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La centrale et la raffinerie

Tous tant que nous sommes, nous avons passé le week-end

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Depuis 4 jours que j'essaie de comprendre un peu ce qui se passe, le plus effrayant, c'est la boucle: tel expert explique "le pire, ce serait si ceci se produisait". Quelques heures plus tard, ça se produit. Et les experts recommencent: "Là ça va encore, mais le pire, ce serait... "
Et pendant ce temps là, la bourse Japonaise plonge ! Aucune pitié ni solidarité sur les marchés !
Bonjour,
D'après Greenpeace la centrale de Tokai (à 100 km au nord-est de Tokio) est touchée. Problème de refroidissement, donc, puisque l'eau de mer ne suffit pas, risque de fusion des réacteurs. Sur Google Maps (Tokai Nuclear Power Plant), on trouve une photo de l'entrée de la centrale avec la statue d'un bonhomme tout rond (l'atome), tout mignon. Je l'enverrais si cela était possible, mais je ne sais pas comment faire. De quoi pleurer !
[quote=DS]Quant aux raffineries et aux complexes pétrochimiques en feu, à Ichihara, dans la région de Tokyo (photo ci-dessous), ou à Shiogama, entrevus presque par accident sur les vues aériennes, qui s'en est vraiment soucié ? Combien de morts dans ces incendies-là ? Comment sont-ils combattus ? Avec quels dégâts ? Quels risques pour les populations environnantes ? Mais non. Ce suspense-là ne nous intéresse étrangement pas, tant le nucléaire concentre sur lui toutes les angoisses.

Je suis content que vous aussi vous ayez remarqué cette autre absence dans la couverture médiatique du Japon. MAis en ce qui me concerne, et Arya a partagé mon impression, ce problème là m'intéresse beaucoup. Sur le direct du Monde, j'ai par deux fois posé la question hier de savoir où en était ces incendiés chimiques et pétroliers, pas de réponse.
Il me semble plutôt qu'il faut dire "Ce suspense-là ne n'intéresse étrangement pas nos journalistes". Sans doute parce qu'il n'y a pas de conflit politique dessus.
Ca me parait normal de parler des "incidents" nucléaires vu qu'ils doivent être traités en URGENCE sous peine d'avoir une catastrophe ENORME. C'est la priorité car c'est la difficulté d'action la plus grande.
J'aime bien ce billet. Etre antinucléaire de principe (c'est-à-dire considérer que le coût du nucléaire en terme de "magnitude des conséquences potentielles" est prohibitif quelles que soient les probabilités d'avoir à payer ces coûts) est une position morale qui n'excut pas un certain recul dans l'appréhension de certains évènements. En l'occurence, je me sens submergé d'analyses très techniques aux conclusions très contradictoires sur les dangers de la situation japonaise actuelle. Je n'ai pas le bagage technique nécessaire pour localiser précisément les divergences de ces analyses, et évaluer précisément lesquelles sont trompeuses sur quel point. Je n'ai pas non plus le temps de m'y plonger à cet effet. Je me retrouve avec mes préjugés, mes impressions favorables vis-à-vis des conclusions "catastrophistes donc anti", ma méfiance envers les conclusions "rassurantes donc pro", mon espoir de trouver des anayses "catastrophistes mais pro" ou "rassurantes quoique anti" (positions qui m'inspireraient plus de confiance), et ma méfiance vis-à-vis de mes propres biais. L'effet pervers est que les discours pro-nucléaires qui minimisent la gravité de la situation japonaise me rassurent confortablement (j'ai très très envie que la gravité de la situation japonaise ne se décuple pas par une tragédie radioactive) alors que les discours dramatiques des antinucléaires me rassurent aussi ("ah, vous voyez, je ne suis pas fou, c'est dangereux pour de vrai"). Bref, je ne me sens pas capable d'estimer objectivement la gravité du danger nucléaire par rapport aux autres conséquences du séisme, et donc la place que ce danger-là devrait occuper dans notre traîtement (médiatique comme individuel) de toutes ces informations.

Mais je pense qu'au-delà de cette proportionalité des différentes composantes du drame, il y a un facteur qui rend la question de ces centrales nucléaires plus saillante : le séisme et le raz-de-marée sont des catastrophes naturelles. Nous n'en sommes pas responsables, elles ne sont pas évitables pour nous. Elles ne découlent pas de nos choix politiques. Elles n'impliquent pas de culpabilités. Le nucléaire, comme choix polémique et lieu de conflit entre détracteurs et partisans, comme artefact humain et prise de risque, est un objet sur lequel nous avons prise. Il est de notre responsabilité. Le fait qu'il existe une telle chose, qui puisse nous sauter au visage, est la faute de quelqu'un - qui a pris cette décision contre l'avis de ses pairs. Cela transforme complètement l'évènement, et lui donne un enjeu d'une dimension supplémentaire par rapport aux conséquences d'un tsunami. Il s'agit d'une catastrophe "humaine", au sein de la catastrophe "naturelle". Il ne s'agit plus de ce que les éléments font aux hommes, mais de ce que les hommes font aux hommes. Et il me paraît normal que notre attention redouble d'autant.

On peut arguer que d'autres conséquences du séisme, plus immédiatement nocives peut-être (là encore, cela dépend des analyses "nucléaires" auxquelles on se réfère), sont aussi dues à des constructions humaines, telles que les usines pétrochimiques, etc. Mais l'usage de composants chimiques et d'énergies fossiles dans notre civilisation est trop largement intégré depuis trop longtemps pour que la construction d'un de ses composants soit perçu comme un "acte" (et "politique") au même titre que la construction d'une centrale nucléaire, et pour que le débat soit aussi intensément fracturable en "pro" et "anti", avec alternatives envisageables et enjeux pragmatiques. Outre qu'il n'est pas vraisemblable de remplacer la quantité d'appareils fonctionnants aux hydrocarbures, la finitude des stocks de pétrole scelle un concensus, à terme, sur la recherche d'alternatives. Le nucléaire est lui plus polarisant, parce qu'à la fois plus contigent à la société humaine (il ne s'agit pas de sortir ou non de l'électricité en soi, et peu d'appareillages dépendent de l'atome directement), et sans consensus sur ses limitations (pas de date limite à laquelle ses partisans seront obligés de faire face). Le choix politique du nucléaire est plus libre que celui du pétrole ou du chimique ou de nombre d'autres industries dangereuses, et ce choix plus libre implique de plus grandes prises de responsabilités. Responsabilités qu'il faut assumer maintenant en face des centrales japonaises, alors que sur le reste de la tragédie, on peut considérer que les humains avaient déjà fait à peu près de leur mieux.

Pour résumer, parce que j'ai encore tartiné :

Difficile pour nous de nous d'évaluer objectvement ce qui se passe et peut se passer dans ces centrales. Peut-être qu'on exagère, peut-être que non. Mais si on se focalise sur elles, c'est parce qu'une catastrophe liée à elles serait la faute de nos politiques énergétiques. La culpabilité et la colère s'ajouteraient au deuil. Nous sommes passifs devant un tsunami, et une catastrophe naturelle. Mais nous sommes responsables de la catastrophe nucléaire, que nous avions (en tant que collectivité humaine avec tensions internes) hésité à rendre possible. Un séisme meurtrier nous parle de la nature, une catastrophe radioactive nous parle de nous.
Les photos avant/après sur le site d'ABC news (passer la souris sur les photos)

Vidéos des vagues du tsunami.
Dernière minute sur France Info :

Les barres de combustible sont désormais à l'air libre dans le réacteur n° 2 ... La fusion est en cours.

La planète peut dire merci à la folie des hommes.
(Je reposte ici...désolé)

On nous indique qu'il s'agit d'"accidents" et pas de catastrophe.

C'est un mensonge.

La fusion du réacteur est confirmée par les autorités. Cela s'est produit à Tchernobyl aussi. Qu'est ce que cela signifie ?

Une réaction entraîne la fonte du réacteur qui se transforme progressivement en une sorte de magma à une température extrêmement importante.

Ils tentent de stopper le processus en cours (fusion) en refroidissant le cœur avec de l'eau de mer. L'URSS utilisait du sable et du béton, voir du plomb, créant ainsi une chape. Mais, le cœur était à l'air libre à Tchernobyl. Pour le moment, ce ne semble pas être le cas au japon.

Il est ÉVIDENT que cela ne suffira pas à arrêter la fusion (cf experts US : tentative "désespérée" de refroidissement à l'eau de mer).

Et ensuite ?

La cuve ne résistera pas longtemps à la chaleur et le cœur en fusion s'enfoncera inexorablement sous terre (syndrome chinois).

Jusqu'où ?

Jusqu'au moment où il aura suffisamment refroidi.

Si le coeur en fusion rencontre de l'eau, Tchernobyl sera considéré comme un pétard mouillé à côté.

Y a-t-il de l'eau (nappe) sous la centrale ?

Les autorités le savent forcément mais personne n'a posé la question à ma connaissance.

En tout état de cause, il s'agit d'une catastrophe majeure.

Bien entendu, ce mécanisme est transposable aux 2 voir 3 réacteurs en fusion (doute sur l'état des réacteurs 2 et 3).

Dans le pire des cas (catastrophisme) : Le nord du Japon sera rayé de la carte, l'archipel entier transformé en zone radioactive inhabitable.

Les nuages hautement radioactifs produits contamineront tous les territoires traversés (eau, faune, flore).

Bonne journée.
Les centrales françaises ? Un petit tour chez Besson près du Tricastin http://www.youtube.com/watch?v=bttk6tIHInI
La différence c'est qu'une pollution nucléaire peut durer 100 000 ans... autant dire pour l'éternité...
C'est précisément ce qui peur...

En tout cas, qu'hommage soit rendu à la dignité et au civisme des Japonnais.


Sur BHL
BHL dans Le Parisien d'hier et comme j'avais prévu : "Je rapporte un reportage sur les horreurs d'une guerre ou on envoie des avions mitrailler des populations desarmées"

S'agit-il d'une denonciation de la guerre de Gaza où la population civile était bombardée au phosphore blanc ? Non voyons, celle là il l'a soutenu... il parle de la guerre civile en Libye...

SEMIR
NKM prend ses infos sur NHK ???
Personnellement je n'ai pas vraiment eu l'impression que les événements à la centrale nucléaire avaient totalement pris le pas sur les autres conséquences du tremblement de terre. Peut-être parce que je me renseigne surtout à partir de presse écrite en ligne, et beaucoup moins à partir d'audio / visuel? Le journal de FI ce matin à 7h c'était 8 mins de Japon et 7 mins de Libye (où, soit dit en passant, les rebelles se font massacrer pendant que la diplomatie internationale se regarde en chiens de faïence, comme on pouvait déjà le craindre la semaine dernière), ils ne pouvaient pas vraiment faire mieux...

En tout cas je ne suis pas sûr qu'une fixation sur une possible catastrophe nucléaire soit si incompréhensible que cela. Je veux bien croire les communiqués de l'AIEA selon lesquels les enceintes de confinement sont pour l'instant intactes. Il n'empêche que si l'une de ces enceintes venaient à s'ouvrir, il suffirait d'un changement de direction des vents pour que Tokyo se retrouve sous un nuage radioactif. Il y a peut-être moins de 10% de chances pour que cela arrive, mais il me semble que les conséquences possibles justifient un certain intérêt...
Les pollutions chimiques sont dramatiques, et des gens en meurent.
Je me souviens des photos de Minamata..
Des enfants tout tordus parce que leur mère avait mangé du poisson aromatisé au mercure.

Mais les japonais sont sensibles à la menace nucléaire. On comprend pourquoi.

Et comme partout, le pognon est roi.

On hésite à utiliser l'eau de mer, pour ne pas abîmer les réacteurs très très chers... Là-bas, les centrales sont privées, et les actionnaires ne sont pas contents. Un peu comme ceux de BP l'an dernier, qui avaient rogné sur les mesures de sécurité pour ne pas arrêter l'exploitation de la plate-forme. Un sou est un sou, n'est-ce-pas.

On n'hésite pas à "rassurer les populations", de là-bas et d'ici. Le nuage va s'arrêter à la frontière, qu'ils disent ...

J'ai essayé de trouver sur le ouebe ce qui se passerait chez nous en cas d'accident nucléaire... Pas pu trouver ce qu'on appelle le "plan rad"...
J'avais entendu dire que les populations contaminées seraient confinées sur zone par l'armée... Pour éviter la propagation...
J'ai voté, certes, mais je regrette le "nous" dans : "Ce suspense-là ne nous intéresse étrangement pas, tant le nucléaire concentre sur lui toutes les angoisses." Je ne me sens pas du tout concerné par ce "nous" (j'allais dire hesselien... mais j'ai trop d'estime pour vous DS).
Perso, tout ce qui détruit actuellement le Japon m'intéresse... comme ce qu'il advient de la Nouvelle-Zélande en ce moment. C'est elle qui est "étrangement" oubliée. Non ?
Bonjour
Ce qui m'a surpris dans la narration des événements japonais, c'est que l'on ne nous a pas rabâché que les secours français avaient fait des merveilles et que sans eux il y aurait eu encore plus de morts !!! Là on ne voyait que des chinois, des américains, des allemands, des anglais… point de bérets français à l'horizon. Enfin nous étions à notre place !!! comme notre diplomatie.
je trouve la France bien nombrilisme de rapporter ce qui se passe au japon à elle même.

C'est important de parler du nucléaire, mais pourquoi maintenant! je suis vraiment pas pro morizet, mais j'aime profondément le japon, ça a pas l'air d'être le cas des journalistes de ce pays qui sont fascinés par la dignité des japonais comme on est fasciné par un panda qui fait une roulade...

Je suis complétement bouleversée par le cataclysme que subit ce pays, et je vois bien que faut vraiment en avoir rien a foutre pour rapporter ses problèmes à notre pays..

ma génération (15-35 ans), contrairement à celle qui est au pouvoir des rédactions de ce pays semble-t-il, se sent extrêmement proche du japon, pour diverses raisons, et est en attente d'infos sur ce pays pour le moment. Donc au final on va sur les reseaux sociaux pour choper des infos dignes de ce nom, bravo les journalistes..

je supporte pas de voir ces débats sur le nucléaire prendre le dessus sur ce qui se passe là bas, je trouve ça vraiment indécent, égocentrique, minable..J'ai vraiment honte, une fois de plus, de notre mentalité d'occidental égocentrique.

ps : D'autant que même si le japon explosait sous ses centrales, les vents marins entraineraient les radiations vers la cote ouest des usa..donc faut arrêter de flipper 2 min pour ses petits intérêts, c'est vraiment mesquin..
"Les dix mille morts du tremblement de terre et du tsunami, les cent trente mille (?) sinistrés et déplacés, en sont presque passés au second plan."
avec les chaînes qui passaient et repassaient toujours les mêmes images impressionnantes, je n'ai pas eu cette sensation de second plan !
au contraire les morts ont été au premier plan des actus durant tout le week end, mais ils n'apparaitront dans les images, sans doute, que dans quelques jours quand toutes les eaux et les boues auront disparu !

et les Etats se sont mobilisés très rapidement pour aller aider le Japon à sortir de cette catastrophe !
pour sûr c'est un pays riche et organisé ce qui fait qu'on ne risque pas d'y voir les désespoirs s'y accumuler comme il se sont accumulés à Haïti par exemple où les catastrophes se rajoutaient aux catastrophes : lenteur des secours, amputations à tout va, épidémies, vies reconstruites sous des tentes !
au Japon matériellement tout est déjà sous-contrôle , enfin c'est ce qui ressort des images !

à tel point que ça donnait plutôt l'effet inverse c'est-à-dire que le danger du nucléaire, qui contrairement à Haïti risque d'être le danger collatéral essentiel de ce tremblement de terre, voulait être écarté !!
et la précipitation des pro-nucléaires en France : AREVA et le gouvernement en particulier, à venir nous expliquer que s'interroger sur les morts potentiels du nucléaire était indécent au regard des morts déjà effectives du tsunami, donnerait plutôt à penser que de ce côté là ils ne contrôlent rien du tout mais voudraient bien étouffer tout cela !!
rendez-vous compte si AREVA chutait à la bourse de Tokyo !!! nos dirigeants en sont là, mais ils nous ont déjà fait le coup du nuage sans papier qui était refoulé à la frontière allemande !!
En tous cas Sofia Aram en a profité pour se payer Besson, et toc !
http://www.dailymotion.com/video/xhl37i_merci-badinter_fun
Quant aux raffineries et aux complexes pétrochimiques en feu, à Ichihara, dans la région de Tokyo (photo ci-dessous), ou à Shiogama, entrevus presque par accident sur les vues aériennes, qui s'en est vraiment soucié ? Combien de morts dans ces incendies-là ? Comment sont-ils combattus ? Avec quels dégâts ? Quels risques pour les populations environnantes ?

Bien d'accord, je découvre cette info grâce à vous. Mais pourquoi opposer cette absence d'information et les informations tronquées, f(i)loutées, manipulées, qui nous arrivent sur les inquiétudes nucléaires? Ya pas de place pour deux idées à la fois dans nos ptites têtes?
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