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Filmer Chantal Sébire, "une question de bonne distance, en centimètres et en pudeur"

Chantal Sébire est morte le 19 mars 2008 après avoir ingéré une forte dose de barbituriques, deux jours après que le tribunal de Dijon a refusé d'accéder à sa "demande exceptionnelle d'euthanasie".

Derniers commentaires

nous sommes dans une société ou seule les images importes et le débat de fond reste en plan.........je suis pour mourrir dignement....Là m interessait la question.....
Comment un sujet s'impose comme sujet journalistique ou non?
Pourquoi c'est une évidence pour la journaliste de télé qu'il faut se plier à la demande de la malade?
Qu'est-ce qui légitime l'"étude" ou plutôt le récit de son cas?
Les vraies questions peuvent-elles être posées à chaud, à la personne concernées?
Le débat sur la fin de vie est-il un marronnier de la vie législative. Avoir choisi d'avoir une loi qui ne transige pas par avance tous les cas condamne-t-il la société française à subir régulièrement la même requète, encore et toujours, au gré du courant médiatique, jusqu'à ce qu'on plonge dans l'euthanasie légale. Comme un enfant demande indéfiniment une réponse à son caprice jusqu'à ce qu'on cède par fatigue de dire non?

Ce débat répond à des questions de ce genre.
Si le sujet est journalistique à l'instant "t" : c'est pour de mauvaises raisons, pas glorieuses. Ce sujet serait perpétuellement un sujet d'actualité.
Si on se plie à la demande de la malade, c'est parce qu'on est pris dans un piège. Le refus serait cruel. Se sentir la voix des gens oubliés est gratifiant pour un journaliste, c'est normal c'est ce qu'il doit être un peu, étant à la recherche de l'équilibre des sons de cloche.
La personne concernée ne peut pas répondre aux vraies questions "à chaud". Demander en face à Chantal Sébire "bah pourquoi vous faites pas comme d'autres, centre de soins paliatifs, ou même vous suicider comme tout à chacun, hein?" c'est pas possible. Le journaliste ne peut pas appronfondir la question pendant une telle interview.

A part répondre à la loi du sensationnalisme, je n'arrive pas à trouver dans les réponses des deux journalistes une justification réelle à mettre sur le devant de la scène une affaire qui ne permet pas aux professionnels de s'exprimer et qui les fait passer pour des gens désinvoltes, démunis, on ne sait qu'imaginer ce qu'a trouvé Chantal Sébire face à elle.

On programme les accouchements, on programme la mort, eh oh hein bon, ça va comme ça. Pour les accouchements, on s'aperçoit que c'est plus souvent pour des questions de gestion du personnel (c'est vrai que c'est pas facile, la nuit les jours fériés, rien puis toutes qui arrivent en choeur, le couloir est plein!) que pour des questions médicales. Il y a un pont, vidons les services : mourons dans la dignité grâce à une bonne loi claire et nette, youpi!
Je viens d'écouter l'émission et l'ai trouvé très intéressante. Je suis même rassuré par le professionnalisme des invités.
Chantal Sébire semble avoir très rapidement compris le fonctionnement des rouages médiatiques : elle semble avoir réussi a créer une véritable relation humaine avec nombre de journalistes; et a garder jusqu'au bout la main sur son existence.
Il y a un débat complexe a mettre sur la table : j'espère que la flamme olympique ne va pas éteindre l'espoir qui a commencé a poindre dans ces nuits de souffrance.
Du bon décryptage, avec une bonne remise dans le contexte et un vrai débat sur la façon de montrer l'indicible.

Par contre, cher Daniel, arrêtez de saisir tous les prétextes pour taper sur ce pauvre Paul Amar, en vaut-il bien la peine ? Vous semblez plus chafouin dès que ça touche à Revu et Corrigé (même si l'émission donne le bâton pour se faire battre).
Citation
"elle aurait sans doute pu obtenir toute seule et légalement des médicaments dont l'overdose aurait abouti au même résultat morte."

Je ne pense pas qu'elle y serait arrivée , car il faut voir plusieurs médecins pour avoir plusieurs ordonnances permettant d'avoir suffisamment de médicaments et ,en plus , aller dans plusieurs pharmacies (donc beaucoup de temps à y passer , et beaucoup de fatigue) ; et , en plus , ce n'est pas faisable avec la carte vitale qui permet très facilement de vous reperer et de vous suivre. Alors qu'aurait elee pu faire : se jeter par la fenetre , ou aller se noyer ....

DS a donc posé la question personnelle aux 2 journalistes , qui ont d'abord répondu d'une façon objective , car répondre autrement , les aurait amener à parler d'elles et de leur problématique par rapport à l'existence (ce qui ne nous regardait pas) ; de plus , elle sont jeunes , et ne sont pas encore au stade où on s'interroge sur la vieillesse , la maladie grave et l'approche de sa mort. DS lui en est dejà à ce stade , puisqu'il a admis que cette histoire et sa présentation l'a ouvert au pb de l'euthanasie active. Cependant , la journaliste du Monde indique bien que cette demande de pouvoir mourrir tranquillement , au moment où on souhaite le faire se posera de plus en plus , et qu'il faudra bien y répondre.

La mort est bien sur une affaire personelle et peut etre solitaire , mais , je pense qu'elle est plus facile à vivre lorsqu'on n'est pas tout seul dans un univers hospitalier , mais chez soi , avec la possibilité de communiquer avec les gens qu'on aime; j' ai assisté à la mort de plusieurs de mes chats , et ceux qui sont partis à la maison , avec des carresses, ont été plus heureux que les autres.
Enfin , dans le cadre d'une loi sur l'euthanasie active , comme en Belgique , il faudra aussi prendre en compte la demande de toutes ces personnes qui n'auront pas les moyens financiers d'etre soignées ou accompagnées jusqu'à la mort dans de bonnes conditions.
Le plateau d'ASI était parfait sur ce sujet douloureux et difficile,

Parfaitement dans son rôle de décryptage des images et de réflexion sur les manipulations (utiles ou inacceptables) de l'opinion publique !

Ce qui m'intrigue un peu c'est l'absence de discussion sur le fond de la question : l'euthanasie légale est-elle souhaitable, indispensable, nécessaire, inacceptable ?

Est-ce la fascination devant les images et leurs enjeux qui annule cette réflexion sans laquelle on reste sur la surface du sujet, sur son écume ?

Pour faire bref (le bac philo est loin) Chantal Sébire avait bien le droit de vouloir partir, sa vie était douloureuse et sans espoir.

Elle avait toutes les possibilités de suicide dont dispose chaque humain, mais elle a choisi de faire de son cas une cause emblématique, aidée (si l'on ose le dire, la pauvre) par le côté très spectaculaire de sa maladie, atteinte difficilement supportable dans l'esprit du spectateur-consommateur au "jeunisme", à l'apparence, aux tops models qui semblent tellement plaire à Madame Michu (et à notre aimable président par la même occasion !)

Restent les risques de dérapages, du style héritiers pressés qui suggéreraient aux médecins d'activer un peu la fin de vie de l'ancêtre qui s'accroche...

Le serment d'Hippocrate s'oppose fermement aux injections létales et c'est heureux !

Paul Amar sur ce sujet est totalement ridicule, tout comme aujourd’hui où il invite Mougeotte, Levaï et Rachida Dati… Encore une émission grotesque !

Leur forum de la semaine dernière, sur le sidaction, a recueilli 5 messages en une semaine (0,8 par jour) c’est un exploit digne du Guinness Book !

***
Superbe traail des journalistes de France 3 et du Monde.

On a l'impression que certains travaillent avec conscience.

"La bonne distance", terme consacré de la psychanalyse, fonctionne aussi dans le journalisme.

Bien intéressant, tout ça.


http://anthropia.blogg;org
Merci pour ce plateau. Merci aux deux journalistes qui nous ont informés dans la dignité et la déontogie de leur métier
J'ai beaucoup aimé ce débat, j'ai trouvé les deux journalistes "à leur place" dans l'exercice de leur métier et dans la façon dont elles nous ont présenté leur travail. Si elles ont effectivement œuvré dans l'esprit qu'elles nous ont exposées (et pourquoi mentiraient-elles) elles font honneur à leur métier que nous sommes si prompt (@rretsurimage oblige !) à critiquer.
j'ai regarde le reportage sur madame chantal sebire .Il n'etait pas racoleur tres humain non larmoyant il decrivait sa vie de tous les jours avec ses douleurs son combat .Je suis restee tres prise ( je ne sais pas le formuler) sur son courage sur sa maniere de s'exprimer .Quelle belle leçon d'amour elle nous a lance à travers l'image pour nous et toute sa famille .Mon seul regret c'est de savoir que la justice des hommes ne lui a pas accorde le droit de mourir dans la dignite puisqu'elle le reclamait .Quelle souffrance de douleur par sa maladie et de coeur ..Elle est morte seule et non entouree par sa famille comme elle le desirait;Elle voulait partir quand elle l'aurait decidee et que c'etait le moment pour elle.Si ce n'etait pas le mot fin de sa vie .Un tres grand respect pour madame chantal sebire;
peut-être qu'il y a pas beaucoup de messages parce que ce n'est pas un sujet qui nous intéresse vraiment, et qu'on a rien à dire ? sauf qu'on est pour ou contre l'euthanasie... (moi je suis pour, de la même façon que je suis contre la peine de mort, bien sûr)
Alors si ce débat est si important et difficile, peut-etre pourrions-nous tenter de débattre un peu? au moins voir quels sont les problèmes qui se posent...
Personnellement, je suis un peu comme ces deux journalistes, un peu désarmée devant un tel sujet...
Merci @si pour ce rappel si horrible; en 2008 en France, une personne saine d'esprit n'a pas le droit de se donner volontairement la mort, meme en phase terminale d'une maladie incurable.

Ou sont la liberté et la fraternité devant ce constat?

Qui peut prétendre sérieusement que c'est mieux pour ces individus qui souffrent physiquement et moralement avec leur proches?
Merci pour ce sujet plein de dignité . Cependant j'aurais bien aimé avoir l'avis des 2 invitées présente sur
l'euthanasie . Est ce qu'elles sont soumises au droit de réserve comme à l'armée ?
Nous sommes des êtres humains et au nom de quoi a t-on le droit de laisser souffrir le martyr à quiconque ?
Je suis pour l'euthanasie active et je le dit haut et fort ! D'autres pays européen la Belgique , les Pays Bas
et la Suisse ont légalisé ce qui me parrait une évidence .
Quand à la réaction de Christine Boutin parlant de beauté , mais de qui se moque t-on ? Pour quel Lobby
de cathos intégriste marche t-elle ?? En 1905 la séparation de l'église et de l'état était effective et donc je dit que les
religieux cessent de nous emmerder au nom du caractère "Sacré" de la vie !
Et la souffrance horrible elle est sacré , aussi , bande de lobotomisés ??
Je me rappelle du très beau film de David Lynch "Elephant Man" ou John Merrick poursuivit pour avoir
bousculer un enfant et acculé dans les toilettes publiques s'écrit "Je suis un être humain" provoquant
la stupeur autour de lui . A la fin du film John Merrick meurt volontairement en s'allongeant dans son lit
alors qu'il avait toute sa vie été obligé de dormir assit pour ne pas mourir étouffé ! Il a choisit sa mort
en toute connaissance , Chantal voulait cela et puisqu'un soit disant monde civilisé (encombré de voyeurisme)
ne voulait pas lui donné elle a choisit sa fin en toute dignité .
Cette surmédiatisation des derniers jours d'une malade en phase terminale me fait penser à La mort en direct de Bertrand Tavernier. Dans ce film, le réalisateur imaginait que Romy Schneider, atteinte d'un cancer en phase terminale, était constamment filmée (sans le savoir) par les yeux-caméras d'Harvey Keitel, et qu'un tel spectacle était ensuite retransmis sur une chaîne de télé qui se délectait de l'audience ainsi obtenue. Malheureusement, j'ai vu le film il y a un certain temps, et ne pourrais entrer dans les détails pour tenter une comparaison plus pointue entre les sujets sur Chantal Sébire et le film. Cependant, Tavernier —parfois lourdement— annonçait ce qu'allait être vingt ans plus tard la télé-réalité et ce qui est son but refoulé, encore non atteint: filmer non plus seulement la vie quotidienne (Loft Story), la rencontre amoureuse (Bachelor), le sexe (l'île de la tentation), mais aussi la mort.

Je me demande donc si la médiatisation de Chantal Sébire n'a pas été rendue possible justement par la télé-réalité qui a contribué à faire sauter des barrières dans la représentation télévisuelle de la vie privée des "anonymes". Nous avons quand même assisté à une agonie en léger différé; et quelque soit la pudeur et le talent des journalistes filmant Chantal Sébire, son visage-signe-de-la-maladie est à lui seul tellement vecteur d'émotion qu'il phagocyte tout travail formel de mise en image.

Indépendamment de la justesse ou non des idées de cette mourante, je trouve que cette surabondance d'émotion empêche au débat difficile sur l'euthanasie de s'installer sereinement. De même que la télé-réalité n'a jamais aidé à faire avancer de grandes causes (quand bien même ses programmes regorgent de larmoyants appels caritatifs), de même l'émotion de voir quelqu'un mourir en léger différé ne me semble pas utile à la progression des idées de Mme Sébire. Le fait que Paul Amar se soit laissé prendre au jeu de l'émotion facile (sortez [s]les violons[/s] le piano et pleurons dans les chaumières) me semble symptomatique: en focalisant sur un cas très particulier et visuellement émouvant on abolit toute réflexion critique sur les problèmes que pose l'euthanasie.
Je sais que quelquefois, il n'y a que le silence qui puisse vraiment parler. Le peu de posts dans le forum de ce remarquable plateau en témoigne.

Mais moi, j'ai quelque chose à dire.

Parce que la première fois que j'ai entendu parler de Chantal Sébire, c'était sans doute lors de la diffusion nationale de FR 3 dont il est fait mention sur le plateau.
Et effectivement, j'ai essayé de la voir parce qu'on distinguait mal. Et puis, j'ai préféré oublier, zapper.

Et ensuite, quand j'en ai de nouveau entendu parler, j'ai pensé qu'elle n'avait qu'à se suicider. Et quand Sébastien a sorti sa chronique, je l'ai lue mais à peine parcourue.
Jusqu'au moment où Mme Sébire a parlé de mort propre.

J'ai alors réalisé que si je ne voulais pas en entendre parler, ce n'est pas par pudeur ou par manque de goût pour l'anecdote. En fait, j'avais peur.
Parce que ce dont parlait cette dame, c'était de sa propre mort.
Et en parlant de sa mort, elle parlait de la mienne.

Et quand elle en parlait, on ne pouvait pas y échapper. Parce que la mort était sur son visage.
Comme si la mort avait emprunté un visage hideux pour me dire, tels ces esclaves qui accompagnaient les souverains grecs partout, « N'oublie pas que tu vas mourir ! ».

Il n'est pas question de deuil, il est question de regarder sa mort en face. La fameuse photo « clinique » d'elle, je l'ai vue sur un site de journal belge. justement un des pays qui acceptent l'euthanasie active.
Au-delà du choc initial, cette photo a pour moi évoqué le Minotaure. L'être mi homme mi animal qui erre dans son labyrinthe et finira par être tué par Thésée, on ne sait si c'est comme victime réelle ou consentante. Un Minotaure qui soudain serait sorti à la lumière.

Cette femme, qui a été enseignante, m'a appris quelque chose sur moi, elle m'a appris que j'allais mourir. Elle m'a fait passer de la connaissance mythologique de ce fait à une perception de la réalité de la mort.
Et ce faisant, elle a déverrouillé quelque chose en moi qui refusait de voir. Elle a donné un visage à ma mort. Quelque chose de « dicible » parce que au bout du compte regardable.
On dit que dans notre époque, on cache la mort, on en fait une affaire de spécialistes. Ce n'est pas par hasard. Ou on dit des décédés, ils sont partis. Mais ils ne sont pas partis; Ceux qui sont partis peuvent revenir. Mais évidemment, tout ce mensonge occulte le problème de l'euthanasie active.

Mais pour en parler, pour vraiment en débattre, il faut faire sauter des verrous personnels et collectifs très importants.
Et je pense que son visage ne pouvait pas mieux symboliser la souffrance et la mort. Si elle voulait être médiatisée, quelque part, c'était peut-être qu'elle sentait cela. L'apparence de bonheur « avant » de sa vie laisse à penser qu'elle était quelqu'un de très équilibré. Elle n'avait pas besoin de se faire voir.

Et maintenant, elle est morte. Elle a rejoint le mythe.
Et je la remercie de ce qu'elle a fait pour moi. Parce que si un jour, moi ou mes proches pourrons mourir dignement, ce sera grâce à elle. Grâce à la loi Chantal Sébire.
Et je me fous que DS pense que c'est trop empathique ou trop trop je ne sais quoi.
Cette image de ces mains qui se tendent disent mon lien avec elle.
Si Daniel est immortel, moi je vais mourir.

Je le sais désormais.
Merci LILIANE
Madeleine
oh oui, merci! merci! merci Liliane!
Liliane,

Très beau message.
Hier, je lisais ta remarque sur mon pseudo. Et bien, si je l'ai choisi , c'est pour annoncer que je veux parler de mes propres émotions, de ce que ça me fait à moi, sans prétendre à d'autre vérité que la mienne.
Et partager avec les autres.

Quand je te lis, ( là au dessus ) je me dis que tu t'inscrits dans cette démarche et ton message m'incline à penser que je suis dans le vrai.

Ta sincérité et ta vérité m'enrichissent.
Liliane,
quand je te lis, ta pensée m'enrichit, et quand je vais voir mon banquier, il me dit qu'il n'y a pas eu de mouvements de capitaux sur mon compte; que faire?

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

J'ai du mal à comprendre comment on peut débattre aussi "simplement" de l'euthanasie,
alors qu'il s'agit d'une somme de problèmes et de situations très diverses qui ont parfois peu de chose en commun:

Il y a les patients en situation stable (handicap lourd), et les patients en fin de vie...
Les patients aptes à se donner la mort et les autres...
les patients à même de discuter et d'exprimer leur volonté, les patients inconscients et le large éventail d'états intermédiaires,
qui laissent une grande place à l'interprétation et aux transferts....
Il y a aussi que parfois demander la mort ne signifie pas vouloir mourrir....

Mais quand on en est encore loin on a probablement une représentation assez floue de la fin de vie.
On est "pour" l'euthanasie parce qu'à défaut de pouvoir echapper à la mort on aimerait la maitriser, l'organiser, l'adoucir, choisir le lieu et le moment?

Ce "droit à mourrir dans la dignité" est un concept imaginé par les vivants pour les vivants.

Mais c' est auprès des mourrants qu'on apprend la complexité du problème.

Pas entre bien portants, une fois tout les trois ans, quand un nouveau Fait Divers envahit les écrans.
Aucun commentaire à propos du plateau en lui-même? Ça m'intrigue... Je vais finir par le regarder. Mais mon avis est déjà fait et archi-fait, depuis bien avant.
En plus cette remarque du journaliste (dans l'article de Dan Israel) me conforte : « Cet appel aux médias, c'était le dernier bras d'honneur d'une femme qui a été une emmerdeuse toute sa vie. »

C'est comme à un guichet et tout ce genre de situations , on donne raison aux gens les plus chiants, pour qu'ils nous fichent la paix, au delà de toute logique de justice, d'égalité, sans réfléchir aux autres. On les valide comme centre du monde, officiellement, au nom du dérangement qu'ils provoquent en nous, ils prennent toute la place, toute l'importance, occultent les autres, à qui on demande une grande compréhension, comme une évidence.

Les personnes qui savent comment se passent la fin de vie se taisent pudiquement, ou glissent leur avis à taton, avec discrétion et humilité et voilà qu'ils se font refouler méchamment par des certitudes qui tombent de nulle part, et qui trahissent une naïveté et une inexpérience qu'on envie, au fond. A quoi bon éclairer ceux qui sont restés à l'abri? Un mort averti n'en vaut pas deux... Et rien n'est jamais semblable aux prévisions dans ce domaine. Jusqu'au bout beaucoup d'ironie dans la vie.
comme le débat sur l'euthanasie commence à me soûler ! il ne devrait même pas y avoir débat ! on ne devrait pas avoir besoin de médiatiser, de débattre, pour obtenir gain de cause. Il y a des évidences, et ce serait bien qu'on se prenne la tête pour de vraies problèmes (je ne parle pas d'@si, c'est très bien que vous abordiez le problème de la médiatisation).
voici encore ce vieux carcan judéo-chrétien qui nous pressure ; ça fait deux mille huit ans que le christ est mort, et on a encore de trop nombreux taboos à cause de ces préjugés religieux, qui nous empêchent de voir la mort comme autre chose que ce qu'elle n'est : juste la fin de la vie, et donc une partie constituante, essentielle de la vie. c'est comme ça, c'est pas grave, et quand la vie c'est plus bien, et bah la mort c'est pas si mal, pour être un peu manichéen.
Chantal Sébire à utilisé les medias pour faire avancer la cause de l'euthanasie en France et tant mieux pour elle, mais est-ce que les médias devaient accepter?

Tout le monde, y compris les journaliste sur le plateau, est d'accord pour dire que c'est l'aspect physique de Mme Sébire qui est à l'origine de l'emballement médiatique. Et ça n'a l'air de choquer personne, alors que c'est l'aveu du fait que les journalistes qui ont couvert cette histoire ont pensé qu'ils pouvaient attiré l'attention du public en faisant appel à un instinc assez bas: le voyeurisme.

On peut penser que l'important c'est qu'elle ait pu faire passer son message et attirer l'attention sur ce problème (l'euthanasie), et donc la fin justifie les moyens, et pourquoi pas, moi j'suis assez d'accord.

Mais que doivent penser les autres malades dans la même situation qui peut être voudraient aussi attirer l'attention sur leur histoires et qu'on ignore?

Ca on dit long sur la maturité d'une société quand c'est le seul choc des images qui permet d'aborder un problème de fond. Avec quelque chances que le problème disparaisse avec les images.
Une remarque sur la " puisssance médiatique " du physique de Chantal Sébire, sans doute pas neutre :

L'autre jour, j'avais laissé traîner le Charlie Hebdo du 26 mars, ouvert à la page 5, page où Mougey a caricaturé Boutin, en lui déformant le visage comme si elle était victime de la même maladie que Mme sébire et a légendé : " faut-il euthanisier les ministres en fin de vie ? "

Alors, mon fils de 7 ans, passant devant, voit le dessin et me dit : " Ah tiens c'est la dâme qu'est très malade et même elle est morte, parce qu'elle a une maladie du visage ! " ( je cite de mémoire, mais en gros c'était ça )

Il m'a expliqué avoir vu sa photo dans un journal et ayant demandé au lecteur ( Nicolas, un enfant de 10 ans ) de quoi il s'agissait, pourquoi elle était comme ça, etc, Nicoals lui a donné quelques explications.

On voit donc que la force de l'image de la maladie de Mme Sébire est telle, que son drame a sensibilisé des enfants de 7 ou 10 ans, à sa souffrance et son combat.

( Notons, que mon fils s'est déclaré triste de cette histoire, aucunement choqué, dégouté ou traumatisé par la photo - C'est sans doute rien, à côté d'un Pokemon de base -)
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