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La famine au Sahel, un drame en apesanteur

Une grande chaîne nationale qui consacre un (relativement) long reportage à un pays d'Afrique, sans qu'il s'agisse de Coupe de Monde de football, ni de la visite d'une personnalité diplomatique française : cela n'arrive pas souvent. Pourtant, le 14 juillet dernier, dans le 20 heures de TF1, il était question de "famine au Niger".

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je voudrais revenir sur les liens que kerbraz a donnés, en particulier cette page afrique verte et dans cette page un article sur les technologies locales dont je copie colle un extrait :
le défi consiste à trouver, promouvoir et disséminer des innovations pertinentes pour l'agriculture africaine. Le rapport indique que le problème réside dans le fait que « la tendance jusqu'à présent était de se concentrer sur la mise en œuvre de modèles internationaux de développement agricole sans s'interroger sur leur applicabilité aux conditions locales ». « On peut utiliser diverses technologies à technicités moyennes, faibles et hautes, ainsi que différentes combinaisons de technologies, pourvu qu'elles soient adaptées aux diverses conditions, zones écologiques et cultures africaines », estime Michael Lim, économiste à la Division de la technologie et de la logistique de la CNUCED. Toutefois, reconnaît-il, c’est « assez difficile ».
mais l'ensemble des articles présentés est passionnant.
je suis persuadée que si l'aide humanitaire concentrait à la fois son action et ses réflexions dans cette direction, notre attitude à nous serait extrêmement différente.
Est ce quelqu'un sait pourquoi la grève de la faim de 17 militants pro démocrates, journalistes ou étudiants emprisonnés en Iran depuis les manifestations de 2009 est si peu traitée dans les médias français (à l'exception d'un article dans le figaro.fr)? Il y a pourtant parmi eux le fameux Madjid Tavakoli pour lequel des dizaines de milliers de personnes s'étaient prises en photo et les avaient envoyé pour le net.

Je suis étonné que les journalistes ne soient même pas émus par le sort de leurs confrères dont l'état de santé s'aggrave rapidement: maintenir les gens dans l'ignorance c'est les laisser crever. Pourtant ces gens sont des héros, porteurs d'un message fort: ils sont prêt à mourir pour la démocratie et les droits de l'homme. C'est un message qui donne a réfléchir au moment ou la démocratie décline en occident.
Cigale vous avez raison, mais pourquoi crier aussi fort ? Vous pouviez donner votre avis sans cela, non ?
"crier aussi fort"... relisez mes commentaires, vous verrez pourquoi il a fallu se mettre à crier... bon, je suis pas une référence d'analyse, et je n'ai aucune prétention, mais il se trouve que les autres forumeurs ont mis du temps avant d'arrêter de se congratuler parmi et à réagir à ma critique. et même, je n'ai toujours aucune réaction/réponse (à part des mais oui mais oui t'as raison cocotte) à la question fondamentale que pose l'aide humanitaire : le garrot de l'urgence s'accompagne-t-il d'une suite, d'un suivi ? sinon, comment analyser ce fait ?

germaneau, qui, d'après ce que j'en ai lu, était un type vraiment bien, et ne se contentait d'amener du son de blé aux populations en souffrance (les bras m'en tombent encore et toujours), se fait assassiner sans que personne ici ne réagisse. pas pour condamner les assassins (à la limite, on s'en fout, ça fait partie du jeu redoutable de l'aide humanitaire, et germaneau n'était pas un pigeon de l'année), mais pour réfléchir à ce que font bon nombre de cinglés (faut être cinglé pour avoir une telle foi et un tel amour de l'homme) qui passent derrière les sacs de son de blé et essaient de faire le suivi. mais tellement isolés, sans appui ni matériel ni logistique des grosses ONG, qui, elles, ont la conscience de la bienfaisance claire pour elles, et se barrent après avoir lâché ce qu'elles semblent considérer comme le prix à payer de notre mauvaise conscience d'occidentaux : des sacs de son de blé.

je gueule et laboure le même sillon, parce que ça me fâche. et si ça vous déplaît, j'en suis franchement et sincèrement désolée : passez au post "bravo pour ce bel article" suivant, c'est la seule solution !
Non, ça ne me déplaît pas, je partage d'ailleurs votre avis sur ce sujet, et je n'ai pas non plus envie de dire "bravo pour ce bel article", ça me semblerait un peu court, effectivement, mais si vous avez des infos ou des sources à partager, ça m'intéresse...

En clair, la charité occidentale n'est qu'un emplâtre sur la jambe de bois des pays pauvres... Et sous couvert de cette charité, l'occident continue de piller la planète... La dernière preuve en date "le don généreux de Monsanto" à Haïti...

Enfin, le silence des médias d'une part, et des gens de l'autre, sur cette question, sur le fond du problème, vous étonne-t-il vraiment ?
Chacun pour soi, dit le proverbe, ça devient de plus en plus vrai. Et pour toucher du doigt un problème que vous connaissez, il n'y a qu'à regarder les réactions des européens avec la prétendue "crise" grecque. C'était "qu'ils se démerdent".
vous dites : "si vous avez des infos ou des sources à partager, ça m'intéresse... "

dans des commentaires précédents, j'ai mis plein de liens sur des expériences agricoles dans les zones semi-arides, et vous pouvez faire une recherche gougueule, un petit "greening the deserts" vous livrera plein plein de sites passionnants.

un exemple simplissime : au lieu d'amener des bouteilles d'eau (les producteurs se font des couilles en or avec ça), pourquoi ne pas s'intéresser à des technologies très, mais très très intéressantes : en france, il y a des ingénieurs qui ont conçu une éolienne qui peut et fournir de l'énergie électrique ET récolter l'eau présente dans les vents marins, chargés d'humidité (eolewater). évidemment, c'est pas donné (mais des milliers de bouteilles d'eau non plus), c'est encore en plein développement technique : mais au lieu d'investir dans l'emplâtre pour la jambe de bois, ou le garrot, pourquoi ne pas investir dans cette petite entreprise, les aider à développer des modèles moins chers, moins gros, qui pourraient à terme fournir localement de l'eau et de l'électricité ? en haïti, par exemple, on imagine l'impact qu'aurait cette technologie !

mais le charity business n'a rien à foutre de ces ingénieuses idées, et on les comprend, si ça marchait, quel manque à gagner !!!

pour monsanto en haïti, le gouvernement a accepté les semences, mais il y a eu des manifs de paysans qui n'en voulaient pas. de plus, mais ça, c'est vraiment vraiment à prendre avec des pincettes, car l'immonde monsanto et tous les producteurs d'OGM sont prêts à dire n'importe quel mensonge pour vendre/répandre leurs OGM, il semble que ce n'était pas des semences OGM, mais de banals hybrides - je vous rappelle que pratiquement TOUS les légumes qu'on bouffe et une grande partie des fruits sont des hybrides.

et de manière générale, prendre des grands airs et refuser l'accès aux OGM aux pays en grande détresse en criant au scandale et à l'exploitation, et pas remuer ses fesses quand en europe, faute de législation adéquate, on est en train de se faire ENVAHIR par les OGM, je trouve ça très faux-cul, non ?
et de manière générale, prendre des grands airs et refuser l'accès aux OGM aux pays en grande détresse en criant au scandale et à l'exploitation, et pas remuer ses fesses quand en europe, faute de législation adéquate, on est en train de se faire ENVAHIR par les OGM, je trouve ça très faux-cul, non ?

Ben oui... En ce qui me concerne, je ne vais plus du tout au supermarché, j'achète en amap ou a des producteurs locaux, j'essaye dès que je peux de faire mon pain... Etc...

Et je suis abonnée depuis des années au magazine de la Conf' "Campagnes solidaires", j'ai aussi été au procès de Bové, et j'ai milité avec Greenpeace entre autres, contre les OGM chez nous.

Mais pour ça comme pour le reste, la mobilisation des gens, c'est nib de nib... Plus facile de filer trois francs six sous à une "cause humanitaire" pour décharger sa conscience... Bref, personne ou presque ne se bouge pour les retraites, alors qu'on est tous concernés, je vois mal les gens se bouger pour des "étrangers" ! On pleurniche dans les chaumières (merci TF1) et ça s'arrête là. Hélas.
gavroche, tu dis : "la mobilisation des gens, c'est nib de nib... Plus facile de filer trois francs six sous à une "cause humanitaire" pour décharger sa conscience..."
je sais pas, ça me semble vrai et faux. du point de vue écologique, qu'est-ce que JE peux faire, à part agir localement (en étant consciente des enjeux globaux, qui me dépassent largement) pour être le moins "nocive" possible pour mon environnement ? donc j'agis ainsi, le moins nocivement possible, dans mon quotidien (qui me le permet, je dois avouer).

mais les causes humanitaires, les famines, les catastrophes naturelles, à part donner 3 francs 6 sous à l'ONG la plus facile/la plus en tête de recherche gougueule/la plus facile à payer, à contacter, que nous laisse-t-on comme autre solution ? les gens ne se mobilisent pas "pour rien", et je me dis, mais c'est mon côté béatement optimiste, que s'ils ne se mobilisent pas beaucoup, c'est qu'ils savent que c'est totalement inutile, l'emplâtre sur une jambe de bois, le mercurochrome sur la gangrène, le garrot sans médecin ensuite.

mais imagine une monstre campagne de presse, non pas pour envoyer des sacs de son de blé (les bras m'en tombent toujours), car les gens savent que c'est absolument inutile à long terme, mais pour financer/envoyer ces fameuses éoliennes qui te fournissent de l'énergie et/ou de l'eau, tu crois pas que les gens se mobiliseraient plus ? si une ONG est transparente du point de vue de l'utilisation des fonds, et propose de participer à des missions visant à réapprendre à pêcher plutôt qu'apporter du poisson qui pourrira en un jour (métaphore, bien sûr), tu crois pas que les gens seraient plus enthousiastes ?
Peut-être...

Mais j'ai plus le sentiment d'un repli de la part des gens, d'un "chacun pour soi" de plus en plus envahissant... Et aussi, comme tu le dis, d'une lassitude... Une façon de dire "A quoi bon, il y a tellement de misère partout dans le monde"..."l'argent ne va pas aux vraies victimes" etc...

Je suis militante à RESF, et j'avais (en vain) tenté de mobiliser les médias sur le cas d'une famille arménienne. La journaliste de Libé, par exemple, une "spécialiste" de ces questions, m'avait répondu par mail qu'il y avait tellement d'histoires du même genre qu'elle ne pouvait (voulait) parler de toutes dans le journal...

Alors, il y a de quoi, parfois, être découragé.
non non, je ne crois pas avoir parlé de lassitude devant la misère-du-monde-encore-et-toujours. et que le fric ne va pas aux vraies victimes. pas du tout, au contraire ! ce que je crois, c'est que les gens n'ont absolument plus aucune confiance dans les poseurs de garrot, emplâtreurs de jambe de bois, porteurs de son de blé (...) (et non point de blé flamand et de coton anglais... ;-)) ), ils ne sont plus dupes concernant l'utilité à long terme de ce genre d'actions qui ressemblent malheureusement souvent à des gesticulations de pensée correcte. par contre, ils seraient prêts à démarrer au quart de tour si au moins on leur proposait des projets qui tiennent debout. je pense que si on alerte et mobilise les gens sur des solutions intelligentes, ils le savent, le sentent et marchent dans l'histoire.
verser mon obole pour des sacs de son de blé (encore et toujours ma consternation), ben non, je suis trop fauchée, misanthrope et sceptique pour le faire, mais si on me parle de projets d'éoliennes électricité/eau dans des zones qui ont besoin et qui peuvent en bénéficier (donc pas au milieu du sahara, mais vers les zones côtières dévastées), là oui, sans hésitation, je participe.
un truc m'a fait marrer (jaune): je ne sais plus à propos de quelle récente catastrophe, on a le choix, et dans quel média, mais la journaliste s'émerveillait du fait qu'un village s'était passé de toute aide trallalla poumpoum c'est nous les ONG pour reconstruire un semblant de cohérence à leur communauté, mais c'était vraiment du genre "ô, les braves gens, c'est fou comme ces pauvres déshérités peuvent nous étonner !" là, je trouve que ça gave grave !
Attention à ne pas confondre hybrides, qui ont toujours existé, et OGM !...

L'une des énormes différences est que la nature elle-même crée des hybrides! Mais évidemment pas des OGM !
ben là, je suis un peu perplexe depuis quelques jours. actuellement sur nos marchés on mange beaucoup de fruits et légumes (il n'y a pas que ça, mais c'est le plus évident) qui sont issus de la recherche agronomique, sans pour autant être des OGM au sens monsanto-bové du terme. ce sont des produits hybrides, issus de sélections, croisements, et souvent stériles. pour les amateurs de jardin d'ornement, on rencontre ce problème tout le temps avec les fleurs. certains arbres, une espèce au départ, ont été sélectionnés afin d'obtenir l'exaspération d'un caractère au détriment d'un autre : on trouve les sauvages, et les cultivars (?), par exemple l'olivier. donc on est dans une situation où c'est pas bonne dame nature qui joue à mélanger les pollens et les cartes, mais où c'est l'homme qui par son action pluri-millénaire, change... génétiquement des espèces naturelles. donc j'aimerais savoir où est la différence physiologique ? (je trouve pas de mot adéquat) entre un maïs OGM et un maïs bricolé dans son arrière boutique par un agriculteur fou, à part tout le monstrueux chantage au rachat de graines annuel fait par monsanto et les lobbies de l'agro-alimentaire. pour moi, attention, rien que ça suffit à être contre les OGM, mais je ne vois pas de différence fondamentale et organique entre un organisme génétiquement modifié par un chercheur de l'INRA et par des générations d'agriculteurs.
et il semblerait que monsanto avait proposé non pas du maïs OGM à haïti, mais du maïs "hybride" (mais bon, tout ce que dit monsanto est à prendre avec des pincettes)
Bonjour,
C'est vrai que moi aussi j'ai du mal à m'y retrouver, n'étant pas spécialiste de ces questions.
Et c'est vrai aussi que l'on retrouve les travers du net, avec des avis et des infos complétement à l'opposé selon que l'on lit un site / un internaute pro ou anti !
Pour te faire une idée, je te recommande le site Futura-scineces où, si tu retrouves ces divergences, l'éthique du site et la qualité, souvent, des intervenants, sont assez intéressants et enrichissants. (En particulier, les modos ne laisseront jamais affirmer un truc douteux sans références, et les références un peu "bidon" comme il y en a tant, sont montrées du doigt (voire directement censurées.... Je connais bien ce site où j'écris souvent sous un autre pseudo).

En particulier la discussion suivante devrait t'éclairer, bien qu'elle comporte des divergences, avec des interlocuteurs pro comme anti : Futura -ogm/hybrides et stéilisation.. à moins qu'elle ne t'incite à davantage de questions ? Mais plus précises au moins j'imagine !
merci merci merci, tu as raison, c'est vrai, j'étais déjà tombée sur ce site très bien fait, j'avais zoublié. je vais aller jeter un coup sur ton lien direct sur discussion.
(je suis en pleine perplexité aussi parce que j'ai fait un scandale monstre au supermarket contre des pêches qui ont forme d'ovni, (tabacchiera en italien, oufo en grec (ils se foulent pas), pentoo en france) je râlais contre les faiseurs d'OGM qui s'attaquent même à nos fruitiers traditionnels, et en fait, si c'est évidemment le résultat de sélections hyper-sélectives, c'est PAS OGM au sens propre...mais donc que signifie OGM.du coup j'en ai acheté une aujourd'hui, effectivement il a un un (petit) noyau (donc pas stérile, a priori), très sucré, rien de fou mais ok)
bon, j'ai l'impression de baver dans le désert, c'est le cas de dire, vous vous congratulez parmi, ah quelle merveilleuse analyse, merci smack smack, mais j'aimerais bien savoir POURQUOI ces analyses concernant la distribution de blé et de son de blé (les bras continuent à m'en tomber) et tous les aspects crapoteux qui accompagne le "joli geste humanitaire" ne s'accompagnent pas, de la part de journaliste quand même plutôt futée et pointue, d'une analyse des raisons qui font que l'humanitaire, pompe à fric bien connue, va distribuer des sacs de riz (ah, kouchner, du riz dans des pays dont tout le système hydraulique est en déréliction) mais ne conçoit pas en parallèle des projets à long terme d'agriculture vivrière dans les zones semi-arides.
j'aime bien @si, mais là je vous trouve vraiment nuls les uns et les autres, aucune curiosité, aucun sens critique en fait, vous faites de la pensée unique humanitaire tout en dégueulant dessus, lamentable

je me retire de cette discussion. ce pouvait être l'occasion de discuter à fond sur ce que signifie VRAIMENT distribuer nos restes de son de blé aux affamés du monde sans les laisser ou les aider à cultiver LEUR sorgho et leur mil (ce qui était tout de même un des thèmes de ce dossier, je cite : "les débats sur la nature de l'aide humanitaire", mais rien, nada, vous vous roulez des pelles entre vous ahlala les vilains gouvernements, ahlala les vilains promoteurs, etc. - personne n'en sait plus sur la nature perverse de l'aide humanitaire quand elle se contente d'apporter de la bouffe sans s'accompagner d'une vraie opportunité pour les populations de retrouver leur autonomie alimentaire. mais c'est clair, les soutenir pour ce retour à l'autonomie, ça casserait le jeu de l'humanitaire "tenez-mon-brave-un-peu-de-son-de-blé-pour-votre-transit-intestinal amen non ne me remerciez pas"

berk
excellent article Justine
le décryptage tel qu'on l'attends
pas grand chose à rajouter
parfois des journalistes paient le prix de la conscience : Kevin Carter, Soudan 1993, distribution alimentaire.......
.......ce qui n'est jamais le cas des spéculateurs et des gouvernements complices !
Merci pour cet article qui nous rappelle que trop bien la partialité des informations qui nous sont transmises.

[quote=Justine Brabant]Le directeur de MSF affirmait ainsi, en 2005 : "Il faut comprendre qu’au Niger, ne meurent que des bébés de six mois à trois ans. À cet âge, les enfants ont besoin de farines spécialisées. Or, aujourd’hui comme hier, l’Unicef n’en a pas un gramme en stock." (9) Le problème a-t-il été résolu ?

Je ne comprend pas bien.

De 6 mois à 1 an, le bébé peut encore être exclusivement allaité sans que cela ne pose de problème de nutrition particulier.
A plus de 1 an, une faible carence en fer peut apparaitre, même si beaucoup de bambins à terrain allergique peuvent être allaités sans problème particulier jusqu'à plus de 18 mois.

Avant que lait maternel ne présente de carence grave, il faut déjà que la mère en présente de très grave (l'organisme puise dans les réserves maternelles pour produire un lait à peu près constat pour nourrir le bébé). Elle décèderait donc bien avant son bébé.

Ou alors faut-il comprendre qu'il s'agit là essentiellement de bébés abandonnés justement à cause de la famine ?
Si tel est le cas, ce n'est pas de "farine spécialisée" qu'ont besoin ces bébés, mais de lait artificiel, non ? Ca a la même couleur, mais ce n'est pas vraiment la même chose non plus...

Sylvie
bravo à Justine

Je dois avouer ma grande méconnaissance de ce sujet et de ce qui touche à l'Afrique. Il me semble néanmoins que la situation est comparable à haiti, victime d'un cataclysme, "une punition de Dieu" pour un télé-évangéliste américain.

Alors que nous savons pertinemment que le cataclysme qu'a vécu le pays c'est surtout la colonisation et la néocolonisation qui l'ont ruiné, l'on pillé et en ont fait ce que le pays est devenu aujourd'hui.

d'ailleurs ça continue, je fait suivre ce lien qui a déja pas mal circulé :
Haïti : Monsanto et le "Projet Winner"
et celui ci aussi :
Quand Monsanto vient au Secours d'Haïti

et pi sur l'Afrique, la préoccupation majeure pour moi est au niveau de la propriété des terres qui va avoir un impact extremement grave dans les années à venir :
La terre arable, une marchandise en vente
Ma conviction est faite. Tous les journalistes devraient aller faire un stage au Quotidien à Dakar.

Bon retour !
un exercice exemplaire de décryptage.
excellente enquête, excellent article, félicitations :-)
Merci pour cet article !
Un bien bel exemple de déconstruction et d'analyse d'images.
J'ai pu lire l'article mais je n'ai pu voir aucune des vidéos montées par Rochant. Pourquoi ?
Je profite du partage de liens et de suggestions de lecture pour conseiller cette interview de Christophe Ayad sur le blog "Issues de secours" (qui traite de questions humanitaires), que je n'ai pas fait figurer dans l'article mais qui prolonge la réflexion sur les relations entre humanitaires et journalistes.

J'en profite aussi, s'il passe par là, pour mettre un peu la pression sur Olivier Falhun de MSF, qui anime "Issues de secours", et qui est gentiment venu à moi à la suite de la publication de cet article : j'espère qu'il trouvera un peu de temps pour répondre, comme je lui ai suggéré, à quelques questions qui à ma connaissance restent sans réponses. En particulier :

- concernant l'aide alimentaire d'urgence envoyée actuellement au Sahel : nature et provenance des denrées, délai d'envoi, question des OGM

- sur la communication de MSF : les leçons qui ont pu être tirées de l'imbroglio de 2005 (la passe d'armes avec le Pam notamment), la notion de "construction d'un objet de santé publique" (comment, en tant qu'ONG, on choisit un "combat", et de quelles armes on dispose pour le rendre intelligible), ou encore le regard de l'ONG sur les reportages de type TF1.

Je suis sure que cela pourrai alimenter un débat intéressant. Tout comme, par exemple, le texte que va nous proposer très bientôt DanetteOchoc à propos des conférences ministérielles de l'OMC ...
j'ajoute : considérer le problème du point de vue de l'économie mondiale, à mon avis, est une erreur fatale pour ces pays. le cours du blé, c'est bon pour les gros producteurs de blé, mais pas pour des pays à économie aussi déséquilibrée que ces pays africains aux sous-sols pillés. d'abord produire du blé en afrique (sub)sahalienne est une hérésie, et ensuite il faut (faire) retrouver les réflexes locaux d'autonomie alimentaire. on fait la même erreur qu'en europe mettre sur le même plan économique la grèce et l'allemagne. aider les populations locales, c'est pas leur faire produire du blé pour le mettre en concurrence avec le blé mondial (donc ukrainien, américain, etc.), mais leur faire produire des graminées panifiables qui assureraient leur subsistance locale. si déjà les gens au niveau local, dans les campagnes, arrivaient à être autonomes alimentairement....

mais comme dans toute guerre (car la faim dans le monde est une des manifestations de la GUERRE mondiale de la mondialisation) à qui profite le crime ?
que voilà un décryptage intéressant et bienvenu. lorsqu'on arrivera à analyser la faim dans le monde d'un point de vue économique, politique et du point de vue des connaissances agricoles (mais donc aussi des disparitions de ces connaissances), et qu'on arrêtera de considérer ça effectivement avec nos tripes, hors rationalité, comme un drame hors contexte, on fera un grand pas vers l'explication de cette disparité entre ceux qui meurent de faim, là, maintenant, et ceux qui font du régime avant de partir en vacances. la question est bien : pourquoi ailleurs, dans d'autres régions désertiques (zones 12 *), on a une certaine autonomie alimentaire, et pourquoi pas là ?

* [quote=définition des zones climatiques]The 12 zones of the map indicate the average number of days each year that a given region experiences "heat days"-temperatures over 86 degrees (30 degrees Celsius). That is the point at which plants begin suffering physiological damage from heat. The zones range from Zone 1 (less than one heat day) to Zone 12 (more than 210 heat days).
Merci Justine, bel article (et content de vous relire)
Merci Justine. J'espère que votre retour à @SI est pour durer.

Pour la spéculation, vous mentionnez la spéculation au niveau régional. N'y-a-t'il pas aussi le poids de la spéculation au niveau mondial ? Du fait de la crise financière et des énormes pertes dues aux sub-primes pourries, les spéculateurs internationaux (c'est-à-dire nos grandes banques en tête) se sont repliés sur le "marché des matières premières", comme déjà évoqué sur ce forum dans des messages précédents.

Le but étant de faire grimper les prix artificiellement pour essayer de boucher les trous dans les comptes.

J'aimerais savoir ce qui permet de dire que le problème de spéculation est "plus localisé", comme le fait le rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation aux Nations unies dans cet article de La Croix.

Cette "localisation", ne serait-ce pas plutôt parce que la vérité serait trop atroce pour être énoncée ? A savoir que pour pouvoir continuer à distribuer des milliards à des (Blancs) déjà trop riches, on fait mourir de faim des milliers d'enfants (Noirs).

Peut-être pensent-"ils" que ce serait de la repentance d'avouer ainsi un tel crime...
Bien qu'il faille les comprendre: qui a jamais avoué commettre (et savoir commettre) un crime contre l'humanité ?
Qu'elle est courante cette image des problèmes de l'Afrique réduits à des conflits ethniques ou des considérations climatiques ! Tout comme cette idée que le seul remède est l'aide humanitaire occidentale (même si l'on aperçoit une association nigérienne dans le sujet). Pauvres petits enfants africains dont les parents paysans ne sont pas entrés dans l'histoire et restent dépendant de la nature et de nous... (cf. discours de Dakar)

Comme le souligne justement l'article, mais sans peut-être entrer suffisamment dans le détail, on nous par de problèmes climatiques (comme ethniques) mais où sont les enjeux politiques, sociaux, économiques. Où sont les rapports de force, la marque de l'histoire, celle de la géographie, de la géopolitique ? Cette junte militaire (qui aurait pourtant fait un bon bouc émissaire il faudra y penser la prochaine fois) n'a-t-elle pas au moins une part de responsabilité ?

Il suffit de lire "La gestion et la prévention des crises de subsistance dans les sociétés précoloniales du Sahel : mythe ou réalité ?, par Boureima Alpha Gado", qui fait partie de l'excellent Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine, pour se rendre compte de l'importance des questions qui restent non soulevées. Sa description du système complexe d'assurance contre les sécheresses en cours avant l'arrivée du colonisateur français, puis la manière dont celui-ci les a fait péricliter en cherchant à le remplacer par un système calqué sur l'administration coloniale, avant d'aboutir au cliché du paysan africain imprévoyant et paresseux est saisissante...
A noter aussi l'importance des prix en Francs CFA. Qui rendent les Sahéliens dépendants de l'ancien colon et de sa banque centrale, via le franc CFA.
Et j'ai une question (car je suis tout sauf une économiste chevronnée) : la baisse de l'Euro par rapport au dollar n'a-t-elle pas eu des répercussions "à la baisse" sur le franc CFA, baissant par là-même la capacité d'achat des habitants des pays francophones.
Pour en revenir au thème de TF1, les rédactions adorent, en été, faire pleurer dans les chaumières... En ce moment, j'imagine que les enfants africains vont être battus à plates coutures par la couverture médiatique de cette famille infanticide du Nord !
Ach, le Nord et ses cas sociaux ! Ach, le Sud et sa pauvreté !
Merci pour ce magnifique article et bon retour.
À noter aussi que "la junte militaire" actuellement en place depuis le coup d'état du début d'année doit rendre le pouvoir aux civils l'an prochain après des élections http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article3776.
Ce genre de situation politique est toujours explosive dans ces pays fragiles, et l'instabilité n'est pas réputée arranger la situation des populations.

Au sud du Niger il y a le Nigeria où se trouve le delta du fleuve Niger qui est massacré par l'appétit des compagnies pétrolières (et ça ne date pas d'hier http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/03/les-marees-noires-oubliees-du-delta-du-niger), c'est un peu compliqué tout ça pour europe1.fr qui s'emmêle les pinceaux dans un titre http://www.europe1.fr/Environnement/Une-maree-noire-discrete-au-Niger-242274/ (un stagiaire sans doute).
Merci pour ce papier.
Deux articles pour compléter ce sujet, le premier sur les difficultés de la réponse de l'aide internationale : "Nourrir les enfants dénutris, pas si simple!"
http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2010/06/nourrir-les-enfants-d%C3%A9nutris-pas-si-simple-.html
et le second sur les difficultés de traitement des sujets humanitaires par les journalistes : "Les lacunes du journalisme font le bonheur des ONG"
http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2010/07/-les-lacunes-du-journalisme-font-le-bonheur-des-ong-.html
Faire une analyse d'un JT de TF1, c'est comme faire une analyse d'un article du Figaro dans lequel apparaissent des membres de l'UMP, c'est bas. On ne tire pas sur les ambulances quand on a deux ronds de dignité.

Bon, ceci dit, très bonne chronique, tout à fait dans la ligne d'@si. Le travail est bien fait, sans revendications partisanes ni rien : cahier des charges parfaitement rempli (encore une fois, sur un JT de TF1, ce n'est pas non plus un exploit, mais c'est déjà fort appréciable : ce qui va sans dire va mieux en le disant). Merci mademoiselle (madame ?).

Pour dévier un peu de la critique pure des médias et aborder le problème évacué par TF1 :

Quand je pense qu'il fut un temps où on pendait les spéculateurs, et que maintenant on les glorifie... Étrange revirement des valeurs, tout de même.

“Quand le pillage devient un moyen d'existence pour un groupe d'hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie." [Frédéric Bastiat (1801-1850)]
En attendant de sauver de la famine les enfants d'Afrique, réjouissons nous! On va sauver
de la corrida quelques taureaux espagnols...qui iront mourir à l'abattoir et pas dans
l'arène de Barcelone.
Il y a des jours comme ça où l'on sent que la barbarie n'a qu'à bien se tenir. Les pétitions
vont la faire disparaitre...
Un don à l'UNICEF ??? Je ne le ferai jamais, moi qui ai travaillé avec les Nations Unies.
L'UNICEF n'est pas une ONG, mais une agence des Nations Unies.
Les fonctionnaires internationaux de l'UNICEF sur le terrain sont payés 10 000$/mois. Leur manque de professionnalisme est connu de tous...
Donnez plutôt à un pauvre qu'à ces gens là...
Merci beaucoup pour cette mise en abîme de ce traitement médiatique qui a toujours des défauts...
Et pendant ce temps là, au même endroit, les arbres (re)-poussent:
http://www.monde-diplomatique.fr/2010/08/HERTSGAARD/19540
Dingue non?
(Désolé l'article complet est payant...)
Doit on également y voir un quelconque lien avec le super défilé du matin organisé par Sarkoqui n'a pas fait l'unanimité chez les principaux intéressés 14 juillet à Paris: “de qui se moque-t-on?”, demandent des Africains
L'image du soir dans la grande chaine [s]présidentielle[/s] nationale TF1, joue non seulement sur la compassion comme le fait sarko avec ses lois "trottoirs" mais pérennise les clichés sur les pays africains où de grandes sociétés françaises ont des intérêts.
TF1 aurait pu également inviter Jean Ziegler, cet éternel révolté ne cesse de dénoncer l’injustice du système libéral et le cynisme des maîtres du capital qui font crever de faim une partie du monde pour nourrir l’autre. A travers ses nombreux ouvrages, cet intellectuel hors norme s’est acharné à démontrer que les méfaits du système capitaliste mondialisé ne sont pas les conséquences inéluctables de la ’main invisible’ qui guide les aléas du marché, mais bien l’œuvre du cynisme de ces "nouveaux féodaux"... We feed the world
Je projette ou je lis dans cette écriture une saine colère ?

Welcome back Justine ! (la visite au picnic n'était donc pas totalement fortuite )
J’invite ceux qui s’intéressent de près à ces questions à suivre les travaux d’Afrique verte par exemple ce document sur l’évolution récente des prix des céréales avec le Niger qui se distingue.
http://www.afriqueverte.org/r2_public/media/fck/File/Bulletins/PSA/PSA%20111-07-2010.pdf

Si la sécheresse à des effets dramatiques c’est avant tout dans le nord du pays. Là ou l’on produit peu de céréales mais ou traditionnellement le bétail permet de générer des revenus permettant d’acheter ce que produit le sud. La sécheresse réduit la production de lait, fait mourir une part importante des troupeaux et donc ne donne plus le pouvoir d’achat suffisant pour acheter des céréales.

Sur cette page
http://www.afriqueverte.org/index.cfm?rub=-1&theme=0&categ=1&actu=171
divers liens vers des documents permettant de comprendre la situation.

Afrique Verte a été créé il y a plus de 20 ans, dans le cadre de la campagne "Pour le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes" à l’initiative d’autres associations dont Terre des Hommes, mais les associations locales ont pris leur autonomie pour que les Sahéliens reprennent le projet de l’association, les informations ci-dessus viennent donc d’acteurs locaux et non de bobos parisiens comme moi :)
Salut Justine,

[s]cQfd,[/s], [s]CQfd[/s], [s]cqfd[/s] mais euh !

Beau retour, excellent papier, merci !
Bonjour, et merci pour cette belle analyse,

Histoire de lier les sujets qui nous (du moins qui m'~) intéressent entre eux, je voudrais signaler que certains pointent du doigt le lien qu'il a pu y avoir entre les problèmes d'approvisionnement en nourriture en 2007 - 2008 et la spéculation sur les prix des matières premières.

Voici donc le lien vers un article, et le rapport complet (en anglais, désolé) :

Article : http://www.wdm.org.uk/food-speculation/great-hunger-lottery-how-banking-speculation-causes-food-crises

Rapport : http://www.wdm.org.uk/sites/default/files/hunger%20lottery%20report_6.10.pdf

Je n'ai pas fait mon travail de journaliste, je n'ai pas été chercher qui se cachait derrière le World Developpement Movement. (Probablement de dangereux gauchistes.) En même temps, je ne suis pas journaliste!

Bon courage à celles et ceux qui travaillent, bon amusement à celles et ceux qui s'amusent.
Eh bien voilà. Pour avoir de l'info, venez sur @SI.
Même sur le marronnier de la famine avec la vilaine pluie occidentale qui ne tombe pas, Justine Brabant, en... peut-être deux journées de travail, ou disons trois bien, bien étalées, a fait mieux que TF1, et sans poser quoi que ce soit sur le siège d'un avion : ni fesses, ni sac, ni ordinateur. La grande question est : à quoi sert une chaine de télé comme TF1 ? Là, c'est vraiment le grand, grand mystère... C'est de la magie, c'est ça ?
Les quatre minutes de vent de TF1 ne tiennent pas une milliseconde face aux deux minutes de lecture requises par le papier de Justine ; alors, c'est pas beau la vie sur @SI ?
la brèche ouverte laisse entrevoir un magnifique sujet d'investigation sur les tarifs des produits agricoles pratiqués dans les pays du Sud, pas qu'en Afrique. Une plongée dans les négociations des conférences ministérielles de l'OMC donnerait le vertige...

edit 1 : cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant, très bon papier. Merci à D.S. pour l'incursion internationale. Keep going, que diable !
Sentiment partage entre la tres grande joie de pouvoir te relire et la tristesse du sujet que tu nous exposes

Merci Justine !

faire (un peu) différent, c'est quand même possible
Merci Justine B. pour cet article.
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