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Grèves sur mesure pour travailleurs du numérique

Comment rendre visible et efficace son choix de faire grève quand on travaille dans le numérique ? Question que se posent plusieurs acteurs du secteur désirant s'impliquer dans le mouvement social contre la réforme des retraites. Plusieurs textes sont apparus ces derniers jours pour entrevoir des pistes, et des initiatives, pour l'instant éparses, commencent à se mettre en place. Dont celle de deux community managers de Mediapart

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"En tant que développeur, si on veut avoir un impact, il ne suffit pas de s'arrêter de travailler, il faudrait faire tomber, ou ralentir le site de sa boite, ou, si on est indépendant, d'un client." 


J'ai repeint mon écran avec mon kawa en lisant(...)

"Si je coupais le site dont je suis en charge, le gouvernement va s'en balek total et je serais attaqué en justice"


Tout à fait. J'ai été pendant plusieurs années à l'exploitation dans un service informatique et autant si on était en grève et qu'on n'(...)

J'ai un peu de mal à comprendre le choix de la grève dans le cas de MDP, ou d'une société qui n'a rien à voir avec le gouvernement, pour contester une décision gouvernementale.


A part pénaliser sa propre société, je ne vois pas bien la conséquence. Pa(...)

Derniers commentaires

J'aurais mieux fait de le mettre directement ici 

plutôt qu'en réponse à Silk qui en a parlé plus bas.


Caisse de grève par ex. ici :

https://www.lepotcommun.fr/pot/solidarite-financiere

Cogérée cgt / sud 

("une caisse qui n’est pas réservée aux adhérents de la CGT ou d’une autre organisation, mais qui s’adresse à tous les salarié.es en grève reconductible, qu’ils soient syndiqués ou non")


Et si on n'a pas de carte bancaire pour payer sur internet, 


- on peut payer par chèque 

ORDRE : INFO’COM-CGT CAISSE DE SOLIDARITÉ

À RENVOYER À : INFO’COM-CGT • 4, RUE GUYTON DE MORVEAU • 75013 PARIS


- ou virement (pour pas que le courrier reste coincé par la grève :-))

Titulaire du compte : C.S.T.P.

Domiciliation : CREDITCOOP PARIS ALESIA

Code banque : 42559 00005 210266691103 13

Numéro du compte bancaire international (IBAN) : 

FR76 4255 9000 0521 0266 9110 313

Code BIC : CCOPFRPPXXX


Source : https://www.infocomcgt.fr/wp-content/uploads/2018/04/Caisse-de-solidarit%C3%A9_Flyer-A4-RV.pdf

Dans le numérique, et souvent dans le tertiaire, on peut aussi envisager des "grèves discrètes", sans risque ni policier ni juridique, et même sans recours aux syndicats - un peu de bon sens entre salariés et aussi entre indépendants suffirait  :
Par exemple refuser systématiquement de faire des heures supplémentaires, payées ou non, et ne pas sentir trop "responsable" de projets aux "deadlines" irréalistes.
Donc faire en sorte que toute heure supplémentaire travaillée soit compensée rapidement par une heure libre supplémentaire.
C'est loin d'être toujours le cas dans le numérique, la "tech", et les hiérarchies pseudo-horizontales des startups.
Quel impact cela aurait ?

Je ne vois pas bien le dilemme , 

la définition de la grève comporte les mots "cessation du travail" , que l'algo fasse le job pendant l'absence du salarié n'est pas un problème (les "jaunes" accomplissant la même fonction dans les emplois du concret palpable, attention je ne discrimine aucun job). 

Ce qui compte , à mon sens , est l'absence à son poste , la visiblité n'est que rarement le reflet d'une grève (çà c'est pour les médias et les décisions qui s'en inspirent au niveau patronal/gouvernemental (encore que le patron, lui, regarde principalement son chiffre d'affaire et le gouvernement le niveau de mécontentement du patron (Medef) ) , en revanche c'est le nombre d'heures perdues qui montrent la réalité de la dite grève et sa durée .

Sur la question de la légalité: pas oublier que si la grève est légale, elle ne l'a pas toujours été: la police tirait "à balles réelles" sur des grévistes et les patrons embauchaient des briseurs de grève. 


Sur la question des modes d'actions: oui, il faut réfléchir sur des modes d'action différents pour certaines professions, et oui, prendre le contrôle de l'outil de travail est illégal... parce que ce serait terriblement efficace. 


Illégal encore, mais furieusement efficace... et populaire de surcroît, le fait de nous transporter gratuitement au lieu de nous priver de transports. Imaginez les belles fêtes de Noël de tous ceux qui n'ont pas prévu de rejoindre leur famille... faute de fric.

"En tant que développeur, si on veut avoir un impact, il ne suffit pas de s'arrêter de travailler, il faudrait faire tomber, ou ralentir le site de sa boite, ou, si on est indépendant, d'un client." 


J'ai repeint mon écran avec mon kawa en lisant ça.


En tant que développeur indépendant si après livraison d'un projet je me gardais le droit de ralentir ou faire tomber le site d'un client je ferais face (par ordre de gravité) à de sérieux problèmes :

1- juridiques car j'aurais sans doute accès à des données sur l'entreprise cliente ou sur ses propres clients via mes accès aux bases de données du site

2- techniques car j'aurais implémenté une sorte de backdoor qui pourrait constituer une faille de sécurité

3- commerciaux puisque je n'aurais pas rempli ma part de contrat avec le client, ou pire si je m'amuse à cacher dans les petites lignes de mes contrats de réalisation que je me garde le droit d'interrompre ton site quand ça me chante je serais bon pour mettre la clé sous la porte

4- déontologiques car je romprais la confiance déjà bien difficile à établir entre moi et mes clients, et plus généralement entre n'importe quel autre développeur et n'importe quel autre client.


Faire ça serait pire que du sabotage, ce serait du vandalisme pur et simple.


Imaginez un architecte faire poser une serrure dont lui seul aurait la clé à l'entrée d'un immeuble qu'il aurait conçu...et tout verrouiller avec à côté un panneau "en grève" en laissant ses locataires sur le pallier !


Il y existe des dizaines de façons de soutenir les mouvements sociaux autrement que par la grève ! Pourquoi vouloir mordicus passer ce mode de lutte si ton travail ou ta position ne te permet pas de le faire autrement qu'en te suicidant professionnellement ?

J'ai un peu de mal à comprendre le choix de la grève dans le cas de MDP, ou d'une société qui n'a rien à voir avec le gouvernement, pour contester une décision gouvernementale.


A part pénaliser sa propre société, je ne vois pas bien la conséquence. Pas sûr que le gouvernement soit peiné par une grève chez MDP.


La grève dans les services publics, je comprends parfaitement, car l'employeur est l'Etat. Mais pour un acteur privé, à part considérer que le patron a des accointances avec le gouvernement (grands patrons, etc.) ou qu'on occupe une place décisive dans le fonctionnement du pays (prestataires d'entretien de machines publiques, transports routiers, etc.), pour moi ça revient juste à se tirer une balle dans le pied sans aucune conséquence.


Pour ceux là, il y a des alternatives comme la manifestation qui est une forme de contestation qui me parait plus efficace. Et si on veut manifester aux côtés des grévistes pour gonfler les rangs, on peut poser un jour de congé surtout en cette période de fin d'années ça n'est pas très dur de faire coïncider les jours de grèves/manif avec des congés.


Si je coupais le site dont je suis en charge, le gouvernement va s'en balek total et je serais attaqué en justice, et nos concurrents vont se frotter les mains. Ca ne me semble pas du tout être la bonne manière de faire.


Il existe des concours de référencement consistant à créer des sites et les faire référencer le mieux possible. On peut très bien occuper le terrain du web en inondant google de sites anti-réformes, et les réseaux sociaux de sujets/articles/etc. Anti-réforme dans une grande opération de contre-propagande. Ca me paraîtrait déjà plus efficace d'une part, et plus pertinent qu'une grève qui ne va pénaliser que l'employeur privé.

faire tomber les serveurs ..... 

J'imagine la gueule de DS si son webmaster fait tomber le site pendant une semaine parce que sa grève personnelle n'est pas assez visible.



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