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"universalistes" contre "intersectionnelles" : à chaque media ses féministes

Depuis plusieurs années, deux courants du féminisme s'écharpent sur les réseaux sociaux et dans les médias : l'universaliste et l'intersectionnel. Arrêt sur images a cherché à savoir quelle place était réservée aux deux camps dans les médias, et quel était le sentiment des militantes elles-mêmes sur leur médiatisation. Bilan : les deux courants se sentent... lésés.

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Pas bravo pour cet article Asi. Ou quand l'idéal journalistique d'objectivité se transforme en fausse neutralité et conduit à mettre dos à dos (balle au centre) deux camps qui mériteraient surtout que vous en expliquiez l'origine et les ressorts.

Eliz(...)

Merci pour cet article.


L'intersectionnel est probablement plus en phase avec les valeurs de la société Américaine, d'où il me semble qu'il émane, que de l'universalisme de la société Française. Après, je trouve ça frappant qu'on soit sommé de choisir(...)

une petite faute d'orthographe; il fallait bien sur lire "racistes" et pas "universalistes"; ce qui explique d'ailleurs pourquoi on les accueille à bras ouverts chez "Valeurs actuelles".

(sérieusement voir Bouvet et Peggy Sastre associés au féminisme (...)

Derniers commentaires

Suite aux inquiétudes concernant le Planning familial qui se laisse dangereusement séduire par les thèses intersectionnelles et communautarismes, et s'en est défendu dans Libération, un éclairage édifiant (probablement "raciste" et "sexiste" évidemment) : Par une tribune publiée dans Libération, le Planning Familial confirme sa dérive sans pleinement l'assumer

"Universaliste", ça sonne sympa, "Intersectiotrucfluk", ça ne sonne pas. Le, la maître.sse des intitulés truque le match, comme toujours.

Au commencement de la Civilisation, il y a eu les citoyens, et les autres: esclaves, femmes, métèques divers et rastaquouères innommables, et les croyants, et la racaille païenne, athées apatrides, sans foi ni dieu(x), puis sont venus les blancs, et les nègres anthropophages, sans âmes, et sans goûts gastronomiques décents, et puis les patriotes, et les traitres...Avant de culminer dans la "race", et le "genre": les antisémites et les juifs, les rouquins et les blonds, les maigres anorexiques (donc malades, pouah!), et les gros obèses ( tout aussi malades...Re-pouah!), et les femmes (des connes, si on en croyait la Faculté), et les hommes (une femme dans chaque port, et un porc dans chaque homme, suivant la nouvelle évangile du différentialisme branchouille)!

Le manichéisme dans ses œuvres, la différence sans éloges, la hiérarchisation, politiquement correcte, des "autres", la cousine plutôt que le frangin...Ce goût immodéré du con à se trouver des semblables: même taux de mélanine, même bite, même chatte: " nous vaincrons parce que nous sommes pareils!", terrifiant!

Un nègre est un nègre et une femme est une femme…Et le fantôme de James Baldwin se fond dans celui d' Idi Amin Dada, et "Madame" Thatcher éponge, tendrement, n' en doutons pas, les larmes de désespoir de Simone de Beauvoir!

Tiens, ça me donne presque envie de relire " L' Unique et sa propriété " du père Stirner (un pavé affreux, pour les twittos!)...Juste histoire de me rassurer, quoi!

Carpe diem...

L'universalisme. Le mot est beau, il m'a fait rêver. Mais on sait que cela n'existe pas, notre monde est divers. On lutte pour la liberté et l’émancipation, mais à l'échelle de notre aventure collective, et cette  aventure collective dépasse rarement une ou deux nations.

"Les médias "de gauche", donnent-ils donc particulièrement la parole aux intersectionnelles ? Sans trop de surprise, la militante féministe et antiraciste Rokhaya Diallo n'est pas d'accord.  "

Ce Sans trop de surprise, ça n'a l'air de rien, comme ça, mais c'est too much ; on peut affronter la complexité des choses, vous savez ?
Après, je rejoins certains asinautes qui demandent l'utilité de ce tableau Excel de la prise de temps de parole.


Comment ne pas se rendre compte qu'il s'agit toujours d'une affaire de Bobo30%?

Les 70% - le reste de la population - se contrefoutent du féminisme militant, ayant vraiment autre chose à faire...

Égalité EN DROIT, pour tous.

Merci pour cet article qui se pose la bonne question en tant qu'observateur des médias :"...qu'en est-il réellement des temps de parole offerts aux deux camps dans les médias français? "

Dommage qu'il n'y réponde pas.

Les points d'accord et les points de désaccord sont assez flous.


Mais manifestement, il se joue la même chose entre les féministes universelles et les féministes intersectionnelles qu'entre les anti-racistes universels et les anti-racistes racisants. Et j'émets l'hypothèse que les groupes sont superposables; autrement dit, je pense qu'il serait difficile voire impossible de trouver une personne se revendiquant d'un féminisme intersectionnel tout en se revendiquant d'un anti-racisme universel.


Pour l'origine de ces idées, je pense que l'on peut remonter dans les archives d'@si, à l'heure où Judith Bernard avait invité Patrick Chamoiseau. Ces derniers s'étaient entretenus du concept de "diversalité", en opposition à "universalité". Levées de bouclier de la part de Judith Bernard et des asinautes, aussi arcboutés et souples d'esprit que ne le sont les militants politiques. Et maintenant, une grande partie des @sinautes ne jure que par la science sociale racialisante ! C'est marrant un asinaute, c'est un peu comme un mouton, mais bêlant dans le sens du vent qu'il réfléchit par lui-même.


On peut même remonter plus en amont: la question des quotas et de la discrimination positive mobilisent des raisonnements proches et les mêmes principes philosophiques fondamentaux.


Une belle idée, souvent, est gâchée par celles et ceux qui la déforment en se l'appropriant. De mon point de vue, il en est ainsi de la diversalité. Patrick Chamoiseau avait à coeur de reconnaître la différence chez les autres. Mais en l'espace d'une décennie de sur-consommation et de réseaux sociaux, la diversalité a été fondue dans le creuset du nombrilisme. Il ne s'agit plus de reconnaître la différence des autres, mais de promouvoir sa propre individualité et de célébrer le plus reptilien des communautarismes. "Quiffe ta race" et "Interdisons le Voile" ! C'est effarant !

C'est aujourd'hui, la journée mondiale du droit des femmes . Hier, ce n'était pas, demain ce ne sera plus.


J'éprouve comme une gêne, le mot est faible, quand le 8 mars et comme par hasard, reviennent des sujets s'interrogeant avec condescendance sur "les femmes". 


Il y a la journée Tintin, la Journée de la Corse (si !) la journée sans pantalon, la journée des câlins, la journée du pop corn, la journée de la Douane (avec majuscule)...


Voici donc celles, sans qui il n'y aurait pas d'hommes, rangées au rayons des accessoires auxquels il convient de penser une fois par an. 

Non, pas une fois, deux fois. 

L'autre fois étant pour une partie (méritante bien sûr) des femmes qui sont devenues mères. 

C'est le dernier dimanche du mois de mai, remis en selle par le regretté Maréchal Pétain . 

C'est la fête de mères, alias Saimt Moulinex, Saint Séphora, Saint Aubade.


Pour paraphraser Blaise Cendras, même la Patagonie ne peut contenir mon immense détresse.


Qui est satisfait de sa médiatisation ? Même Trump prétend avoir été élu en dépit des médias.

Bonjour,

Soutien à Rokhaya Diallo dans Le Monde vous dites ? C'est bel et bien dans le Monde Afrique, je ne vois pas bien quel est le lien entre le continent africain et Rokhaya Diallo, ni même avec le soutien qui lui est apporté. Cela illustre bien cette ambivalence de médiatisation et les critiques qui sont faites à votre article dans les autres commentaires. Il y a bien une différence, et une différence raciste, à donner la parole (ou à porter la parole de) à Rokhaya Diallo dans le "journal de référence" ou bien dans ses pages Afrique.


Pas bravo pour cet article Asi. Ou quand l'idéal journalistique d'objectivité se transforme en fausse neutralité et conduit à mettre dos à dos (balle au centre) deux camps qui mériteraient surtout que vous en expliquiez l'origine et les ressorts.

Elizabeth Badinter est effectivement emblématique du camp "universaliste" : actionnaire majoritaire de Publicis contre les femmes, féministe contre les arabes, et en définitive tout simplement une bourgeoise raciste (islamophobe revendiquée hein) qui est à peu près autant féministe que le pape.


Les "universalistes" (reprendre cette terminologie est déjà en soi un problème, car les intersectionnelles ne sont ni particularistes ni relativistes : philosophiquement, elles sont bien universalistes) partent du point de vue suivant, tout simple : en France, les femmes sont libres. La lutte féministe est gagnée. Les femmes qui doivent être libérées (éventuellement contre leur gré) sont à chercher parmi les pays arriérés de la péninsule arabique et de l'Afrique, et parmi l'ennemi intérieur proliférant que sont les musulmans de France. C'est antiféministe. C'est paranoïaque. C'est raciste. Ca rejoint un agenda d'extrême-droite national-sécuritaire qui a constitué (Merci Sarko, Merci Valls, Merci d'autres...) les musulmans en cinquième colonne inassimilable et qui mène des campagnes islamophobes régulières par l'intermédiaire de diverses officines réactionnaires comme le Printemps républicain et Riposte laïque.


En face, les intersectionnelles s'appuient sur la recherche en sciences sociales, le féminisme matérialiste et radical. Ce sont des féministes qui tentent de réfléchir ensemble la question féministe avec la question antiraciste et la question sociale. Elles font avancer la recherche en sciences sociales et les mobilisations féministes.


Voilà une présentation réaliste de la situation. Mais pour Asi, donc, balle au centre, on ne prend pas position, et c'est un faux équilibre parfaitement artificiel qui prime.

En tant que féministe universaliste, je suis pour l'interdiction du haut de maillot de bain pour les femmes ! c'est une forme d'asservissement, une manière pour le patriarcat d'investir le corps de la femme d'une sexualité que le corps de l'homme ne représente pas, et un résidu de culture occidentale vu le nombre de cultures qui ne cachent pas la poitrine des femmes !

Excellent article, très fouillé, avec un vrai travail de fond !

Merci !

Difficile pour moi d'avoir un avis tranché sur la question. L'intersectionalisme a l'intérêt de coller à la réalité, mais ça vire parfois à l'excès (selon mon point de vue). Notamment avec la multiplication des identités de genre qui me paraissent être plus un malaise dans la construction de sa propre identité au regard de l'image donnée de l'homme ou de la femme dans la société, et pas une vraie identité à part entière ou à laquelle on serait renvoyée (différent donc du fait d'être femme ou noir). J'associe un peu les 2 car j'ai l'impression que ça se rejoint par moment.

Parfois l'excès tient dans le fait de voir du sexisme ou du racisme partout et d'altérer sa vision du monde par une sorte de biais de confirmation.


Dans l'absolu je serais plutôt universaliste (toutefois je ne me comparerais pas aux zélotes citées dans l'article), mais force est de constater que l'intersectionel permet de combler les angles morts de l'universalisme. Je le vois donc comme une approche pratique dans le débat, tant que ça n'est pas un modèle de société.

bel article équilibré qui a le mérite de clarifier les éléments souvent tronqués du débat. A signaler que vous avez masculinisé le prénom de madame Vergès... Une coquille ??? ou une façon, sans doute inconsciente, de coller du mâle à ses positions:-))

Tant que les féministes médiatiques obsédées par l'Islam et les féministes médiatiques obsédées par l'Islamophobie sont d'accord pour se plaindre dans la presse de leur faible accès aux médias, l'essentiel est sauf.

une petite faute d'orthographe; il fallait bien sur lire "racistes" et pas "universalistes"; ce qui explique d'ailleurs pourquoi on les accueille à bras ouverts chez "Valeurs actuelles".

(sérieusement voir Bouvet et Peggy Sastre associés au féminisme ça fait un peu mal)

sinon déconstruire le mythe de l'"universalisme" à la française ce serait pas mal; l'universalisme depuis le début c'est l'"universel des gens comme moi" (les hommes blancs un peu bourgeois quoi).

http://www.communistesunitaires.net/articles/universalisme-et-colonialisme-deux-mamelles-du-racisme

http://lmsi.net/Universalisme-ou-ethnocentrisme

et après on peut aussi discuter du féminisme de gens qui pensent que certaines femmes valent moins que d'autres (et ça vaut aussi pour les TERF / les SWERF)

Bonsoir,


Je me permets quelques réflexions concernant le féminisme universaliste que vous nommez dans cet article. De mon point de vue, les signataires de la tribune de libé ne sont que rarement des féministes universalistes (Laurent Bouvet, really?) mais plutôt des personnes sensibles au port du voile ainsi qu'au penchant identitaire de la laïcité.


 Féministe moi-même, me sentant plutôt universaliste (le fait d'être femme et de subir des oppressions parce que nous sommes des femmes telles que le viol m'oblige à penser ainsi) tout en comprenant les enjeux intersectionnels (jamais je ne mettrais en cause les femmes voilées qui peuvent porter le voile comme elles le souhaitent plutôt que d'être stigmatisées comme elles le sont depuis tant d'années, cf FFanon et JCKauffman) je cotois donc les milieux militants féministes de tout bord, et je dirais que certaines des universalistes (qui me semblent tout de même n'avoir rien à voir avec des personnes proches du puant printemps républicain) n'ont par exemple pas de difficultés à admettre le port du voile comprenant ainsi combien la liberté des femmes précède leur stigmatisation. Si je concède volontiers qu'une tranche encore du féminisme universaliste  a bien du mal à s'exprimer sur le port du voile, je dirais que la situation a tout de même foncièrement évolué depuis notamment l'apparition du féminisme intersectionnel.

Merci pour cet article.


L'intersectionnel est probablement plus en phase avec les valeurs de la société Américaine, d'où il me semble qu'il émane, que de l'universalisme de la société Française. Après, je trouve ça frappant qu'on soit sommé de choisir. Comme si on ne pouvait pas faire fonctionner ensemble une universalité au fait d'être humain, et une particularité des expériences de chacun.e.s. Après tout, on voit bien comment deux enfants de mêmes parents peuvent être différents malgré une position sociologique similaire, tout en partageant tous les deux une expérience sensible partageable propre à leur qualité d'être humains.


Il me semble qu'un des problèmes structurels de l'intersectionnel est qu'à force de vouloir reconnaître ou nommer une particularité on finit par mettre les gens dans des boites étanches et préconçues rendant tout échange et partage impossible (une façon sans nuance de dire que si tu es ceci tu ne peux pas comprendre cela, voire discuter de cela), et déniant finalement la particularité des expériences au-delà de classifications sociales. Et puis, cette façon d'utiliser des termes de façon complètement déconnectée de leur étymologie, ça empêche de penser. Par exemple, utiliser le terme de racisme comme un équivalent de l'oppression nie complètement le fait que tout un chacun peut être raciste, même si ce racisme aura plus de poids dans le fonctionnement d'une société quand il sera exprimé ou agi par une personne ou un groupe qui a le pouvoir (ce qui varie en fonction des contextes).


Il me semble que le problème de l'universalisme est de ne pas entendre que chacun.e peut vivre une situation à sa façon. Par exemple, toutes les femmes qui portent un voile ne sont pas soumises comme décrites par ces personnes, sans pour autant enlevé que de façon générale c'est un marqueur d'oppression.


En gros, interdire ou dénier aux gens la capacité de penser, c'est emmerdant.


Et pour finir, il me semble que parler de racisme anti-blanc c'est comme mettre du sucre sur un gâteau au sucre. C'est simplement du racisme. Pas la peine de rajouter une nouvelle couche de raisonnement raciste en pointant l'anti-blanc. Pouvoir être raciste, c'est comme pouvoir être con, c'est universellement partagé.


Vous m'avez lu jusqu'au bout ? Merci.

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