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Georges Ibrahim Abdallah, et les aventures de Super Souris

Un prisonnier oublié : Georges Ibrahim Abdallah entre ce week-end dans sa trentième année de détention, comme s'en font l'écho plusieurs articles en ligne, ici ou là.

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Mercredi 26 février 2015, l’appel de Georges Ibrahim Abdallah pour une libération conditionnelle a été rejeté par le Tribunal d’Application des Peines. C’était sa 9ème demande auprès du TAP.
La décision a été prise au motif que Georges Ibrahim Abdallah n’avait pas fait préalablement l’objet d’un arrêté d’expulsion.
Le 24 octobre prochain Georges Ibrahim Abdallah entamera sa trente deuxième année de détention à Lannemezan.
Il y a presque un an, dans cette chronique, Georges Marion nous rappelait l'histoire d'un autre Georges et accessoirement son interpénétration avec celle de "Super Souris" qui avait écrit une autofiction avec la nièce de ce Georges emprisonné depuis 29 ans.
Le 24 octobre prochain Georges Ibrahim Abdallah entamera sa trente et unième année de détention à Lannemezan.
Valls,qui avait empêché sa libération à l'époque en tant que Ministre de l'Intérieur, est aujourd'hui Premier Ministre se laissera-t-il
attendrir ?
Qui s'en souvient ? demandait Georges (Marion).
Eux, parmi tant d'autres qu'il ne citait pas.
Je suis en train de lire le bouquin...
Où j'ai appris que C. Delaume était, avant, chargée des forums... et qu'elle en est complètement dégoûtée...
Du coup, comme je suis assez d'accord avec ce qu'elle en a écrit sur l'ouvrage commun... je crois que le mieux est de se taire.

Quant à la "souris"... ça fait bizarre de le lire se déboutonner... très bizarre.
Sur la forme et le fond, je me suis déjà exprimé, par le passé, chez AK. Mais je veux bien rééditer la Distinction Forme et Fond... N'y voyez pas d'allusion à qui que ce soit. C'est juste que ça me fait marrer. Et que ça va bien avec Lacan. Mine de rien.
[quote=Robert]Tout ça méritait mieux

Sans doute aurait-il été préférable de séparer les deux traitements: celui de la non-libération de Georges Ibrahim Abdallah, et celui de l'autofiction de Chloé Delaume et Daniel Schneidermann. Mais, le mieux étant l'ennemi du bien, il aurait été regrettable que l'évocation de l'autofiction soit passée à la trappe sous, apparemment, le double meilleur motif (: pas d'autopromotion, en particulier sous confusion). Apparemment car, d'une part, et surtout, auto n'équivaut pas à ego, et, secondairement, la fiction en l'occurrence prête plutôt à critique qu'à valorisation.

Auto, en effet, ne renvoie ni à "moi", ni à "je", ni à Descartes, Rimbaud, Freud ou Lacan, pas davantage du reste à un "sujet" duel ou collectif (soit indéterminé: "nous", "on", ou spécifié: le peuple, le prolétariat, la nation, le parti, etc...) mais à ce qui fait le coeur de cette pensée qui deviendra la philosophie: celle du "même": to auto qu'énonce Le poème de Parménide. Il aura fallu attendre deux millénaires et demi pour qu'avec Heidegger l'étrangeté commence d'en être existentialement (/existentiellement) et historialement (/historiquement) restituée sous le nom de Dasein: être le là. Lequel toutefois continue, par la faute de Sartre surtout, accentuée depuis par "la nouvelle philosophie", avec (un avatar "moderne" de) la subjectivité.

Confusion dans laquelle donne Daniel Schneidermann de la plus inquiétante manière dans sa part de l'autofiction. Le sujet auquel renvoie son "auto" du premier au dernier mot n'est autre en effet que "le sang" à "la voix" duquel répond sa si peu fictive fiction. Ainsi se paie le prix de son mépris de la philosophie (en voir la généalogie dans les pages 178 à 183 évoquant ses souvenirs d'hypokhâgne). Double prix: métaphysico-artistique, mais aussi médiatico-médiologique comme en témoigne la fin en particulier de sa "randonnée" en Terra Incognita. net.
Merci pour cette chronique, j'ai appris plein de choses.
Un point me fait cependant tiquer, et pourrait presque me choquer, en fait.
Vous envisagez les raisons pour lesquelles M. Valls bloque, et cela se résume a deux hypothèses : soit G.I. Abdallah est encore directement dangereux ( mais c'est evidemment peu probable), soit M. Valls se couche devant des pays étrangers. Donc en fait, il n'y a pour vous qu'une hypothèse, peut-être vraie d'ailleurs, je n'en sais rien. Ce que je sais en revanche, c'est qu'elle contentera tous ceux qui aiment conclure leur raisonnements en accablant ces pays. Et ce que je constate aussi, c'est qu'a part ce raisonnement par élimination, vous ne donnez aucune bille pour crédibiliser cette thèse (vous en avez peut-être).
J'en propose une autre, peut être-stupide : est-ce G.I. Abdallah ne pourrait pas, par exemple, être indirectement menaçant ? Pas lui personnellement, mais ses idées, ses méthodes, et son influence, une fois libéré ?

Je pose la question de manière vraiment ouverte. Je précise, pour éviter tout malentendu, qu'ayant été brièvement intervenant en prison et avoir constaté modestement les dégâts, je suis naturellement enclin à être contre les incarcérations longues, et que je pense que la situation de ce détenu mérite évidemment l'attention que les associations lui portent en ce moment.
Il est marqué "complicité d'assassinat", mais connait-on son rôle précis dans l'affaire ?
Georges Ibrahim Abdallah condamné à perpétuité en 1987 pour complicité d'assassinat .
Les enquêteurs avaient découvert dans l’une de ses planques le pistolet qui avait servi aux deux assassinats. C'était peu après l'époque où les enquêteurs savaient retrouver des preuves.
Il était libérable dès 1999 (il y a quatorze ans), plusieurs demandes ont été refusées depuis la première en 2002.
Finalement acceptée par la justice, cette libération était soumise à la signature par Manuel Valls d'un arrêté d'expulsion
(et dieu sait si il en signe !). Préférant sans doute le voir demander la nationalité française Valls a refusé de signer.
Pour le trentième anniversaire de son arrestation (il était en prison depuis deux ans lors de la série d'attentats décrite par Georges
Marion), on en parle sur @si, un peu parce que "Une autre raison justifie ". Quelle autre raison ? Sans elle qu'aurait-on fait ?
"Elle et Lui, dont le [large]destin[/large] traverse l’histoire Abdallah".
Tout ça méritait mieux.
Merci Robert pour les précisions.
Donc la complicité d'assassinat a été prouvée; tant que j'y suis (je n'ai pas pris le temps de plonger dans des recherches, juste au cas où quelqu'un sait déjà), on sait si c'est lui qui a bien tué ou quelqu'un d'autre ?
"on sait si c'est lui qui a bien tué ou quelqu'un d'autre ?"
Moi pas, Georges Marion peut-être ?
Ce serait sympathique de sa part, dès qu'il a cinq minutes.
Pour l'instant, je n'arrive pas à me faire d'opinion précise sur le sujet sans ces précisions.
Bon c'est le weekend, il n'y a pas le feu, monsieur Marion :-)
Abdallah a été condamné pour complicité d'assassinat. Pas pour assassinat. Personne à l'époque n'a pu prouver sa participation aux meurtres. Comme indiqué dans l'article, il a été condamné à perpétuité à cause de tout autre chose : le contexte de l'époque, c'est-à-dire les attentats, que l'on attribuait à des gens qui voulaient sa libération. Alors qu'en fait (comme indiqué) ces attentats étaient liés à un contentieux entre le gouvernement français et le gouvernement iranien.
D'après Wikipedia : En 1981, après la mise en service de l'usine Eurodif, l'Iran réclame 10 % de la production d'uranium enrichi auquel il a contractuellement droit, ce que la France refuse. De 1981 à 1991, le régime des mollahs est soupçonné d'avoir perpétré plusieurs assassinats, prises d’otages et attentats meurtriers : probablement des centaines de Français ont payé de leur vie avant que la France et l’Iran ne règlent le contentieux Eurodif.
Abdallah est une autre victime collatérale de ce contentieux.
Merci de ces précisions, je ne vérifie pas, donc je vous crois sur parole, vu que M. Marion ne souhaite pas apporter de précisions supplémentaires.
On constate donc que l'état de droit est à géométrie variable même en terrain social-démocrate.
Aucune personne n'a formellement été identifiée comme l'assassin de l'attaché militaire américain Robert Charles Ray ou du conseiller d'ambassade israélien Yakov Barsimentov. Mais lors de l'assassinat de ce dernier, plusieurs témoins ont vu le tueur : une femme dont la silhouette caractéristique (petite taille, fortes cuisses et hanches larges) pouvait désigner Jacqueline Esber, la compagne d'alors de Georges Ibrahim Abdallah. On retrouve trace de Jacqueline Esber dans toutes les facettes du dossier Abdallah : enlèvement de Sydney Peyrolles, au Liban, pour l'échanger contre Georges Ibrahim Abdallah, achat de véhicule où seront retrouvés des documents compromettants, location d'appartements où sont retrouvées armes et explosifs, ouvertures de comptes bancaires d'où sont effectués des virements pour payer la location de planques, témoignages divers. En 1990, Jacqueline Esber en fuite a été condamnée par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de Paris. Je n'ai rien lu sur elle depuis cette date. Morte ? Retournée au Liban où la famille la protège ? Exilée sous une fausse identité dans un pays inconnu ? Je ne sais pas et ne connais personne qui pourrait savoir. Sauf, peut-être, la famille Abdallah qui n'est pas très expansive.
Pour préciser plusieurs des remarques lues dans les contributions, notamment chez Robert : le droit criminel français ne fait pas de différence entre la complicité d'assassinat et l'assassinat proprement dit. Le complice est considéré comme aussi coupable que l'assassin et promis aux mêmes peines. Le mot "complicité" n'est donc en rien une circonstance atténuante. Abdallah a d'ailleurs écopé de la même peine que s'il avait été reconnu coupable des assassinats : la perpétuité.
"Le complice est considéré comme aussi coupable que l'assassin et promis aux mêmes peines. Le mot "complicité" n'est donc en rien une circonstance atténuante."

Bien sûr, nul n'a dit le contraire.

Le principal membre d'Action Directe arrêté et emprisonné en 1987, condamné à perpétuité en 1989 pour divers assassinats dont celui de Georges Besse, a bénéficié en 2007 d'un régime de semi-liberté, été réincarcéré en 2008 et bénéficie à nouveau de ce régime depuis 2012.
Merci pour ces précisions, M. Marion.
Et désolé d'avoir participé à gâcher votre weekend
Moi je suis contente que certains d'entre nous aient gâché le week-end de "Georges" parce que, grâce à ses réponses, on en sait drôlement plus que ce que nous racontent (pas) les media.
Alors je remercie Georges Marion pour toutes ces précisions.
Je suggère que les collaborateurs d'@si s'identifient sur le forum sous leur prénom et nom. On comprend certes rapidement à la lecture que georges est Georges Marion, mais tout le monde n'est pas un habitué du forum, et rien ne nous dit que ça sera toujours évident, sur d'autres sujets ou pour d'autres collaborateurs.
Si on en outre ça permet d'éviter l'entre soi, assez développé ici, et l'effet "happy few", c'est un peu mieux, je trouve.

Merci en tout cas à Georges Marion pour sa participation au forum.

Cordialement
Thomas
j'ai du mal à saisir ce qu'il y aurait de gerbant dans cet article...
Tout simplement excellent. La question "Georges Ibrahim Abdallah" a été traitée dans un "Rendez-vous avec X" sur France Inter. L'émission est toujours ecoutable et décrit combien son arrestation et son incarcération doivent au hasard.
Je n'ai pas été surpris par la fin, DS ayant récemment fait son "Coming Out" sur une partie de sa vie privée dans une interview radio (sur le Mouv' je pense).
En gros, cela nous apprend qu'il ne passe pas sa vie comme un gros beauf'. Moi, je trouve que c'est de l'info.
Enfin, et je n'en ai entendu parler nulle part, il y a pour l'instant des manifs à Lanemezan, devant la prison où GI Abdallah est incarcéré pour reclamer sa libération.
Encore merci pour l'article.
Je suis contente de voir une nouvelle chronique de Georges Marion, je regrettais qu'il n'y en eût plus.
Et c'est vrai que je me suis doutée du coup de théâtre à la fin, mais ça m'a étonnée.

J'avais entendu une fin d'émission la nuit sur France Inter où ils parlaient tous les deux de leurs voyages en voiture, et ils avaient fait référence au livre, mais je ne savais pas quelle était la teneur de ce livre.
Et maintenant que je connais l'histoire de Chloé, il y a d'étranges regards qu'elle a, qui s'expliquent davantage.

A quand le retour des chroniques de Chloé, au fait ?
Damned. Je croyais Schneidermann en couple avec Morandini.
Suis très "mitigée" par cet article (de commande ?) ...
Bien sûr sur F.Book, je soutiens Georges Ibrahim Abdallah
Bien sûr je suis tombée amoureuse du Liban (comme le disait Andrée Chedid : "le Liban, c'est comme un homme, ou on en tombe amoureuse, ou on l'ignore") en 75 (moins en 2009 quand j'y suis retournée)
Bien sûr j'aime le style de Chloé Delaume
Bien sûr j'aurais voulu me jeter sur ce livre parce que j'aime lire les auteurs d'origine libanaise (souvent des femmes d'ailleurs), d'autres qui ont raconté le Liban, nation martyre... mais là, mpfff... je suis un peu choquée en effet par la "cohabitation" vendue ainsi.
Tout le monde sait de qui Valls est l'agent.
Je ne vous croyais pas sentimental à ce point.

Par ailleurs, jolie description de l'exaltation qui a pu saisir les journalistes de cette époque.
eux parmi tant d'autres dont vous ne citez aucun !
Woaow...
(mais je suis pas sur d'avoir tout compris à l'histoire...)
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