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La Révolution arabe et la part du colibri

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Les Libyens qui n’en peuvent plus de Kadhafi se battent avec l’énergie du désespoir, et des moyens bien inférieurs à ceux du clan au pouvoir. Désespoir car ils savent qu’en cas d’échec ils n’auront que la barbarie sans limites du Guide et les larmes de crocodiles du camp occidental. Certes, une intervention directe serait contre-productive, on l’a vu en Irak. Mais une aide indirecte ? On a bien armé le fou sanguinaire (en sachant son état) et on ne pourrait pas armer ceux qui veulent s’en libérer ?

Le temps passe, et quelque chose me dit que ça va faire comme en Côte d’Ivoire, que Kadhafi l’insubmersible va faire son Gbagbo. S’il arrive à écraser son peuple, combien de temps mettra-t-il à redevenir fréquentable ?

Quant à Chavez… Son anti-américanisme rabique le fait appuyer un salaud qui martyrise son peuple, lui qui n’a pas assez de mots ronflants pour dire qu’il défend la veuve et l’orphelin chez lui. Bah, il n’est nui le premier ni le dernier à faire sa realpolitik.
Je n'arrete pas de penser a cette conclusion

"pourquoi on ne se casse pas plutôt la tête et les plumes à chercher le moyen de leur faire passer des gilets pare-balles?"

Et oui, je me pose beaucoup la question egalement devant la violence et la douleur de ce peuple.

Mais plus je vois la situation evoluer, plus je pense que ca serait une tres mauvaise idee : Serions-nous, francais les seuls a avoir eu la legitimite, un jour d'estre assez evolues pour renverser seul le pouvoir qui nous opprimait... Il y a trois siecles ?

Les peuples des autres pays n'ont-ils pas cette legitimite ? ne sont-ils pas assez evolues pour etre capable de creer leur destinee et de se prendre en main ?

Sans parler de la colonisation, et donc ne pas parler de culpabilisation par rapport a notre passe, regardons aujourd'hui et c'est presque pire : il faut bien comprendre que depuis la decolonisation, pratiquement tous les changements de regimes se sont fait avec l'aide de puissances etrangeres, et pas seulement pendant la guerre froide, et tres souvent avec l"aide" de la France : Ou donc retrouvons nous dans ces cas la toutes ces belles valeurs de libertes et de droits dont nous nous illusionnons encore etre representees par la France ?

C'est bien, a mon avis, a chaque peuple de pouvoir avoir non seulement le droit, mais bien la liberte de renverser ses dictateurs.

Seul !

Il n'y a qu'a observer la fantastique strategie internationale francaise : incapable de comprendre et reagir avec la Tunisie et L'Egypte, la Libye commence sa liberation, et pendant quelques jours, aucune reaction francaise. Puis, seulement au moment ou Kadhafi est en veritable difficulte, que des villes importantes sont tombees et que Sarko et consort pensent qu'il va se passer la meme chose que dans les autres pays, a savoir la chute rapide du dictateur, on a droit a un message officiel : "Kadhafi doit partir". Mais c'est uniquement parce qu'ils veulent essayer d'etre les premiers a etre reconnus comme "amis" par le prochain pouvoir en place en Libye * Faut dire que y quand meme plein de petrole *

Et Kadhafi ne tombe pas aussi vite que prevu, alors tout le monde panique. Et ils paniquent d'autant plus qu'ils ont peur que cela donne le temps a Kadhafi de sortir au grand jour tous les contrats et autres cadeaux amicaux passes entre la Libye et les pays occidentaux pendant ces 40 dernieres annees.

Le vrai courage serait de parler des regimes ou la contestation monte, mais ou le pouvoir conteste par le peuple est toujours en place, et rappeler a ces pouvoirs ce que sont ces notions de Droits de l'Homme et les "forcer" a les suivre tout comme ils "forcent" Kadhafi a lache le pouvoir.

Mais bon ....

Courage .... S'il y a bien au mot qui a disparu de la vie politique francaise depuis 4 ans, c'est bien celui la
Attention, Libyen et non lybien (même si c'est joli) à la fin de l'article.
Nous n'avons pas le goût de la Liberté. Nous l'avons troqué pour la sécurité. Pas seulement celle des biens et des personnes, celle qui s'est insinuée dans nos esprits.
L'intelligentsia ne manque-t-elle pas d'ailes ?

ce ne serait pas la révolution qui manque d'air ?

toutenbateau
ces "événements lointains"
ces "photos qui nous parviennent d'Orient"
"où l'occidental manque d'ailes..."

Ces expressions sont les derniers relents du "paternalisme rance" que vous dénoncez.

Alors oui, soyons écoliers et apprenons déjà que le Maroc est à l'ouest de la France, que l'Algérie, la Tunisie et la Lybie sont à moins de deux heures de Paris, que ces pays ne font même pas partie du Proche Orient.
Cela nous aidera à comprendre un peu mieux qu'ils ne sont pas plus une Afrique du Nord qu'une Europe du Sud.
Ils n'attendent plus de leçons de personne et apparemment n'ont pas non plus l'intention d'en donner. Ils font preuve (voir les frontières egyto-lybienne et tuniso-lybienne) d'un grande solidarité mutuelle mais n'appellent à aucun soulèvement international. Nous allons vivre maintenant
à coté et avec eux.
Ce sera bien!
Bravo et merci Judith pour cette chronique.
Je qualifierais votre texte de fécond, dans la mesure où il amène beaucoup de réflexion.
Mais je passerais des plombes à le réexaminer dans sa grande partie et à le critiquer.

Parce que je ne suis pas du tout d'accord avec vous. Ce qu'en dit Badiou, de cette révolution, c'est des conneries.
C'est un très bon philosophe, certes, et c'est un plaisir de lire ses merveilleuses envolées, et même ses analyses ne manquent pas de pertinence parfois. Mais c'est un vieux stalinien. Comme Béhachelle, il n'a pas remarqué que le mur de Berlin s'est écroulé. Pour lui, le pouvoir ne peut être qu'économique. Il continue à prôner le communisme comme si 80 millions de morts, ce n'était pas assez. Une erreur..... Bête à pleurer. Il est vieux et confit dans ses certitudes. Combien de fois il vous a fait faux bond ?

Pour moi, il y a un théorème de base, c'est que ce n'est pas parce qu'une analyse est satisfaisante intellectuellement, c'est-à-dire qu'elle est merveilleusement cohérente et harmonieuse, qu'elle est vraie. Oh que c'est beau, mon cerveau en chavire. Vous tombez trop facilement dans ce genre de panneau, Judith. Il y a le filtre de la réalité à appliquer à toute reflexion.
Je viens du courant pro-zapatiste, et effectivement, j'en suis fière, parce que les Mexicains m'ont appris quelque chose. Beaucoup de choses. Mais pas plus que les militants anarchistes ou altermondialistes que j'ai côtoyés à l'époque. Tout est dans le lien qu'on noue avec les autres, ce qu'on peut leur apporter, et ce qu'ils peuvent nous apporter.

Attendre de gens qui sortent à peine de la dictature et qui ne se sont pas construits politiquement, qu'ils nous enseignent quelque chose à nous, vieux débris de vieux régimes démocratiques, je ne pense pas qu'il faille trop y compter. Nous attendons trop de l'extérieur, c'est à nous, avec eux peut-être, mais à nous, d'affronter nos problèmes et de construire quelque chose de nouveau.
Cette idée qu'ils doivent nous apprendre à nous est lyrique, et très agréable philosophiquement.

Mais c'est un leurre. Ils sont tout juste en train de s'extirper de la dictature, ne mettons pas sur leurs épaules quelque chose qu'ils ne seront pas en mesure d'assumer sans que ça ne fausse leur combat qui doit être mené avec rigueur et détermination vers la disparition de la dictature. Il y a tant d'embuches sur leur chemin, tant de luttes à mener, avant d'atteindre ce qui ne sera guère plus que ce que des siècles de luttes ont permis aux dominés d'arracher aux dominants en occident, c'est-à-dire la démocratie. Et s'ils obtiennent plus, il sera toujours temps d'en apprendre d'eux.

Leur horizon, c'est la démocratie suédoise. Elle existe, elle est solide, elle sert de premier jalon sur leur route. Nous, nous n'avons pas d'horizon, parce que nous savons que la démocratie suédoise a quand même fait accuser, sans doute faussement, Julien Assange, et sans doute pour des raisons qui ont à voir avec le leadership américain allié en grande partie au prédateur capitaliste, même s'il a ses propres enjeux.

Nous, nous n'avons pas d'horizon, nous avons seulement devant nous une route sinueuse, et il faudra bien qu'on se décide à la parcourir, à travers quelque chose qui est une vraie réflexion de nature politique. Nous allons nous tromper, nous engueuler, mais il faudra bien trouver un horizon avant que le système de prédation ne nous élimine en tant qu'êtres humains, collectivement et individuellement.

Mais aujourd'hui, c'est encore une mince ligne au loin, à peine en pointillé. Hannah Arendt, Emmanuel Todd, peuvent nous aider à penser cet avenir qui a du mal à se dessiner. Pas les vieilles lunes du marxisme. Elles sont à intégrer dans un rapport au politique plus vaste qui expliquerait vraiment pourquoi elles ont échoué. Pas à cause des méchants, mais parce que l'explication économique, ça ne rendait pas compte de la réalité dans son ensemble.

Alors, cessons de regarder en arrière.

Transformation en statue de sel garantie.
Des gilets pare balle ? Plutôt une interdiction de voler à l'encontre de l'aviation militaire de K. ; puis, si K. résiste trop "bien" à l'insurrectionj en tuant "trop" de libyens, une intervention armée [modalités à préciser] de l'OTAN.

Badiou et les peuples arabes en révolte. On nage dans le romantisme brouillon révolutionnaire.

Un peuple peut renverser un tyran, un peuple ne peut pas se passer d'Etat.

Les peuples tunisiens, égyptiens et sans doute libyens ont renversé leurs autocrates.

Bien, très bien.

Mais, maintenant, ces foules héroïques doivent se transformer en citoyens. Un homme, une voix : tel est le peuple des citoyens constituant.

Et c'est le régime démocratique - le plus détestable de tous les régimes politiques, à l'exception de tous les autres, qui sera seul à même de concilier, ainsi que cela se passe cahin caha en Occident, l'affirmation des libertés individuelles et la discipline collective consentie au travers d'un Etat de droit.
Intervenir militairement en Libye? Bien sûr que non! ça ne servirait qu'à rajouter encore à la détresse du peuple libyen et des travailleurs résidents. Ceux qui ont les moyens, expatriés et autres profiteurs, se dépêchent de fuir... Les autres n'ont pas le choix: ils seraient sous les bombes. Bien sûr que le colonel est un dictateur qu'il faut empêcher de nuire davantage, mais on voit bien que quand il s'agit d'un adversaire de la France ou des Etats-Unis d'Amérique, il y a deux poids et deux mesures: on aurait voulu autant de célérité et d'acharnement pour arrêter les gouvernements successifs qui ont assassiné et persécuté le peuple palestinien, notamment celui de Gaza. Bon, il n'y a pas de pétrole à Gaza, enfin si, dans leurs eaux territoriales, mais ça, c'est une autre histoire... à suivre.
Alain Touraine : "Notre rôle est de peser par l’analyse sur les événements pour renforcer ceux qui portent en eux l’avenir des libérations et de la démocratie".

Michel Audiard : "Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche."
Georges Lautner avait résumé ce concept en une phrase :
"Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche"
C'est aussi simple que ça.
Juste pour dire que tous les intellectuels ne sont pas moisis, finalement. Il en reste malgré tout quelques uns.

La preuve, ce texte magnifique des mis en examen de Tarnac, paru aujourd'hui dans le Monde.

A diffuser partout.
"nous devons être les écoliers de ces mouvements, et non leur stupides professeurs".
Je ne comprends pas ces propos ni même que vous puissiez y adhérer.

Si donc il vous semble que l'occident est "paternaliste", et que la chose est à vos yeux détestable, pourquoi renverser la proposition ?
Pourquoi célébrer cette posture d'"écolier", qui donnerait à la zone sud de la méditerranée la primeur des expériences seules capable de charrier des espérances politiques ?
Il y a là comme une incohérence logique.
Est-ce le fruit d'une repentance qui suggérerait à l'occident un "chacun son tour" ?

Que la parole circule, qu'elle soit libre, que les influences soient bilatérales et les rapports égalitaires, dans un respect mutuel, oui bien sûr.
Qu'ils suscitent l'admiration, bien sûr.
L'émotion, l'espoir, le lyrisme, la vision, aussi.

Qu'ils nous inspirent, évidemment.

Nous ne deviendrons jamais "partenaires" en continuant à nous excuser du passé, dont par ailleurs nous portons guère la responsabilité.
Ni non plus en cultivant une détestation de soi.
Rien à voir pour moi avec quelque repentance post-coloniale ou haine de soi que ce soit. Quand un peuple, n'importe quel peuple, advient à lui-même, je considère que nous avons à apprendre de lui ; ça fait quand même des mois, des années, que j'écris ici sur l'absence de "nous" par ici, notre incapacité foncière à nous reconnaître comme peuple et à nous mobiliser comme tel. Alors quand ailleurs, n'importe où ailleurs, ce miracle (l'avènement d'un nous agissant pour son émancipation commune) se produit, je le regarde avec toute la curiosité que mobilise le désir d'apprentissage.
Je partage cette curiosité, cette admiration, ce désir profond de rendre la vie vraiment politique.
Je rêve d'un monde où chacun se sentirait investi d'un pouvoir réel d'action.
Que le citoyen soit électeur, mais aussi éligible, et qu'on arête de balayer le politique sous la tapis de l'objectivité et toutes ces fadaises néo libérales.

Ce n'est pas ça qui m'étonne dans votre papier.
Ce sont les mots "paternalisme" associé au mot de Badiou "écolier".
Le tout génère l'impression que nous sommes si "nuls" quand ils sont "si grands".
Mais ce n'est qu'une impression personnelle, somme toute subjective, et certainement conditionnée par la fatigue que suscite en moi l'usage répété du terme "paternalisme", invoqué trop souvent pour discréditer la politique, qui est essentiellement projet commun, et donc désir pour autrui.
Cette phrase de Badiou a aussi résonné profondément en moi, quand je l'ai lue. Jusque là, nous avions été très profs, faut bien dire (pas mal, vos révolutions, y a de l'idée, on sent que vous avez fait des efforts, que nous tenons à saluer, mais attention aux écueils, hein, faites gaffe à ci et à ça, vous n'êtes qu'au début, permettez que nous ne nous réjouissassions pas tout de suite, etc)

Ecoliers: pourquoi y voir de la détestation de soi, Danette ?

L'écolier ne déteste pas (forcément) son prof. Et quand je vois les journalistes tunisiens avec Boillon, je me dis, oui, que les journalistes français pourraient bien, disons, faire un petit stage de formation continue auprès d'eux (ça va mieux comme ça ?)
Si sous la plume de Judith le terme "paternalisme" ne résonnait pas profondément comme quelque chose qu'elle déteste, je pense pouvoir l'affirmer à force de la lire - fidèlement - dans ses chroniques et sur les forums, je n'y verrais pas de détestation de soi.

Car non, vous avez raison, l'écolier ne déteste pas forcément son professeur. Il arrive même, miracle, qu'il l'aime vraiment, qu'il sopit reconnaissant pour tout ce qu'il lui aura apporté.

Oui les journalistes français pourraient être moins arrogants, comme Boillon lui-même d'ailleurs.
Oui il y a beaucoup à redire sur la France d'aujourd'hui, si je pensais le contraire je serais probablement abonnée au Figaro et non à arretsurimages.net.

Mais je suis triste de voir que ce qui affleure, subtilement, dans l'article de Judith, lorsqu'elle parle de la France, est négatif.
C'est discret, c'est en creux, mais ce mot, "paternalisme", et tout le dispositif du papier, vont bien au delà d'une simple admiration - légitime - pour les pays qui font actuellement leur révolution. Il y a ce quelque chose qui rappelle que nous avons été vilains colonisateurs, ce quelque chose qui dit que nous avons à apprendre d'autrui, n'ayant rien à apprendre à personne.

Or, si je ne m'abuse, la France est aussi l'héritière d'un sublime héritage culturel et politique qu'il convient de célébrer, et qui a inspiré, si je ne m'abuse, toujours, le monde entier ou presque. Si donc nous avons été paternalistes, dans ce que cette notion comprend de positif, à savoir le désir de faire grandir autrui en l'armant des outils de l'émancipation de soi (but véritable de toute bonne éducation) c'est avec de bons arguments dont il ne faut pas avoir honte.

Mais peut-être suis-je ethnocentrique ?
Ne culpabilisez pas, Danette, vous n'étes pas ethnocentrique.

Le désir de liberté n'est pas une donnée culturelle fondamentale des sociétés européennes. La preuve, c'est que la démocratie n'y date que d'un peu plus de deux siècles.
Le processus d'émancipation des sociétés a commencé en occident, mais ce sont des circonstances fortuites. Probablement parce que de très petits états se livrant des guerres incessantes avaient besoin de remettre leurs combattants sur le champ de bataille, donc on a développé la médecine, donc on a fait baisser la fécondité, donc on a développé l'instruction. Donc on est devenus des individus, et donc on a inventé la démocratie.
Je sais que c'est simpliste, mais en gros, c'est comme cela que ça se passe.

La preuve que ça marche est justement que la Tunisie était parvenue à un taux de fécondité à moins de 2 enfants par femmes, et plus de 80% d'alphabétisation, avec chez les jeunes un fort taux de diplômés. L'Egypte et la Libye ne sont pas loin de ces chiffres.

Quant au fait d'apprendre à se battre pour la démocratie, les Egyptiens se sont battus en système non-violent et ont pris leurs techniques chez les Serbes de Otpor, les mêmes qui avaient viré Milosevic. Une seule personne s'était rendue en Serbie et a appris à tous les autres. Et sur certaines images en Egypte, on voit clairement comment ils avancent en groupe avec des techniques très élaborées, bien structurés.

Passer de la dictature à la démocratie sous le regard des médias internationaux, ça s'apprend, mais pas en occident. Personne en occident et surtout pas en France n'a eu à lutter pour sa liberté, à part pendant l'occupation, mais il fallait forcément prendre les armes. Les Européens de l'est l'ont fait il n'y a pas si longtemps. Ce sont eux les professeurs, ceux qui ont des savoirs et peuvent permettre aux autres de se défendre.

Tout est dans la transmission, et tout le monde peut transmettre. A condition d'avoir un savoir.

Nous, nous sommes là pour eux parce que leur horizon à eux, c'est la démocratie.

Notre drame, c'est que nous, nous n'avons aucun horizon. Nous allons devoir l'inventer, notre monde nouveau d'émancipation et de liberté, en nous servant de notre héritage.

C'est à nous de le faire. Nous portons cette responsabilité devant le reste de l'humanité. Avec les autres, tous les autres, nous avons à le créer. Nous ne devons, pas plus que les Tunisiens, baisser les bras.
Votre admiratif emballement pour le texte de Badiou est aussi consternant que, je le crains, révélateur d'un arrière-fond de dogmatisme scolaire aussi bien chez vous que chez la chroniqueuse au secours de laquelle vous venez de voler. Je ne puis autrement m'expliquer que vous ne puissiez apercevoir chez Badiou une sorte de successeur aussi attardé qu'exalté de ce que fut en son temps Victor Cousin. De même que celui-ci considérait les professeurs de philosophie qu'il chapeautait comme son "régiment", de même Badiou pratique la philosophie en militant peu soucieux de la liberté d'autrui: ainsi put-il, par exemple envahir, il y a certes bien des années, le séminaire de Maria-Antonietta Macciocchi à Vincennes. L'essentiel pourtant n'est pas dans la violence alors exercée et je ne l'évoque que pour appeler l'attention sur ce qui actuellement sous-tend ce type de comportement dans sa relation à son lointain prédécesseur: demeuré fameux, à défaut d'être célèbre, à cause de la façon dont il synthétisa pédagogiquement, sous le nom d'éclectisme, l'ensemble de ce que la philosophie pouvait enseigner. Or Badiou multiplie par quatre l'entreprise de Cousin. Sous le nom de philosophie, il organise en effet la relation entre les vérités par lui-même élues, issues qu'elles seraient de ce qu'il appelle : le "mathème", le "poème", la "politique" et l'"amour". Badiou: super Cousin donc. Il est facile, à partir de là, d'imaginer comment instaurer une "dictature du professorat" à la place de la défunte "dictature du prolétariat". Le sens de l'histoire mènerait ainsi de celle-ci à celle-là. Voilà en tout cas ce qu'avec Jarry l'on pourrait en déduire. Marx avait préalablement énoncé que l'histoire, d'abord "tragique" se reproduit en farce. Jarry, dont le modèle d'Ubu fut un professeur, nous révèle, lui, que la farce est de nature: pédagogico-pataphysique. Et nous apprend à ne pas en rire seulement.
vous avez un peu raison , danette, sur cette posture qu'européen, ancien colonisateur , nous devrions nous soumettre dans l' observation des évènements qui se déroulent comme d'un enfant écolier face au professeur: car s'il n'est qu'à écouter la voix qui nous enseigne pour comprendre, faut il que l'écoute soit rendue audible; les journalistes en celà s'y emploie d'éduquer des faits et leurs compréhensions, mais l'enfant, que béatement nous serions ,face à ce "sçénario" imprévisible et improvisé s'est longtemps laisser distraire à détourner son regard vers ce monde du loisir, le soleil , la plage , l'hotel de luxe ,le silence, consolation pour la bonne consçience que le plaisir vient lester la mémoire des fautes irréparables. Là-bas, combien de "commune de 70" de trois glorieuses inconnues... aux bataillons des manuels d'histoire
Vous avez raison sur ce point de langage, se déposséder de la notion d'avenir qui fait d'un enfant un adulte, c'est à mes yeux faire se renverser le cour de l'histoire et nous resituer avant cette période de la colonisation pour se tenir au chaud dans sa consçience, dans la période révolutionnaire de 1789
je crains que ce ne soit pas leur faire hommage que de nous minimiser
relire son texte, se demander à quel endroit il troque sa posture de donneur de leçon pour celle d'un écolier, dans quelle phrase il énonce une ignorance, une interrogation, et si ce texte s'adresse, un tant soit peu, à ceux dont "nous devons être les écoliers", en se demandant s'ils ont quelque chose à nous dire...

se dire qu'on est probablement très conne, mais qu'on ne trouve rien de tout ça, juste un type qui parle à la place des autres.
Le fait d'être devenus des foules consommatrices nous a rendus si individualistes qu'on ne conjugue (et souvent au nominatif) guère que jusqu'à la 2e personne du singulier. Avec des phrases qui contiennent des sujets et une nette tendance à la réification des personnes en les transformant en compléments d'objet).
Après avoir lu un livre de linguistique sur un petit groupe d'indigènes des confins du Chiapas (les Tojolabals) j'ai découvert qu'ils avaient une langue où le complément d'objet n'existait pas... Ce qui signifiait que tout était sujet. Ce fut une lecture passionnante, parce qu'on s'aperçoit que certains êtres humains donnent naturellement une vie à des objets, prouvant ainsi un certain respect pour ce qui n'est, pour nous, Occidentaux, qu'objets.
Je me souviens d'un exemple cité par l'auteur : lorsqu'ils disent l'équivalent de "j'ai vu un arbre", les Tojolabals sous-entendent "j'ai vu un arbre qui vivait sa vie d'arbre). De plus, l'organisation de ces sociétés, pas encore trop "touchées" par l'occidentalisation et l'individualisme, est vraiment tournée vers le groupe et le "nous", le respect de la nature, et la recherche d'une certaine "perfection".
Quand c'est vous, Judith, j'attends un peu avant de m'énerver parce que je me doute bien que ce "nous" va bientôt me lâcher les basquettes et laisser la place à un "je" franc du collier et qui a quelque chose à dire, "quelle cruche que je suis", et voilà, pas eu le temps de m'énerver :)

Quand c'est Badiou... hum. Je m'énerve.
J'ai passé l'âge de l'école et du catéchisme (fût-il maoïste, avec ses litanies, ses étincelles et ses plaines enflammées, et tout son tralala), et son "nous", je n'y crois pas, son "nous", désolée mais il sonne étrangement comme un "vous", "vous devez être les écoliers de ce mouvement", vous-autres, bande de stupides...
Très beau et juste texte! Judith, vous devriez écrire ;-)
pourquoi l'ONU n'intervient pas?
Bravo Judith pour cet article dans lequel je me suis beaucoup reconnu.

Il est peut être intéressant de noter que sur la même page du Monde où vous avez prélevé l'article de Badiou, on trouvait aussi un article de Roudinesco et un autre de Glucksmann. J'ai bien rigolé en lisant ce suppôt du sarkozysme (je cite: "je vote Nicolas Sarkozy car c'est le candidat des Droits de l'Homme !") prendre le parti des pays arabes. Comme quoi le ridicule ne tue pas. Et qu'on ne me dise pas que tout le monde a droit à l'erreur : quand on s'est aussi lourdement trompé que Glucksmann sur toute la ligne et en particulier sur Sarkozy, il serait convenable de la fermer définitivement au lieu de nous rabâcher les sempiternelles mollasseries des intellectuels bourgeois pétris de suffisance occidentales qui laissent couler sous eux leur vieille fiente.

J'aimerai rajouter que si les intellectuels occidentaux peuvent jouer un rôle, ce n'est pas en prodiguant leur conseils paternalistes aux populations arabes (sur le modèle du fameux "distiller le bon esprit de la démocratie" de BHL à propos de l'Afghanistan), mais bien en s'adressant à leurs élèves, à leur auditoire, dans leurs articles pour dire : "Notre société est moribonde. Si on ne se réveille pas rapidement, on court à la catastrophe". Si nous admirons, tremblons, trépignons face à la situation au Moyen-Orient et au Maghreb, face aux changements dans la société islandaise, face aux grèves qui se multiplient en Chine, ce n'est pas parce que nous voudrions "en être". C'est parce qu'ils font leur révolution (quelle est la nature de cette révolution? Ce mot est-il approprié? Qu'est-ce que cela va donner dans un futur proche? Qu'importe!) et que nous aussi on voudrait bien faire la nôtre. Réaction contre le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous : il y en a assez de s'indigner, on ne fait que ça, à longueur de temps, on en a la nausée d'être perpétuellement indignés par l'état du monde, de la France, de la société. On en a marre d'être indignés : on veut être révoltés !

Si la révolution des pays arabes peut avoir pour effet de nous "révolter" au sens où elle soulèverait en nous un espoir incommensurable de changement, un sentiment qui nous saisirait que "c'est possible de renverser ce que l'on nous disait impossible à renverser", alors elle aura fait bien plus que renverser quelques dictateurs : elle nous permettrait de renverser la dictature du profit et de la médiocrité.
Qu'elle soit ici ou ailleurs, Vive la Révolution !
Un autre point me fascine vraiment. Comme si chaque peuple attendait son tour pour apprendre des autres, pour bénéficier de l'attention médiatique? Ou inversement, est-ce que ce sont les médias qui en font un grand feuilleton de l'hiver?

wakeview.blogspot.com
On y pense tout le temps,on cherche les infos,on est déchiré par la monstrueuse répression,abasourdis qu'elle ne les fasse pas reculer et fous d'espoir qu'ils y arrivent. Et tout cela est bien au-delà de l'analyse d'intellectuels si pertinents soient-ils ...
Et pendant ce temps voilà que notre occident, loin de l'enthousiasme pour les peuples en cours de libération, affiche ses craintes... Rassurez-vous ce ne sont pas des "craintes" pour la vie de ceux qui se révoltent mais nos craintes bien à nous, mesquines, terre à terre :

"Six pays d'Europe du Sud, porte d'entrée d'un éventuel afflux massif de migrants en provenance de la Libye, se sont mobilisés, mercredi, avec une réunion de leurs ministres de l'intérieur à Rome, à la veille d'une rencontre à Bruxelles. L'Italie, la France, l'Espagne, la Grèce, Chypre et Malte ont demandé l'établissement d'un fonds spécial pour affronter le problème de l'immigration clandestine en provenance d'Afrique du Nord."

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/02/23/libye-crainte-d-un-exode-massif-vers-les-pays-voisins-et-l-europe_1484247_3212.html
[titre de l'article : Libye, crainte d'un exode massif vers les pays voisins et l'Europe]

Jolie mobilisation ! Mais à quel point de déshonneur, d'insensibilité et d'égoïsme, sommes-nous tombés ? Les pays parmi les plus riches de la planète ! Relisons, enfonçons bien ça dans le crane : il faut "affronter le problème de l'immigration clandestine. D'ailleurs, elle est où, dans ce cas, la clandestinité ?

Alors que dans le même temps au principal poste frontalier de Ras Jedir entre la Libye et la Tunisie, on s'organise et on se mobilise avec de faibles moyens pour recevoir, aider et orienter les nouveaux migrants...

Je sais ce qu'on me répondra comme d'habitude : comparaison n'est pas raison... Formule magique pour justifier l'injustifiable.
Je ne pensais pas finir la lecture de l'article. Et puis, vous avez su décrire ce que je ressens face à ces événements: je suis un spectateur. Je regardes. ET puis c'est tout. Ça ne me concerne pas directement mais ça devrait.

Je suis d'origine kurde de Turquie. Aujourd'hui, beaucoup d'observateurs se réveillent et se demandent: "et si les pays arabes s'inspiraient de la Turquie?". Je crois depuis longtemps que la Turquie peut être un modèle. Avec plein de défauts. Je n'oublies pas que je suis kurde... Donc j'attends de voir. La seule chose qu'on peut faire: attendre et voir.
Une de tes plus belles chroniques, Voté pour, merci Judith.
Envoyons des gilets pare-balles aux petits colibris lybiens.
Pendant ce temps, la France de Sarkozy fait du business...
Une jolie façon d'aider la Lybie, pendant que nos intellectuels "analysent"...
Meri pour ce texte Judith
Effectivement, ces changements historiques sont importants, et il est tres difficile de savoir ou cela va mener non seulement les populations concernees, mais l'humanite entiere.

Il me semble qu'un element important de ce manque d'expression par nos "elites" intellectuelles peut egalement etre du au fait que si nous analysons ces mouvements revolutionnaires, nous ne pouvons que consatater que nous sommes exactement dans la meme situation et que nous reprochons a nos propres dirigeants ce que les peuples qui se soulevent en ce moment reprochaient a leurs gouvernants.

C'est a mon avis le sens profond de la phrase de Badiou qui est donc le seul a l'exprimer l'orsqu'il declare "nous devons être les écoliers de ces mouvements, et non leur stupides professeurs"

Nous en pouvons nous empecher de nous demander : qu'est-ce qu'on peut faire pour eux ? Pour les aider ? mais ca fait quelque siecles que nous "essayons de la aider", selon nos conceptions politiques, philosophique et religieuse, selon, surtou nos propres interets ( evidement a leurs depends )

Peut-etre pourrions nous finalement leur faire confiance, et les laisser choisir leur destinee eux-meme sans avoir a essayer de "les aider", quelque soit la compassion que nous puissions avoir a leur egard.

Et essayons peut-etre avant tout de changer premierement nos propores vies, notre societe, en regardant et apprenant ce que ces nouveaux professeurs peuvent nous apprendre.
J'ai trouvé un moyen d'y participer...
Aidons la contestation à être à l'épreuve du black-out
https://secure.avaaz.org/fr/blackout_proof_the_protests_2/?cl=950254653&v=8436

C'est pas exceptionnel, mais au moins j'aurai fait quelque chose pour leur filer un coup de main.
Bien bel article, aussi fin dans son fond que dans sa forme.
Ce mélange de suffisance et d'ignorance, il me semble que c'est de la peur: peur de devoir changer nous-mêmes, peur de vieillir et de disparaître, peur de ne plus savoir apprendre. Il y avait la même atmosphère nauséabonde en 1989, lorsque nous jaugions les soulèvements en Europe de l'Est.

Je ne regarderai plus les colibris sans penser à cette formidable injonction d'humilité, de curiosité et d'utilité que vous venez de nous servir.

Merci Judith.
[quote=yannick]Une révolution ne doit pas être sanguinolente, mais elle doit être prête à le verser, ce sang qui marque la plus irrémédiable des déterminations.

Dans une révolution pour la liberté, il y a forcément des pertes humaines. Des gens sont morts ces derniers jours en tunisie, en egypte et en libye pour leurs libertés, pour leur pays. Il ne peut pas en être autrement, l'histoire le montre.
Faire couler le sang lors d'une révolution, est-ce nécessaire ? En tout cas, c'est un cap. Un cap que nos gouvernements qui veulent ignorer ce que la rue peut bien dire contre eux ne veulent plus franchir. Ils savent que le sang qui coule peut aisément déborder de la scène et faire chavirer, malgré eux, les plus insensibles, les plus froids, les plus sanguinaires. Alors, on tire du gaz qui pique les yeux, brûle les poumons, avec des balles en caoutchouc, en évitant de tirer dans la tête, si possible, et en hauts lieux, on croise les doigts, pourvu qu'il n'y ait pas de mort, non par compassion, non par solidarité, mais par calcul, car, on sait le déferlement que cela engendre et la spirale fatale pour eux que cela déclenche, le sang.

Une révolution ne doit pas être sanguinolente, mais elle doit être prête à le verser, ce sang qui marque la plus irrémédiable des déterminations.

C'est pourquoi envoyez des gilets par balle, comme notre expertise dans la répression des manifestations sans (trop) de heurt, c'est finalement non pas protéger les innocents manifestants, c'est étouffer, éponger le sang avant qu'il ne coule et déborde et donc in fine protéger le régime qui lui fait couler le sang, plus discrètement, plus quotidiennement, plus méthodiquement.

yG
À mesure que je vieillis, je réalise que mes valeurs sont plus à gauche qu'hier, et moins que demain (même si je sais raison garder, et que je suis parti de loin). Mais s'il y a bien une chose qui me gratte dans la rhétorique de gauche, c'est le Sacrement Révolutionnaire. Comme si cet horizon des événements indépassable était une fin en soi, un moment sacré, ultime, passionnel et pur.

Il y a des morts, ce sont des martyrs pour la cause, des saints laïcs. Ca fait partie du folklore. Et surtout, surtout, quand est-ce qu'on fait pareil?

La révolution, quel que soit le contexte, quelles qu'en soient les conséquences, semble toujours avoir le même attrait. Et le peuple de gauche de vibrer et s'émouvoir, dès qu'un mouvement de foule sort de l'ordinaire, d'une grosse manif jusqu'au basculement d'un régime. Le texte de Judith, là, c'est une liturgie.

Oui, vraiment, la Sainte Révolution, ça me gratte.
Merci Judith.
Il me semble de la plus grande nécessité de reproduire ici mon "commentaire" d'hier au 9: 15 de Daniel Schneidermann

Badiou: "écoliers", "professeurs": un langage scolastiquement révélateur 10:16 le 23/02/2011
Malgré toute sa bonne volonté, et malgré ses éminentes qualités intellectuelles, les expressions de Badiou auxquelles vous vous référez, trahissent le fond: non révolutionnaire mais scolastique, de sa pensée. Au lieu de mettre en évidence «la spontanéité enseignante»*, comme ressort de toute véritable éducation, le voilà renversant démagogiquement, mais renforçant effectivement la polaire division entre "écoliers" et "professeurs". Pédagogie donc contre révolution. Car ce qu'enseigne une révolution contredit toutes les sortes de pédagogies, lesquelles sont nécessairement fondées sur la domination — prétendument temporaire, mais structurelle en réalité — du pôle de l'enseignant sur celui de l'enseigné. S'il est une leçon de la psychanalyse, notamment de Lacan, c'est bien celle-ci: reprise de la philosophie**.


*L'expression est de Merleau-Ponty, comme on ne le sait pas assez.

**Il est bon de rappeler à ce sujet les deux conditions de l'enseignement selon Spinoza: l'exercer à ses propres frais et au risque de sa réputation. On ne saurait l'accuser d'y avoir manqué.
Des gilets pare balles, en effet, ce serait le plus utile. Contre les bombardements aériens, je suis pas sûre, mais bon. Le fait de le faire savoir partout dans le monde, qu'un peuple est massacré, est-ce que ça les protège? Ou pas? Pour la Tunisie, il m'a semblé que la rapidité avec laquelle les manifestants ont été capables de faire passer les images et les infos avait joué un rôle protecteur. Pourquoi ça semble pas marcher en Lybie? Parce que K est plus féroce? Parce que le peuple a moins de téléphones portables? Parce que nous nous identifions moins facilement à ces Lybiens dont nous savons si peu? Savions-nous même que, hors Khadafi et sa farandole, il y avait un "peuple" lybien, et désormais, le savons-nous VRAIMENT?

Faire circuler les infos, leur dire notre admiration, apprendre à les connaître, c'est typiquement un acte de colibri: ça pèse si peu, et ça peut être décisif pourtant.
De toute facon, c'est aux democratie d'aider ces pays... Pas au Sarkozistan pays plus vraiment democratique.


(Bon, maintenant, il faudra m'expliquer comment la Belgique, championne du monde, peut etre plus democratique sans gouvernement.
N'aurait-on pas un probleme de donnees dans les estimateurs utilises, aussi bien par les journalistes que les economistes....)

Dois-je creer le site sarkozistan4march.info* pour soutenir la revolte?

* ils partent toujours le vendredi.... A mon avis, ils ne veulent pas se faire pourrir le week end avec de nouvelles manifestations.
Hors conteste à voir ou à revoir absolument !

http://video.google.com/videoplay?docid=-698047735755472484#
En tout cas Sarkozy est vraiment à côté de la plaque avec son débat sur l'islam...
Le texte de Badiou est évidemment ce qui a été écrit de mieux sur l'événement dynamique de la Révolution communiste antiétatique, pleine du possible et non de réalité, imprévisible et non calculable par avance, orientale et non occidentale. Tout l'argumentaire orientaliste (celui utilisé par le Pentagone ou par les imposteurs de l'intelligence européenne, mais aussi par les poètes et la population populistée) tombe à l'eau. Nous sommes si heureux de pouvoir enfin montrer dans quelle mesure la partie qui se jouait chez nous à notre insu devient vraiment nôtre (cf. Considérations sur le malheur arabe. Ah si Samir Kassir était en vie...
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