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"La Résistance, c'est un film au ralenti ! "

C'est sur une image que nous nous arrêtons pour cette émission d'été : celle, connue de tous, de Jean Moulin, fondateur du Conseil national de la Résistance, arrêté et torturé à mort par les nazis durant l'été 1943. Comment se forme l'image d'un héros et d'un martyr ? La France a-t-elle choisi de célébrer Moulin en oubliant volontairement les sombres heures de la collaboration ? Pourquoi les conflits internes de la Résistance sont-ils si peu connus ? Et comment sont dépeints aujourd'hui les millions de Français qui ont traversé la guerre sans être ni résistants, ni collabos ?

Derniers commentaires

C'est sur une image que nous nous arrêtons pour cette émission d'été

Déjà?? Vous faites mieux que les "vieuxmédia" dite donc!
Est-il possible d'avoir cette émission en téléchargement, svp ?
Je viens de finir "alias Caracalla" et cette émission complète admirablement ma lecture. Je redécouvre la sensibilité et l'ouverture d'esprit de Daniel Cordier qui tranche radicalement avec les visions passéistes des anciens combattants, moins engagés que lui dans la résistance, arborant leurs décorations et leurs colifichets. Je recommande la lecture de son livre qui dessine avec grande précisions les ambigüités de la nature humaine dans cette période de guerre pendant laquelle les homme et les femmes ne sont ni héros ni salauds. C'est la narration de cette vie quotidienne, grise, ni blanche, ni noire qui en lui donne un caractère unique. A retenir, le fait que malgré l'argent que distribuait Jean Moulin aux différents mouvements, leurs chefs ne le reconnaissaient pas ou passaient plus de temps à se combattre qu'à lutter contre l'occupant allemand.
Je reviens tout juste d'une soirée spéciale organisée par l'Institut Lumière de Lyon, consacrée à la projection en avant-première (en présence des deux concernés) du film écrit par Régis Debray et Bernard George, Daniel Cordier, la résistance comme un roman, qui est un long entretien, en mouvement le plus souvent, entrecoupé d'images d'archives et d'extraits lus d'Alias Caracalla.

La diffusion de ce film est prévue dimanche 30 mai à 21h30 sur France 5, je vous le recommande chaudement !
Je viens de finir Alias Caracalla. J'ai enfin trouvé le temps de le lire.

Suite à cette lecture, je me questionne sur le choix d'@rrêt sur images au lieu de D@ns le texte pour inviter Daniel Cordier. De nombreuses questions comme la valeur de la mémoire et sa véracité, puis la différence entre les manuels d'Histoire et la réalité décrite auraient grandement profité du texte du livre.

De plus, je me demande si vous [Daniel Schneidermann] aviez lu le livre ou jouiez les andouilles, certaines questions trouvant réponses assez tôt dans le livre ( comme l'engagement Maurrassien qui s'étiole au fil du temps et des événements ). J'espère que vous jouiez les animateurs ne lisant pas les livres dont ils parlent. J'attends le contraire dans l'équipe d'@si

Peut-être est-ce juste le dispositif de l'émission qui me pose problème. Il ne permet pas vraiment de profiter de bases comme le livre de Daniel Cordier ou une autres références purement textuels. D'ailleurs j'ai noté avec plaisir que la qualité d'image de la version téléchageable du dernier D@ns le texte permet de lire le texte à l'écran.

Bref une émission fort intéressante, une des meilleures disponibles sur le site. Néanmoins elle me laisse un goût de gâchis face aux informations supplémentaires qu'un déroulement plus adapté de l'émission aurait pu donner.
EXCELLENTE EMISSION. merci
J'aurais aimé savoir comment Cordier a évolué de l'extrême droite (antisémite !) à un engagement de gauche... Ce que je trouve intéressant c'est de voir le parcours à partir des idées à un moment T... Et il n'a as beaucoup décliné ces moments de mutation...
Je verse ma part à ce flot de louanges.. : excellente émission !!
Vraiment un grand bravo. C'était très émouvant et instructif..
Que de choses vues, soulevées, sur notre monde, d'aujourd'hui et d'hier, la nature humaine.
MERCI
J'écris à cet endroit mais il ne me semble pas propice. Je n'arrive plus à lire les vidéos depuis que Microsoft a fait de nouvelles mises à jour avec Internet Explorer 8. Qui peut m'aider ? J'ai installé le logiciel recommandé par le site mais cela ne marche pas. Merci pour vos conseils.
Je suis bien sûr abonnée.
Une fidèle d'Arrêt sur images.
RAS sur le fond (très, très bonne émission) mais un petit bémol quand même : ç'aurait été sympa de signaler aux internautes la série d'entretiens avec D. CORDIER diffusée en juin ou juillet me semble t'il par France Culture... Il est peut être encore possible de la podcaster !
@+ & sans rancune, Monique Fortin
Je pense qu'il ne s'agit pas de naïveté de la part des victimes. Mais, une fois pris dans la nasse, d'un refus d'admettre ce qui est impensable, impossible à rendre concret. En plus il y avait des organisations de secours juives qui, par exemple, négociaient avec les autorités pour rendre le voyage plus "confortable". Ce qui avait un côté rassurant.
Hannah Arendt va plus loin et parle de collaboration.
je repense à certaines remarques de monsieur Cordier concernant l'information dont disposaient les français pendant la guerre et la crédibilité à ses yeux des photographies des parisiens sous l'occupation d'André Zucca. Je me dis alors que cela ferait un beau dossier pour @si que de traiter les actualités diffusées au cinéma pendant la guerre, les images de propagandes, la place des médias à l'époque, l'esprit critique et le rapport à l'image de la population de l'époque, etc.
Parce que c'est une question récurrente et sur laquelle il est très difficile d'avoir un avis : qui savait quoi ?
Que pouvait-on comprendre devant la nouveauté des actes et de la situation ?

Il n'y a pas de réponse simple à cette question. Quand on voit le Dictateur de Chaplin et qu'on réalise que le film est sortie aux USA en 1940, on ne peut être que perplexe devant la prétendue ignorance des gens.
En même temps, les français ne l'ont vu qu'en 1945 et tous tiennent un discours semblable, même un résistant comme Cordier.
Alors que savait-on de l'histoire en train de se faire dans les années 1940 ?
@si, le sais-tu ?
la chaîne Arte a supprimé (les cons...) il y a quelques années l'une des émissions les plus géniales là-dessus :
"Histoires parallèles" de Marc Ferro
Oui, cette émission était très bien et si Marc Ferro a toujours bon pied bon œil,
comme son aîné Cordier,
ce serait un très bon invité pour @si !
C'est une question extrêmement difficile. Pendant le procès Papon, cette question "qui savait quoi" est revenue en permanence. Tout au plus on peut faire des recherches sur ce qu'on était en mesure de savoir, compte-tenu des informations de l'époque. Mais là encore, on sait beaucoup de choses pour peu qu'on s'intéresse au sort des autres. Les photos des beautiful people dans les beaux quartiers sont d'autant plus affligeantes que dans les milieux riches et cultivés on disposait de beaucoup plus d'informations que dans les milieux populaires.
La défausse est facile. Pour prendre l'exemple de Papon lui-même. Alors qu'il était déjà relativement âgé pendant la guerre, qu'il était haut fonctionnaire, que dans les années 30 il s'était lié à un jeune juif allemand qui fuyait les persécutions dans son pays, qu'il était politisé (il vient de la gauche), cultivé, ambitieux, il a toujours nié savoir quoi que ce soit concernant les persécutions des juifs en Allemagne
Il faut savoir qu'il y a, pour d'autres raisons faciles à imaginer (tellement c'était incroyable, tellement la réalité était sidérante), un refus de savoir précisément les choses du côté des victimes elles-mêmes. Jusqu'à la fin, elles ne voulaient pas y croire, même lorsqu'il y a eu des témoignages qui ont commencé à filtrer. Les déportés de Drancy partaient pour pitchipoï...
Je ne fais pas la chasse au point Godwin, mais c'est pareil à toutes les époques, toutes proportions gardées bien sûr. Aujourd'hui, si on veut, on peut savoir ce qui se passe dans les prisons, on peut savoir comment sont traités les sans-papiers, on peut savoir qu'il y a des négriers pour les employer (principalement dans le bâtiment ou dans la restauration). On peut savoir (l'hiver, l'été on les oublie) qu'il existe des milliers de SDF, tout un quart monde qui vit dans les rues, sans logement.
On peut aussi ne pas le savoir. Il n'y a pas de crime d'indifférence.
La question est d'autant plus intéressante qu'elle est difficile. Mais si certains parisiens n'ont pas été très surpris par la disparition de leurs voisins de palier, profitant de l'occasion pour piquer leurs meubles et s'adjoindre les appartements désormais inoccupés, d'autres les ont cachés au péril de leurs vies (leurs voisins, pas les meubles).
Donc au delà de la question de ce que proposent les médias de l'époque, ce qui revient comme facteur discriminant entre collabos cyniques et résistants courageux, c'est bien cette dimension humaine du souci de l'autre et les valeurs universalistes qui vont avec.

Sur la naïveté des victimes, je repense aux lettres émouvantes et tragiques que Michel Epstein, le mari d'Irène Némirovsky, adresse à toutes les autorités de l'époque pour faire libérer sa femme, avant de finir lui aussi par être assassiné. Si même les victimes n'ont pas pris la mesure de ce qui était en train de se jouer, cela accrédite l'idée d'un manque d'information ou de lucidité au sein de la population.

Mais quelles sont les parts respectives dans les causes de l'aveuglement ?
Entre le manque de jugement des gens et le manque d'information disponible ?
Question très difficile, en effet.

P.S.
je préfère quand on discute sérieusement, :P
D'accord avec Julien : le texte de Camille est très intéressant, avec une éventuelle erreur (question de point de vue) Papon n'était pas si vieux pendant la guerre : né en 1910 il avait 30 ans en 1940 et et 34 ans à la fin de la guerre, mais il avait déjà la sale gueule veule du haut fonctionnaire morgueux et sans scrupule...

Ce qui est certain c'est que dès 1933, en Europe, tous les gens cultivés et voyageurs étaient parfaitement au courant du traitement que subissaient les juifs allemands (Dany, si tu m'entends : nous sommes tous des juifs allemands !)

Cette infamie n'était naturellement pas du goût de tout le monde, mais globalement la droite française étant plus ou moins (souvent plus que moins) antisémite - passive - n'était pas trop choquée, voire vaguement admirative des ignominies réalisées en Allemagne.

Plus tard il est vrai que le côté invraisemblable des camps d'extermination a probablement contribué à les masquer, d'autant que ceux qui avaient un doute, ou une certitude, devaient bien comprendre qu'il était sain pour leur santé de la boucler : rien n'est mieux partagé que la lâcheté parmi l'espèce humaine. C'est sans doute pour cette raison que les hommes comme Daniel Cordier sont si volontiers admirés, à juste titre : tout sauf lâche !

J'ajoute que Camille finit très fort en rappelant que les infamies ne cessent jamais : les prisons françaises (Encore une condamnation Européenne il y a deux mois pour traitements inhumains et dégradants), les sans-papiers, les sans domicile fixe, les chômeurs (sans travail)... Tous les "sans" en somme, tandis que les traders des banques en faillite se goinfrent comme des gorets, que les politiciens responsables et coupables se grattent les fesses dans les universités d'été financées sur nos impôts (puisqu'ils n'ont plus de militants)... et que le tiers et le quart-monde fournissent les esclaves qui produisent nos baskets de kékés et d'ailleurs l'essentiel des produits que nous consommons tant que le chômage nous épargne).

Nous avons raison de nous indigner sur les horreurs du milieu du 20ème siècle, mais c'est assez facile, en dehors de quelques malades personne ne conteste, et puis il n'y a plus rien à faire !

Nos postures morales et indignées sur l'esclavage ne tiennent pas une seconde devant le moindre examen sérieux : jamais civilisation n'a eu recours à l'esclavage autant que la nôtre : les porcs et les truies de 120 kilos qui roulent sur les plages de Floride, de Cannes ou des Maldives doivent leur graisse à la sueur des Bengalis. Et à leur maigreur.

Pour Julien : prendre la mesure de ce qui se passe, à n'importe quel moment, c'est très difficile (le quotidien suppose de trouver l'argent pour se nourrir, de dormir, de faire les courses, la cuisine, de bouffer, d'aimer - parfois - et finalement d'essayer de ne pas devenir fou...) Et réagir est encore plus difficile : quoi faire, comment et avec qui ? Tout seul avec ses petits poings face à un monstre tentaculaire pourvu d'une armée, d'une police, d'une "justice", le tout globalement cautionné par une population apeurée et veule ? Et s'il faut organiser la résistance il faut trouver le financement, les hommes et accepter le risque !

C'est aussi la fameuse histoire de la grenouille : si on la jette dans l'eau bouillante elle ressort à la vitesse de l'éclair, un peu brûlée mais vivante, si on la plonge dans l'eau froide et qu'on chauffe doucement elle s'endort peu à peu avant de mourir...

Quelle méthode pensez-vous que les hommes politiques emploient avec les grenouilles que nous sommes ?

Je vous laisse deviner, vous me semblez tous assez cérébrés pour trouver rapidement la bonne réponse, sans faire appel à un jocker !

***
tous les gens cultivés et voyageurs étaient parfaitement au courant Oui, on peut ajouter tous les états majors militaires alliés également étaient au courant. La cartographie aérienne pour viser les usines d'armement avait sans aucun doute repérer ces lignes de chemin de fer vers des camps, des baraquements. On peut s'étonner aujourd'hui que ces voies n'aient pas fait l'objet de bombardements, mais c'est facile à dire après, quand même la question peut se poser.

Auschwitz 1, 2, 3
Dachau 1, 2
Sachsenhausen
Camp du Vernet
Bayonne, comment ignorer, au coeur de la ville
Buchenwald (!!!), bombardé car les alliés visaient l'usine d'armement à côté du camp...
Entre 1940 et 1942, les informations arrivent au goutte à goutte, notamment concernant les massacres commis par les Einsatzgruppen à l’est, premier mode d’extermination des Juifs par des commandos. La crédibilité de la politique d’extermination est garantie à l’été 1942 avec le célèbre télégramme Riegner du 8 août 1942.

À l’automne 1942, des rescapés des horreurs nazies témoignent, comme le résistant polonais Jan Karski qui s’entretient directement avec Roosevelt et l’administration britannique en vue de mettre un terme au massacre. Et le 17 décembre 1942, les forces américano-britanniques, et les gouvernements en exil à Londres font une déclaration conjointe condamnant la politique d’extermination des Juifs d’Europe, menaçant de représailles leurs auteurs.

Les forces alliées savaient, c’est la thèse de la majorité des historiens, et pourtant ils n’ont sauvé que quelques dizaines de milliers de Juifs par voies diplomatiques, sans avoir recours aux moyens militaires. L’inaction sur Auschwitz a été un choix, ce qui est bien difficile à admettre sans ternir le portrait idyllique des Alliés brossé par l’Histoire. Deux angles servent généralement d’étude à la question : la stratégie militaire et les inerties politiques.

Les Alliés étaient au courant de l'existence des camps d'Auschwitz avant 1944 mais ne croyaient pas à la thèse de l'extermination de masse. Jusqu'à ce que deux prisonniers échappés, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler, leur fassent un rapport détaillé sur les pratiques dans les camps de la mort, peu de temps avant le débarquement en Normandie.

Il a fallu attendre 2003 pour que la Royal Air Force dévoile officiellement certains clichés pris en 1944. La RAF qui cherchait des installations militaires ne s'attarda pas sur les camps… L'information arriva pourtant jusqu'aux oreilles de Winston Churchill qui se décida finalement pour une attaque avant de se rétracter à l'idée de tuer inutilement des détenus par une attaque aérienne.

Les travaux des historiens depuis les années 1970 ont permis de démontrer que les Alliés avaient connaissance de la solution finale, à savoir la politique d’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe. Le rôle des pays neutres a été crucial dans ce domaine, la Suisse, et à moindre titre la Suède, étaient des terres de sécurité pour les agences juives et les diplomates alliés, par lesquelles ils pouvaient recevoir des informations. La résistance polonaise et des contacts amis dans l’administration nazie ont permis peu à peu de mettre au jour ce secret que les Nazis s’acharnaient à dissimuler.

Auschwitz : Cible militaire inexistante
Sommaire

Le camp à portée de tir
Les Alliés ont attaqué Monowitz le 13 septembre 1944, usine de fabrication de caoutchouc synthétique à quelques kilomètres du camp d’Auschwitz. Certaines bombes sont mêmes tombées sur le camp tuant accidentellement une dizaine de déportés. Ce raid est la démonstration absolue qu’un assaut aérien sur Auschwitz était dans la capacité des Alliés. En 1942, Churchill, sous la pression du Parlement et de l’Église anglicane, avait donné l’ordre à son administration militaire d’envisager toutes les possibilités de bombardement des camps, mais il lui a été répondu que les cibles étaient hors de portée d’action.

C’est donc seulement à partir de 1944, lorsque les forces de frappe américaines sont stationnées à Foggia dans le sud de l’Italie que les camps peuvent être détruits. La Luftwaffe est inopérante depuis bien longtemps, les Alliés contrôlent totalement les airs. Les quelques doutes pouvant subsister sur l’ampleur des atrocités, les exterminations systématiques sont désormais dissipés en 1944. Aux États-Unis, les journaux parlent dans leur colonne de la solution finale, les agences juives américaines font pression sur l’administration militaire pour obtenir un assaut sur Auschwitz.

Mise en doute de l’efficacité d’un bombardement
Les historiens réfutant l’hypothèse d’une négligence intentionnelle des Alliés se fondent sur un argument majeur : les bombardements auraient tué des dizaines de milliers de Juifs sans forcément atteindre les chambres à gaz. Le raid aurait été massif, et aurait tué seulement quelques SS sans mettre hors d’état de nuire la machine à tuer allemande. D'autant plus que le coût de fonctionnement des camps d'extermination, pour l'effort de guerre de l'Allemagne nazie, était exorbitant, et qu'un bombardement aurait eu un effet extrêmement limité.

Mais de telles controverses militaro-stratégiques restent extrêmement hypothétiques pour la simple raison que le département de la Guerre n’a jamais pris la peine d’effectuer une telle étude, l’armée se tenant à un principe strict à savoir qu’Auschwitz ne pouvait constituer une cible militaire. Pourquoi ?

Une véritable opération efficace aurait nécessité des moyens colossaux aux Alliés, qui ne pouvaient se permettre de détourner leur machine de guerre des objectifs militaires. La défaite allemande n’était pas encore évidente à l’hiver 1944, les bombardiers se concentraient donc sur les ressources d’énergie du Reich. Un assaut efficace d’Auschwitz aurait été une opération difficile, mobilisant du temps et de la patience dont ne disposaient pas les Alliés.

Les causes humanitaires passaient au second plan, selon la logique plus vite la guerre sera finie, plus vite les peuples seront délivrées de la tyrannie nazie. Albert Speer, ministre de la guerre nazie confirmait à la fin du conflit la redoutable efficacité de cette stratégie. Pourtant comme l’a si bien souligné le philosophe Elie Wiesel « le temps à Auschwitz ne s’écoulait pas à la même vitesse qu’en dehors ». De toute façon, l’opinion publique aurait désapprouvé. La communauté juive américaine elle-même redoute une remontée de l'antisémitisme dans son propre pays et craint d'alimenter la propagande ennemie qui fulmine contre la « guerre juive »[1]. Les critiques risquaient de pleuvoir sur Roosevelt déjà accusé de favoriser les juifs avec son New Deal (baptisé par les antisémites Jew Deal, jeu de mots où jew signifie juif en anglais). La propagande nazie en ferait ses choux gras, ou pire, les nazis après-guerre tenteraient de partager la responsabilité des crimes avec les Alliés.

On touche au nœud du problème, beaucoup d’historiens n’hésitant pas à qualifier la question du bombardement d’Auschwitz comme un anachronisme. Car aujourd’hui nous savons la spécificité de la Shoah mais, à l’époque, la question juive était beaucoup trop sensible pour qu’une intervention spécifique sur Auschwitz soit programmée.

http://www.unitehm.be/index.php?niv=p&page=_pi_reportages
On peut en outre établir une rapide liste non exhaustive de catégories sociales qui savaient, au moins pour les arrestations, voir plus pour d'autres.

Nombre d'agents de la SNCF, les convois circulaient de nuit, certes ça fait du monde quand même.
Les fonctionnaires en rapport avec les lois. Service de police biensûr, fonctionnaires de justice, d'administration de collectivités locales.
Ceux qui hébergeaient, les passeurs, les résistants, les miliciens du bon ou du mauvais côté
Une "parti" du corps enseignant qui voyait disparaître ses élèves,
Les riverains des camps ou des rafles. (personne n'a vu le Vel d'hiv à Paris??, seuls les raflés et les familles s'en sont aperçu? par exemple)
Les voisins, les familles, les connaissances, "l'épicier", des "raflés"...

Ca fait déjà pas mal de monde, ça fait un maillage assez serré du territoire, dont il faudrait quand même pas mal de volonté pour échapper à l'information sur les arrestations en tout genre.
Impossible de dire, avec le recul, le degré de conscience des français des années 1930, n'étant ni spécialiste ni historienne.

Cela dit, j'ai eu la chance de lire "Sur le fascisme", dont le tome I "La peste brune" a été publié en 1964 aux éditions Maspero.
Daniel Guérin, son auteur, y rappelle que son texte, récit autobiographique d'un voyage en Allemagne entrepris en 1932, avait fait l'objet de publications antérieures, sous forme d'articles, parus la même année dans les revues suivantes :

- Vu (célèbre illustré)
- Monde (hebdomadaire)
- La révolution prolétarienne (revue syndicaliste révolutionnaire)
- Regards (illustré communiste).

Guérin dépeignait déjà, avant même l'arrivée d'Hitler au pouvoir, les grands traits du fascisme, la montée en puissance des jeunesses hitlériennes, les ventres vides des jeunes campagnards que l'on remplit à coups d'entraînements militaires et de champs nationalistes, la présence de la police, de plus en plus forte.

Ce témoignage, fait "avant la catastrophe" (l'expression est empruntée à Guérin) est visionnaire, d'une incroyable lucidité. Bien sûr le volume que j'ai lu, rédigé en 1964, même basé sur des articles rédigés avant la guerre, bénéficie du recul du temps. Je ne doute pas cependant de la force du témoignage de Guérin dont les descriptions de la campagne allemande font froid dans le dos.

Quel était le degré de diffusion de ce type de témoignage avant guerre ? Je ne sais pas. Mais il est impossible de dire que personne n'avait pris la mesure du danger. Sans jugement moral de ma part.
Cela devait aussi dépendre de si l'on faisait partie des potentielles victimes de poursuites. Et encore... Beaucoup de juifs français pensaient qu'ils seraient protégés par leur nationalité française, voire leur statut, pour certains, d'anciens combattants de 14-18.
(Eh, c'est chouette d'écrire juste en-dessous du message auquel on répond!)
Très belle émission, on en redemande pour calmer notre appétit.
Erdealmeria
l'émission est extrêmement intéressante. Peut-être un peu trop courte à mon goût car M. Cordier est passionnant à écouter.

Bravo !
Oui Delphes à raison !!!
allez voir ce film au 15em degré bien sur !!!!
Du 100% Tarantino pur jus , décalé à 360° au moins !!!
Pas vraiment de rapport (mais un peu quand même) :
[large]ALLEZ VOIR INGLOURIOUS BASTARDS[/large] !!!!!!

Ou une autre façon de voir la guerre ;-) (et le cinéma)
Quelle belle émission !

Et ça décoiffe les moralisateurs de voir qu'un jeune homme d'extrême-droite peut devenir un résistant puis un homme estimable. Et je les lis ceux sur le forum que cette vérité humaine dérange, ceux qui pensent encore qu'on est définitivement soit bon soit mauvais. Derrière les critiques faciles de l'homme et de ses convictions de jeunesse, je perçois surtout une volonté de diaboliser le nazi ou le raciste de base. Cette démarche permettant d'affirmer qu'on est vacciné contre ce comportement tellement humain, tellement universel, est surtout rassurante à peu de frais.
Mais qu'elle est dangereuse ! Cette conception qui nous exonère de tout travail critique, de toute compréhension des mécanismes à l'œuvre dans le racisme. Le nazi n'est pas un homme, c'est un démon et alors qu'ai-je besoin de me surveiller ? Qu'ai-je besoin de m'inquièter de mes propres conceptions ? Puisque moi, je ne suis pas un démon, je n'ai ni cornes ni pieds fourchus.
Et n'étant pas ce démon, je n'ai rien à craindre.

À travers la stigmatisation, l'autre comme incarnation du mal absolu joue alors bien vite le rôle d'un porteur de fardeau qui absoudrait l'homme des monstruosités dont il est capable. Alors que ce qu'il faut comprendre et ce qu'il faut accepter, c'est que ces gens étaient des hommes, que ce qu'ils ont fait, nous pourrions le faire aussi.

Qui s'est inquiété de l'épuration ethnique en ex-Yougoslavie ? Qui s'inquiète qu'aujourdh'ui des enfants soient internés avec des prétextes en papier par monsieur Besson ?

Non, vraiment, l'inéliminable humanité des bourreaux est une frayeur salvatrice, de celle qui nous incite à la vigilance et au combat.
C'est ceux qui n'admettent pas cette part d'humanité chez l'antisémite ou le raciste qui sont dérangés par l'étrange parcours de monsieur Cordier. En cela l'émission est édifiante et ce n'est qu'une de ses qualités parmi d'autres.
"Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège" wouaw quelle phrase !! et cette voix...

émission tout à fait passionnante.... mais qui laisse néanmoins un drôle d'arrière-goût ; ce personnage est passionnant dans son discours mais le discours, si l'on se remémorre le peu qu'en ont dit les personnes de nos familles qui ont connu la guerre, donne le sentiment qu'il est resté, lui, très extérieur à la guerre !!

ce qui l'a intéressé c'était d'être le secrétaire d'un personnage qu'il croyait connu (?!) et il n'a rien vu de tout ce qui se passait autour... très étrange !!
son ton dans l'émission reflète d'ailleurs ce qu'il dit de cette période : ".....ça ne l'a pas concerné......"
on ne peut pas le condamner car il a l'honnêteté de le reconnaître !
la guerre, il l'a sans doute vécue comme un gamin de 19 ans, dans l'action et pas tant dans la réflexion ?..

mais j'ai particulièrement apprécié le passage où il explique qu'il n'est pas un "ancien combattant" mais "toujours un combattant" : contre le voile, pour la liberté des homosexuels, pour la liberté des pays, etc...
et je partage ses combats d'aujourd'hui, et en particulier celui contre le voile et donc pour la liberté des femmes..

Daniel CORDIER a raison, il est des combats actuels urgents, pour lesquels il est essentiel de ne pas se taire et de faire ce choix, celui du camp de la liberté........... tout comme lui, en 1940, a fait le choix (même si par hasard, il s'y est ensuite engagé) du camp de la liberté ;

ah le "laisser faire", vieux penchant humain toujours d'actualité..... il y a si peu entre la tolérance, la complaisance et l'indifférence !
"La vérité est aileurs"

Dana Scully, sort de ce corps !
Sacré personnage au demeurant très sympatique ,excellent conteur "de son époque" et pour cause .
Cependant il me vient une idée ! Qu'aurait'il pensé de la lettre de "Guy Moquet " ?
Dont je désaprouve la lecture pour ce qu'elle est de ravageuse dans un jeune esprit .
Les manipulations de nos "politocrates "n'ont pas de limites d'endoctriner nos jeunes cerveaux.... etc...
Si d'une bonne question celle-ci l'aurait certainement très embarassé à plus d'un titre!
Cela dit l'émission est excellente . Pourquoi pas en faire des copie afin d'oeuvrer pédagogiquement
pour le corps "enseigant !"
Je n'ai pas aimé le ton badin de DS au début de l'interview et cette manie de couper la parole pour des banalités, des gloussements...alors qu'on est suspendu aux lèvres de l'invité et qu'on attend qu'il finisse sa phrase. des coupures aussi pour nous expliquer ce qu'est l'affaire Dreyfus, non mais franchement...je ne suis pas très âgée mais tout de même!

M. Cordier dit que Jean Moulin lui a demandé de raconter sa vie, mais une question me brûle: comment Jean Moulin a-t'il réagi en sachant que son interlocuteur était un admirateur de Maurras?

Pour répondre à un internaute qui semble excuser l'antisémitisme de M. Cordier par le fait qu'il n'y avait pas eu encore 6 million de morts en 1939, faut-il rappeler que les progroms contre les juifs ont commencé bien avant 1942 et que, pour ne pas remonter trop loin dans le temps, le ghetto de Varsovie avait déjà décimé la population juive de Pologne et que la fameuse nuit de cristal avait déjà eu lieu en Allemagne. M. Cordier qui est issu d'un milieu "bourgeois, cultivé" ne devait sans doute pas l'ignorer.

Seule la déchéance de la "grandeur" de la France l'a fait frémir...

Je suis loin et même très loin de le trouver aussi "charmant" que certains le disent.
Enfin un homme honnête un gentleman comme on dit outre Manche.
"La France a disparu le 17 juin 1940", c'est la deuxième fois que j'entends cette phrase pourtant lourde de sens, la première fois c'était au grosses têtes...

"Vous n'avez pas vu la Rafle du Vél' dhiv ?". Et vous M. Schneidermann les voyez-vous les étrangers en situation irrégulière reconduits manu militari à la frontière dans des charters, les voyez vous les arrestations de sans papiers, non car comme les habitants de Paris et des autres capitales d'europe pendant la guerre, vous continuez à vivre malgré tout.
Curieusement c'est plus la manière dont M. Cordier a vécu l'occupation, j'entends la manière dont il le raconte qui m'a touché que son rôle dans la Résistance.
Enfin j'admire son honnêteté : "je n'ai jamais participé à aucune cérémonie", il n'est efffectivement pas nécessaire de ressasser perpétuellement ce qui fut fait naguère, il faut penser à l'avenir.

Daniel Cordier était l'également invité de Salon médicis sur public sénat ce week end.
A voté!
bravo pour cette remarquable émission.Quelle personnalité, quelle présence.Hommage justifié également à " un village français" , série remarquable.merci encore
A voté !

***
chaque @sinaute qui intervient sur ce forum doit voter pour cette émission qui est plus que d'utilité publique.

OBLIGATOIRE , que je dis ))

je ne suis pas un ancien combattant :

ce devrait être le titre de cette émission, je me répète ^^
sublime ...

j'en ai eu parfois les larmes aux yeux ... d'émotions et de fierté.

quant à la série "un village français", je suis très fan.
Le passage où Cordier évoque sa petite enfance plongée dans les récits d'anciens combattants et les voiles des veuves de poilus m'a bcp frappée. Moi (nous?) qui suis née bien plus tard, j'ai tendance à ranger les deux guerres dans deux tiroirs séparés: pas les mêmes livres, pas les mêmes personnages principaux, des photos d'allure très différente... Alors que la plupart des acteurs de 40 avaient des souvenirs très nets de 18. C'est comme 1987 par rapport à aujourd'hui!
(Je ne voudrais pas monopoliser la parole sur cette discussion, mais cette émission était vraiment passionnante!)
En somme, cet homme illustre parfaitement le même thème que "Lacombe Lucien". Il est devenu résistant par hasard comme L. Lucien est devenu milicien et collabo... alors que leur environnement leur traçait plutôt des chemins respectifs inverses...
Mais Cordier a le mérite de faire la part belle au hasard en minimisant son "héroïsme". En cela, je lui reconnais une certaine grandeur, même s'il a attendu si longtemps pour "déballer" ce grand bazar ! Après tout, preut-être avait-il besoin de 70 ans de recul... Ou alors la résignation (je ne crois pas à la "sagesse" !) du grand âge l'a poussé à une confession libératoire, celle du "je n'ai rien à perdre" ? En même temps, il est émouvant, même si on ne sait pas s'il est encore antisémite... En tout cas, il nous éclaire honnêtement sur nos manies de classification. Rien de tout blanc, rien de tout noir... Juste une pauvre humanité ballotée qui tente de combiner hasard et cohérence d'objectifs...
Tout cela m'interroge ? quel est le sens de cette émission ? Bien sur qui trouvera à dire sur le témoignage de Monsieur Cordier, faudra lire le livre. Déçu de son sarkosysme ! Un homme de gauche qui soutient sarko ! voila qui me parait bien étrange, décidément je vais devoir moi aussi me convertir ou alors mourir idiot !

Le Peuple ne savait pas, que sait il aujourd'hui de plus ? des guerres, des prises d'intérêts de chaque Etat ? Les dirigeants eux savaient d'ailleurs des photos aériennes montraient clairement où allaient les trains, ceux qui organisaient tout cela en bons complices eux aussi savaient, ils se cachaient je crois pour leurs basses besognes.

mitterrand en libraire ! bien vu ASI ! Mais quel est le sens de tout cela ? Les plus grandes décorations se portent dans le coeur .....................
Oui, elle repart tranquillement si elle joue le jeu, et si elle veut rentrer dans une poste, une banque, une école, etc... et bien, elle devra de nouveau l'enlever, et si cela la fait chier, tant pis, elle restera dehors et son indignation, elle, elle devra la ravaler, c'est là l'essentiel, transformer sa revendication en non recevoir légitime. YG

Par conséquent, qu'ils soient humilier, heurté, blessé, je ne le recherche pas, ce n'est pas mon objectif, mais si d'aventure cela devait arriver, je m'en contrefiche YG


L'inverse de tranquilement, il y a peu en France:
La terrible humiliation. Elle est morte dix ans après, de chagrin, sans doute.

Ils et elles ont l'air de s'en contrefichent aussi.
Beaucoup moins, Elle!
Alors YG, en tant que défenseur des droits des femmes, on aurait pu penser que vous vous intérrogiez sur les phénomènes de cette époque, phénomène, représentatif de la société française de l'époque, mère de celle d'aujourd'hui. Il n'en est rien, vous préférez faire diversion vers vos obsessions habituelles, mais ayez le courage de reposter sur la page du sujet concerné, pour qu'on puisse vous répondre dans toute la longueur que le sujet nécessite.

La condition féminine entre 44 et 45, vu par le peuple français, mené par nombre de ces anciens résistants. Période sombre, sur laquelle l'histoire, notre histoire n'insiste pas trop. Reflet d'une époque et d'un système qui d'hier à aujourd'hui ne voit que la systématisation de tout acte au détriement des actions, particularismes et comportements individuels. Les images qui suivent sont donc loin d'être anecdotiques, elles représentent La France libérée, La France qui retrouve sa liberté, sa liberté de prohiber, de punir et de salir au détriement des libertés individuelles, alors qu'on nous explique qu'il fallait être un tantinet intéréssé pour savoir que l'ignoble se jouait en parallèle de la vie de tous les jours, au moins dans les grandes villes. Mais ces femmes auraient du, elles, et elles seules, le savoir semble t il?!

Ha mais ce sont "des maris jaloux ou des amants éconduits" qui se vangent. C'est un peu court comme explication, et "un peu" cruel comme châtiement...

1 , 2 , 3 , 4 ,5 .. 5 sur un chiffre de 20000, vérifiable?? Le reflet de La France et de ses valeurs. Bien vu YG, d'avoir esquiver ces valeurs au profit de leur exploitation aujourd'hui dans le même domaine. C'est un sujet intéressant au delà de l'ignominie. Comment au nom de la liberté en arriver là, pourquoi ces scènes eurent lieu dans toutes La France, mais aussi en Europe, comment nos politiques ont répondu et répondent à l'aspiration de ce peuple censeur et humiliateur?

Quant à Martagon, repostez donc votre petit message aussi, sur la page appropiriée, si vous en avez le courage, et la volonté de ne pas empiéter ici.
Un moment suspendu ! une émission rare ! Quel vieux monsieur délicieux ! Je dis vieux à dessein, respect ! Il me fait penser à mon grand-père, intelligence, culture, humilité...
J'ai adoré le passage où DS (quel pro !!) l'interroge sur ses "non-décorations", à l'heure où tant de minables arborent les leurs.
Excellents propos et belle réserve, également, de Philippe Triboit, manifestement passionné lui aussi. Nous serons au rendez-vous de son "village français".
Merci, on en redemande ! (j'espère que le prochain détracteur qui descendra l'émission (parce-que-consensuelle-et-sans-contradicteur-entre-autres-) ne sera pas publié à la une du site !).
quel homme, quel monsieur !!!!

" je ne suis pas un ancien combattant" aurait du être le titre de cette émission.
Formidable émission , invité exceptionnel.

je regrette qu'il n'ait pas été plus question d'actualité, comme celle de la récupération de Guy Môcquet par qui nous savons.
passionnant! j'ai vécu cette période, j'étais "résistante " et j'ai connu cet antagonisme entre les tendances politiques: FTP ( communistes)

Armée secrète ( de droite)., les rivalités pour les rares parachutages d'armes . A mon niveau, et à cause des cloisonnements indispensables, j

je n'étais pas au courant des "querelles des chefs" , mais les tensions étaient ressenties même à la base.

comme Daniel Cordier , je ne me sens pas "ancien combattant" bien que j'en aie le titre , mais je suis toujours très concernée par les combats

pour la démocratie
J'ai toujours ce même partage quand j'entends parler cette période, particulièrement quand quelqu'un qui l'a vécu la raconte :

D'une part, certes, ma raison et mes connaissances me disent quelle période terrible cela a été, depuis les difficultés quotidiennes à trouver de la nourriture, jusqu'à la terreur absolue de la guerre ou des rafles et de ce qui s'ensuit.

Mais d'autre part, irrésistiblement, je me prends à me régaler à écouter ces histoires racontées d'une époque qui devient fascinante et romanesque en diable, comme quand petit, je réclamais à ma grand-mère encore et encore de me raconter les aventures de mon grand-père pendant l'occupation...
Quel bon moment avec ce monsieur Cordier. Merci Daniel.
Quand Daniel Cordier, que je ne le connaissais pas du tout avant cette (superbe) émission, nous a raconté son repas au restaurant avec Jean Moulin, cela m’a fait penser à de la séduction. Nous apprenons que le patron Jean Moulin préfère aux entretiens d’embauche conventionnels, entendre le récit de la vie de son futur secrétaire attablé dans un (j’espère bon) restaurant… Et Daniel Cordier, d’ajouter qu’il parle de lui pendant tout le déjeuner ! Mon esprit, déplacé, trouve cela amusant.

Puis à la fin de l’émission, l’homme nous lâche qu’il est homosexuel. Ah ! Comme je l’aime ce type. Mon esprit, toujours déplacé, tilt une seconde fois…

Et puis il y a le silence. Trente ans à ne pas vouloir être un ancien combattant. Ne pas vouloir ressembler à ces anciens combattants de la Première Guerre. La guerre, lui, il ne la raconte pas, il l’a fait. D’ailleurs, il est « toujours » combattant, jamais « ancien ». Mouais, c’est très beau, je suis vraiment sous le charme. Et s’il lui avait fallu trente ans pour faire son come-out ? Et si cette histoire était aussi une belle histoire d’amour…

Je sais, je sais, avec des « si » ont marche au plafond.
Il a de la chance Frédéric Mitterrand de petit-déjeuner avec un voisin aussi charmant !
Vu l'émission très instructive avec Daniel Cordier.

Celui-ci fait référence à une émission, les "mercredi de l'histoire" je crois, où Henri Frenay l'aurait pris à parti et où Daniel Cordier n'aurait pas su répondre, selon ses dires.

Etant donnée le talent de l'équipe d'ASI pour trouver et décrypter des images de toutes sortes, serait-il possible qu'ASI mette en ligne ce débat. Car il m'a semblé que ce fut ce qui motiva son désir d'organiser ses souvenirs dans un livres.

Peut-être ces images éclaireront-elle le débat, qui m'a laissé un peu sur ma faim.

En particulier, je ne comprends pas cette volonté qui m'apparait farouche (refus d'assister aux réunions des compagnons, de porter l'insigne de compagnon de la libération, etc..) qu'il eut d'occulter pendant tant d'années cette période qu'il vécut pourtant dans une position centrale.

Simplte modestie ou bien est-ce que ce fut une expérience si traumatisante pour lui?
Bon ben alors, zut, moi c'est juste la forme, mais bon, il y en a trop des fautes sur tous les sites que je lis ; y'en a mare ! c'est pas parce que c'est internet qu'on doit négliger la relecture ; tous, vous avez tous un doigt coincé dans le clavier !
cette fois c'est :
"...fondateur du Conseil nationale de la Résistance,...." le conseil nationalE ??? vraiment ??! la route nationale, c'est pas mieux ?!!!!
C'est de pire en pire, je lis libe.fr, slate, bakchich, rue89, lemonde, nouvelobs, mon adoré @si, voire même mediapart... et j'en passe...
Il y a de plus en plus de fautes ; ça ne relit plus dans vos boites ?! pas glop pas glop.... du tout
Je veux bien être relecteur si vous voulez, c'est quoi le tarif syndical ??
J'ai vu et entendu Corbier plusieurs fois depuis la sortie de son bouquin, donc pas de surprise dans le discours pour moi, mais je suis très contente de le voir/entendre sur @si, merci :-)
La place de Triboit était difficile, bravo à lui d'avoir réussi cette discrète et pertinente présence auprès du 'combattant'.
Magnifique et passionnante émission, qui pose plein de questions...

Mais on y reviendra demain (j'ai pris des notes)

Il n'est pas inutile de dormir une fois de temps en temps, même sleepless ne me démentira pas !

***
moi, aussi je tiens à remercier Daniel , et ses invités pour cette excellente émission.
Je fais partie des lecteurs jeunes de ASI et j'ai adore cette emission!
Merci Daniel de faire un petit rappel pour nous a chaque fois, c super et pas inutile du tout.

Je dois avouer mon manque total de culture historique ... Je n'avais par exemple jamais entendu le discours de Malraux. Quel changement en juste 40 ans!

Sans parler du proces Barbie et de l'affaire Dreyfus. Toutes ces choses que l'on apprend a l'ecole parce qu'on doit le faire, mais qui nous paraissent sans interet et surtout si loin.

Je vais wikipedier tout ca pour me raffraichir la memoire ;-)
Petite question avant le visionnage de l'émissions:
Quelles sont les raisons qui vous ont poussées, Daniel, à choisir ce sujet ?
Merci.
Quel bonhomme... je suis sur le cul! Merci...
Belle personne, magnifique interview contrastée et nuancée, menée de main de maître et qui donne envie de lire l’ouvrage référencé
"Je suis toujours un combattant"

superbe finale, merveilleux moment (avec le "ça ne me concerne pas" & le "je ne suis pas un ancien combattant" que j'aime beaucoup).
J'adore cet homme qui refuse (et il a raison) de se laisser enfermer dans des cases, et qui parle sans langue de bois, disant son avis et son opinion en se contrefoutant de l'effet que ça peut bien produire
Chapeau
Pas encore vu l'émission,

Juste une photo faite récemment dans le 14ème Arrondissement de Paris,

Pas très loin des Jardins de l'Atlantique...

Jean Moulin

A plus tard pour des réactions plus pertinentes sur un sujet évidemment passionnant !

***
Juste 20 minutes de visionnage pour dire que c'est déjà une émission de très grande qualité.
Allez hop, c'est reparti !
Extraordinaire émission ! Remarquable idée que d'avoir invité Daniel Cordier, homme magnifique et d'une immense simplicité. Le rôle de Philippe Triboit n'est pas facile - écouter sans chercher à prendre la parole - et ses quelques interventions sont pertinentes.

Le passage où Cordier se dit choqué par les images "trop vraies" d'Un Village français est assez vertigineux tant on ne sait que comprendre de son émoi, nous qui n'avons pas vécu cette période de l'Histoire. Ces images "trop présentes" se heurtent-elles à celles qu'il porte encore dans ses souvenirs ? ou sont-elles en contradiction avec les images des actualités d'époque vues et revues dans les multiples documentaires sur la 2e guerre mondiale ? Aurons-nous la même impression quand viendra le recul du temps ou ne s'agit-il, comme il précise, que de son sentiment personnel ?
Vertige encore avec le regard porté par cet homme sur l'Histoire, sur sa jeunesse, sur un monde pour lui disparu mais pour lequel il est encore capable de se passionner en se projetant dans d'actuels et éternels combats. Belle leçon.
Je n'ai pas le temps de regarder à l'instant mais je me rappelle http://www.publicsenat.fr/vod/bibliotheque-medicis/j.-moulin,-d.-cordier,-la-resistance-2/2/61723 assez fort.
il me semble que D C est encore un homme de droite ( c'est d'ailleurs son droit )même s'il ne s'en rend pas compte .Remarquable emission .
Certainement la plus belle et la plus émouvante des émissions d'@si !
Quelle absence d'emphase, quelle simplicité, quelle intelligence chez chez un homme comme Daniel Cordier!

P.S. J'espère que notre ami Korkos a écouté avec attention tout ce qui a été dit sur le bouquin de Zucca qui n'est, de l'avis de Cordier, que le reflet fidèle de la vie à Paris sous l'Occupation... C'est très décevant, je sais, pour Alain K. dont les élucubrations ne résistent guère aux propos de quelqu'un qui témoigne, lui, en "connaissance de cause"...
Remarque de détail (terme sûrement mal choisi dans ce contexte): dans le texte à côté des actes, vous citez Cordier à propos des photos de Zucca: "Ces photos m'ont remis en mémoire des choses qui étaient très GÊNANTES", or il me semble qu'il dit juste "des choses qui étaient toujours très VIVANTES".
Bonsoir à tou-te-s,

J'en suis à la 17e minute 33e seconde et je bois du petit lait tellement j'assiste à l'émission la plus géniale et la plus forte de tout le PAIM (pasyage audiviosuel internetique mondial).

Incroyable... Sidérant... Jouissif... Instructif en diable... Génial...
Avoir Le secrétaire de Jean Moulin en entretien sur le plateau (je ne savais même pas que Jean Moulin avait un secrétaire... Que ce monsieur était bien vivant... avec un tel parcours... Mais qu'on est-ce qu'on apprend pas sur les bancs de l'école alors qu'on ma bassiné avec le 2e guerre mondiale pourtant, j'en reviens pas....)

Putain, un moment fort de télé, ça existe !! Je l'ai éprouvé !!!
Quel bonhomme, bordel, mais quel Bonhomme ce Monsieur Cordier !!!! Longue vie à lui !!!

Merci, merci, merci....

Je refile à ma 17e et 34e seconde pour ne plus déscotcher...

Des @sibises,

Cyril, un @sin@ute comblé.
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