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J'agis pour ma planète

Du 30 mai au 5 juin dernier eut lieu la Semaine européenne du développement durable. L'événement eût sans doute marqué les consciences, s'il n'avait été parasité par de menues inondations qui lui volèrent injustement la vedette. Quoique. Cela dit, examinons l'affiche dudit événement.

Derniers commentaires

L'humanité peut détruire toute vie sur terre tous simplement en utilisant des bombes atomiques aux cobalt 60 dont l'effet radioactif dure des décennies !

Donc nous ne pouvons pas détruire la planète mais nous pouvons la stériliser !
Extrait du discours magnifique de Chef Seattle:
Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ?

Près de Périgueux: condamnés car leurs grenouilles font trop de bruit:
https://reporterre.net/Condamnes-parce-que-leurs-grenouilles-font-trop-de-bruit
Annie et Michel Pecheras habitent Grignols à quelques kilomètres de Périgueux, en Dordogne. Ils viennent d’être condamnés par la cour d’appel de Bordeaux à combler leur mare. Le coassement des grenouilles gêne leurs voisins installés à une dizaine de mètres du point d’eau.

Je n'ai jamais été gênée par le coassement des grenouilles, j'en garde même la nostalgie. Régressions imbéciles dans presque tous les domaines.

Suppression des zones humides; les technocrates croient que les bassins de rétention vont les remplacer. Travaux coûteux et inefficaces.
Ce n'est pas si souvent que l'on peut lire que la Planète se moque pas mal du réchauffement climatique et c'est plutôt l'humanité ( voire la vie sur Terre) qui est menacée.

Merci pour cette analyse, merci de repositionner le problème.
En com', on dirait sans doute qu'il faut un panel représentatif pour voir si ça fonctionne.
C'est bête mais le possessif a quand même mécaniquement un certain impact, c'est un peu la différence entre "sauver un enfant" et "sauver mon enfant".
Et puis un tas de gens ne se soucient guère de "la planète", c'est vague, abstrait. Leur jardin ils connaissent, mais "la planète" ?, et après eux le déluge, ce ne sera plus leur planète, aux autres de se démerder.
J'admire aussi beaucoup le texte de Chef Seattle.

Et d'autres textes:
La conversation ne commençait jamais tout de suite, ni de façon précipitée. Personne ne se hâtait de poser une question, aussi important cela fût-il, et personne ne se hâtait de répondre. La politesse exigeait que l'on se laisse le temps de réfléchir avant et pendant la conversation. Chez le Dakota, le silence avait un sens et le fait qu'il accorde un espace de silence à l'orateur et se réserve son propre moment de silence avant de parler respectait la pratique d'une véritable politesse et la règle selon laquelle" la pensée naît avant la parole".

Luther Standing Bear( 1868?-1939)
Chef Sioux Oglala.

Si seulement journalistes et hommes politiques pouvaient s'en inspirer, eux qui ne respectent souvent pas la politesse la plus élémentaire consistant à ne pas couper la parole à l'interlocuteur.
1. J'agis pour MA planète, slogan inepte s'il en est. Car cette boule bleue n'est pas TA planète, non, tu n'en es pas le propriétaire. Tu y es juste de passage, l'espace d'une respiration : « La terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre », disait le chef Seattle dans un célèbre discours.

2. Tu veux agir pour cette planète qui ne t'appartient pas, d'accord. Tu ambitionnes, dans ta grande magnanimité, de la sauver de l'Apocalypse. Sauf que la Terre n'a pas besoin de toi, misérable petit vermisseau. Elle a connu des cataclysmes bien plus importants que la pollution actuellement générée par les hommes, elle y survivra. Toi, en revanche, tu crèveras irrémédiablement.

3. Aussi, quand tu dis « J'agis pour MA planète », en vérité tu penses « J'agis pour MOI ».

Oui, oui et oui! Un discours qu'on aimerait entendre plus souvent. Bravo, monsieur Korkos.
Nous sommes en 2016 et l'écologie est aujourd'hui partagée par tous (même Total fait du greenwashing). Mais il fut un temps où l'écologie était partagée par des militants. J'avais dix ans quand j'ai découvert ce texte du chef indien Seattle, il était sur la porte des toilettes. De couleurs jaune et noir, édité par Greenpeace.

Aujourd'hui, n'importe qui peut reprendre une photo de la Terre, écrire un slogan et se plaindre de la hausse du prix du carburant dans la même journée. Je trouve que c'est heureux que ceux qui en furent les pionniers, les lumières, les concepteurs soient reconnus dans leur paternité, même juste le temps d'une chronique d'Alain Korkos :-)

"Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?"

"J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister [...] Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent."

"La terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre"

1854-2016 : 162 ans après ce discours, l'homme blanc a fait la COP21. La COP21, n'est-ce pas l'organisation du début de la survivance ? Si seulement le grand chef indien Seattle avait pu écrire le préambule de cette conférence !
Leconte de Lisle :
Poèmes Barbares

Solvet seclum

Tu te tairas, ô voix sinistre des vivants !

Blasphèmes furieux qui roulez par les vents,
Cris d'épouvante, cris de haine, cris de rage,
Effroyables clameurs de l'éternel naufrage,
Tourments, crimes, remords, sanglots désespérés,
Esprit et chair de l'homme, un jour vous vous tairez !
Tout se taira, dieux, rois, forçats et foules viles,
Le rauque grondement des bagnes et des villes,
Les bêtes des forêts, des monts et de la mer,
Ce qui vole et bondit et rampe en cet enfer.

Tout ce qui tremble et fuit, tout ce qui tue et mange
Depuis le ver de terre écrasé dans la fange
Jusqu'à la foudre errant dans l'épaisseur des nuits !
D'un seul coup la nature interrompra ses bruits,
Et ce ne sera point, sous les cieux magnifiques,
Le bonheur reconquis des paradis antiques,
Ni l'entretien d'Adam et d'Ève sur les fleurs,
Ni le divin sommeil après tant de douleurs ;
Ce sera quand le Globe et tout ce qui l'habite,
Bloc stérile arraché de son immense orbite,
Stupide, aveugle, plein d'un dernier hurlement,
Plus lourd, plus éperdu de moment en moment,
Contre quelque univers immobile en sa force
Défoncera sa vieille et misérable écorce,
Et, laissant ruisseler, par mille trous béants,
Sa flamme intérieure avec ses océans,
Ira fertiliser de ses restes immondes
Les sillons de l'espace où fermentent les mondes.
l'affiche sur les cacas de chiens est vraiment tordante de rire :)
Organismes associés à la semaine du développement durable:
http://www.developpement-durable.gouv.fr/-La-semaine-europeenne-du-.html
Parmi eux: Orée.
http://www.institut-economie-circulaire.fr/Oree_a201.html
Entreprises associées à Orée:
http://www.institut-economie-circulaire.fr/Entreprises-Eco-organismes-SEM-EPIC_a179.html
On remarque la présence de coca-cola. Qu'en pensent les paysans indiens privés d'eau et acculés au suicide pour que soit produit ce breuvage?
Le mot "développement" fait partie de la famille des "concepts opérationnels", c'est-à-dire des mots positifs mais vides de sens, inventés par le capitalisme pour le rendre irréfutable.
Partant de là, "développement durable" = "capitalisme durable", c'est donc un oxymore.
La démonstration complète est ici :

http://www.dailymotion.com/video/xt3661
Oui, la planète n'est pas à moi. Mais n'est-il pas paradoxal d'utiliser pour le démontrer l'image de l'univers et de son évolution la plus appropriée par l'homme du XXIième siècle?
Magnifique, ce discours de chef Seattle; j'en ai les larmes aux yeux, même s'il s'agit sans doute d'une pluritraduction.

Merci de l'avoir fait découvrir.
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