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Haïtiens, forcément pillards

A croire que les séïsmes secouent aussi la fange de nos préjugés

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D'accord, le mot "pillard" est apparu bien trop tôt, et il y a sûrement des aspects nauséeux dans notre complaisance à entendre parler de pillards à Haïti. Mais il ne faudrait pas non plus, au nom des bons sentiments, être victime d'un déni de réalité. Pour plonger dans la réalité haïtienne, mieux qu'un reportage de France 2 ou un éditorial de Libération, je vous invite à parcourir l'impressionnante galerie photo du New York Times.

Nota : pour ceux qui ne le sauraient pas, looter signifie "pillard" en anglais.
Pour la regarder :
C'est <<< ici >>>, mais débit difficile à cause du nombre de connexions.

http://www.haitimediatele.com/
Haïti a été si durement touché par une catastrophe naturelle si effroyablement soudaine et dévastatrice que le pays et sa capitale Port-au-Prince sont complètement détruits et que "le monde entier" dans la mesure des moyens de chacun, se passionne et se mobilise pour cette cause humanitaire que nous serons tous d'accord pour qualifier "d'urgence humanitaire" comme pour le Tsunami en Indonésie, en décembre 2004.

Haïti semble aux abois, dans un état d'extrême faiblesse. Sa population, très pauvre et affamée, est au bord de l'émeute et pour compliquer un peu la situation politique, le pays est en plus victime dans les premiers jours d'après catastrophe, d'un abandon et d'une absence de pouvoir qui ce fait, de jour en jour, bien visible.

Fortement lié à l'Espagne depuis 1492 puis à la France aux environs de 1600 et aux USA depuis presque un siècle Haïti est un pays au passé politique par conséquent extrêmement mouvementé.

La présence d'une "autorité" internationale y est indispensable.
Elle aura pour tache de faire respecter les lois et l'ordre a l'intérieur des frontières du pays et surtout de coordonner les secours, d'apporter les moyens humains, technologiques et financiers nécessaires à la survie, à la santé de la population ainsi qu'à la reconstruction des infrastructures de l'île et du logement de toute sa population.
Cette "autorité" aura aussi pour tâche de remettre en place le système politique afin d'instaurer dans ce pays un régime politique "stable et indépendant" garant de sa propre sécurité à coté la république Dominicaine, de Cuba, de Porto Rico, de la Jamaïque ou encore du Venezuela, du Nicaragua ou du Honduras, un peu plus éloignés.

Les états unis d'Amérique, représentent une assez jeune nation en rapport à l'histoire d'Hispaniola. C'est sous bien des aspects une nation qui se dit philanthrope et désireuse de rétablir la démocratie à tout prix dans le monde, mais aussi une nation soucieuse de conserver sa prépondérance sur ce même monde.
C'est enfin l'unique force militaire au monde capable de mobiliser plus de 12000 hommes de troupe pour se porter au chevet d'une nation pauvre ( uniquement par altruisme? ).
Le gouvernement américain a spontanément offert son concours. Du fait de l'ampleur et de la technicité des moyens mis en oeuvre, ils semble avoir décidé de prendre en charge la complète sécurisation des zones sensibles. Ces zones sont essentiellement liées au voies d'approvisionnement (air/mer), à la remise en état des installations des nations unies et aux télécommunications. Ils ont pris en charge l'organisation de certaines opérations humanitaires (fouilles, largages héliportés, distribution d'eau...). Ils ont rapidement déclaré officiellement qu'ils resteraient "le temps nécessaire".
Un grand nombre d'autres pays ainsi qu'un bon nombre d'organisations non gouvernementales ont d'ores et déjà envoyés des moyens "à l'ampleur de la catastrophe" se heurtant parfois à une décision unilatérale ou arbitraire de la part de cette puissante nation.

Pour chacun de nous dans le monde, qui avons donné de l'importance à la détresse de ces gens, qui avons donné de l'argent, qui avons priés, qui nous sommes souciés de l'existence de ces gens, il est indispensable de s'assurer que l'ensemble des dons provenant du monde entier soient utilisés pour l'amélioration de l'économie, de la santé, de l'éducation, du cadre de vie, des différentes institutions nationales... et ceci sans arrières pensées militaire ou politique, sans volonté de profit ou de pouvoir.
Il est indispensable de s'assurer que les Haïtiens conservent leur capacités à l'autodétermination de leur propre avenir, qu'ils reçoivent les moyens de reconstruire des logements qui respectent leur propre mode de vie, qu'ils aient les moyens de conserver leurs traditions et particularités, et qu'ils aient le temps pour cela.
Le temps de la real politique va vite revenir, assurons nous qu'a ce moment, les haïtiens ne nous soient pas redevables de quoi que ce soit, afin qu'ils soient en capacité d'accepter ou de refuser des propositions qui iraient à l'encontre de leurs intérêts.
Soyons aussi vigilants sur la gestion et l'utilisation des dons que nous avons tous fait de manière désintéressée...
les Haïtiens connaissent la famine, ont vécu les ravages des cyclones, et aujourd'hui ceux d'un tremblement de terre !
ils meurent de tout !
et la communauté internationale (?) prête à leur apporter leur aide tombe sur......l'armée américaine (voudraient-ils récupérer cette île en attendant Cuba ??) et la main-mise amerlocaine sur l'aide : http://www.legrandjournal.com.mx/actu-monde/incident-franco-americain-a-laeroport-de-port-au-prince

la police haïtienne, (peut-être payée par ces mêmes américains car les seuls à avoir encore des costumes bien repassés !!) ne trouve rien d'autre à faire qu'à arrêter la population à la recherche de vivre quand ces mêmes vivre sont détournés par les américains, dès l'aéroport (?), vers les îles alentours.....

bref tout cela sent particulièrement mauvais !
et l'humanitaire façon états-unis ne laisse rien présager de bons pour l'avenir politique de cette île !
à ce sujet, je pense qu'il est toujours bon de rappeler les interventions humanitaires des états-unis pour sauver les différents peuples de la planète, et surtout leurs conséquences ;
et un des derniers exemple, l'intervention en Afghanistan pour sauver le peuple afghan de la misère et de l'obscurantisme : http://actualite.portail.free.fr/monde/18-01-2010/operation-commando-des-taliban-en-plein-kaboul/)
Un article de Bill Van Auken : http://www.wsws.org/francais/News/2010/jan2010/haus-j18.shtml
J'ai pour ma part appris la nouvelle de cette catastrophe à l'aube du jour de sa médiatisation par France Info qui évoquait déjà des scènes de pillages... alors que toute information approfondie sur ce sujet était de fait encore impossible étant donné l'état du réseau haïtien à cet instant.
Ce qui m'a le plus choquée cette nuit , après minuit, je ne sais plus sur quelle chaîne du satellite, LCI sûrement pour être aussi nulle, c'est qu'une journaliste sur place parlait de pillage, de coups de fusils, que ce n'était pas étonnant puisque la prison qui abritait de dangereux voyous, (ce n'était pas le mot employé,) avait été détruite, et que finalement ce n'était pas étonnant que ces gens se conduisent mal, que la population avait peur, et qu'il faudrait bien à un certain moment que l'armée intervienne. Tout cela avec une tête de juge suprême de fin du monde, et insinuant, vous m'avez comprise, la guerre civile à venir.

Pour le reste, la malédiction et tutti quanti, j'avais vu une excellente émission en direct de France Ô, 24 heures après le séisme, avec des Haïtiens invités, expliquer pourquoi on ne pouvait parler de malédiction. Que les Haïtiens sont dignes et courageux et solidaires les uns des autres, tout ce que j'ai à dire sur ce point c'est que je les envie ....

OUblier d'ajouter "que se passerait-il dans une grande ville en France si pareille chose arrivait". Les Français se conduiraient-ils comme de gentils bisounours en attendant que quelqu'un s'occupe de leur sort, ou se piétineraient'ils les uns les autres ? Quelqu'un s'est posé la question ? J'entends d'ici les extêmes-droitistes, me traiter de raciste anti-blancs, et jen ai rien à foutre.
Je suis très touchée de ce texte de DS, qui exprime très bien le malaise que je ressens depuis plusieurs jours devant l'information venue d'Haïti.
Vendredi soir, je crois, sur France Inter, dans l'émission "Et pourtant elle tourne" : le journaliste à Paris posait des questions au reporter sur place sur les fameux pillages ... et le reporter témoignait de la dignité, de l'abattement et du désespoir des personnes rencontrées, disait qu'il se sentait en sécurité dans les rues de Port au Prince, et qu'il n'avait pas été témoin de ce genre d'actes.

Le journaliste a repris la parole pour conclure qu'avec la diminution des réserves d'eau et de nourriture, les pillages ne devraient pas tarder... je ne retranscris pas les mots fidèlement, mais l'idée était là.

J'ai trouvé cela abject.

Très mal à l'aise aussi en entendant que les secouristes français se consacraient en priorité au déblayage de l'hôtel pour touristes étrangers. Bien sûr, une vie ne vaut une autre, mais j'aurais trouvé plus digne que les moyens soient consacrés en priorité aux écoles et aux hôpitaux.
Principalement, le fait de parler de pillages, donne une tres bonne excuse pour faire venir les militaires, qui seraient les seuls capables de fair revenir un semblant d'ordre.

Mais une fois que l'armee est sur place ...

Or si l'on ecoute les equipes internationales sur place, la grande majorite est en fait surprise du manque de violences annoncees : il y en a bien entendu, mais apparement pas autant que les medias voudraient nous le faire croire.
Daniel vous radotez . Haïti par ci , Haïti par là .
"Et un petit bout d'Haïti ma petite dame?" non
Franchement ca suffit !! On en bouffe déjà suffisamment
des images de tout ses vautours de médias qui viennent
verser leur larmes de crocodiles sur les Haïtiens .
Nous savons l'horreur , les pillages , le chaos ect ..
N'en rajoutez pas ! Faites votre travail ! N'y a t-il pas d'autres
faits importants de part le monde ??
Depuis quelques jours une question me taraude : pourquoi les chaînes de télé du monde entier envoient-elles autant d'envoyés spéciaux (3 équipes par exemple pour France 2) ? Cette présence me parait d'une part démesurée et correspond à la volonté de faire du spectacle plutôt que d'informer.
D'autre part, ne peut-on pas considérer que ces équipes prennent des places sous des tentes ô combien précieuses pour le locaux, et prennent également de la nourriture et de l'eau, qui sont trop rares pour l'instant? Je sais qu'il est important de faire savoir, mais les chaînes ne pourraient-elles pas se montrer plus raisonnables? N'y a-t-il pas des possibilités de mutualiser les moyens de diffusion, avec d'autres chaînes nationales, ou francophones ?
3 équipes, soit au moins 12 personnes pour France 2, on multiplie par 3 avec TF1 et F3, voire aussi M6 (je ne sais pas je ne regarde jamais!), ça fait déjà une bonne cinquantaine de personnes, soit 100 repas par jour... Bon je sais, je suis un doux rêveur... mais suis-je le seul à penser ainsi ?

Parallèlement, les belles histoires du bon journaliste qui intervient pour sauver des vies (ce matin sur F. Info) me paraissent totalement déplacées. D'une part, le rôle d'un journaliste est d'informer, pas de se mêler. D'autre part, même si on sait que c'est un peu le chaos sur place, il y a des associations spécialisées dans l'urgence qui travaillent sur place. Vous imaginez la tête d'un médecin urgentiste, qui n'a pas dormi depuis 4 jours, face à un "gentil" journaliste faisant pression pour soigner "son" malade ! LAISSEZ LES BOSSER et ORGANISER LEUR BOULOT !!!

J'éprouve énormément de compassion pour le haïtiens, comme bon nombre d'individus lambda sur la planète. Je ne pense pas que les équipes de télé (je pense surtout à cette journaliste télé, correspondante de F2 aux USA, qui annone ses textes comme si elle parlait à des débiles profonds) éprouvent les mêmes sentiments. La course à l'audience me débecte.

Enfin, dernière réflexion sous forme de provocation : 150 millions de dollars pour Haïti. 78 milliards pour les banques... Choisis ton camp camarade...
Encore ce "séïsme". J'avais réussi à faire corriger le "vite dit" de G. Klein vendredi, mais si le patron s'y met...
Haïti, la malédiction
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/01/14/haiti-la-malediction_1291437_3222.html

La Nouvelle-Orléans ou Sodome et Gomorrhe
http://www.hebdo.ch/rita_katrina_les_etatsunis_et_la_colegravere_de_21425_.html
Je vais être hors sujet mais personnellement je serais plus intéressé par un décryptage des informations nous venant d'haiti que par ce type d'article.
En effet, ne serait il pas intéressant de mettre en parallèle l'influence que veule avoir, garder, reprendre les pays comme les états unis et la France avec leur effort humanitaire?
N'est il pas étonnant que l'une des premières demandes d'un état comme la France soit de discuter avec les états unis et autres de la reconstruction (en clair discuter du partage des reconstructions entre nous)
Dans la même veine, n'y a t il pas un parallèle à faire avec le traitement médiatique de l'aide américaine vu de France (notamment sur la gestion de l'aéroport).
Et allez pour la bonne bouche, n'est il pas incroyable que nos sauveteurs soit toujours sur l'hôtel Montana (un 5 étoiles), que l'aide international se concentre sur le sauvetage des personnes dans les bâtiments internationaux, est il crédible qu'il faille plusieurs jours pour se rendre compte que des zones éloignés soient encore plus touchées par le séisme (n'ont ils pas de satellite pour s'en rendre compte?)
Je pense que ceux qui veulent me comprendre sauront ou je veux en venir.
DS en grande forme et grande acuîté intellectuelle.

A GIHER

Sans vous vouloir vous offenser, je crains que vous n'ayez pas bien saisi le raisonnement.
Le terme de malédiction renvoie à est un état de malheur inéluctable qui semble imposé par une divinité, le sort ou le destin. Il se trouve dans le mot le sens de punition : la divinité dit (diction) le malheur (male) en punition d'une grave faute.

Le mot est donc associé à une responsabilité initiale de ceux qui sont victimes de la malédiction. Ils sont coupables a priori. Et dans le cas de Haïti, il est probable que ce que nous leur reprochons inconsciemment, c'est d'avoir été indépendants de nous et d'avoir été les premiers à abolir l'esclavage dans la région. Le mot "malédiction" fait ressortir le sens de faute initiale sans qu'on y prenne garde. Les mots sont chargés de sens qui vont beaucoup plus loin que la définition qu'on emploie habituellement. Ils ont une histoire, et il faut le savoir pour se battre contre certains mots qui renvoient à des préjugés si ancrés qu'on n'en a même pas conscience.

Vous avez raison de dire préférer "manque de chance" pour les évènements catastrophiques qui ont émaillé l'histoire de ce pays. Mais le propos n'est pas de préférer, mais de s'interdire le mot malédiction à cause de ce qu'il traîne comme préjugé, en définitive raciste.

Si vous avez un peu de mal à saisir l'influence du langage sur notre pensée, et si vous ne voulez pas vous lancer dans des études de linguistique générale ou de sémantique générale, vous pouvez lire, à condition d'aimer la science-fiction, un livre de Jack Vance (lequel n'écrit pas que de la fantasy humoristique ou picaresque) qui s'appelle : "Les langages de Pao " où ces mécanismes sont très bien illustrés.
Je me souviens qu'il y avait également eu ce débat après Katrina, en Louisiane.

Je ne me rappelle pas exactement, mais il me semble qu'une photo de Noirs avec de la nourriture était légendée "pillard" et qu'une photo à peu près équivalente, mais avec des Blancs, était légendée beaucoup moins agressivement.

Quelqu'un se souvient-il de cela ?

MàJ : j'ai retrouvé un article de l'époque qui en parle http://cyberie.qc.ca/jpc/2005/09/le-choix-des-mots.html
Le problème est plus complexe, à mon avis, que la simple dichotomie "méchants pillards" vs "pauvres victimes qui tentent de survivre". Effectivement, les gens ont, à mon avis, autre chose à foutre que d'aller piller des télés et du matériel Hi Fi après une telle catastrophe. Simplement, qui dit catastrophe, dit balayage de l'ordre social, donc plus de police, plus de règles, plus de lois car plus de tribunaux, chacun sa merde, et sans doute émergence d'un marché noir, inévitable en cas de pénurie. Et qui dit marché noir dit nécessairement inégalités, des gens qui possèdent et vendent, d'autres qui n'ont rien et achètent, car ils n'ont pas le choix. Et qui dit "pas de choix" et "inégalité" dit aussi, sans doute, nécessairement, abus, prix élevés, arnaques... C'est pareil partout, noirs ou pas noirs, pauvres ou pas pauvres, je crains qu'on soit tous égaux devant les catastrophes imprévues, il vaut toujours mieux faire partie de ceux qui "ont" plutôt que de ceux qui "manquent". D'où la ruée vers les décombres, pour trouver des vivres, pour sa famille, mais aussi pour éviter de faire partie de ceux qui nécessairement dépendront des autres (j'ai lu à ce propos "La Route", de C. McCarthy, qui m'inspire un peu mes arguments).

Tout ça pour dire que le mot "pillard" ne veut plus dire grand chose dans un contexte où l'Etat est ébranlé et où la situation est telle que la notion de justice est temporairement mise au second plan, pour faire place à l'impératif de survie, à court et moyen terme.
Bonjour,
Une fois de plus le journal d'Arte se démarquait de cette démagogie.
Sa correspondante sur place a simplement indiqué que les quartiers peu surs avant le tremblement de terre l'étaient resté après et qu'elle avait été impressionnée ailleurs par la dignité de la population.
Dommage que ce journal ait été avancé à 19H, ce qui le rend encore moins visible.
si je voyais mes enfants crever de faim après une catastrophe, j'irai chercher de la nourriture un couteau à la main.

ps : je ne connaissais pas cet evenement de l'histoire de france : avoir fait payer des millions de francs or à haiti pour leur faire "payer" au sens figuré leur indépendance, et on se permet de donner des leçons au monde ! écoeurant
Je répondrais sur la " malédiction" et l'argument avancé : "pour avoir, lors de la guerre d'indépendance, "chassé les blancs" Ça me semble légèrement tiré par les cheveux. S'il y a "malédiction" ( je préfère manque de chance) c'est qu'après avoir subi l'occupation américaine, puis quelques dictateurs sanglants, un ouragan en 2004, des cyclones en 2008, les émeutes de la faim la même année, subissant une inflation galopante qui en fait l'un des peuples les plus pauvres de la terre, les voici maintenant affligés d'un tremblement de terre meurtrier. C'est dans ce sens qu'on peut voir une malédiction.
Votre référence à la contradiction entre l'édito de Joffrin et la légende de la photo m'a fait repenser à l'Ultragauche qui déraillait : Judith Bernard avait bien montré à l'époque le jésuitisme du monsieur. Perseverare diabolicum.
Invité hier soir de l'émission "7 à voir" sur France3, Rony Brauman mettait en garde contre les effets de l'accablement du pouvoir haitiens dans les médias, pour les effets qu'il peut avoir sur le deroulement de l'aide sur place (il faudrait reprendre sa citation exacte...)

Le reportage de France Inter jouait pas mal cette corde là... avec cependant une participation active de la ministre (ou secrétaire ?...) de l'information elle-même...
N'importe qui dans une situation pareil serait à la recherche de nourriture.
Alors quand on parle de pillage, mais de quel pillage parlons nous ? Il ne s'agit pas ici de TV, ordinateur (les haïtiens en feraient quoi d'ailleurs sans électricité) ou autre vêtements de luxe. Nous ne sommes pas dans le cas d'une manif française qui tourne mal et où qques casseurs profitent de la pagaille générale pour "se servir" dans les grandes enseignes. Non, là, il s'agit juste de survivre au chaos.
J'espère que votre billet sera lu dans les salles de rédaction pour que ce terme soit retiré des reportages réalisés sur Haïti.
Merci Daniel.

Comment peut-on parler de pillages alors qu'il s'agit de survie? Les haïtiens ont subi une tragédie; ils n'ont plus ni logement, ni eau, ni nourriture et parce qu'ils essaient de se débrouiller seuls, en essayant de récupérer ce qui peut l'être dans les décombres, les voilà traiter de "pilleurs"!


[quote=Miséreux, s'adonnant aux cérémonies vaudou]
Les Haïtiens sont pauvres, mais certainement pas miséreux. La misére est dans les pays développés.
Quant au Vaudou, il est un culte tout à fait respectable; pratiqué encore au Bénin (et dans le Golfe de Guinée notamment via la divinité Mami Wata) et dans les Amériques par les descendants d'esclaves. Cela n'a strictement rien à voir avec l'image véhiculée par les médias européens et américains (poulets égorgés, satanisme, sorcellerie, envoûtement etc.)
Dans une chronique du 3 janvier 2009 intitulée l'homme de Gaza, revenu d'entre les morts je citais plusieurs réflexions de Susan Sontag, extraites de Sur la photographie, ouvrage indispensable.
Réflexions sur l'appareil photo pour principale source d'information sur les horreurs du monde, sur notre regard distant, et ce sentiment d'être à l'abri des calamités.

Un an plus tôt, dans une émission que nous avions faite, le 18 avril 2008, sur les Parisiens sous l'Occupation (à propos des photos de propagande d'André Zucca), Françoise Denoyelle, historienne de la photographie, rappelait que ce qui fait une photo, c'est sa légende.

À relire, à réécouter, peut-être…
Parler de malédiction à propos d'Haïti n'est pas forcément la rapporter à une "punition" envers les vilains noirs qui ont chassé les gentils blancs. Mais constater aussi que les Haïtiens sont particulièrement bien servis, de dictatures en calamités naturelles en passant par l'indifférence dédaigneuse, justement, des "gentils blancs".
Pendant qu'on discute, une autre malédiction se profile doucement à l'horizon : celle d'une re-colonisation sournoise. J'entendais ce matin sur France-Inter la représentante de l'ONU affirmer avec aplomb que non, les Etats-Uniens n'avaient pas imposé leur botte sur l'organisation des secours, et que si si, l'ONU en gardait la haute autorité. Ben tiens. Haïti semble bel et bien une trop bonne occasion pour les Etats-Unis de se réaffirmer comme le gendarme du monde, bienfaiteur en chef. Ce qui, à terme, donnera bien quelques droits, non ?
Détail : Le pneu enflammé invention haïtienne ? Je croyais que c'était Sud Africain...
Mais c'est vrai, dès l'arrivée des premières équipes télé dans les soutes des premiers avions de l'aide, on a entendu parler de la crainte des pillards, et de pillages de magasins. Dans les années 80, déjà les Haïtiens avaient été désignés comme les vecteurs du SIDA... souvenez-vous de la légende des "H" : homosexuels, Haïtiens, héroïnomanes etc... Lafferrière a raison. Là encore, on s'empare de la fantasmagorie raciste : ces gens qui ont apporté avec eux et gardé leurs vieilles coutumes de sorcellerie, leurs moeurs de sauvages (bon ou mauvais d'ailleurs) et les maladies (venues du singe) etc...
Pour en revenir aux "pillages" il me paraît normal que les survivants, voulant aider ceux qui sont encore vivants, leurs enfants, leur entourage -au milieu de telles destructions- aient un réflexe de survie : celui d'aller trouver des vivres et des boissons le plus rapidement possible. Ils auraient dû attendre la caissière ou le patron ? Ca me paraît être un très bon réflexe. Comme lors du crash d'un avion dans les Andes, certains avaient survécu en mangeant un peu des "cadavres"... ça avait fait hurler dans le landernau médiatique.
D'un autre coté, Haïti étant ce qu'elle à cause de la corruption, des Tontons Macoute et de leurs héritiers, du manque d'éducation de la majorité de ses habitants, comment ne pas s'attendre à ce que les plus forts essaient de s'en sortir en pillant ou en tabassant ? La délinquance, il y en a partout... chez nous, on peut dormir sur nos deux oreilles, Brice veille ;o)) !
Il n'empêche que la majorité des Haïtiens semble accepter son sort avec philosophie, se démener pour retrouver et dégager voisins, amis, familles, entourages. Une grande majorité, mais on aime bien parler des "déraillements" dans la presse. C'est ça, la recherche du "sensationnalisme".
Si j'étais haïtienne et que mes gamins crevaient de faim, j'irais aussi piller les magasins.

J'avais remarqué l'insistance des "journalistes", notamment à la télé, pour parler des "pillages", et de "l'insécurité" en Haïti. Notamment l'inénarrable Pujadas interrogeant Joyandet...

Comme si l'insécurité majeure n'était pas la misère, mais la récupération de cartons de bouffe au supermarché.

PS : Daniel, si "Haïti" s'écrit avec un tréma, "séisme" ne prend qu'un i...
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