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En Grèce, en attendant l'orage

"C’est comme si on attendait que l’orage éclate." Dans la rame qui nous conduit au centre d’Athènes, mon voisin débarque du même avion que moi. Il est grec, il travaille à Paris. Vous êtes rentré pour voter ? Soupir. Oui. Nulle trace de peur sur son visage. De la lassitude dans son sourire, peut-être. Homme en suspens. Pays en suspens. On attend juste que l’orage éclate.

Derniers commentaires

Déjà en avril 2010, voyage en Grèce (mon troisième), et la surprise : on ne visitait plus l'Acropole que le matin (pas assez de personnel pour ouvrir l'après-midi). Dans le musée national archéologique, les salles des vases étaient fermées. Je questionne un employé : pas assez de personnel pour assurer la surveillance de toutes les salles, alors des fermetures tournantes...
Et Athènes, étrangement calme, déjà, comme avant la tempête, en dehors des manifestations annoncées par des affiches un peu partout en ville, en particulier dans le quartier Omonia.
Dans le nouveau musée du Parthénon flambant neuf, qui expose dans une salle à taille réelle les fresques du temple, les plus belles pièces sont remplacées par des copies mentionnant que l'original est au British Museum. Etrange ironie du sort qui veut que ce pays a déjà été pillé de ses richesses culturelles au début du siècle. L'Angleterre refuse de restituer les frises au prétexte que les Grecs ne seraient pas en mesure de la conserver convenablement (musée flambant neuf, je le rappelle). Quand en Europe cessera cette mascarade d'infantilisation de pays entiers ("puisqu'on vous dit que c'est pour votre bien") ?

Merci Anne-Sophie pour ce beau reportage.
Il parait que l'autre gaucho, s'il est élu, veut arrêter de payer la dette de la Grece ...
Ils ne paient pas d'impots ...
Ils sont tous proprietaires ...
Nous leur donnons des milliards ...

Et ... Flamby, trouve ça normal !
Papier suintant de vérité.
Les élections peuvent-elles changer quelque chose ?
Très naïvement (sans doute), sans avoir véritablement écouté les critiques glânées ici ou là - mais il y en avait peu en France, la Grèce a eu la mauvaise idée de voter le jour du 2d tour des élections présidentielles - j'ai rêvé que Siryza soit majoritaire demain. Ca me paraissait symboliquement puissant. D'autant plus qu'ils proposent des renégociations, pas la sortie de l'euro.
Mais comment, et pourquoi imposer à un peuple ces plans d'austérité inhumains ? On touche l'absurde avec cette crise économique. L'Allemagne outrepasse ses droits.
J'aurais aimé que le gouvernement français, nouvellement "socialiste" soit moins frileux.
Réponse demain... Pour des résultats qui ne peuvent être représentatifs. Beaucoup de Grecs ont quitté le pays, et ne peuvent revenir. Les Athéniens doivent retourner dans leur village d'origine pour voter. La moitié de la population grecque vit à Athènes et, par attachement à leur région d'origine, ils choisissent de rester inscrits sur les listes électorales de leur ville de naissance. Combien auront les moyens de faire le voyage 2 fois en 1 mois ?

Merci Anne-Sophie pour ces images d'Athènes, et ces remarques.

Snif.
Alors, Anne-Sophie, vous serez là-bas lundi ? Il va y avoir du sport !
Un grand merci ! Passionnant et émouvant ... J'interviens très rarement sur le forum, même si je ne rate pas une émission ou un vite-dit. Je suis allée très souvent en Grèce, mais pas depuis 3 ans, alors ce récit me permet de voir, beaucoup mieux que tous les articles, l'ampleur de la catastrophe et l'ambiance qui règne à Athénes, Bernadette Grandcolas (abonnée de la première heure ...)
Après les aventures d'ASJ au sénat, et ASJ à Bercy, maintenant, ASJ à Athènes!!
Je ne dirais pas que votre article m'a fait rêver, étant donné l'ambiance... mais c vivant et pertinent!!! Bravo!!!

Et l'émission de synthèse à votre retour sera au petits oignons!!
C'est pas vrai tout ça, c'est que des menteries ! Sarkozy a sauvé la Grèce au moins 3 fois.
Merci Anne-So mais aussi Olivier et Kalliopi pour l'accueil qui a permis ce très bon reportage.
À écouter aussi cette émission de ce matin http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4449789
reportage génial, il y a des millions de choses à dire...
les effets de la décroissance sur la circulation...bien
la recrudescence de violence envers les immigrés...pas bien...des boucs émissaires...
les fonctionnaires ....virer tout le monde et recruter sur CV...bonne idée mais mieux vaudrait des concours ouverts à tous avec copies anonymées...on a encore rien trouvé de mieux pour assurer l'égalité du droit d'accès à la fonction publique.

non ce qui m'intéresse le plus finalement c'est de voir que les commerçants baissent leurs rideaux, ferment boutique et n'arrivent plus à vivre. Ironie du sort, comme tous les commerçants du monde on les imagine voter à droite pour un système ultra libéral qui a conduit le monde à la crise, puis finalement à faire progresser la misère et à assurer la concentration des richesses dans un nombre de mains de plus en plus réduits....en encourageant la rigueur et ce système inique de financement des dettes publiques....ils ont mis leurs clients potentiels à genou, portefeuille vidé, jetés à le rue et maintenant ils baissent leurs rideaux faute de clients....si ça se trouve certains d'entre eux bastonnent même des immigrés alors que ce sont eux les responsables....l'heure du grand nettoyage approche....le chaos...il va y avoir du sang sur les murs de la ville....(alors cessez de rire charmante Elvire)
Contrairement à l'amputé de la photo, je ne peut rester de marbre.
Merci Anne-Sophie.
Magnifique texte, poignant !
Aparté... j'ai trouvé ça sur Face-Book...
D'A. Ki... HISTOIRE VRAIE, à faire passer, merci : Dimitri est propriétaire d'un hôtel prés de Moxlos, au nord - est de la Crète. Depuis plusieurs mois, il attend en vain les réservations ... alors que les autres années, il fait carton plein chaque été. Dimitri est invité chez des amis de longue date, en allemagne. Il en profiter pour faire une "petite enquête", histoire de comprendre. Il se rend dans une agence de voyages et demande à séjourner dans SON hôtel, sans dire qui il est. L'agent de comptoir lui répond que ... l'hôtel est COMPLET ! Dimitri répond qu'il a été voir sur Internet, et qu'il pense que malgré tout, il reste des disponibilités. L'agent de comptoir répond qu'il y a des travaux dans l'hôtel, et que trés peu de chambres sont disponibles. "Le mieux dit elle, c'est de partir en Turquie , vous serez plus tranquille ... ". Le propriétaire de l'hôtel lui annonce enfin qui il est, et lui demande des explications ... AUCUNE EXPLICATION N'A PU ETRE DONNEE PAR L'AGENCE DE VOYAGE ALLEMANDE ....
@si se diversifie : reportages à Hénin-Beaumont avant la curée médiatique, retour du Kivu en guerre de basse (ou haute, c'est selon) intensité grâce à Justine, et maintenant la Grèce en direct, via Okeanos (que je suis depuis un moment, en passant merci à Cigale Zoze qui le découvrit) par Anne-Sophie.

Ca fait mal au coeur... enfin, mon coeur s'est serré en vous lisant, Anne-Sophie. On a de la compassion pour ces Grecs dont on parle si mal dans nos media depuis le début de la crise. Mais on comprend mieux pourquoi "les Grecs sont des flemmards"... quand vous expliquez le "système de l'emploi par piston". Mais bon, moi j'ai connu ce système dans des administrations bien françaises, bien publiques... Le fils de... la nièce de... la petite amie de X, rédacteur en chef, embauchés juste sur leurs critères "relationnels". Si on cherchait dans les couloirs de quelques media du service public français, je pense qu'on en trouverait encore actuellement. Et, en bout de chaîne, toujours les mêmes qui "paient".

Et cette photo d'Atlas croulant sous le poids de l'Euro, pour moi, elle résume tout ! Toute la politique européenne et mondiale depuis des années...
Maintenant, quand je me tourne sur le passé, je comprends tout ce travail de sape organisé depuis des lustres... qu'on a plus ou moins bien vu venir (puisque nous avons été majoritaires en France à rejeter le Traité de Lisbonne), cette mise en pièce de la solidarité -valeur devenue le comble de la ringardise-. Maintenant, il faut parler "marchés, dette, austérité, serrage de ceinture, soumission, there is no alternative, etc." !
Porca miseria !
Bon, j'avoue, les derniers papiers d'Anne-Sophie sur l'économie, je n'ai pas encore pris le temps de les lire (alors que j'étais accro au démarrage de la série) : juste envie de changer d'air, d'arrêter de se miner avec cette crise. Alors le reportage sur le terrain, je trouve que c'est une super idée, un bon compromis. On attend la suite avec impatience!

Je me souviens lors du passage à l'euro, les grecs abandonnaient leur antique monnaie. Ils avaient eu l'idée d'en inclure un vieux modèle élimé sur leur pièce d'1€. Sertir l'ancien du moderne, c'était... chouette. Sertiront-ils l'euro avec la drachme??
On ressent bien la ville au ralenti: sous le cagnard mais pas que. On est avec Olivier et Kalliopi. On les aime bien, déjà.
Bon, reste à espérer que Dimanche les grecs seront moins sots que les français et mettront Syriza aux manettes !
J'imagine la tronche des médiacrates et les éditos de Lundi : "le populisme déferle sur la Grèce", "vague rouge-sang", "la Bourse plonge, l'Europe tremble", "les grecs sortiront ils de l'euro"...
Je me jeterai avec un plaisir sadique sur le blog de Quatremer qui nous en fera(it) une dépression nerveuse...
J'ai visité la Grèce, pour la première fois, après la chute des colonels. Un pays pauvre, mais un peuple attachant, digne, honnête, généreux.
J'y suis retourné régulièrement tous les cinq ou six ans. La circulation devenait de moins en moins fluide, le pays se modernisait, le niveau de vie s'élevait, les plages se remplissaient de grecs, toujours aussi attachants...
Ce que vous décrivez, Anne-Sophie, n'est même pas un retour en arrière, c'est une dérive vers nulle part. J'espère que ce peuple trouvera la force qu'il a su trouver par le passé.
Une petite remarque : ce que vous dites du monde du travail, n'est pas propre à l'administration. J'ai le souvenir d'avoir attendu 6 heures mon véhicule de location dans une agence d'une grande marque. Il y avait 5 ou 6 employés. Des hommes charmants qui palabraient ou allaient chercher du café pour faire patienter les clients et ... une femme qui faisait tout le reste : au comptoir, au téléphone, à la photocopieuse, sur le parking... et en grec, en anglais, en italien, en français...
Et si on était pas à l'abri un jour, qui sait, de mettre 5 minutes en voiture de la porte d'Orléans à la porte de Clignancourt. Et on ne rigole pas.
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