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Jacqueline Sauvage : que disent ses procès ?

Soulagement général, après la "remise gracieuse partielle de peine" accordée par Hollande à Jacqueline Sauvage

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L'inacceptable, pour moi, dans ce procès, c'est l'attitude de l'avocat général. Celui-ci a promis aux jurés, si le jugement rendu est la condamnation, que la coupable ne ferait que 2 ans de prison et bénéficierait très vite de la liberté conditionnelle. Or, l'assassinat de premier degré est assorti d'une peine de sureté de 5 ans incompressible, empêchant toute remise en liberté conditionnelle. Donc il a menti délibérément.

Comment, dans ce cas, peut-on parler de justice populaire lorsque les jurés sont influencés de la sorte ?

D'autre part, comment expliquer que le martyr de cette femme et de ces enfants ait pu durer 47 ans ? Les actes criminels du mari sont restés impunis en partie car non signalés par les médecins qui ont reçu Jacqueline Sauvage aux urgences, par exemple (elle y est passée au moins 2 fois ces dernières années). Et les professeurs ? Les médecins traitants ?? N'y a t-il pas eu des manquements de la part de ces professionnels ? C'est la question que je me pose, car s'ils avaient agi, on n'en serait peut-être pas arrivés à cet acte extrême.

Par contre Jacqueline Sauvage est pourtant bien coupable, et cela personne ne l'a signalé : elle n'a pas protégé ses enfants. C'est pourtant le devoir légal d'un parent. C'est à ce titre qu'elle aurait dû être condamnée selon moi.
Robert,

Je viens de suivre la démarche.
Surprenant en effet.
Sais-tu que tu as une réponse à 6h29 du 03/02/2016?
Je te la laisse découvrir.

Mystère que tout cela...
S'il n'y avait pas la vengeance, nous ignorerions jusqu'à l'idée de légitime défense. ( Anaxadocle).
Un avocat dit ce matin dans la radio "déplorer que les femmes se contentent trop souvent de déposer une simple main courante" ;
Bilger avocat de référence n'est-il pas !, oublie de relever que c'est le seul choix que l'on donne ... trop souvent , lorsqu'elles osent entrer au commissariat , à la gendarmerie . Sans leur préciser la différence entre une plainte qui va déranger tant de braves gens dans leur carrière-pépére et une main courante que l'on va pouvoir jeter au fond d'un tiroir ou dans la corbeille de l'ordinateur .

On parle d'ajouter des lois ... qui existent et que l'on n'applique pas , par manque de volonté ou de moyens , ou pire , par ignorance volontaire ou pas .
Ou de procureurs dignes de ce poste .

On la voit cette femme qui arrive devant un tribunal ! , et à elle , à elle seule on demande de se plier à la loi ...
C'est Niet!
Tu subis des violences pendant 40 ans, parait-il (j'ai rien lu, sinon entendu en diagonale les bla bla sur le sujet)
Tu n'as jamais trouvé la force, le courage de dénoncer. Et le jour où tu trouve la force c'est pour assassiner?
Et il faudrait gracier le meurtre.
10 ans c'est pas cher payé...
Je vois cette grâce comme un précédent inquiétant qui pourrait faire jurisprudence . Car désormais tout un chacun peut se faire justice lui-même
La grâce présidentielle tout comme l'allégeance à la nation (comme me l'a rappelé un autre forumeur ailleurs)* sont des joyaux de la Royauté que la République a conservé tout comme nous conservons les œuvres d'art pillées par fait de guerre ou cadeau forcé. Le plus amusant était la grâce des contraventions, un immense moment de félicité nationale après la division et la haine des élections, et surtout quelques mois préalables où les conducteurs s’autorisaient les pires atteintes au code de respect de la voie publique, se parquant allègrement sur les emplacements interdits.

Je dois avouer qu’ayant pris connaissance et m’étant informé sur les 47 années de violence et de viols répétés subis par l'accusée et ses filles, j'ai signé la pétition qui s'en est allée demander la clémence de nostre roy, et que je n'ai pas été le dernier à me réjouir que nostre Seigneur ait autorisé la valetaille de justice a prononcé la grâce qu'il a donnée (car apparemment celui qui signe la grâce n'est point notre roy mais un juge condamné à le faire).

Maintenant Daniel Schneidermann a instillé le doute (il a tout à fait raison de le faire) et il est vrai que deux jurys populaires ont condamné la dame mais que la crainte que tout le monde en vienne à se faire justice, et surtout comme l'a dit son avocate, son incapacité à faire comprendre l'horreur que la vie lui a réservée, et d’autres pressions certainement, aient conduit ces deux jurys à ne pas comprendre tout comme le faisait remarquer Bourdieu dans cette émission d'@SI qui l'opposait à Jean Marie Cavada, Guillaume Durand et Daniel Schneidermann, les manipulations exercées les uns sur les autres à un niveau d'inconscience. Car si les pétitionnaires ont été vite en besogne, les autres aussi, y compris l’auteur de cet article peut-être.

J’hésite à signer des pétitions d’autant qu’il en tombe autant que de spams, et qu’avant de signer celle-ci et une ou deux autres, j’ai lu tout ce qui s’y rapportait, ou tout au moins beaucoup. Et là en l’occurrence, j’ai « jugé » que les « preuves incontestées » (à savoir 47 ans de violence, des viols répétés sur elle et sur ses filles, et un mec dont les voisins nous disent qu’il était si violent qu’on s’attendait à ce qu’il abatte quelqu’un) m’ont paru suffisamment « tangibles » pour ne pas maintenir cette dame derrière les barreaux et lui faire bénéficier de cette grâce, à l’heure où les femmes sont chaque jour victimes de meurtre du fait de violences conjugales. Sans pour autant excuser ce crime dont elle a déjà été condamnée.

Pour finir sur une « sentence » d’un autre ordre, la déchéance de la nationalité est une déchéance nationale, une déchéance de la Nation. Comme la vieillesse qui est on dit un naufrage.
Bravo, cher DS, pour ce commentaire juste et éclairant.
Voilà le Daniel Schneidermann que pour ma part je préfère, habile à débusquer les lambeaux de "vérité” cachés sous le flot des propagandes habilement médiatisées, avec la complicité des médias. Et comment ne pas saluer l'intelligence de François Hollande, pour avoir su aux moindres frais possible au matraquage auquel lui-même et la République ont été soumis…
Il faut attendre Faites entrer l'accusé(é) pour avoir des explications.
Il y a quelques éléments gênants dans cette sordide affaire, et le mélange politique / justice ne fait pas bon ménage.

- deux procès en assise ce n'est pas rien comme l'écrit Daniel. Pour avoir assisté à un ou deux procès du genre (notamment un infanticide dans le milieu des gens du voyage) je peux vous certifier que c'est quelques chose qui reste gravé en mémoire.

Le juré populaire reste sans doute l'un des derniers "outils démocratiques" dans le sens où ce sont des citoyens lambdas tirés au sort qui prennent une décision très lourde de conséquence. Le principe de la grâce présidentielle (qui va donc à l'encontre de la décision "populaire") doit faire réfléchir sur ce que cela implique comme conséquences.

- Il faut garder à l'esprit que le principe de "légitime défense" est peut être en voie de modification. Il y a quelques temps les syndicats policiers ont réitéré des demandes à ce sujet. Cette décision s'inscrit dans un contexte.

- S'ajoute la baisse de popularité de Hollande et de son chien de combat... et il y aura toujours un doute que le "pourquoi" de cette décision.

Autant je comprends le combat "féministe" et le fait que les associations se soient jetées sur ce dossier, autant je me méfie des gens qui pensent défendre une cause sans en connaitre "tenants et aboutissants". Ce n'est pas quelques tweets ou quelques posts facebook qui doivent orienter la justice.

Bien évidemment, à chaud, je serai le premier à m'insurger... mais quelques secondes de réflexion et je constate que je ne sais rien de l'affaire et des "protagonistes".
J'ai tendance à faire un minimum confiance à un jury (2 ici) de femmes et d'hommes qui s'isolent temporairement pour examiner les faits... et moyennement confiance à une décision "politique" dans la société que nous connaissons.
[quote=Daniel Schneidermann]S'il y a des coupables idéaux, il n'y a pas de victime parfaite.

Courageuse prémisse adversative obligeant à de soigneuses précautions en matière de déductive application... L'imparfait du second adjectif dans sa négative universalité requiert la plus fine attention à la particularité de chaque cas considéré. Et devoir rigoureusement distinguer décision de justice et conclusion* de pensée. Jurisprudence n'est pas formule de solution finale.

*Flaubert toujours bon à rappeler: La bêtise consiste à vouloir conclure. Ce qui ne signifie pas qu'elle soit facile à écarter comme, parmi les rares à s'en inquiéter, Deleuze sut nous le signifier dans: Différence et répétition notamment.
"les cartouches étaient stockées dans la chambre" !....
10 ans pour ça ??
combien pour l'inceste !
combien pour les viols, les insultes à répétition !
combien pour les non assistances à personnes en danger (mère et filles !) pour la marée chaussée et les "services de l'Etat" !..
"ah oui mais là ma pov'dame c'est juste le procès de celle qui a tiré dans le dos ! faudrait voir à pas tout mélanger non mais !!..."

47 ans de martyr !
47 ans de honte, de culpabilité, de souffrance due aux tirs, quotidiens, sans doute, à la kalach verbale d'un tyran domestique, sur des êtres au narcissisme fragilisé par ce harcèlement !!
ne boudons pas cette (fragile) avancée : il y a peu c'était la femme qui, systématiquement, passait pour folle hystérique dans la société dès qu'elle osait dire, à peine, ce qu'elle avait à supporter !!
mais le combat continue !
trop de femmes aujourd'hui acceptent encore de se faire traiter de "malades" "sales putes" "salopes" ou autres joyeusetés sans oser réagir parce que le bourreau dans le conjugal se fait passer pour la victime dans le social !!
une violence verbale est une violence conjugale !!

la justice avance avec les prises de conscience de la société !!
alors secouons nous la tête pour bouger nos neurones et faire avancer encore et encore les mentalités, pour que plus aucune victime n'ait besoin d'aller jusqu'à ce passage à l'acte fatal !
...ne jamais se taire pour n'avoir jamais à commettre l'irréparable !!...
Pour comparer avec une affaire récente (5 ans avec sursis requis pour un tir dans le dos policier, et même pas accordés) c'était la sévérité de la peine et pas la condamnation le problème. Comme le disait l'avocat général, justement, de cette affaire, l'essentiel est de préserver le principe même si cela n'interdit pas de ménager l'humain (ce que le jury ne fit donc pas). Si on ne veut pas que tous les bijoutiers de Nice considèrent avoir un permis de tuer il faut bien s'en tenir à une délimitation stricte de la légitime défense.
Par contre dans l'affaire Sauvage, à l'inverse, l'humaine fut complètement oubliée, qui aurait pu avoir une peine juste symbolique puisqu'elle ne semble pas représenter de danger pour la société.
A l'arrivée je trouve la décision de FH logique d'accorder une remise gracieuse mais non une grâce. Mais une meilleure issue aurait été un parquet prenant d'avantage le contexte en compte et ne requérant que du sursis ou une peine de quelques mois. Et à part ça ce qui interroge surtout dans cette histoire c'est ce qui a permis à son mari d'être encore en liberté et non éloigné d'elle pour qu'elle le tue, après 40 ans de plaintes et récidives de sa part.
Comme toujours lorsqu'il s'agit de justice et de faits divers, Daniel est très pertinent. Merci pour ces infos.
Le live-tweet de la journaliste de France Inter Corinne Audouin, qui a assisté au second procès, semble bien accessible (https://twitter.com/search/?q=%23Sauvage+from%3Acocale&ref_src=twsrc^tfw), non ?
Cet épisode amène effectivement à réfléchir. Quelques exemples :
- le droit de grâce présidentiel : sans aucun doute une survivance de la monarchie, mais certainement la moins nuisible. Ce serait bien qu'on s'interroge sur d'autres survivances beaucoup plus inquiétantes mais moins dénoncées, comme le droit de faire partir le pays en guerre sans même à devoir en informer le parlement.
- le fonctionnement de la Justice : qui décide de la Cour d'Appel où sera rejugé le procès? Quand on voit les différences de jugements selon les cours d'appel ... Et, justement, pourquoi ces différences? Pourquoi Aix ou Nîmes (par exemple) condamnent plus lourdement que d'autres?
- l'influence des magistrats professionnels au sein des jurys dits "populaires"?
- etc ...*

(*) Plus anecdotique (quoique) : l'usage du terme "remise gracieuse", jusqu'à présent réservé aux remises de dettes, surtout vis-à-vis du fisc.
Bonjour

Pour info le live tweet me semble encore (au moins en partie ) disponible https://twitter.com/search?q=%23sauvage%20from%3Acocale&src=typd&lang=fr
Saisir #sauvage from:cocale dans la barre de recherche de twitter
Si l'on se réfère à la définition de la légitime défense dans le droit français, la condamnation de J. Sauvage était tout à fait logique. Mais bon, on reconnait bien la légitime défense pour des policiers dans des circonstances similaires...

C'est tout de même préoccupant de ne pouvoir compter que sur une grâce présidentielle, c'est à dire un arbitraire total, pour atténuer des dysfonctionnements sociétaux criants, qui ont conduit au geste de J. Sauvage. 40 de sévices, multiples visites aux urgences, plaintes pour viloences refusées par la police, plaintes des voisins, etc. Cette grâce présidentielle met le mouchoir sur ces problèmes, qui n'intéressent que les féministes, ces personnes qui n'ont pas assez réagi aux agressions de Cologne.
Bonjour
Ce week end est le summum de la stratégie molle de notre roi.
Il n'a pas gracié Jacqueline Sauvage mais "accordé" une "remise gracieuse partielle de peine" histoire de ne froisser personne et de ne pas se mouiller.
Idem sur le retour inopiné du juge dans la décision de déchéance de nationalité qu'il maintient à corps et à crie pour satisfaire la droite aveugle mais en y mettant une petite touche de sucre pour faire croire qu'il a entendu les réserves des institutions nationales et internationales.
A vouloir diriger l'Etat comme il dirigeait le PS, tout est mou… et les perspectives ne sont guère encourageantes lorsque l'on voit où en est le PS !!!
J'ai signé la pétition en son temps.

Il y a préméditation, certes, préméditation sans doute vieille de plus de vingt ans.
Cette histoire de cartouche montées de la cave trois jours avant est donc accessoire.
On nous aurait menti ? Pas tout dit ?
Et de notre côté, on n'aurait pas vraiment essayé d'approfondir, de comprendre, cédant à l'émotion, à l'indignation ?
Faisant confiance, aveuglément, aux arguments des instigateurs de la pétition ? C'est possible.
Mais il est trop tard. On a signé.
Et la mise en liberté d'une femme battue, meurtrière d'un mari violent et incestueux reste, malgré ces doutes, une bonne nouvelle.
Bravo pour cette intéressante chronique.
aujourd'hui ou tout le monde parle de mesure symbolique a propos de la decheance de nationalite , bien peu évoquent celle de la grace présidentielle.

Cette affaire souligne combien il est grand temps de remiser ce pouvoir monarchique dans les caves de l'histoire ( comme les cartouches de madame Sauvage )
Jacqueline Sauvage a été sauvée du terrorisme, de la déchéance de nationalité, de la violence de cette fin d'année 2015, c'est le sens que l'on peut donner à cette machine médiatique de soutiens qu'a couronné une grâce présidentielle.

On appelle cela racheter ses pêchés. Elle a bon dos, la République Française.
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