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La presse US salue la réforme Obama, mais...

Après une première réforme historique en 1965 du temps du président Lyndon Johnson, Barack Obama, malgré la violente opposition des républicains et de certains démocrates (34 ont voté contre), a finalement obtenu que les démocrates qui le soutiennent votent la réforme de la santé bloquée depuis des mois. Pour y arriver, il a dû faire de nombreuses concessions, y compris aux opposants à l'avortement : ceux qui auront une assurance médicale subventionnée par l'Etat, auront une surprime à leur charge pour couvrir les frais d'un éventuel avortement, qui sinon, ne sera pas du tout remboursé.

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Chronique « L'autre économie » de Bernard Maris sur France Inter, mercredi 24 mars 2010 [sites.radiofrance.fr]

La réforme d’Obama est-elle une dépense ou un investissement ?

C’est toute la question, cher Nicolas. En tant qu’homme de droite vous direz ! c’est une dépense, une redistribution, on ponctionne ceux qui sont capables de gagner de l’argent au profit de ceux qui ne sont pas capables d’en gagner ; et en tant qu’homme de gauche, vous direz : non c’est un investissement, en dépensant pour la santé des pauvres, toute l’Amérique, même les riches vont y gagner. D’ailleurs, c’est comme la CMU en France (et n’oublions pas que la CMU avait fortement impressionné Hillary Clinton) : en soignant les plus démunis, d’abord vous évitez les risques de contamination des pauvres vers les riches, et puis vous consolidez une main-d’œuvre employable et corvéable. Aux Etats-Unis, la réforme de la santé va coûter 940 milliards de dollars, sur dix et quelques 32 [s]milliards[/s]millions d’Américains devraient en bénéficier. L’objectif est de couvrir les actifs et les jeunes, 95% de la population de moins de 65 ans. Donc ça coûte.

Et ça fait faire des économies !

C’est ça qui est le plus difficile à comprendre. Explication en 5 points. Premier point : la réforme crée un marché de l’assurance plus compétitif, et qui globalement sera moins onéreux pour les américains. Pour l’instant les assureurs assurent les gens les plus riches et qui n’ont pas de problèmes de santé. Et ils n’assurent pas les malades. La réforme est plus qu’une mesure humanitaire, elle fait pression sur le coût de l’assurance maladie, car les assurés vont prendre l’habitude de comparer les propositions.

2° point : Obama institue une Commission de contrôle des dépenses de santé, d’experts indépendants validés par le Sénat. Ils observent les dérives en matière de dépense.

3° point ?

Ca c’est le plus impopulaire, mais le plus clair. C’est la taxe sur les « Assurances Cadillac ». Aujourd’hui les employeurs financent à 70% les plans d’assurance de leurs employés les mieux payés et ne paient pas d’impôts là-dessus. 250 milliards de dollars par an pour les gros cadres et pour des gens qui gaspillent outrageusement en matière de santé. On va taxer au dessus d’un certain plafond. Un excellent moyen de limiter la hausse des dépenses de santé inutiles.

4° point : transformer les médecins en soignants, et oublier les marchands de santé. Aujourd’hui, les américains achètent de la santé comme des voitures, sauf que s’il n’ont pas envie d’une troisième voiture, ils ne l’achètent pas. En matière de santé, plus les médecins les font consommer, plus ils consomment. Obama s’attaque d’abord aux hôpitaux qui proposeront, je traduits mot à mot, des « paniers de thérapie » avec le résultat au bout. On veut sortir du système qui coûte le plus cher au monde et qui soigne le moins bien.

Et dernier point Bernard ?

Un point qui résume les précédents. Réformer la philosophie de la santé, et là même les Républicains sont d’accord. Aujourd’hui on limite les dépenses de santé en ne soignant pas les gens. Or moins on soigne les gens, plus les dépenses de santé explosent. Avec le système Obama, les élus seront obligés d’avoir les yeux sur les dépenses de santé, alors qu’ils les laissaient aller autrefois à la dérive. Economie du déficit fédéral de 138 milliards de dollars dans les dix ans qui viennent et de 1200 milliards sur la décennie suivante. La réforme Obama est à la fois un investissement et une grande économie.
bravo à Obama pour cette formidable avancée que ce début de prise en charge de la maladie pour les plus démunis !

mais voilà une video qui fait froid dans le dos : http://www.elle.fr/elle/Societe/News/USA-une-etudiante-arretee-par-la-police-en-plein-cours/%28gid%29/1198182
La jeune femme réclamait des explications sur une question qu’elle estimait mal formulée lors d’un examen.
arrêtée en plein cours par 3 malabars gavés aux mac do !!

rétrospectivement ça me fait carrément peur vu le nombre de formules mal tournées et à dessein par des profs vicieux quand j'étais en fac et pour lesquelles on a demandé des explications !!! le nombre de fois où on a encerclé les profs pour manifester notre désaccord !!
piouuu on l'a échappé belle !!!
Super boulot, merci.
Merci merci merci.
Passionnant, comme souvent, et surtout introuvable ailleurs.
les réations hostiles à cette mesure aux USA fait vraiment flipper


toutenbateau
Merci pour ce bel article, exactement ce que j'attend d'@si! Complet et équilibré, il donne bien le ton dans lequel est passée la réforme. Les visuels sont vraiment un plus.

Vincent
La difficulté, le doute, les plaintes, les immenses frayeurs, et l'impossibilité de partager une vision commune.

Il a raison le Barrack: voilà à quoi ressemble le changement. La parole, au moins, est historique.

Pour le reste, je fais partie de l'écrasante majorité qui, par manque d'information/d'intéret/d'intelligence, n'a aucune idée si ce changement est pour le meilleurs ou pas, et qui se rends à peine compte que la réalité de cette transformation réside plus dans ce qu'il reste à faire que dans ce qui a été voté.

L'utilisation du symbole pour une récupération partisane est juste une provoc' de plus (salut Gavroche, sans rancune, mais en lisant votre Pseudo on sait déjà ce qu'il y aura écrit dessous, merci de cette contribution à notre gain de temps et tant pis pour la contribution au débat), la mesure de la résistance au changement est, en soit, une observation intéressante.
Merci Gilles.
Sur la photo "KILL THE BILL" du Washington Post, c'est un enfant (un petit rouquin avec un tee-shirt rouge) qui tient le premier L.
Superbe article. Merci !
D'utilité publique : la réforme de la santé expliquée aux nuls

A l'heure où en France on détricote petit à petit notre système social, pourtant considéré partout comme un modèle, aux Etats-Unis, on avance.
c'est sans doute une plus grande avancée dans les consciences que dans les faits !
dans ce pays qui s'est construit d'une part sur le culte de l'auto-défense et d'autre part sur la culture de la loi du plus fort où la gloire est de réussir, et peu importe le prix à payer, que la conscience d'un plus faible commence à germer, avec, qui sait, un soupçon de notion de "solidarité", est une grande avancée dans le système économique U.S.!!!
le power flower qui quitterait la campagne pour s'installer dans les mégalopoles, yes they can !.......
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