12
Commentaires

JO de Pékin : quand Le Monde recopie le New York Times

Derniers commentaires

Oui, la qualité de l'information du Monde peut parfois laisser à désirer.
Voir : http://formindep.org/spip.php?article171
A qui faut il plaire le plus pour survivre ? A celui qui paye pour lire ou à celui qui paye pour être lu ?
Le Monde a publié des excuses à ses lecteurs. Sans indiquer si c'est @si qui lui a mis la puce à l'oreille (la probabilité est pourtant assez forte).
En septembre 2000, j'avais déjà mis en lumière ces pratiques dans "Le piratage cousu web des journalistes français" (http://www.solest.com/index.php?id=804). Où comment on retrouvait dans Libération une traduction d'un article du Los Angeles Times.

En ce temps, libé n'avait pas daigné répondre à mes questions...
On peut toujours emprunter ce qui appartient à autrui : il suffit tout simplement de citer la source. Si Le Monde "pompe" un article sur le NY Times et ne le cite pas, il s'agit de le faire remarquer au lecteur. Et @si a raison d'insister ! Parce que le lecteur n'est pas un abruti, il peut lire l'anglais !
"Conflit de canards" entre Le Monde et le NY Times ? L'expression "Conflit de canards" est apparue dans un article du journal gratuit 20 minutes...
On retrouve le même comportement chez certains bloggueurs officiels du Monde, pratique qui est peut être plus courante dans la blogosphère sauf qu'à force l'effet d'écho devient lassant. Ainsi, le blog Bits du NYT http://bits.blogs.nytimes.com est régulièrement repris par Transnet de Pisani http://pisani.blog.lemonde.fr . Toutefois je précise que Francis Pisani cite correctement ses sources.
Ce week-end, il y a avait aussi lemonde.fr qui reprenait la vidéo du Parisien, mais depuis un lecteur exportable de YouTube et avec un bandeau noir pour cacher le logo du parisien (ça a changé depuis...)

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/02/23/pauvre-con-va-glisse-un-sarkozy-vexe-a-un-homme-qui-le-snobe_1015113_823448.html?xtor=RSS-3208
En parlant du Monde, le mot parfum peut-il être associé à relâchement...?
Que Le Monde traduise le Financial Time, ce n’est peut être pas très éthique mais quand, sous la plume d’un économiste de renom, on vous balance de la fausse information cela me parait beaucoup plus inquiétant. Et je profite de cette fenêtre entrouverte sur Le Monde pour poser la question suivante :
Eric Le Boucher est-il un journaliste incompétent ou participe-t-il, inconsciemment, à l’omerta qui règne dans l’élite française ? Ou comment transformer une bonne question en un délayage insipide qui n’y répond pas.
Derrière un titre un peu racoleur : L’Espagne n’a plus la « movida », ELB revient dans Le Monde daté du dimanche 24 février, sur une déclaration de José Luis Rodriguez Zapatero où l’Espagne serait en mesure dans 4 ans de rattraper la France en richesse par habitant --bonne question s’il en est une sur l’Espagne…et conséquemment sur la France-- et nous emmène, hélas, dans un pathos où il mélange son offuscation franchouiarde, des mensonges économiques, des rivalités politiques…Comment le lecteur peut-il se sentir informé ? Connaissant bien l’Espagne depuis 1990, car j’y vis, je peux sincèrement m’interroger sur ce que des experts économistes donnent aux lecteurs du Monde et douter des articles futurs de ELB, que je lisais régulièrement.
Revenons au texte. Le premier paragraphe semble bien parti. Il pose la question sur la possibilité de voir l’Espagne rattraper la France et on espère un comparatif sérieux, argumenté d’où se dégageraient des lignes de forces dans un sens ou dans un autre. Que nenni ! C’était une fanfaronnade de Zapatero, menacé par Mariano Rajoy (parti populaire) pour les prochaines élections du 9 mars. Ouf Bonnes gents de France dormez tranquille ! Les espagnoles ne sont pas à vos frontières.
Et on y va d’une démonstration économique foireuse mélangeant (sous couvert d’économistes de banques) données correctes et fausses comme les aides européennes…tout le monde sait que c’est la France et non l’Espagne le plus grand bénéficiaire des fonds agricoles et depuis beaucoup plus longtemps…mais quand on veut tuer son chien…Il ne précise pas également que 50 % des fonds structurels et de cohésion sont retournés vers les fournisseurs habituels de l’Espagne où on trouve au premier rang…la France ! Quant à la sous-traitance automobile, on nous parle de la raison salariale de la délocalisation pour des salaires inférieurs à 30 % à ceux de la France. Aujourd’hui le salaire minimum en Espagne est de 680 € contre 1.300 € en France…à vos calculettes si vous ne voyez pas la colossale erreur…Et je ne vous parle pas du différentiel quand les constructeurs sont arrivés bien avant que l’Espagne ne rentre dans l’Union européenne. Citroën fête cette année son 50 ème anniversaire de construction en Espagne. Renault construit à Valladolid depuis le début des années 60. Et on nous parle de délocalisation ! Déjà en 1958 ? De qui se moque-t-on ?
Puis, avec le plus grand sérieux, on écrit que l’Espagne a laissé entrer 700.000 immigrés par an depuis 2000 ! Vaya inmigración ! 5.600.000 immigrés depuis 2000 ! Alors que la totalité de la population d’origine étrangère, communautaires compris, dépasse à peine les 10 % de la population totale!
Puis on nous parle du dernier pilier de la croissance espagnole en dehors du tourisme : l’immobilier. Mais l’immobilier ce n’est que 50 % du secteur de la construction. On ne nous parle pas des milliers de km d’autoroutes, des aéroports (Madrid est le 2ème aéroport européen), des lignes de TGV (dans 4 ans quelques soit le gagnant des prochaines élections l’Espagne comptera plus de km de TGV que la France (2.230 km exactement) pour une population de 40 M d’habitants). On ne vous dit pas (on ne nous dit pas tout dirait Anne Roumanoff) que les 5 premières sociétés françaises de patrimoine immobilier sont contrôlées par des sociétés espagnoles. Qui construit la plus grande centrale solaire au monde, de 280 MW, aux Etats-Unis ? Qui construit le plus grand hôpital des Emirats ? Qui installe les systèmes électriques du plus grand tunnel européen en Suisse ?…j’arrête car la liste des sociétés espagnoles est longue.
Puis on nous dit que l’entrée de l’Espagne dans l’Euro la force à la rigueur…sous-entendu ce n’étais pas nécessaire pour la France entrée au même moment dans l’Euro. Certes, nous dit-il, la dette a été ramenée de 65 % du PIB à 43 % (soit, je précise, 20 points de moins que la moyenne européenne). Certes, nous dit-il, le budget a été en 2007 en excédent de 1,9 % du PIB, comme si cela était mineur, mais pourquoi dans le même registre, ELB ne précise-t-il pas que le secteur public espagnole représente 39 % (41 % de recettes fiscales) du PIB contre 54 % en France ? Pourquoi ne précise-t-il pas, quand il parle de l’immigration, qu’ 1 % des 3,8 % de croissance en 2007 est dû à la régularisation des 700.000 sans papiers ? (chiffre reconnu aussi bien à gauche qu’à droite, et non pas 8 x 700.000 comme cet article le sous-entend). Et que dire des 1.100.000 travailleurs irréguliers estimés? Comment peut-il parler de statistiques quand au moins 30 % de l’économie espagnole est sous-terraine (50 % des billets de 500€ sont en Espagne).
Certes il ya encore beaucoup à faire en Espagne notamment en matière de recherche et développement, d’énergie, de distribution d’eau, etc. Mais il était intéressant d’analyser si l’Espagne pouvait ou non rattraper la France, soit par son dynamisme, soit par le décrochage de la France.
Et bien je pense qu’imaginer une seule seconde l’éventualité d’un rattrapage par l’Espagne coupe les synapses de l’élite française et des journalistes qui y participent, interdit de comparer le déficit publique, la dette publique, le poids du secteur public dans le PIB, interdit de parler de l’immigration comme vecteur de croissance sinon en la caricaturant avec des chiffres faux, de l’économie black comme vecteur de consommation, du smig, du pouvoir d’achat…On ne veut pas voir et si cet article a un mérite c’est bien celui de montrer le processus de déliquescence de la pensée chez certains journalistes. (C’est pour cela que je suis abonné à @si !)
Le PIB de l’Espagne a été supérieur à celui de l’Italie pour la première fois en 2007. Le PIB par habitant de la seule Communauté de Madrid est déjà supérieur à celui de l’Allemagne ou de la France. La question du départ était donc excellente. La non-réponse sur 5 colonnes qui se termine sur le cliché de la movida de la fin des années 70, est calamiteuse.
Peut-être mais il faut surtout voir jusqu'où va le partenariat entre NYT et Le Monde. L'interessé indique que sa pratique de recopiage est régulière, on voit mal alors comment Le Monde ne serait pas au courant... Rien n'est moins sûr qu'il s'agisse d'un plagiat, j'veux dire c'est peut-être un non-événement... J'crois qu'on s'éloigne là un peu de la critique des médias pour lorgner vers l'inquisition un peu gratuite...
Tradere trahere...

Le New York Times, c'est bien ce journal dont on retrouve une mini version avec Le Monde du ouikènde, c'est ça ? Des ennemis sans doute...
No comment !
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.