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Impôts : "le gouvernement, dans l'improvisation permanente"

La France est-elle entrée en insurrection fiscale? Des bretons qui refusent l’écotaxe aux plaintes bruyantes des clubs de foot, de recul en suspension du gouvernement, on peut se poser la question. Au-delà de la fronde, le système fiscal français, de niche en exemption, va-t-il encore chercher l’argent là où il est vraiment, là où il est juste d’aller le chercher? Est-il encore adapté à la structure des revenus des français et notamment à la répartition entre revenus du travail et revenus du capital? Pour y répondre, deux invités: Thomas Piketty, directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’école d’économie de Paris qui vient de publier Le capital au XXIe siècle, et Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS et membre de l'Ecole d'économie deParis, jésuite et auteur de l’ouvrage Illusion financière.

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C'est dommage que certaines publications ne peuvent donner de discussion forum. Du coup, je le fais ici vu que la dite publication, sur le fait que certains livres ne sont pas lus jusqu'au bout renvoi ici.
http://www.arretsurimages.net/breves/2014-07-07/Piketty-les-non-lectures-demasquees-grace-a-Amazon-id17669

La méthode décrite par l'auteur de la publication est fondamentalement fausse. Pourquoi? Pour trois raisons:
1- Comparer un roman avec un livre d'économie/sociologie est fallacieux:
- un roman se construit et donc les éléments marquants réellement se trouvent à la vie de l'ouvrage, d’où un surlignage tardif.
- un bon livre de sociologie ou d'économie, quand on le lit, surligneur en main, se surligne dès le début au fur et à mesure que l'argumentaire avance, le truc, c'est qu'un vraiment bon livre, et bien fini par être surligné très vite à 90%... Ce qui fait que l'on arrête de surligner. C'est ce que l'on fait en pratique: surligner pour lire en se donnant un sérieux et arrêter de le faire, parce que l'on arrivent pas à se limiter dans le surlignage. C'est du vécu. Selon Amazon et co, je n'ai pas lu jusqu'au bout des livres que j'ai pourtant dévoré.

2- La deuxième erreur, c'est de croire que la majorité des livres sont lus sur une liseuse et d'en tirer des conclusions générales et de considérer que le public en général est identique dans son comportement à celui, particulier, des gens qui lisent sur une liseuse. Pour tout dire, le lecteur libre lit sur papier. Justement parce qu'amazon profile les lecteurs sur ses liseuses.

3- le choix du surlignage est étonnant: il serait plus judicieux de noter soit le temps total passé avec l'ouvrage ouvert sur la liseuse, soit le parcours effectif de toutes les pages. C'est tellement facile et utile à scorer que cela m’étonne qu'Amazon ne le fasse pas sur ses liseuses. et surtout, c'est tellement plus pertinent que le surlignage pour savoir si le livre est lu et relu jusqu'à la fin! Le nombre d'ouverture du fichier aussi serait pertinent, pour identifier les relectures!
Avaaz a lancé hier, 14 novembre, une pétition pour permettre à l'administration d'enquêter plus facilement sur les montages fiscaux des multinationales. L'intérêt de cette pétition est de montrer que la population est sensibilisée au problème: 100 000 signatures en une journée.

http://www.avaaz.org/fr/robin_des_bois_a_l_envers_d/
Je constate que personne sur le plateau n'a jamais regardé ses tickets de caisse. S'ils l'avaient fait, ils auraient pu constater que le taux de TV y est inscrit pour chaque article... Ceci dit, je vérifie toujours les prix sur mes tickets de caisse, car je constate qu'une fois sur trois, il y a une erreur, et toujours en ma défaveur !!! J'imagine que c'est pour tout le monde pareil, mais comme personne ne regarde, ce sont les supermarchés qui s'en mettent plein les fouilles.
Une séquence bien précise illustre parfaitement pourquoi le libéral que je suis qui est d'accord sur le diagnostic et même sur une partie des solutions (simplifier l'impôt) ne pourra malgré tout pas travailler avec les trois personnes sur le plateau. On montre un homme d'âge mur qui vient d'hériter et qui cherche à limiter son ISF. Un conseiller fiscal lui indique la niche PME qui permet de réduire l'ISF. Retour plateau, le journaliste demande "Comment faire en sorte que la bonne nouvelle de ce monsieur devienne une bonne nouvelle pour l'Etat ?".

Etant libéral, le fait que la première question posée soit que cet événement devienne une bonne nouvelle pour l'Etat me semble relever d'un différent philosophique irréconciliable.

Mais ensuite qu'aucun des deux invités ne relève que cette personne a déjà payé des frais de succession sur son héritage et donc que l'Etat a déjà eu une sacrée bonne nouvelle suite au décès de cette personne, alors que nous sommes sensés avoir en face de nous deux économistes spécialistes de la fiscalité, là je n'en reviens pas. Et malgré mes recherches, pas un intervenant du forum pour voir passer cet oubli. Je n'ose imaginer que Thomas Piketty ne sache pas que les frais de succession existent, donc malheureusement pour moi la seule explication de cette séquence est que les socialistes - au sens classique du terme - qui sont les seuls présents sur le plateau sont tellement obsédés par leur quête de transformation de l'argent privé en argent public qu'ils en oublient les plus criantes évidences.

Si vous voulez que nous nous rejoignions, oublions deux minutes l'Etat et posons-nous la question qui pourra faire consensus entre nous, "Comment faire en sorte que la bonne nouvelle de ce monsieur devienne une bonne nouvelle pour la société?" (et pas l'Etat, bande d'obsédés). Que vous soyez libéral ou marxiste ou keynésien, le capital existe. Et le rôle de la science économique étant d'utiliser au mieux les richesses, quelle que soit votre école de pensée économique, vous devez vous demander comment utiliser au mieux le capital, et ce qui que ce soit qui le possède. Un point sur lequel toutes les théories économiques se rejoignent est que le capital ne doit pas être dormant, inutilisé ; pour optimiser les ressources, un logement doit être occupé, une terre arable cultivée, de l'argent investi pour créer de l'activité. Pour que le capital hérité par cette personne soit une bonne nouvelle pour la société, en dehors de la pure bonne volonté et connaissance des rouages économiques de ce monsieur, si l'Etat veut diriger son comportement pour l'intérêt général, il faut que l'imposition sur le capital le force à faire travailler son capital plutôt que de le laisser dormir.

Or il se trouve que, bien imparfaitement je vous l'accorde, la loi telle qu'elle est faite aujourd'hui l'incite très exactement à cela ! Sur une petite part du capital, certes, avec une complexité bien trop élevée, certes, mais l'intention est la bonne et c'est déjà pas si mal. Et ça non plus, ce n'est pas relevé par les deux économistes du plateau.

Je suis donc parfaitement d'accord pour simplifier l'impôt, ne serait-ce que pour rendre sa collecte efficace et arrêter de payer des fonctionnaires pour le plaisir d'implémenter des règles plus complexes les unes que les autres et les rediriger vers des tâches plus productives pour la société, mais si on ne s'entend pas un minimum sur le but qui doit être le bien de la société - et pas du sacro-saint Etat - nous n'arriverons jamais à nous y mettre ensemble.
Fallait-il inviter Gaël Giraud ? Si effectivement des choses intéressantes ont été dites, Piketty a monopolisé outrageusement la parole sous le regard admiratif de DS. Sympa Gaël Giraud qui avait sans doute pas mal de choses à dire mais n'a pu que regarder passer les trains. Sa dernière intervention, timide, pour parler de mesures préventives impératives pour éviter d'autres catastrophes l'on montré, il avait de quoi intervenir. Avec Piketty l'analyse est sûrement bonne mais les solutions (car il en faut une pour conclure) relève du YAKA se mettre d'accord sur le plan international relève d'un discours convenu sans aucune véracité à court terme, (peut être dans un siècle ou deux) et sans doute lui-même n'y croit pas mais il faut bien proposer quelque chose
. En attendant on fait quoi pour "l'avenir de nos enfants" comme on a coutume de le répéter en boucle ? J'aurais aimé entendre davantage G Giraud sur le sujet. L'éditeur de T Piletty a dû être content de cette émission, une belle promo, de bonnes ventes en perspectives ici et ailleurs
Thomas Piketty et Gaël Giraud parlent d'une règle aux Etats-Unis qui empêche, régule l'optimisation fiscale sur les "prix de transfert". Quelqu'un peut-il m'indiquer une source pour que je puisse comprendre le mécanisme ?
Merci d'avance.
Youcef
oupsy ...
Bonjour bonjour,

Je vis dans un pays nordique qui n a que 2 orteils fébriles dans l Europe .
Ici l impot - directement prélevé sur sur mon salaire - est de 50 % pour env 7000 E / mois .
Pourcentage qui varie bien sur selon le montant of course...Ca monte s ou ca descend .

MAIS ....
Les entreprises ne payent aucune charge patronale...
Les "politiques" sont concidérés comme des salariés payé avec l argent des citoyens

Dans le domaine du privé :
- Ils payent des impots au même poucentage que les citoyens
- Ils payent; s ils en ont les moyens; ou louent un logement a leur frais.
- Il s achete leur propre bouffe, Clio[*], fringues, bidules, aux mëmes tarifs que n importe qui.

[*] puisque on parlait écologie, ici les véhicules sont taxés a 180% . Le entreprises ne payent pas cette taxe.
Donc Clio x 3 = Austin Mini interieur cuir
Austin mini x 3 = Porsche interieur cuir
Porsche interieur cuir x 3 = char Leclerc
(Ca marche aussi avec les motos ...)


Dans le domaine du publique :
- Les comptes banquaires des partis politiques sont consultables par chaque citoyen
Une femme (ministre je crois) a acheté un bouquet de fleur ou une robe avec la carte du parti sans
rembourser la somme ... elle fait un autre métier maintenant ...

Un homme (ministre je crois) a acheté les services d un taxi pour faire 200 bornes et trouver des cigarettes ...
... bah lui on ne sait pas trop ce qu il est devenu .....

Prestations sociales (attention accrochez vous a votre souris) :
- Si vous avez payé env 100 E/mois d assurance privée chomage pendant que vous travailliez (minimum 1 an) vous percevrez
90 % de votre salaire pendant 2 ans (Bah oui comme une conne personne ne m a prévenue lorsque je suis arrivée...)
donc j ai un :

- RSA équivalent a 1800 E / mois (- env 300 euros d impots [**]/ mois) (Prestation acquise en 20 mn)
[**] : Cette année les impots m ont reversé env 3000 E parce que je ne travaille plus (a suivre). Auparavant, le cadeau Bonux etait
de 1000-1500 E / an.

- APL a minima si assurance (sus citée) non payée (quelle quiche), mais equivalent a 400 E / mois (Prestation acquise en 1 hr )
sinon equivalent a votre loyer dans la limite de 2000 E / mois environ.(mais quelle Kiche)
- SECU : Vous êtes malade, tant pis restez chez vous et ne revenez pas travailler tant que vous ne vous sentez pas bien parce
que sinon vous allez rendre malades vos collègues et tuer la boite. Cette dernière vous paiera normalement et intégralement
ces jours non travaillés. Aucun papier a signer et votre boss ou cheftaine vous souhaitera un bon retablissement sincère.
- ETUDIANTS : Non seulement la FAC est gratuite mais vous recevrez par mois en salaire les 1800 E sus cités (si vous avez
de bonnes notes) ...et oui

BREF , FRAUDE FISCALE QUASI NULLE . ET TOUT LE MONDE EST TRES HEUREUX DE PAYER DES IMPOTS CAR TOUT
CET ARGENT PRIS A LA SOURCE EST TRES TRES BIEN REDISTRIBUE ET DE MANIERE TRANSPARENTE.

La je viens de vous parler de tout un systeme qui est basé sur la transparence et la confiance entre les citoyens, patrons et
politiciens (que vous pouvez croiser en velo, ou sur un palier, et avec lesquels vous pouvez discuter du bout de gras).

L exemple doit venir des politiciens, tant que ces derniers vivront a l oeil et travailleront de manière distante sur leur taux de
cholesterol, ne se bougeant les fesses que pour aller serrer des mains au Marché aux Touffes de Tatawill-Les-Maisons-breles
il ne faudra pas s étonner que des capitaux ou des personnes prennent la poudre d escampette à l étranger.

Voilà :-)

SKÅL !!
1h23 de discussion sans aborder une seule fois la question de l'enjeu de la fiscalité écologique. Des hypothèses comme "le basculement des régulations" sont aujourd'hui sur la table. Ici, rien… C'est tout de même troublant. On a l'impression que le contexte est le même que dans les années 20', 50, ou 80' (sur le fond). Or, le "contenu écologique" des revenus peut permettre de participer de cette nouvelle "narration" dont parle Piketty. Aujourd'hui, plus on travaille, plus on est solidaire entre humains, plus on détruit les écosystèmes sur lesquels reposent toutes nos richesses. Pzut-on résoudre l'équation: être plus solidaire (pas la fiscalité au sens large), plus on renforce les écosystèmes. Il existe déjà des solutions sur la table théorique et des pays sont entrés dans cette phase. Ici, ce débat est totalement occulté. J'en suis encore tout troublé...
Sur la question de l'impréparation, de l'improvisation et des reculades successives: Piketti fait l'hypothèse que, pendant les dix années où ils ont été dans l'opposition, les socialistes n'ont pas travaillé. Ce serait bien étonnant, alors même que, internet en fait foi, des tas de gens travaillent actuellement tous azimuts pour mieux comprendre la politique. Je crois que l'explication est autre: ils ne sont tout simplement pas d'accord sur des choses essentielles. Si on y ajoute le fait que certains sont très disposés à se soumettre aux pressions des lobbies, et aussi qu'il ne faut pas (trop) mécontenter ses alliés de peur de voir exploser la majorité, et pas (trop) mécontenter les différents courants internes de peur de voir exploser le parti lui-même.... ça explique bien des tergiversations.
Au bout de quelques minutes de l'acte 1 de l'émission j'ai arrêté. Peut-être aurais-je dû continuer à la visionner mais c'est au dessus de mes forces. En effet déjà sur France Inter M. PIKETTY tenait le même discours à savoir que le gouvernement est dans l'impréparation et l'improvisation. Et bien non. Ce gouvernement est composé d'individus intelligents ( très pour certains, comme lui ) et cultivés et par conséquent la politique qu'ils mènent était prévue et est délibérée. Ils ont fait le choix de l'injustice fiscale et de la continuation, de l'aggravation même, des politiques précédentes. Quant aux prétendues nécessités des contraintes européennes, mondiales ( et pourquoi pas intersidérales ) c'est une fois de plus une manière élégante d'organiser l'enterrement de 1ère classe de tout progrès social.
Peut-on faire l'imagination une seule fois que ce discours techno qui surplombe le quotidien à la dérive de millions de citoyens les enfonce un peu plus dans la désespérance ?
Emission passionnante, avec un GG égal à lui-même (cad très très bien), et un TP un peu monopolistique.
En fait, GG aurait sans doute plus à apporter à une émission sur les banques, la monnaie et l'UE, au vu de son parcours et de ses spécialités.
Un grand grand bravo pour cette émission particulièrement réussie !
Et mille mercis d'avoir laissé vos invités aller au bout de leur raisonnemment, sans les interrompre. Cela devient si rare...
Bonne continuation!
super émission, quel plaisir d'écouter Piketty et Giraud !!
merci Daniel et Anne-Sophie d'inviter de bons chercheurs... et de les laisser s'exprimer !
Bonsoir,
dommage de n'avoir pas fait parler plus longuement Gaël Giraud,
il semblait avoir pas mal de truc à dire (notamment sur la transition écologique), mais finalement la star Piketty à un peu "trusté" le temps d'antenne.
Solide et bonne émission dans l'ensemble
Bertrand
Concernant la proximité de Piketty avec le PS, je suis étonnée par ses réponses évasives.
Je me souviens qu’il était très proche de Ségolène Royal lors de sa candidature à l’élection présidentielle.
On le voyait souvent avec elle à la tévé dans des débats poulitiques.
Un poil longuette cette émission tout de même.
Tout à fait passionnant sur le rôle de l'impot dans une démocratie et les propositions pour mettre fin à l'évasion et l'optimisation fiscales et pour qu'une véritable solidarité soit instaurée.
En revanche, cette idée de mutualisation des dettes en Europe que Piketty défend depuis longtemps me parait assez absurde. Elle implique qu'on ne remette absolument pas en cause ni l'origine des dettes des états ni la nécessité de rembourser tous les créanciers. Il faudrait rembourser sans se poser de questions. Or il y a beaucoup de questions à se poser avant de décider qui doit être remboursé et qui ne doit pas l'être. Autre chose : tant que les états ne pourront emprunter QUE sur les marchés financiers, alors ils seront complètement dépendants des marchés.
Ces deux facteurs (obligation de rembourser la dette dans sa totalité et obligation d'emprunter sur les marchés) rendent très aléatoire pour un état la maitrise de sa politique budgétaire. Comment un impôt qui servirait à rembourser des milliards à un système bancaire prédateur pourrait-il être "juste"?

A part ça, le gouvernement n'est pas dans l'improvisation. Il a une politique très claire : mettre en oeuvre tous les dogmes des politiques néolibérales. C'est ce que Hollande appelle "garder le cap". Il suffit de regarder quelles sont les mesures sur lesquelles il a réculé et quelles sont celles qu'il a maintenues. Ce n'est pas de l'improvisation, c'est le choix de ne pas résister à certains lobbies, comme le lobby bancaire ou le Medef.
Dites moi, y avait-il bien deux invités sur votre plateau ?
Gaël Giraud est resté mains jointes ou bras croisés et bouche cousue pendant (presque) toute l'émission.
Il a parlé surtout pour dire qu'il était d'accord avec Thomas Piketty, au demeurant intéressant bien que bavard, et tout de même pour donner des infos essentielles sur les projets de banques centrales des pays du nord et le problème des prix de transfert. Ah! j'oubliais le scoop Méadel.

Très peu de choses sur le futur Grand marché Transatlantique alors que, là, les américains ne semblent pas être dans l'improvisation !
[quote=anne-sophie jacques]Soyons clair : nos deux invités ne prônent pas la révolution.


"Les pensées qui changent le monde arrivent à pas de colombe" (Nietzsche). La révolution fait mieux encore: "vieille taupe" (Marx citant Shakespeare) que rien n'arrête en son surprenant chemin. Ainsi aujourd'hui est-ce en la construction de l'Europe, dont les États-Unis n'auront jamais été que le prolongement anticipé, que se joue souterrainement le sort de la révolution devenue effectivement mondiale. D'où l'étonnant: que ce sont les apparents ennemis du "capitalisme" (notion idéologique qu'il faudra bien un jour distinguer de la réalité du capital) qui travaillent à son réactionnaire maintien nationalitaire, et les plus ou moins apparents - mais pas tous inconscients - partisans de "l'économie sociale de marché" qui oeuvrent pour son contraire: un monde sans domination.

L'émission Piketty-Giraud de cette semaine constitue ainsi l'antidote parfait à l'émission Sapir-Mélenchon.
Merci pour cette émission foisonnante, irrésumable, en total contraste avec la soupe médiatique.
Finalement, on est + proche de la révolution fiscale de 1789 que des années 30...

Petite erreur d'Anne-Sophie sur la série des reculades : la contribution sur l’excédent brut d'exploitation EBE concernait les entreprises de plus 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Les Pigeons n'étaient pas vraiment les plus concernés. Du coup, retour à une hausse supplémentaire de l'impôt sur les sociétés, dont les très grandes entreprises -par optimisation fiscale en mettant leurs plus-values hors du pays- vont encore tirer leur épingle du jeu!

Dommage de ne pas avoir approfondi plus le problème des niches fiscales.
Très bonne émission, je l'ai vu deux fois. Entièrement d'accord avec les intervenants : la période d'opposition du PS n'a pas été mise à profit.
Quel dommage d'avoir deux invités qui tiennent le même discours, et de ne questionner à aucun moment sa validité...
Surtout que sur un plan personnel, je trouve la vision de Picketty bien trop simpliste... L'économie dans le monde de oui-oui
Ce qui est étonnant avec Thomas Piketty, depuis toutes ces années où on peut suivre sa pensée et ses travaux, c'est de ne jamais savoir où il est... ce qu'il pense... Ce type m'égare totalement. Il entérine (et semble totalement l'assumer) la dérégulation généralisée initiée dans les années 80 et passée au stade industriel depuis 15 ans ("on va tout de même pas revenir à du protectionnisme !" bah bien sûr ! quelle horreur !), mais il indique tout de même qu'il faut y revenir (accord entre Allemagne, France et Italie pour imposer des droits de douanes sur les produits d'exportation Suisse... faudrait détailler, mais en gros, c'est une idée stupide puisque les paradis fiscaux n'ont à offir, principalement que leurs services financiers. Mettez 30% de taxe sur leurs montres, ceux qui les achètent n'aiment rien tant que les payer encore plus cher pour épater la galerie... bref). Le tout en occultant les forces politiques réelles à l'initiative des ces dérégulations et qui sont plus que jamais à la manoeuvre !

C'est bien beau de déplorer que l'Union Européenne soit comme elle, c'est bien beau d'indiquer les mesures qu'on pourrait prendre dans ce cadre pour "rectifier le tir", mais la seule conclusion efficace à tirer n'est-elle pas la suivante : les traités successifs que nous avons signés au fil du temps ont été imprégnés d'une ligne politique très claire, ultra-libérale, et ceux qui les ont voulu ainsi sont encore à la manoeuvre, en place, et agissants. S'ils avaient voulu une Europe régulée, plaçant la protection sociale ou une répartition plus efficaces des richesses au coeur de ses traités, ça se saurait, ça se verrait. Le constat est là : gouvernements de droite ou de gauche, sur tout le continent, rien n'y a fait : les textes contraignants des traités, qui nous ligotent, qui régissent totalement la vie des Etats et de leurs peuples, sont inspirés par la droite ultra-libérale et les lobbies industriels et financiers. C'est hallucinant d'en attendre une "marche arrière" illusoire"... Einstein le disait il y a 50 ans : on ne règle pas un problème avec les concepts qui ont servi à le produire ! C'est vraiment "l'impensé" de Piketty. Et pourtant, il l'a sous les yeux, l'élément de conclusion, et il l'élabore à plusieurs reprise : l'accroissement patrimonial des 1% d'européens les plus riches n'a jamais été aussi important, débordant, métastatique ! Ceux-ci sont à la fois les instigateurs ET les bénéficiaires du système. Et comme le dit Lordon : "On a jamais vu un pouvoir constitué en place dire à ses opposants "les mecs, on fait une dernière teuf et on vous laisse les clés" ! Un pouvoir ne se bat retraite que lorsqu'il s'oppose à un pouvoir plus fort que lui. Point. Voir par exemple la volonté politique de Roosevelt en 33.

Il est étrange Piketty... il navigue comme dans un no man's land, un "entre deux" conceptuel, entérinant le bien fondé des tenants et aboutissants de la dérégulation tout en souhaitant un retour à "une certaine régulation"... en occultant l'aberration de l'euro (et ses effets dévastateurs) qui oblige des pays aussi différents en matière de structures macro économiques, industrielles, sociales, fiscales, démographiques, politiques, historiques (tout !!!) que la Slovénie et l'Allemagne... que la Finlande et Chypre, à avoir la même monnaie, le même taux de change externe... qui empêche toute politique monétaire ou toute dévaluation fine, bref, qui empêche tout amortisseur des différentiels de compétitivité, et accessoirement, tout choix stratégique et défense des intérêts du pays.

Louis Gallois, lorsqu'ils dirigeait EADS avait dit, lors d'une conf de presse à la fin des années 2010: "Je peux faire tous les efforts de compétitivité que je veux au sein de l'entreprise, il suffit que l'euro s'apprécie de 10 % par rapport au dollar, et EADS perd immédiatement 1 milliard d'euros !"... et je rappelle que le peg euro-dollar a évolue entre 0.85 et 1.60 !!! Ca vaut vachement le coup de tirer des plans sur la comète pour évaluer l'opportunité d'augmenter ou de baisser de quelques pouillème les charges sociales pour "aller chercher la compétitivité avec les dents" ! Une petite fluctuation du cours de l'euro et en trois jours, deux ans d'efforts sont réduits à néant !

Je ne comprends pas que Piketty ne parte pas du principe qu'on ne peut élaborer des idées économiques et politique opérantes qu'en partant des réalités. On peut toujours souhaiter que les 28 Etats de l'Union, que les bientôt 18 Etats de la zone euro (entrée de la Lettonie dans 8 semaines... enfin, s'ils ne font pas machine arrière. Me suis laissé dire qu'ils y vont à reculons, mais bref) dans un cadre décisionnel bloqué, un imbroglio politique inextricable, parviennent à des accords (à l'unanimité, rappelons-le, lorsqu'il s'agit de modifier les traités) allant dans le sens de ce que souhaite Piketty. Mais enfin Bon Dieu ! puisqu'en 56 ans, et même lorsque nous étions seulement 12, on n'est jamais parvenu à quoi que ce soit qui aille dans le sens de ce que souhaite Piketty (une priorité donnée à une Union politique, sociale, fiscale AVANT la dérégulation économique, la disparition de toutes les protections douanières, la libre circulation des capitaux, marchandises et services dans un but évident de dumping social généralisé, et j'en passe), on voit mal comment et pourquoi un consensus tel que celui qu'il appelle de ses voeux et dont il nous dit qu'il est "simple", "pas compliqué", pourrait advenir. C'est irréaliste ! C'est remettre entre les mains de celui qui t'a cassé la gueule le soin de te soigner ! Et attention, si ce consensus devait miraculeusement advenir, en mettant au pas tous les lobbies de la grande banque, de la haute finance, de l'industrie mondialisée qui est à l'initiative du marasme social, c'est pas dans 5 ans qu'il faut y parvenir ! Ce sera trop tard. C'est dans les 18 mois... évidemment. On n'imagine pas les Grecs, les Portugais (dont on ne parle jamais mais dont près de 200 000 à 300 000 ont émigré vers le Brésil, l'Angola, le Mozambique... en quatre ans ! Sur 9 millions d'habitants !), même les Espagnols (et tant d'autres) tenir encore longtemps comme ça...

Enfin, je suis troublé par les incantations bibliques, voire christiques de Thomas Piketty... j'ai compté : à près de douze reprises, il nous a annoncé la "bonne nouvelle"... Oh juste ciel ! La bonne nouvelle ! Quelle étrange expression... la dernière fois que j'ai entendu l'invocation de la bonne nouvelle, c'était lorsque Woerth, Bertrand et Fillon justifiaient l'augmentation du nombre d'années de cotisations pour partir à la retraite (conformément aux ordres venus du commissaire Klaus Regling à Bruxelles en 2003) ... "La bonne nouvelle, c'est qu'on vit plus vieux" ! Il suffit de creuser un peu avec Friot, Lepage, Filoche et quelques autres pour réaliser à quel point, lorsqu'une telle injonction débarque dans le débat, la couleuvre est mahousse derrière... mais il faut l'avaler toute crue. Que des bonnes nouvelle monsieur Piketty. Merci, on en avait besoin....
Bonjour
2 petites remarque sur l'analyse de Piketti sur la non préparation des Pseudos Socialistes aux décisions à prendre dès l'élection (et même après) :
Tout d'abord, je pense que c'est volontaire et dans la ligne de TINA. A quoi bon réfléchir sur des mesures économiques alors que des centaines d'économistes préformatés ont une solution infaillible : réduire les budgets publics, baisser les impôts, réduire le nombre de fonctionnaires, lever les règles sociales… Il n'y a qu'à lire leurs nombreux bouquins pour ça. Mieux vaut s'occuper de la constitution de son cabinet et de prendre conseil auprès des banquiers.
Ensuite, plus ça va, plus je m'en convainc. Dans le libéralisme ambiant, il est certain que les fonctionnaires de Bercy sont eux aussi préformés au néolibéralisme. Les décisions sont dictées par une doxa pré-écrite. A cet égard je vous invite à lire le billet de Paul Jorion sur l'audition par le parlement européen de 2 membres de la troika. Edifiant.
Cette émission fait quelques rappels utiles, à mon avis.
Mais il y a une erreur grossière dans la présentation, et qui n'est pas démentie dans l'émission.
50 % du revenu national sert à financer la puissance publique
C'est faux. Ce taux de 50% (en fait 47% actuellement) représente le total des prélèvements obligatoires.
Le taux des impôts et taxes (donc pour le financement de la puissance publique) est d'environ 19%. Et contrairement à ce que dit T.Piketty, le montant global des impôts et taxes, ramené au PIB, a diminué depuis 40 ans.
Voir ici.

Malheureusement cette erreur grossière est très souvent commise (encore entendu sur France Inter cette semaine).
On embraye sur "Les impôts sont trop élevés en France, c'est insupportable", et hop on nous cite les 47%, de plus en le comparant aux taux de prélèvements obligatoires d'autres pays ... ce qui n'a strictement aucun sens.
Je soupçonne que cette erreur soit volontaire dans certains cas, en vue d'alimenter un "déconsentement" à l'impôt.
J'ai bien apprécié l'émission.

Toutefois, les invités sont très compétents en économie, mais j'ai un peu l'impression qu'en matière moins politique que géo-politique, ils rêvent les yeux ouverts: le rapport entre les pays et leurs cultures ne saurait se résumer à leurs échanges commerciaux et à des divergences macro-économiques rationnellement résorbables... L'histoire des nations est un torrent tumultueux, et non un long fleuve tranquille. La guerre entre puissances a disparu de notre continent (sauf de manière froide) depuis 60 ans mais la crise de l'UE montre que l'unification tant voulu par l'UE n'a su venir à bout des divergences socio-culturelles à la base de ladite économie.

L'idée, rationnelle et raisonnée, que les grandes zones économiques puissent se mettre d'accord pacifiquement sur un impôt du patrimoine, ou que les nations européennes puissent parvenir à une union politique efficace par une annulation de la concurrence fiscale est la solution idéale sur le papier, pensable au sein de l'université; mais l'Europe est aujourd'hui vomie par ses citoyens (cf., pour la France et les pays bas, le referendum 2005) : le bonheur tant promis est un cauchemar pour bon nombre d'entre eux; et les Allemands n'ont peut être pas envie d'assumer le rôle coûteux qui leur échoirait, celui de leader d'une Union politique après vingt ans de sacrifices (coût de la réunification+réformes assassines de Schröder). Quant à l'entente mondiale sur un échange d'information et une fiscalité sur le patrimoine...il suffit de constater l'efficacité des G20 pour voir que les belles paroles sont la norme, et que la coopération est impossible dans un monde-OMC où la fiscalité est une arme essentielle de la guerre économique. Et l'apaisement ne saurait venir alors qu'il faudrait ajouter l'arme de la politique monétaire, dont abusent les Etats Unis en raison de la suprématie du dollar, et que refusent les Européens, en raison de la faiblesse institutionnelle (politique) de la zone Euro...
Le rôle d'arrêt sur image est-il de porter un regard critique sur l'ensemble des médias ou de se joindre à elles pour critiquer le gouvernement et Hollande ?
Excellent choix d'invités
Ils sont super optimistes 1 % de croissance, peu de chance que l'Europe revoit ce niveau avant très très longtemps. Pour rappel,
Taux de croissance Temps nécessaire au doublement du volume de l'économie (ans)
0,1 693
0,5 139
1 70
2 35
3 23 (la croissance mondiale pendant plus d'un siècle)
4 18
5 14
10 7 ( la chine pendant les années 90 )

Ah oui, je suis surpris que des économistes peuvent croire encore qu'on va ramener les marchés financiers à la raison, ils ont atteint les limbes bien avant 2007, les chiffres d'encours laissent rêveurs www.youtube.com/watch?v=Aw8769D6_GQ Aucun politique ne prendra le risque de siffler la fin de la partie, surtout lorsqu'on voit la politique mise en œuvre par les banques centrale américaine, japonaise et anglaise en matière de fuite en avant.
De plus, le nouveau président de la banque d'Angleterre a annoncé l'abandon de toute réforme du secteur http://youtu.be/zvzgMYRiCZg?t=6m . Oups RIP rapport Vickers . Je sens que la loi Dodd-Frank va connaitre un avenir similaire.
La Reine Rouge est en marche personne ne pourra l'arrêter.
ne pas dire que les socialistes n'avaient pas travaillé - mais que des primaires est sorti celui mis en avant par la presse (normal, o n'est pas obligé de suivre surtout hors PS et même à l'intérieur) et qui n'a pas participé au programme et ne l'acceptait que du bout des lèvres (comme la surprise de penser qu'il l'acceptait peut-être au Bourget, alors que ça n'était pas spécialement ce qu'on avait compris)
Je crois que nous avons été nombreux à être catastrophés de ce résultat, en pensant que, comme en Italie, ce serait la mort de la gauche.
Reste à se consoler grâce à ce qui apparaît du programme UMP.
Et puis c'était cuit le soir de la première rencontre avec Merkel.
Ce sont les pas tout à fait 3O% du PS qui ont le pouvoir et tordent les bras des autres.
Je résume l'émission avec cette phrase de Picketti : "les conditions budgétaires dans lesquelles vous vous trouvez vous mettent devant un principe de réalité"

En gros, oui du fric il y en a, oui on aurait pu faire des tas de choses, mais tout de même n'oubliez pas que c'est la crise, hein…

Je me fais chier et je sais que je suis assez maso pour revisionner l'émission, histoire d'être sûr que j'ai bien compris ce qu'il y a à comprendre…
Un détail (sans rapport avec le sujet, mais je saute sur l'occasion pour signaler une erreur de langage très fréquente et que personne ne signale) : dans la phrase d'Anne-Sophie Jacques (à propos de Juliette Meadel) " Elle vient de se faire débarquer au prétexte qu'elle a attaqué un peu trop violemment le gouvernement", le mot "prétexte" est employé improprement.
Un prétexte n'est pas une vraie raison (fût-elle injuste). C'est au contraire une fausse raison qu'on invoque à la place d'une vraie , qu'on veut cacher.
Ce n'est pas parce que je ne suis pas d'accord avec une décision que la cause de cette décision est un prétexte.
Erreur surprenante dans la bouche d'Anne-Sophie qui fut, dans une vie antérieure, spécialiste des mots sur @si.
Un débat qui fait du bien. On sent que l'expertise de Piketty et de Giraud leur permet d'être nuancés, compréhensibles, avec une bonne distance à leur objet... Tranquilles. Ils posent des problèmes et non pas des vérités. cela contraste avec l'hystérisation générale des
" débats"que les médias proposent.
Parfois je me demande comment Francois Hollande fait pour tenir et faire face à la meute. Invectives, insultes, propos lapidaires, moqueries, cynismes.... Voilà comment je perçois les émissions sensées rendre compte de l'actualité. Alors voilà, aujour d'hui on a autre chose à ASI et encore une fois ça fait du bien!!!
Bonne émission mais je trouve qu'on survole, et que finalement on oublie la composante politique de ce débat.
De pourquoi les politiques en place ne mettent pas en œuvre ces solutions. De savoir si ceux-ci en sont même capables, dans le sens où cela va à l'encontre de l'intérêt de nombre d'entre eux.
Si les politiques fiscales appropriées ne sont pas mises en place, ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas comment faire. Il semble plutôt qu'ils ne veuillent pas les mettre en place, quelque soit le bord de l'échiquier politique d'où ils viennent.
Le problème du système fiscal actuel vient d'un problème du système politique actuel qui est lui aussi "cassé" et ne représente pas ses citoyens.
Alors... 2 bonnes émissions la semaine dernière, une émission économique cette semaine

GROSSE AMÉLIORATION

Petit bémol : Dommage que ce ne soit pas Anne-Sophie Jacques qui soit au commande :-D
Très bonne émission, et D. Schneidermann très agréable j'ai trouvé et je tiens à le dire, merci !
On se moque de mes fautes de français :-D

[quote=Bracam]Très bonne émission, et D. Schneidermann très agréable j'ai trouvé et je tiens à le dire, merci !
Très bonne émission, et j'ai trouvé D. Schneidermann très agréable, je tiens à le dire, merci !
Contre Yoda et sa façon de s'exprimer quelque chose vous avez ? :-)
Merci donc ;-)

[sub]Ou donc ornicar merci[/sub]
Hum, la pub en début d'émission c'est normal...?
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