses une année durant.

Evidemment, tout le monde n'est pas aussi méticuleux, mais un cours sérieux, pour les concours sur programme, demande un travail très important. Six heures par semaine, ou quatre, mais pas des heures passées derrière un guichet : le travail invisible est difficile à évaluer, mais il est bel et bien là. Et bien sûr, il faudrait réprimander les gens qui ne font pas ce travail (étrangement, ça se voit), mais il me semble que les réformes actuelles ne sont pas du tout des réformes de bon sens.

Paris III aussi est en grève (sauf pour les préparations aux concours, car il y a des gens qui ont une conscience professionnelle envers et contre tout).
heu oui 3 heures c'est gentil c'est au moins 5
oui je dirais 5 à 6 si on enseigne le cours pour la première fois.
De toute façon, un EC n'arrête jamais. 48 heures par semaine serait la fourchette basse,
et pour un salaire de misère comparé au niveau de qualification demandé.
(Si vous dites un salaire d'EC en France à un collègue américain ou canadien, même
celui qui travaille dans une toute petite fac va vous répondre "par semaine?"... Euh, non,
par mois....)
Si on plus l'EC est méprisé, cad qu'on lui prend sa dignité, qu'on conteste sa conscience
professionnelle, qu'on l'insulte, il ne faut pas s'étonner à ce qu'il y ait quelques réactions.
Ceci dit, cela fait des années que les enseignants du primaire et du secondaire sont
traités ainsi: il ne faut pas s'étonner à ce que cela se soit étendu au supérieur. Pour
certaines personnes, ceux qui font travailler leur cerveau pour aider d'autres à le
faire fonctionner au mieux sont, bon, pas de nuisibles, mais disons des empêcheurs
de dormir en rond, qui en plus coûtent plus cher qu'ils ne rapportent.
Ah ce petit montage, ça fait du bien. Tant de mépris...ma fac (lille 1) est aussi en grève depuis 2 semaines, et le mouvement n'a pas l'air de faiblir.
Il est bon de voir de plus en plus de ce discours effectivement hallucinant pour son mépris, mais presque tout autant pour l'attitude général de Sarkozy, qui semble plus être un pilier de café du commerce qu'un président de la république.
puisque les chercheurs ne peuvent pas s'évaluer entre eux (on les connait ces fainéants, s'il le faut ils lisent même pas c'qu'y zécrivent), et bien les chercheurs vont lui envoyer directement leurs articles et leurs travaux de recherche... à l'élysée ! Qui d'autre que Monseigneur le President qui sait tout tellement qu'il a de bons conseillers, pour évaluer le travail scientifique?
Qui d'autre que le président pour évaluer le travail des médias, des services publics, des nantis de la SNCF? Qui c'est le plus fort, hein?

Il va en recevoir des articles à lire, il ne va pas être déçu. Et en plus, je vous le donne en mille : le courrier vers l'élysée est gratuit!!

Merci Justine
Bonsoir Justine et bravo, j'attendais une réaction d'@si sur ce discours hallucinant.
J'invite les @sinautes à le télécharger sur le site de l'Élysée, c'est... Enfin, je...
L'Inculte ose utiliser "médiocre" ; je crois que ça fait longtemps qu'un miroir ne lui a pas renvoyé sa vraie image.

J'en profite pour (re)coller ici ce lien vers la réaction d'un chercheur, plutôt originale (post déjà publié sous la chronique Sarko-Perdreaux de DS).

CECI sur Bakchich.

Très courageux, autant d'un point de vue politique que social.
Je suis curieux de savoir quelles vont être les suites.

En tout cas un bon moyen d'apostropher les politiques, peut-être à encourager.
Que les spécialistes d'un domaine, voire les simples citoyens détenteurs d'un expérience de la réalité (confrontée à celle des politiques) se confrontent publiquement aux élus ; le retour des forum romains, de l'agora ?
Ah, enfin !
Oui, ce discours sidérant de médiocrité et de mépris (il s'exprimait "mieux" devant les caméras et quelques journalistes il y a quelques jours que devant des chercheurs très concernés et inquiets, vous avez dit bizarre ? ) a véritablement mis le feu aux poudres et décidé ou conforté nombre d'enseignants-chercheurs dans leur volonté de faire plier le gouvernement. Ma fac (Lyon 2) est en grève depuis deux semaines, et je crois que ce discours provocant a durci les positions : chacun se sent sali et humilié, et c'est devenu une affaire personnelle, au-delà de la défense d'un enseignement supérieur de qualité.
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