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Commentaires

Je protège, tu protèges, il ou elle protège...

A gauche toute ! Pour espérer remporter le deuxième tour des primaires citoyennes, François Hollande et Martine Aubry doivent rallier les électeurs d'Arnaud Montebourg. Et quoi de mieux, pour les séduire, que de récupérer ses idées ? Illustration avec le thème du protectionnisme, cher à Montebourg. Ce mardi 11 octobre, François Hollande et Laurent Fabius (soutien de Martine Aubry) étaient les invités de France Info et RTL. Poussés par les journalistes, tous deux ont abordé le sujet.

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Pour ceux qui veulent avoir plus d'information sur l'idée du protectionnisme, pour ou contre, vous pouvez aller sur le site http://manifestepourundebatsurlelibreechange.eu/ qui a été crée par l'association 1901 du même nom et dont les membres fondateurs sont: Emmanuel Todd, Jacques Sapir, Jean-Luc Gréau, Hervé Juvin, Pierre Noël Giraud, Philippe Murer, Jean-Claude Werrebrouck, Julien Landfried, Aurélien Bernier, Bernard Conte, Bernard Gerbier, Bernard Cassen, Aquillino Morelle, Frédéric Viale, Jean-Luc Schaffhauser, Hakim el Karoui, Gérard Lafay et David Cayla.
De belles lettres au père noël tout ça.

Ils n'expliquent pas comment ils s'y prendront pour faire avancer ces idées à l'OMC ou au niveau de l'UE.
Jusqu'à présent le parti socialiste a toujours soutenu tous les traités européens, ils ont toujours promis des avancées démocratiques et sociales, et au final on constate qu'aucune de ces belles promesses ne s'est concrétisée.
Donc s'ils compent utiliser la même méthode que par le passé pour convaincre leurs homologues européens, méthode qui est visiblement trè peu efficace, on a de quoi douter fortement de leurs réelles intentions d'avancer dans ce domaine.
Les différents partis socialistes européens ou leurs équivalents ont été majoritairement à la tête de l'UE pendant la période du gouvernement Jospin, ont-ils infléchis la direction que prennait l'UE, ont-ils mis en application certaines de leurs belles promesses sociales et démocratiques ? Non au contraire ils ont parfaitement fait suivre à l'UE la même voie qui conduit au désastre actuel.

Si ce n'est pas une posture opportuniste vis à vis du score de Montebourg, cela reste néanmoins une posture opportuniste vis à vis des citoyens et de la crise, c'est à dire des promesses en l'air, sans substance, qui n'engagent que ceux qui y croient, et pas sur qu'Hollande ou Aubry y croient eux-même.
Le mot "protectionnisme" a le mérite de la clarté, et il ne signifie en rien "fermeture des frontières", comme le dit Aubry, mais l'instauration de taxes douanières. Cette dernière préfère le mot "juste-échange", qui est, en gros, ce que propose Montebourg.
Ce qui distingue Hollande, Aubry et Montebourg, c'est la vision de la mondialisation. Les deux premiers la considèrent comme "heureuse", tandis que Montebourg la considère comme irrationnelle (notamment parce que nous consommons en France des produits fabriqués par des enfants à l'étranger), et qu'il la juge responsable de la crise financière (paradis fiscaux, emprunts toxiques, subprimes, spéculation, etc...), dont Aubry et Hollande parlent peu.
Quand on vote pour un président on vote pour une vision, à ne pas confondre avec les illusions. Les deux qualifiés au second tour, n'ont pas la même vision que le jeune lion, arrivé 3e. On peut douter de la volonté de Hollande et de Aubry de changer les règles du jeu au niveau européen, car ce ne sera pas leur priorité, et donc ça ne se fera peut-être pas. Même si bien sur j'espère le contraire !
Je comprends mal pourquoi cet article, sans juger de sa qualité, se retrouve sur @si...
Je n'y décèle aucune lecture critique du rôle des médias dans l'affaire, il se contente de parler du gros titre du moment, les primaires socialistes...
pardon pour l'auto-citation, mais comme le débat a démarré sur un autre forum, mais qu'il est plutôt plus à sa place ici, je copie-colle :

"cécile clozel :

Pour prendre l'exemple de son protectionnisme [celui de Montebourg] , comme du "juste échange" d'Aubry, c'est toujours, "donnez moi le pouvoir, et je ferai". Ils se plantent : ils n'ont toujours pas compris qu'on ne change pas une société en décrétant ce qu'elle doit devenir, mais plutôt en libérant les forces de changement. Ainsi, la nécessaire régulation de la mondialisation du marché, c'est pas par un illusoire protectionnisme d'état ou d'europe, qu'on la suscitera, mais en permettant aux marchés locaux, aux marchés de proximité, aux circuits courts, et aux monnaies qui vont avec (sel, etc) de se développer — ce qui va avec le développement de l'économie solidaire, au passage. Là, il y a un potentiel de protections variées, adaptées et adaptables, ancrées dans les besoins réels, ce que ne seront jamais les mesures mégalos, avec leurs cortèges de négociations, d'amendements, de lenteurs, de contrôles et d'effets pervers.

poisson :

Rien n'empêche les circuits courts, etc. de se développer, sinon la présence de produits et de main d'oeuvre trop concurrentiels venant de pays lointains, ou proches mais lointains au niveau de la protection social...


cécile clozel :

mais si, bien sûr, il y a de nombreux empêchements. Par exemple c'est devenu très difficile pour une commune de privilégier ces circuits pour sa cantine, à cause du code des marchés publics. C'est donc un débouché important pour les producteurs locaux qui disparait...

cécile clozel :

pfffuuu...
je viens d'écrire une connerie (j'ai une excuse, ça fait pas longtemps que ça en est une), la loi a changé depuis Le décret 2011-1000 du 25 août 2011, et le critère des "performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l’agriculture" peut désormais être pris en compte pour l'attribution.
... pour les produits de l'agriculture. C'est déjà ça.

Jules :

Je crois que vous oubliez l'importance des rapports de force dans l'organisation effective d'une société. L'économie "solidaire" n'a pas seulement besoin d'être "libérée", elle a besoin qu'on s'attaque à ses concurrents qui n'entendent pas lui laisser leur place. Le monde d'aujourd'hui EST globalisé. Les marchés locaux, libérés ou pas, sont en concurrence avec les marchés non-locaux. Ils ne se développeront pas si on les aide fortement.

cécile clozel :

oh non, je ne les oublie ni ne les sous estime, justement. C'est bien pourquoi les rodomontades des candidats me font rire, jaune évidemment...
Le monde en effet est globalisé, Et je crains bien qu'un président français avec ses petits bras ne puisse pas grand chose contre les fluctuations du marché des céréales, tout protectionniste qu'il soit (ah oui, parce que, "la chine" ça fait bien dans les discours, mais c'est forcément "la chine" le problème principal...).
Je crois que l'action politique gagnerait à être un peu plus modeste et réaliste.

Je suppose que dans votre dernière phrase, il faut lire "Ils ne se développeront pas si on ne les les aide pas fortement." ?
Si c'est le cas, on est d'accord, mais je ne pense pas que cette aide consiste à instaurer un protectionnisme général, pas plus d'ailleurs qu'à arroser les producteurs "locaux" de subventions décidées entre politiques et lobbies et délivrées contre force paperasses et contrôles.
Or donc, je ne suis pas sûre que la concurrence, pour "globalisée" que soit l'économie, soit totalement homogénéisée en tout point du globe et que partout "les marchés locaux sont en concurrence avec les marchés non-locaux", en tout cas dans une concurrence anomique et uniformisée. Il y a une capacité spontanée des organisations sociales à se créer des limites, des frontières, poreuses certes mais pas partout et sur tout, et qui les protège de leur voisinage : sur la consommation ça passe par la culture, les habitudes, toutes sortes de particularismes qui résistent à bientôt cinquante ans d'attaques et de tentatives de standardisation.
Je crois qu'une bonne partie de la guerre économique a consisté, ces dernières décennies, à faire pression pour que soit mises en place toutes sortes de mesures — pas toujours tout à fait des règles de libre échange, on va dire — pour tenter d'éradiquer ces marchés locaux. On sait que le FMI a été longtemps le bras armé de cette guerre là, en Afrique en particulier. En France, la guerre des semences, l'incurie des pouvoirs publics à maintenir ou à impulser des zones commerciales qui ne soient pas dominées par la grande distribution, la réglementation des marchés publics qui prive les acteurs politiques locaux de marge de manœuvre (et ne garantit en rien la transparence de ces marchés, qui est affaire de contre-pouvoirs et non de bureaucratie), pour ne prendre que trois exemples, favorisent cet étouffement des marchés locaux.

Même si ça parait un peu besogneux et moins glorieux que de décider hop hop qu'on va empêcher la Chine de nous vendre des produits fabriqués sans respecter les droits de l'homme et du syndiqué, ces marchés locaux, parfois de petites niches, mais plus nombreuses qu'on ne croit, qui résistent, dont certains se développent, qui réinventent des règles d'échange, instaurent localement ou sur un produit particulier des formes d'équité commerciale adaptées à leurs caractéristiques propres, ces marchés locaux doivent être pris en compte, soutenus, et d'abord en reconnaissant qu'il ne peuvent relever que d'un principe de subsidiarité, et non de grandes manœuvres "globales".

En France aujourd'hui, de tels marchés pourraient se développer utilement et peut-être assez facilement dans le secteur du bâtiment, de la distribution, de l'agro-alimentaire, et de l'achat/vente de biens d'occasion — en commençant par prendre en compte ce qui se passe sur le terrain, ce que souhaiteraient vraiment les consommateurs, et comment les gens bricolent et résistent à la toute puissance du marché global.

corolaire du développement de ces "bulles" de marchés locaux ou spécifiques, les monnaies locales. L'exemple de la Banque WIR en Suisse montre que ce n'est pas une lubie irréaliste, mais bien un outil adéquat pour permettre aux entrepreneurs de garder une autonomie par rapport au système monétaire mondial. Si ces bulles monétaires étaient plus nombreuses, l'économie "réelle" serait moins dépendante du bordel financier ambiant."
Ce que je comprends surtout dans la dernière vidéo, c'est qu'ils sont tous les trois d'accord pour crier haro sur la Chine, et oublier (NOUS FAIRE OUBLIER) que ce sont des multinationales qui jouent à saute-frontières.

Le nationalisme est vraiment devenu l'opium des peuples.
"Cela ne mange pas de pain" comme on dit vulgairement. S'ils attendent le bon vouloir de l'OMC ou de l'Europe sortons nos mouchoirs. Tout réside dans le volonté de faire aboutir une idée et là franchement pour les 2 candidats et leurs soutiens il faut vraiment être naïfs pour les croire.
En politique tout réside dans un rapport de force et la volonté farouche d'aboutir. S'ils ne profitent pas d'un moment où la France (et l'Allemagne) sont encore les 2 poids lourds de l'Europe pour négocier durement autant mettre le projet aux oubliettes. Des rustines, oui ... un véritable changement et la volonté que le politique reprennent du poids face à la finance et à la concurrence déloyale mondiale, non car sinon cela se serait déjà exprimé clairement dans leur projet et leurs interventions. Il ne suffit pas que cela soit inscrit dans un programme qui sera vite oublié. Ils nous diront sûrement "parce que les aut's veulent pas !" comme le chantait Jacques Brel.
Bon courage A.M.certes tu prends date , mais si réellement tu souhaite rendre le PS à gauche , rejoints JL.M. c'est plus simple et sans ambivalence !
Le programme du PS, c'est comme la Samaritaine.

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