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Commentaires

Katmandou Baltimore

On s'endort avec les victimes du tremblement de terre de Katmandou.

Derniers commentaires

Bon, avec tout ça, on n’a plus de nouvelles de Mickaël Vendetta. :(
Enfouis.
Les migrants morts dans les flots entre l’Afrique et nous sont enfouis une deuxième fois, devenant invisibles.
Les vagues médiatiques sont terribles. Aussi.
Un petit pan dans le bec pour ASI : ce n'est pas grand chose mais je trouve que ASI n'est pas très fair play en ne citant pas le Figaro dans le vite-dit concernant le PDG de l'Institut National de l'Audiovisuel (juste un lien vers l'article). Il me semble voir ici une inégalité de traitement, peut-être inconsciente, selon la source des révélations, puisque ASI cite par exemple toujours Mediapart ou le Canard Enchainé quand ils sont à l'origine des scoops (ex. : http://www.arretsurimages.net/breves/2015-03-24/Gallet-un-conseiller-en-com-a-90000-euros-par-an-Canard-id18742)
Laurence Haïm qui parle à ses collègues américains en français ? plutôt une auto-modération...

et, alors que je suis assez connectée en ce moment, je n'ai toujours pas entendu parler de ce qui s'est passé à Baltimore. Et je viens de regarder le zapping : rien rien rien. Peut-être qu'il ne faut pas surestimer notre connerie....
Oui !!! c'est dur de lire des choses comme ça , sur un sujet si douloureux , mais , en ces temps ou tout le monde est tombé sur la tête , heureusement qu'il y a des gens lucides qui viennent remettre les pendules à leur " place "..... Merci Daniel pour cette lucidité , et merci pour ce que vous faites ..... Très amicalement , Pierre .


On s'endort avec les victimes du tremblement de terre de Katmandou. On est avec les familles sous les tentes plantées dans les parcs, autour des réchauds de fortune, on assiste aux crémations à la chaîne, on est au camp de base de l'Everest menacé par l'avalanche dans la vidéo virale qui a fait le tour du monde. On est avec les touristes qui font la queue dans la panique de l'aéroport. On est avec la cellule de crise du Quai d'Orsay. On attend les répliques. On a froid, on a peur. On calcule vaguement combien de Nepalais vaut un alpiniste occidental. On s'endort quand même.
Et on se réveille dans un autre chaos. On est au milieu des voitures de police en flammes, des supermarchés pillés, des policiers blessés, des hurlements des sirènes. L'Etat d'urgence a été décrété. Le couvre-feu interdit aux jeunes de moins de quatorze ans de sortir après 21 heures. La Garde Nationale a été mobilisée, elle vient de quitter ses casernes, elle arrive. Personne ne sait comment...... > Lire l'intégralité du texte
"I guess the police they've got their troubles, too
From Baltimore to Washington
"
L'occasion de (re)découvrir W. Guthrie et sa machine à tuer les fascistes...
Sans remettre en question cette analyse sur le mort kilométrique occidental, j'ai une autre vision de ce chevauchement médiatique.
C'est dans le fait que le tremblement de terre au Népal est d'une violence extrême, mais d'une violence dont personne n'est responsable : on n'a aucun moyen de l'éviter. Peut-être qu'un jour ça viendra, mais jusqu'ici un séisme n'est ni prévisible ni évitable. C'est la faute à pas de chance.
Ce qui s'est passé à Baltimore, même si les circonstances exactes ne sont pas vraiment élucidées, c'est une violence qui a des tenants et des aboutissants, le résultat d'un processus qu'on peut décrypter, et sur lequel on peut avoir un avis.
Une sorte de catharsis qui remet tout en place.
Environ 1.000 km de plus pour Katmandou, mais pas d'Océan à traverser...

Katmandou c'est un drame de la nature, et comme toujours et partout, chaque mort est un mort de trop (je veux dire pour les humains, pas pour les médias qui en vivent, tels des vautours)

Baltimore c'est l'arroseur arrosé : des poulets qui paient enfin un peu (pas assez) leur ignominie !

Et c'est pas mal réjouissant contrairement à ce que tentent de faire croire les TV avec leurs airs catastrophés (devant des types qui ont fauché de quoi boire quelques coups...)

Enfin une bien belle occasion de relire cette magnifique chanson sur la distance et le statut... Manhattan-Kaboul

PG
Peut-être encore plus simple : Katmandou, çà commençait à bien faire, il fallait de la nouveauté.
hier soir sur i-télé suites aux émeutes de Baltimore on nous précisait qu'un policier était "inconscient"...
Ceci dit je pense que le Népal n'a pas dit son dernier mot, enfin pour les victimes occidentales car les images ou films captés sur smartphone n'ont pas finir d'envahir nos écrans (ce qui évitera à TF1 et C+ de passer des images d'immeuble égyptien qui s'effondre...)
Pour ma part en ce moment, je me couche à Athènes et me réveille à Bruxelles, ou inversement. Le sentiment qu'on approche du dernier acte. Préférais-je les tragédies grecques aux blockbusters américains ? On me dit que la tragédie grecque aussi fait quelques morts, mais c'est moins spectaculaire, c'est sur. Pour l'instant en tout cas.
Entendu sur BFN : " Le Népal est un pays montagneux". " La terre continue de trembler continuellement."
"Cette fois, ce n'est pas la loi du mort kilométrique qui joue, car Katmandou, étrangement, nous serait presque plus proche que Baltimore"

La bonne version est "loi du mort kilométrique occidental", et elle fonctionne ici très bien. On risque d'en avoir une belle démonstration si on trouve quelques Français dans les décombres.

Plus sérieusement, cette "loi" est l'exemple parfait de la prophétie autoréalisatrice. Elle sert d'"explication" pratique dès qu'une différence flagrante de traitement apparait entre deux événements. Mais elle traduirait elle-même notre tendance spontanée a faire ce genre de hiérarchies d'empathie. Bref, tout le monde trouve ça d'un cynisme achevé, mais c'est toujours de la faute de l'autre (le journaliste ou le lecteur). Et on tourne en rond.

Question certainement naïve : quand on l'évoque, on rajoute parfois qu'elle est "enseignée dans toutes les écoles de journalisme". Rassurez moi : c'est un cliché, ce n'est quand même pas vrai ?
De Baltimore en Katmandou les pérégrinations autres d'@sinautes désabusés.

Choisissons la subversion et démarquons nous sous nos titubations...
Quelle audace!
Soyons précis: Annie Le Brun.
Écouter Annie Lebrûn en ce moment sur FI
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