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Hacking, commentaires, pseudos, indépendance : quelle déontologie pour la presse en ligne ?

Les nouveaux sites de presse doivent-ils se doter d'une charte déontologique ? Les médias traditionnels, en tout cas, viennent d'échouer dans cette direction. Nous avions raconté ici les circonstances de cet échec.

Derniers commentaires

D'une manière générale la dérive est très compréhensible, ce qui définit la compétence informatique est la capacité à aller au delà de ce qui est proposé par le soft en tant que tel, et aller au delà, c'est "pirater" s'introduire là ou on n'est pas censé aller.

Il existe une certaine équivalence entre le hacker "pirate" et le hacker "bidouilleur" puisque son horizon c'est les autres.
L'emploi abusif du terme "hacker" dans les média est un fait notoire. Étrangement, il est traduit plus ou moins implicitement dans la presse par l'expression "pirate informatique". C'est d'autant plus étrange que de nombreuses analogies peuvent être facilement établies avec le monde journalistique.

Un peu d’étymologie, d'abord: le mot anglais "hacker" est traduisible littéralement par le mot français "bidouilleur". Il a commencé à être utilisé dans les années 50, par un groupe de scientifiques qui commençait à se spécialiser dans l'informatique. Il a continué à être utilisé par la suite au MIT dans le laboratoire de recherche sur l’intelligence artificielle et est toujours utilisé aujourd'hui par les développeurs des logiciels libres, notamment ceux du noyau linux (kernel hacker) et à la free software foundation.

Vous admettrez sans doute qu'on est loin ici des pirates informatiques.

Le mouvement hacker est composé d'informaticiens talentueux et reconnus. Ce sont les deux caractéristiques notables du mouvement hacker. N'est pas hacker qui veut, il ne suffit pas de se dire hacker, il faut que les autres hackers vous reconnaissent, cela suppose que votre travail est visible et disponible pour analyse (qui a parlé de sources?)

Des exemples?

Richard Stallman et Linus Torvalds sont des hacker reconnus, les taxeriez-vous de pirates informatiques? Comme déjà dit plus haut, la quasi-totalité du mouvement des logiciels libres est apparentée au mouvement hacker, nous considérez-vous comme des pirates informatique?

Parfait contre-exemple, les anonymous, qui vont être assimilés à des hackers par la presse, ne sont en rien un groupe de hacker. Leurs actions ne relèvent d'aucun talent particulier et ils ne sont pas reconnus par la communauté.

Ce qui nous amène au domaine particulier de la sécurité réseau, qui est plus souvent pointé par cet abus, dans lequel il existe une éthique particulière, qui peut être apparentée à la déontologie de la presse. Je vous prie de croire que les hacker réseau sont des professionnels, tout comme vous. Les réunions des black hat ne sont pas des réunions d'amateurs et il est heureux que ceux-ci aient une éthique professionnelle.

Je vous demande de faire preuve de retenue dans l'emploi de ce terme et de ne pas vous inscrire dans la mouvance globale de la presse qui n'est autre, en l’occurrence que de la désinformation pure et simple.
Une charte? quelle importance

au vu de
http://piratesourcil.blogspot.com/2011/11/piratesourcil-censure.html
http://www.franceculture.fr/emission-le-monde-selon-raphael-enthoven-le-monde-selon-de-raphael-enthoven-2011-11-15
http://www.cnis-mag.com/remplacer-les-dlp-par-une-loi-%E2%80%A6.html
http://www.lesechos.fr/journal20111114/lec2_industrie/0201735283194-espionnage-industriel-une-nouvelle-loi-en-vue-pour-mieux-proteger-les-entreprises-248287.php

Je crois que c'est dans une émission de La Ligne Jaune que Dominique Paillé exprimé sans la moindre gêne : "les journalistes sont là pour relayer la parole gouvernementale"

Alors, une charte à quoi cela servira puisque le code pénal permettra d'être plus efficace, avec l'appui des Hautes Autorités diverses et variées.
Je ne peux qu'être en opposition assez radicale avec cette démarche, et ce pour une raison essentielle : la déontologie et l'éthique journalistique ne sauraient être conditionnées aux contraintes et caratéristiques des supports. Un journaliste devrait respecter les règles essentielles de sa profession, quelles que soient les rédactions dans lesquelles il travaille. Publier sur le Net ne donne aucun droit particulier, et n'implique aucune contrainte supplémentaire.
Très interessant mais il y a un point qui me paraît très limititatif, celui sur les hackers, peu importe le terme:
Comment la presse pourrait s'intéresser aux violations de la vie privée des citoyens par certains logiciels ou matériels, dès lors que vous limitez cela aux informations obtenues légalement.
Or pour savoir ce que fait un logiciel, ou un matériel, il faut souvent mettre les mains dans le camboui, idem pour les failles de sécurités. Il faut entrer dans le logiciel, ce qui est très souvent explicitement interdit dans les CLUFS, les licences des logiciels.

Et comment concilier le point 4 avec ce qui est dit plu tard sur Wikileaks, qui diffuse des informations obtenues déloyalement, illégalement.

Sans doute devriez vous introduire la notion d'intérêt général, condition unique de l'illégalité de l'obtention d'informations?
8. S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information

9. Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs. Refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction

Les points 8 et 9 renvoient à la problématique de l’indépendance. C’est le plus délicat et aussi le plus intéressant. Dans les médias traditionnels, les journalistes sont relativement protégés par la distinction rédactionnel/autres services. Dans les médias internet, chaque journaliste est appelé à être le «vendeur» de son organe de presse, à faire sa promotion et celle de son site sur les médias sociaux notamment. C’est un problème à mon avis vraiment nouveau d’indépendance (à cette réserve près qu’on le vit au quotidien dans les publications de presse technique). D’ailleurs on a vu l’irritation que suscitait Mediapart en vendant ses scoops sur Twitter par l’entremise de ses journalistes…


Pardon, mais quel est le rapport entre un journaliste qui "vend" son média et un journaliste qui "vend" un annonceur par le biais de son média ? Qu'il soit fier de son travail et de sa boîte et en fasse la promotion, en quoi est-ce déontologiquement délicat ?
Qu'un organe de presse demande à ses journalistes de faire du micro-blogging pour faire la promotion dudit organe de presse, en quoi cela poserait-il un problème ? Je crois sincèrement que vous vous égarez, et que, comme d'habitude, le plus complexe reste la gestion des commentaires des utilisateurs, et tout le boulot de modération qu'il y a derrière.
...si l’on veut garantir un minimum de qualité dans la discussion et ne pas avoir l’air de cautionner certains propos contestables...

Ouuuulàà... Qui va donc garantir ce "minimum de qualité dans la discussion" ? Qui va juger du caractère contestable des propos (en dehors des limites posées par la loi) ?

Je ne vois pas de différence entre l'interdiction de valoriser la tauromachie et l'interdiction de valoriser des théories "complotistes"...

Si les propos ne sont pas hors la loi, si les internautes respectent les règles propres au forum, pourquoi ne pas laisser les propos s'épuiser d'eux mêmes ? Après tout, nous ne sommes ni pressés par le temps, ni par l'espace, ni par le coût de réalisation... quel média formidable tout de même !

4. Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents

Sans commentaire, sauf à ce que le journaliste ne se transforme en hacker et que les entreprises de presse n’aient l’idée d’en embaucher!

Pitié, cessez d'utiliser le mot hacker pour des désigner les pirates, le mot qui convient est cracker. Les hackers sont d'innocents bidouilleurs, dénuez de TOUTE mauvaise intention (une bonne définition du terme hacker).

Les hackers sont dévoués au bonheur de la technologie. Pirater ne leur causerait que du mal. Parlez de pirates si le terme cracker vous indispose, mais laissez les bidouilleurs s'amuser et faire progresser la technologie en paix (et pour le bien de tous en plus, quel comble d'être constamment relégué au rang de hors la loi !).
[quote=s’agissant par exemple des théories complotistes, type attentats du 11 septembre]

Blogueuse, Aliocha, mais surtout journaliste mainstream. Indépendance mais dans le mensonge.
En raison de la qualité des protagonistes, Ferdinando Imposimato (Président honoraire de la Cour de Cassation italienne), G. W. Bush et la CIA, cette affaire (Un haut magistrat italien va dénoncer l’administration Bush et la CIA devant la CPI) devrait être abordée dans les JT.
Je pari qu'il n'en sera rien.
En bref, reprendre la charte des droits professionnels des journalistes... D'accord pour la réitérer sans relâche mais bon courage pour l'appliquer à la véritable presse en ligne qui peine à trouver son modèle économique.
Comment peut-on, dans le programme de ces journées de la presse en ligne, parler à la fois de déontologie et d'optimisation des revenus publicitares ?
Regardez ce qu'il vient d'arriver à la Tribune. EDF retire ses sous suite à un article qui ne lui a pas plu, ce qui se comprend parfaitement.
Personne ne se dit que pour éviter ce genre de mésaventure le journaliste est bien obligé de s'autocensurer ?
Ça m'énerve que personne ne s'offusque sérieusement de la présence de la pub dans la presse. Ça me paraît tellement évident que ça fausse tout.
Pour moi c'est rédhibitoire : il y a de la pub, je n'ai pas confiance.
Citation"C’est une force et un vrai progrès démocratique dès lors que nous nous rapprochons de ceux pour qui nous travaillons, au point un jour peut-être d’en devenir une véritable émanation et de porter les questions du public et non l’idée que nous nous en faisons"

Autant les problèmatiques d'ensemble du journalisme en général et du webjournalisme en particulier, sont parfaitement exposés dans le reste de ce texte, autant je ne suis pas d'accord avec cette proposition. D'ailleurs, le reste du paragraphe l'effleure sans voir le problème. Ce n'est pas la bonne foi qui est ici en cause, à mon sens, mais cela ressemble à un retour de balancier, et de ce fait un excès inverse à la proximité dans le champ politique des dominants et des médias mainstream.
Pour moi, être l'émanation de la collectivité, c'est le rôle des hommes politiques élus au suffrage universel.

Il ne faut pas confondre les rôles. le journaliste est celui qui cherche l'information et l'expose. Certes, il est important qu'il soit dans la cité et non à l'écart, du haut de ses certitudes, et qu'il puisse relayer les citoyens, mais il dispose de l'information, et est en mesure de s'interroger et interroger le politique, mais aussi l'opinion. Il doit être un médiateur, et non une émanation, entre les dirigeants et les dirigés.

Evidemment, cela suppose que les politiques soient dans la réalité du pouvoir et de l'action, et pas comme souvent aujourd'hui dans la communication, mais se substituer aux politiques ne ferait que renforcer la médiacratie. La séparation des pouvoirs, ce n'est pas que le législatif, le judiciaire et l'exécutif, c'est aussi la séparation du pouvoir politique et du pouvoir médiatique. Qu'on tranche définitivement ces liens, et le noeud gordien qui empoisonne ces relations souvent contre nature.

Et les webmedias ne doivent pas se fourvoyer dans une représentation politique qui ne ferait que les lier à des groupes de pression constitués à l'intérieur des forums, et répondre innocemment à des manipulations préjudiciables à la démocratie et à l'information elle-même. Les intervenants dans les forums sont les utilisateurs de médias les plus concernés, les plus militants, même et y compris pour rejeter tout projet de type politique. Nous ne pouvons être une émanation qui nous ferait prendre pour des journalistes sensibles à nos arguments pour l'opinion globale. C'est à chacun sa place, les politiques, les citoyens, les médias, les motivés.

Et Internet et cette charte offrent cette possibilité à condition qu'elle soit clairement pensée et exprimée.

J'ajoute que quand nous vivrons dans de vraies démocraties, nous serons beaucoup plus libres de ne pas utiliser de pseudos. Mais pas de vraies démocraties sans médias libres, informés et informants. De toute évidence, ce chemin est encore long.
préserver la présomption d'innocence (cas dsk) et ne pas jeter en pâture un homme jugé innocent!!!
annoncer son parti pris et son appartenance politique la neutralité n'existant pas.
Vu comment certaines personnes se font lyncher médiatiquement lorsqu'elles abordent certains sujets, le recours au pseudo ne me paraît disproportionnée.
Ahhhh... je viens de comprendre pourquoi les illustrations des articles n'étaient (presque) jamais sourcées: elles ont été obtenues confidentiellement. C'est beau, la déontologie ^^
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