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La famine au Sahel, un drame en apesanteur

Une grande chaîne nationale qui consacre un (relativement) long reportage à un pays d'Afrique, sans qu'il s'agisse de Coupe de Monde de football, ni de la visite d'une personnalité diplomatique française : cela n'arrive pas souvent. Pourtant, le 14 juillet dernier, dans le 20 heures de TF1, il était question de "famine au Niger".

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je voudrais revenir sur les liens que kerbraz a donnés, en particulier cette page afrique verte et dans cette page un article sur les technologies locales dont je copie colle un extrait :
le défi consiste à trouver, promouvoir et disséminer des innovations pertinentes pour l'agriculture africaine. Le rapport indique que le problème réside dans le fait que « la tendance jusqu'à présent était de se concentrer sur la mise en œuvre de modèles internationaux de développement agricole sans s'interroger sur leur applicabilité aux conditions locales ». « On peut utiliser diverses technologies à technicités moyennes, faibles et hautes, ainsi que différentes combinaisons de technologies, pourvu qu'elles soient adaptées aux diverses conditions, zones écologiques et cultures africaines », estime Michael Lim, économiste à la Division de la technologie et de la logistique de la CNUCED. Toutefois, reconnaît-il, c’est « assez difficile ».
mais l'ensemble des articles présentés est passionnant.
je suis persuadée que si l'aide humanitaire concentrait à la fois son action et ses réflexions dans cette direction, notre attitude à nous serait extrêmement différente.
Est ce quelqu'un sait pourquoi la grève de la faim de 17 militants pro démocrates, journalistes ou étudiants emprisonnés en Iran depuis les manifestations de 2009 est si peu traitée dans les médias français (à l'exception d'un article dans le figaro.fr)? Il y a pourtant parmi eux le fameux Madjid Tavakoli pour lequel des dizaines de milliers de personnes s'étaient prises en photo et les avaient envoyé pour le net.

Je suis étonné que les journalistes ne soient même pas émus par le sort de leurs confrères dont l'état de santé s'aggrave rapidement: maintenir les gens dans l'ignorance c'est les laisser crever. Pourtant ces gens sont des héros, porteurs d'un message fort: ils sont prêt à mourir pour la démocratie et les droits de l'homme. C'est un message qui donne a réfléchir au moment ou la démocratie décline en occident.
Cigale vous avez raison, mais pourquoi crier aussi fort ? Vous pouviez donner votre avis sans cela, non ?
bon, j'ai l'impression de baver dans le désert, c'est le cas de dire, vous vous congratulez parmi, ah quelle merveilleuse analyse, merci smack smack, mais j'aimerais bien savoir POURQUOI ces analyses concernant la distribution de blé et de son de blé (les bras continuent à m'en tomber) et tous les aspects crapoteux qui accompagne le "joli geste humanitaire" ne s'accompagnent pas, de la part de journaliste quand même plutôt futée et pointue, d'une analyse des raisons qui font que l'humanitaire, pompe à fric bien connue, va distribuer des sacs de riz (ah, kouchner, du riz dans des pays dont tout le système hydraulique est en déréliction) mais ne conçoit pas en parallèle des projets à long terme d'agriculture vivrière dans les zones semi-arides.
j'aime bien @si, mais là je vous trouve vraiment nuls les uns et les autres, aucune curiosité, aucun sens critique en fait, vous faites de la pensée unique humanitaire tout en dégueulant dessus, lamentable

je me retire de cette discussion. ce pouvait être l'occasion de discuter à fond sur ce que signifie VRAIMENT distribuer nos restes de son de blé aux affamés du monde sans les laisser ou les aider à cultiver LEUR sorgho et leur mil (ce qui était tout de même un des thèmes de ce dossier, je cite : "les débats sur la nature de l'aide humanitaire", mais rien, nada, vous vous roulez des pelles entre vous ahlala les vilains gouvernements, ahlala les vilains promoteurs, etc. - personne n'en sait plus sur la nature perverse de l'aide humanitaire quand elle se contente d'apporter de la bouffe sans s'accompagner d'une vraie opportunité pour les populations de retrouver leur autonomie alimentaire. mais c'est clair, les soutenir pour ce retour à l'autonomie, ça casserait le jeu de l'humanitaire "tenez-mon-brave-un-peu-de-son-de-blé-pour-votre-transit-intestinal amen non ne me remerciez pas"

berk
excellent article Justine
le décryptage tel qu'on l'attends
pas grand chose à rajouter
parfois des journalistes paient le prix de la conscience : Kevin Carter, Soudan 1993, distribution alimentaire.......
.......ce qui n'est jamais le cas des spéculateurs et des gouvernements complices !
Merci pour cet article qui nous rappelle que trop bien la partialité des informations qui nous sont transmises.

[quote=Justine Brabant]Le directeur de MSF affirmait ainsi, en 2005 : "Il faut comprendre qu’au Niger, ne meurent que des bébés de six mois à trois ans. À cet âge, les enfants ont besoin de farines spécialisées. Or, aujourd’hui comme hier, l’Unicef n’en a pas un gramme en stock." (9) Le problème a-t-il été résolu ?

Je ne comprend pas bien.

De 6 mois à 1 an, le bébé peut encore être exclusivement allaité sans que cela ne pose de problème de nutrition particulier.
A plus de 1 an, une faible carence en fer peut apparaitre, même si beaucoup de bambins à terrain allergique peuvent être allaités sans problème particulier jusqu'à plus de 18 mois.

Avant que lait maternel ne présente de carence grave, il faut déjà que la mère en présente de très grave (l'organisme puise dans les réserves maternelles pour produire un lait à peu près constat pour nourrir le bébé). Elle décèderait donc bien avant son bébé.

Ou alors faut-il comprendre qu'il s'agit là essentiellement de bébés abandonnés justement à cause de la famine ?
Si tel est le cas, ce n'est pas de "farine spécialisée" qu'ont besoin ces bébés, mais de lait artificiel, non ? Ca a la même couleur, mais ce n'est pas vraiment la même chose non plus...

Sylvie
bravo à Justine

Je dois avouer ma grande méconnaissance de ce sujet et de ce qui touche à l'Afrique. Il me semble néanmoins que la situation est comparable à haiti, victime d'un cataclysme, "une punition de Dieu" pour un télé-évangéliste américain.

Alors que nous savons pertinemment que le cataclysme qu'a vécu le pays c'est surtout la colonisation et la néocolonisation qui l'ont ruiné, l'on pillé et en ont fait ce que le pays est devenu aujourd'hui.

d'ailleurs ça continue, je fait suivre ce lien qui a déja pas mal circulé :
Haïti : Monsanto et le "Projet Winner"
et celui ci aussi :
Quand Monsanto vient au Secours d'Haïti

et pi sur l'Afrique, la préoccupation majeure pour moi est au niveau de la propriété des terres qui va avoir un impact extremement grave dans les années à venir :
La terre arable, une marchandise en vente
Ma conviction est faite. Tous les journalistes devraient aller faire un stage au Quotidien à Dakar.

Bon retour !
un exercice exemplaire de décryptage.
excellente enquête, excellent article, félicitations :-)
Merci pour cet article !
Un bien bel exemple de déconstruction et d'analyse d'images.
J'ai pu lire l'article mais je n'ai pu voir aucune des vidéos montées par Rochant. Pourquoi ?
Je profite du partage de liens et de suggestions de lecture pour conseiller cette interview de Christophe Ayad sur le blog "Issues de secours" (qui traite de questions humanitaires), que je n'ai pas fait figurer dans l'article mais qui prolonge la réflexion sur les relations entre humanitaires et journalistes.

J'en profite aussi, s'il passe par là, pour mettre un peu la pression sur Olivier Falhun de MSF, qui anime "Issues de secours", et qui est gentiment venu à moi à la suite de la publication de cet article : j'espère qu'il trouvera un peu de temps pour répondre, comme je lui ai suggéré, à quelques questions qui à ma connaissance restent sans réponses. En particulier :

- concernant l'aide alimentaire d'urgence envoyée actuellement au Sahel : nature et provenance des denrées, délai d'envoi, question des OGM

- sur la communication de MSF : les leçons qui ont pu être tirées de l'imbroglio de 2005 (la passe d'armes avec le Pam notamment), la notion de "construction d'un objet de santé publique" (comment, en tant qu'ONG, on choisit un "combat", et de quelles armes on dispose pour le rendre intelligible), ou encore le regard de l'ONG sur les reportages de type TF1.

Je suis sure que cela pourrai alimenter un débat intéressant. Tout comme, par exemple, le texte que va nous proposer très bientôt DanetteOchoc à propos des conférences ministérielles de l'OMC ...
j'ajoute : considérer le problème du point de vue de l'économie mondiale, à mon avis, est une erreur fatale pour ces pays. le cours du blé, c'est bon pour les gros producteurs de blé, mais pas pour des pays à économie aussi déséquilibrée que ces pays africains aux sous-sols pillés. d'abord produire du blé en afrique (sub)sahalienne est une hérésie, et ensuite il faut (faire) retrouver les réflexes locaux d'autonomie alimentaire. on fait la même erreur qu'en europe mettre sur le même plan économique la grèce et l'allemagne. aider les populations locales, c'est pas leur faire produire du blé pour le mettre en concurrence avec le blé mondial (donc ukrainien, américain, etc.), mais leur faire produire des graminées panifiables qui assureraient leur subsistance locale. si déjà les gens au niveau local, dans les campagnes, arrivaient à être autonomes alimentairement....

mais comme dans toute guerre (car la faim dans le monde est une des manifestations de la GUERRE mondiale de la mondialisation) à qui profite le crime ?
que voilà un décryptage intéressant et bienvenu. lorsqu'on arrivera à analyser la faim dans le monde d'un point de vue économique, politique et du point de vue des connaissances agricoles (mais donc aussi des disparitions de ces connaissances), et qu'on arrêtera de considérer ça effectivement avec nos tripes, hors rationalité, comme un drame hors contexte, on fera un grand pas vers l'explication de cette disparité entre ceux qui meurent de faim, là, maintenant, et ceux qui font du régime avant de partir en vacances. la question est bien : pourquoi ailleurs, dans d'autres régions désertiques (zones 12 *), on a une certaine autonomie alimentaire, et pourquoi pas là ?

* [quote=définition des zones climatiques]The 12 zones of the map indicate the average number of days each year that a given region experiences "heat days"-temperatures over 86 degrees (30 degrees Celsius). That is the point at which plants begin suffering physiological damage from heat. The zones range from Zone 1 (less than one heat day) to Zone 12 (more than 210 heat days).
Merci Justine, bel article (et content de vous relire)
Merci Justine. J'espère que votre retour à @SI est pour durer.

Pour la spéculation, vous mentionnez la spéculation au niveau régional. N'y-a-t'il pas aussi le poids de la spéculation au niveau mondial ? Du fait de la crise financière et des énormes pertes dues aux sub-primes pourries, les spéculateurs internationaux (c'est-à-dire nos grandes banques en tête) se sont repliés sur le "marché des matières premières", comme déjà évoqué sur ce forum dans des messages précédents.

Le but étant de faire grimper les prix artificiellement pour essayer de boucher les trous dans les comptes.

J'aimerais savoir ce qui permet de dire que le problème de spéculation est "plus localisé", comme le fait le rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation aux Nations unies dans cet article de La Croix.

Cette "localisation", ne serait-ce pas plutôt parce que la vérité serait trop atroce pour être énoncée ? A savoir que pour pouvoir continuer à distribuer des milliards à des (Blancs) déjà trop riches, on fait mourir de faim des milliers d'enfants (Noirs).

Peut-être pensent-"ils" que ce serait de la repentance d'avouer ainsi un tel crime...
Bien qu'il faille les comprendre: qui a jamais avoué commettre (et savoir commettre) un crime contre l'humanité ?
Qu'elle est courante cette image des problèmes de l'Afrique réduits à des conflits ethniques ou des considérations climatiques ! Tout comme cette idée que le seul remède est l'aide humanitaire occidentale (même si l'on aperçoit une association nigérienne dans le sujet). Pauvres petits enfants africains dont les parents paysans ne sont pas entrés dans l'histoire et restent dépendant de la nature et de nous... (cf. discours de Dakar)

Comme le souligne justement l'article, mais sans peut-être entrer suffisamment dans le détail, on nous par de problèmes climatiques (comme ethniques) mais où sont les enjeux politiques, sociaux, économiques. Où sont les rapports de force, la marque de l'histoire, celle de la géographie, de la géopolitique ? Cette junte militaire (qui aurait pourtant fait un bon bouc émissaire il faudra y penser la prochaine fois) n'a-t-elle pas au moins une part de responsabilité ?

Il suffit de lire "La gestion et la prévention des crises de subsistance dans les sociétés précoloniales du Sahel : mythe ou réalité ?, par Boureima Alpha Gado", qui fait partie de l'excellent Petit précis de remise à niveau sur l'histoire africaine, pour se rendre compte de l'importance des questions qui restent non soulevées. Sa description du système complexe d'assurance contre les sécheresses en cours avant l'arrivée du colonisateur français, puis la manière dont celui-ci les a fait péricliter en cherchant à le remplacer par un système calqué sur l'administration coloniale, avant d'aboutir au cliché du paysan africain imprévoyant et paresseux est saisissante...
A noter aussi l'importance des prix en Francs CFA. Qui rendent les Sahéliens dépendants de l'ancien colon et de sa banque centrale, via le franc CFA.
Et j'ai une question (car je suis tout sauf une économiste chevronnée) : la baisse de l'Euro par rapport au dollar n'a-t-elle pas eu des répercussions "à la baisse" sur le franc CFA, baissant par là-même la capacité d'achat des habitants des pays francophones.
Pour en revenir au thème de TF1, les rédactions adorent, en été, faire pleurer dans les chaumières... En ce moment, j'imagine que les enfants africains vont être battus à plates coutures par la couverture médiatique de cette famille infanticide du Nord !
Ach, le Nord et ses cas sociaux ! Ach, le Sud et sa pauvreté !
Survie a un excellent dossier sur le franc CFA pour mieux comprendre : Le franc CFA, un outil de contrôle politique et économique sur les pays africains de la zone franc
A titre d'exemple et pour comprendre le mécanisme, quand la Côte d'Ivoire vend pour un millions de dollars de cacao aux US, les Etats-Unis verse ce million au trésor français qui en conserve 65% (part banque de france) et reverse le solde, 35%, à la BCEAO (banque centrale des états d'afrique de l'ouest).
Par contre, je pense que nos dirigeants pourraient mettre fin à ce système inique s'ils en avaient une réelle envie. D'autant plus, que le Nigéria et le Ghana (les 2 poids lourds d'Afrique de l'Ouest) envisagent de créer une monnaie unique, l'Eco. La Côte d'Ivoire qui représente 40% du PIB de la zone CFA aurait tout intérêt à rejoindre les anglophones. Si cela devait se faire, le CFA mourrait de sa belle mort.
D'autant qu'à l'heure actuelle, la valeur de l'Euro par rapport au dollar, fait que les produits de la zone CFA sont plus chers que ceux des autres zones d'Afrique.
[quote=les Etats-Unis verse ce million au trésor français qui en conserve 65% (part banque de france)]

La banque de France rackettant l'Afrique à ce niveau, vous n'êtes pas fâché avec les chiffres?
Vous la sortez d'où cette "commission"? "Part Banque de France" dans le négoce du cacao, franchement
j'ai du mal à comprendre.
Tout est expliqué sur le site survie. Et en effet, ce n'est plus 65% mais 50%.

Chaque banque centrale de la zone franc possède un compte d’opérations au Trésor public français et doit y déposer une partie de ses réserves de monnaie. Depuis 2005, 50% des réserves de change doivent être stockées sur le compte d’opérations en France (jusqu’en 2005 ce pourcentage était de 65). Il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros. C’est autant d’argent qui est amputé du budget des États de la zone franc. La France rémunère les banques centrales africaines en intérêts, tout en se servant au passage grâce à des placements privés (des sommes dégagées au profit de la France qui se comptent en centaines de millions d’euros). Pire, la part d’intérêts versée aux banques centrales est comptabilisée dans l’Aide Publique au Développement ! Dépouillés de la moitié de leurs recettes, les pays africains de la zone franc se retrouvent ainsi dans une situation économique et sociale très difficile, d’autant plus que la France leur impose une rigueur budgétaire (c’est-à-dire une baisse des dépenses publiques) pour que l’approvisionnement du compte d’opérations soit garanti
J'ai lu hier cet article également : « L'Afrique toujours eldorado de la France » où l'on constate que le temps des colonies n'est pas si révolu que ça.
L'article parle de réserve de change et de leur gestion.
Cela n'a rien avoir avec les paiements courants pour des opérations commerciales, comme
la vente de cacao ou de pétrole, comme pourrait le laisser croire votre post où l'on comprend
que la BdF ponctionne 65% des revenus des ventes de cacao.
Merci, Ivoire, d'avoir confirmé mes doutes... et répondu à mes questions.
Souhaitons que les poids-lourds africains aident les "anciens amis de la Françafrique" à sauter le pas et à gagner une indépendance financière...
Ca serait une excellente réponse au discours de Dakar de l'agité de l'Elysée.
Je ne jette pas la pierre sur Ivoire, mais c'est quand même un bel exemple des déformations et fausses vérités envoyées sur le net, même si c'est de bonne foi.
A partir de la lecture d'un document (qui est parfois véridique, parfois plus ou moins erroné), une interprétaion est faite et postée sur le net. Et comme il y a des références, les lecteurs le prennent pour argent comptant, et vont le reprendre, le citer et l'argumenter.

Je ne connais pas le sujet en question mais, comme le souligne JREM, il y a visiblement un schisme entre la lecture du post initial d'Ivoire qui affirme ou laisse croire que le Trésor Public Français pique 65% (ou 50 % ensuite) sur le produit des ventes, de cacao par exemple, alors que l'article parle de réserves de change et de leur gestion...

Maintenant, d'un autre côté, qu'il y ait des problèmes pour l'Afrique avec le franc CFA, je n'en doute guère. Ce qui n'est pas non plus une raison pour mal interpérter ou déformer des références.
Merci pour ce magnifique article et bon retour.
À noter aussi que "la junte militaire" actuellement en place depuis le coup d'état du début d'année doit rendre le pouvoir aux civils l'an prochain après des élections http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article3776.
Ce genre de situation politique est toujours explosive dans ces pays fragiles, et l'instabilité n'est pas réputée arranger la situation des populations.

Au sud du Niger il y a le Nigeria où se trouve le delta du fleuve Niger qui est massacré par l'appétit des compagnies pétrolières (et ça ne date pas d'hier http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/03/les-marees-noires-oubliees-du-delta-du-niger), c'est un peu compliqué tout ça pour europe1.fr qui s'emmêle les pinceaux dans un titre http://www.europe1.fr/Environnement/Une-maree-noire-discrete-au-Niger-242274/ (un stagiaire sans doute).
Merci pour ce papier.
Deux articles pour compléter ce sujet, le premier sur les difficultés de la réponse de l'aide internationale : "Nourrir les enfants dénutris, pas si simple!"
http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2010/06/nourrir-les-enfants-d%C3%A9nutris-pas-si-simple-.html
et le second sur les difficultés de traitement des sujets humanitaires par les journalistes : "Les lacunes du journalisme font le bonheur des ONG"
http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2010/07/-les-lacunes-du-journalisme-font-le-bonheur-des-ong-.html
Faire une analyse d'un JT de TF1, c'est comme faire une analyse d'un article du Figaro dans lequel apparaissent des membres de l'UMP, c'est bas. On ne tire pas sur les ambulances quand on a deux ronds de dignité.

Bon, ceci dit, très bonne chronique, tout à fait dans la ligne d'@si. Le travail est bien fait, sans revendications partisanes ni rien : cahier des charges parfaitement rempli (encore une fois, sur un JT de TF1, ce n'est pas non plus un exploit, mais c'est déjà fort appréciable : ce qui va sans dire va mieux en le disant). Merci mademoiselle (madame ?).

Pour dévier un peu de la critique pure des médias et aborder le problème évacué par TF1 :

Quand je pense qu'il fut un temps où on pendait les spéculateurs, et que maintenant on les glorifie... Étrange revirement des valeurs, tout de même.

“Quand le pillage devient un moyen d'existence pour un groupe d'hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie." [Frédéric Bastiat (1801-1850)]
En attendant de sauver de la famine les enfants d'Afrique, réjouissons nous! On va sauver
de la corrida quelques taureaux espagnols...qui iront mourir à l'abattoir et pas dans
l'arène de Barcelone.
Il y a des jours comme ça où l'on sent que la barbarie n'a qu'à bien se tenir. Les pétitions
vont la faire disparaitre...
Un don à l'UNICEF ??? Je ne le ferai jamais, moi qui ai travaillé avec les Nations Unies.
L'UNICEF n'est pas une ONG, mais une agence des Nations Unies.
Les fonctionnaires internationaux de l'UNICEF sur le terrain sont payés 10 000$/mois. Leur manque de professionnalisme est connu de tous...
Donnez plutôt à un pauvre qu'à ces gens là...
Merci beaucoup pour cette mise en abîme de ce traitement médiatique qui a toujours des défauts...
Et pendant ce temps là, au même endroit, les arbres (re)-poussent:
http://www.monde-diplomatique.fr/2010/08/HERTSGAARD/19540
Dingue non?
(Désolé l'article complet est payant...)
Doit on également y voir un quelconque lien avec le super défilé du matin organisé par Sarkoqui n'a pas fait l'unanimité chez les principaux intéressés 14 juillet à Paris: “de qui se moque-t-on?”, demandent des Africains
L'image du soir dans la grande chaine [s]présidentielle[/s] nationale TF1, joue non seulement sur la compassion comme le fait sarko avec ses lois "trottoirs" mais pérennise les clichés sur les pays africains où de grandes sociétés françaises ont des intérêts.
TF1 aurait pu également inviter Jean Ziegler, cet éternel révolté ne cesse de dénoncer l’injustice du système libéral et le cynisme des maîtres du capital qui font crever de faim une partie du monde pour nourrir l’autre. A travers ses nombreux ouvrages, cet intellectuel hors norme s’est acharné à démontrer que les méfaits du système capitaliste mondialisé ne sont pas les conséquences inéluctables de la ’main invisible’ qui guide les aléas du marché, mais bien l’œuvre du cynisme de ces "nouveaux féodaux"... We feed the world
Je projette ou je lis dans cette écriture une saine colère ?

Welcome back Justine ! (la visite au picnic n'était donc pas totalement fortuite )
J’invite ceux qui s’intéressent de près à ces questions à suivre les travaux d’Afrique verte par exemple ce document sur l’évolution récente des prix des céréales avec le Niger qui se distingue.
http://www.afriqueverte.org/r2_public/media/fck/File/Bulletins/PSA/PSA%20111-07-2010.pdf

Si la sécheresse à des effets dramatiques c’est avant tout dans le nord du pays. Là ou l’on produit peu de céréales mais ou traditionnellement le bétail permet de générer des revenus permettant d’acheter ce que produit le sud. La sécheresse réduit la production de lait, fait mourir une part importante des troupeaux et donc ne donne plus le pouvoir d’achat suffisant pour acheter des céréales.

Sur cette page
http://www.afriqueverte.org/index.cfm?rub=-1&theme=0&categ=1&actu=171
divers liens vers des documents permettant de comprendre la situation.

Afrique Verte a été créé il y a plus de 20 ans, dans le cadre de la campagne "Pour le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes" à l’initiative d’autres associations dont Terre des Hommes, mais les associations locales ont pris leur autonomie pour que les Sahéliens reprennent le projet de l’association, les informations ci-dessus viennent donc d’acteurs locaux et non de bobos parisiens comme moi :)
Salut Justine,

[s]cQfd,[/s], [s]CQfd[/s], [s]cqfd[/s] mais euh !

Beau retour, excellent papier, merci !
Bonjour, et merci pour cette belle analyse,

Histoire de lier les sujets qui nous (du moins qui m'~) intéressent entre eux, je voudrais signaler que certains pointent du doigt le lien qu'il a pu y avoir entre les problèmes d'approvisionnement en nourriture en 2007 - 2008 et la spéculation sur les prix des matières premières.

Voici donc le lien vers un article, et le rapport complet (en anglais, désolé) :

Article : http://www.wdm.org.uk/food-speculation/great-hunger-lottery-how-banking-speculation-causes-food-crises

Rapport : http://www.wdm.org.uk/sites/default/files/hunger%20lottery%20report_6.10.pdf

Je n'ai pas fait mon travail de journaliste, je n'ai pas été chercher qui se cachait derrière le World Developpement Movement. (Probablement de dangereux gauchistes.) En même temps, je ne suis pas journaliste!

Bon courage à celles et ceux qui travaillent, bon amusement à celles et ceux qui s'amusent.
Eh bien voilà. Pour avoir de l'info, venez sur @SI.
Même sur le marronnier de la famine avec la vilaine pluie occidentale qui ne tombe pas, Justine Brabant, en... peut-être deux journées de travail, ou disons trois bien, bien étalées, a fait mieux que TF1, et sans poser quoi que ce soit sur le siège d'un avion : ni fesses, ni sac, ni ordinateur. La grande question est : à quoi sert une chaine de télé comme TF1 ? Là, c'est vraiment le grand, grand mystère... C'est de la magie, c'est ça ?
Les quatre minutes de vent de TF1 ne tiennent pas une milliseconde face aux deux minutes de lecture requises par le papier de Justine ; alors, c'est pas beau la vie sur @SI ?
la brèche ouverte laisse entrevoir un magnifique sujet d'investigation sur les tarifs des produits agricoles pratiqués dans les pays du Sud, pas qu'en Afrique. Une plongée dans les négociations des conférences ministérielles de l'OMC donnerait le vertige...

edit 1 : cela va sans dire, mais ça va mieux en le disant, très bon papier. Merci à D.S. pour l'incursion internationale. Keep going, que diable !
Sentiment partage entre la tres grande joie de pouvoir te relire et la tristesse du sujet que tu nous exposes

Merci Justine !

faire (un peu) différent, c'est quand même possible
Merci Justine B. pour cet article.
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