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Effondrement : "le survivalisme dépasse les catégories politiques"

Et après ? Comment survivre, ou vivre, après l'effondrement ? Collectivement ou individuellement ? Pour en parler sur notre plateau, Pablo Servigne, collapsologue, co-auteur de "Comment tout peut s'effondrer" et "L'entraide, l'autre loi de la jungle", Bertrand Vidal, sociologue spécialiste de l'imaginaire des catastrophes et du survivalisme, auteur de "Survivalisme", et Denis Tribaudeau, instructeur de survie, auteur de "Survie mode d'emploi" et "Guide de la survie en ville".

Commentaires préférés des abonnés

Merci pour cette émission, qui a cependant été pour moi plus instructive pour ce qu'elle dit des survivalistes et des invités que pour le fond du discours que ces derniers proposent.


A propos de Pablo Servigne. Ce qui fondamentalement cloche dans son (...)

Tiens, c’est l’occasion de placer ce court-métrage trouvé sur le site de Jean-Noël Lafargue :


(...)
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pourquoi est ce ridicule ? l'espérance de vie est une moyenne ....  vous nous citez des valeurs hautes au sein d'un échantillon ce qui ne démontre rien du tout. 


https://ourworldindata.org/life-expectancy








(...)

Derniers commentaires

Pour répondre à Daniel Schneiderman, s'il ne s'est pas encore informé sur le sujet. Voici un lien sur les villes françaises en transition. https://www.entransition.fr/

Je vous conseille "Vicilisation "La chute"' de Chris Antoine aux éditions CRMSECTOR (ISBN 978-2-9525328-0-6).


Excellente série d'été au demeurant ! Bravo !

Si j'ai bien compris ,il y a des survivalistes de gauche, humanistes, solidaires, et des survivalistes fachos, racistes repliés sur eux -mêmes . Et le survivalistes centristes ? Bayrou dans les Pyrénées ,il n' pas créé un centre survivaliste ? Je plaisante . j'ai trouvé l'émission très intéressante.

J'adore Pablo Servigne.

Ce mec est persuadé que d'ici trente ans, on sera dans une spirale de désintégration totale, mais son regard reste toujours aussi clair.

Et j'ai trouvé assez cocasse l'attitude de B Vidal. Il se comporte tout le long de l'émission, comme le chercheur qu'il est, avec du recul sur les survivalistes. Très bien.

Mais à la fin, il semble qu'il n'ait pas du tout su qui était Servigne, parce qu'il lui pose des questions comme s'il pensait qu'il était un adepte du revivalisme chasseur cueilleur. Sa question sur l'espérance de vie est étrange, comme si Jenner et Pasteur étaient des forcenés du capitalisme et du consumérisme.

Comme s'il n'avait pas du tout écouté Servigne lors de leurs échanges.

Cette question fait un étrange couac dans l'émission.


Plus généralement, on ne répond pas beaucoup à la question sur le monde d'après l'effondrement. A part pour dire que les survivalistes sont un peu concons.


J'ai souvenir d'avoir assisté à une situation de post-effondrement, en Russie au début des années 1990.

Je logeais chez l'habitant, dans la banlieue de St Petersbourg, pendant une dizaine de jours. Chez une médecin légiste, un prof d'université et leur fils étudiant en langues O. Ils étaient adorables.

Tous les circuits de distribution commerciale s'étaient effondrés entre 89 et le moment où j'y étais. Il n'y avait rien à manger dans les magasins, c'était l'hiver. Quelques kiosques s'étaient ouverts avec des marchandises, mais c'était hors de prix pour les Russes.  J'ai dû acheter de jolies poupées russes pour quelques centimes de francs. Le rouble ne valait rien. On pouvait acheter des colliers de diamants pour 200 dollars, mais c'était impossible d'avoir de l'argent.

Je refusais de descendre dans le métro, parce que j'avais eu l'impression d'y voir un film d'Eisenstein, des visages hâves, défaits, de gens qui ne mangeaient pas à leur faim.


On levait le pouce et n'importe quel automobiliste s'arrêtait pour vous emmener où vous vouliez pour des sommes dérisoires.  Ainsi, ils pouvaient récupérer un peu d'argent. 


J'avais entre autres acheté du miel et des bananes à la famille pour le nouvel an russe,  et ils ont avoué qu'ils n'en avaient pas mangé depuis des années.


Je me souviens être passée dans un parc avec Micha, le fils de la famille, et avoir vu des canards qui se promenaient sur un étang. J'ai demandé :

"Si les gens ont faim, pourquoi ne pas manger les canards ?"

Micha m'a regardée comme si j'étais une barbare intégrale :

"Manger les canards du parc ?"


Et c'est vrai que les gens n'étaient pas violents, mais l'ambiance de déliquescence était totale.


Je me souviens aussi de la ville de Fatehpur-Sikri  une ville qui est toute belle, restée debout, à travers les siècles, comme si de rien était. Elle a été désertée parce qu'elle avait épuisé toutes ses ressources. Plus d'eau, le désert.


L'effondrement, ce devrait être un mélange entre Fatehpur Sikri et la Russie de 1991.


Une catastrophe avec tout le monde en attente, avec l'espoir que ça s'arrange. Plus rien ne circule, l'argent ne sert plus à rien. Tout vieillit et se dégrade, mais nous préférons ne rien voir et ne rien savoir. Avant, pendant, après...


L'avenir n'est écrit nulle part....


Le survivalisme, un truc de mecs.

: )

Monsieur Servigne faut revoir votre copie helvétique, on a pas tous une arme à la maison faut pas déconner. Surpris que Daniel Schneiderman n'aie pas rebondi....

J' adorerais être d' accord avec le gentil Pablo, et renvoyer l' affreux Pietro ( et son humour bourrin ) dans son bunker 4 étoiles, seulement voilà, mon expérience ( Laos, Beyrouth, ex-Yougoslavie...) m' a plutôt appris, dans les situations "extrêmes", qu' il vaut mieux faire partie d' un groupe structuré, solidaire, et fortement armé ( Disons auxiliaire d' irréguliers Hmong, ou athée au sein d' une milice chrétienne...), pour survivre: courir dans une même direction sous les obus, et/ou faire la queue pour de la flotte et du riz ne fait pas la solidarité!

Quant à décider, du vilain papa justicier ou du gentil pillard " de couleur ", qui est le plus "sauvage" des deux, je laisse à DS le droit de nous asséner son " point de vue/image du monde " habituel...Après tout, c' est son émission/site/et conviction!

Ceci dit, et si il est difficile de mettre en parallèle guerre civile et inondation, on peut pas dire, aux vues des récents événements, que la balance penche en faveur de la ferveur humaniste de nos incorrigibles optimistes: il n' est que  de voir la foule française se ruer sur les bouteilles d' eaux minérales, en ces temps d' affreuse canicule, pour se rendre compte qu' il vaut mieux être jeune, en bonne forme physique, et moyennement altruiste, pour couper, avec modération, son Ricard!

Bref, une fois de plus, je me ferai le juste apôtre d' un pessimisme mesuré...Après tout, si je me goure, j' aurais, quand même, la satisfaction de m' être trompé: les optimistes béats pourront, hélas, pas en dire autant!

Carpe diem...

Tiens, c’est l’occasion de placer ce court-métrage trouvé sur le site de Jean-Noël Lafargue :


Après, il faudra surtout manger. Je ne sais pas si ça a été mentionné dans l’émission, mais au cas ou non, voir le très sérieux et pourtant très drôle exposé de Olivier Gechter sur la cuisine post-apocalyptique :


https://youtu.be/vg2DiKect6U

Merci pour cette émission, qui a cependant été pour moi plus instructive pour ce qu'elle dit des survivalistes et des invités que pour le fond du discours que ces derniers proposent.


A propos de Pablo Servigne. Ce qui fondamentalement cloche dans son analyse (et dans celle, plus généralement, des collapsologues), c'est sa vision du changement social, dépolitisée et quasi mystique. Selon lui, comme pour l'ensemble de la galaxie dite "alternativiste", toute proposition qui semble "aller dans le bon sens" (celui de la soutenabilité écologique) est bonne à prendre. Le foisonnement des initiatives à petite échelle entreprises par un "être humain" en état d'apesanteur sociale (cette fiction commune à tous les conservatismes) est vu comme la seule voie praticable en direction d'une résilience post-effondrement.

L'espèce humaine est en danger, et une minorité d'individus éclairés entreprend de lui montrer la voie vers la survie et la Vertu qui en est la condition. On est ici en plein naturalisme : l'être humain, conçu à travers son appartenance à une espèce, aurait des instincts naturels indépassables (de l'ordre de la solidarité, diront les gentils, ou de la compétition, dira l'extrême-droite survivaliste) et ceux-ci ne sauraient être conditionnés par leurs conditions concrètes d'existence (leur culture, leur classe sociale, leur appartenance de genre ou de race...). Servigne et ses amis balayent ainsi d'un revers de main des décennies de philosophie et de recherches en sciences sociales sur les origines sociales des comportements humains, sur les déterminismes qui les contraignent et sur leur diversité au sein d'une même société (le fait que la préoccupation pour l'effondrement soit socialement situé, comme le rappelle l'autre invité en fin d'émission, ne semble d'ailleurs pas lui effleurer l'esprit).

En bref, Servigne propose un mélange suspect de naturalisme dépolitisant et de christianisme non assumé, qui débouche sur un bel oecuménisme complètement mystificateur : l'extrême droite aurait de bonnes idées, et, puisqu'elle fait partie de l'espèce humaine, discutons avec elle pour, une fois les désaccords posés, en arriver à faire une grande farandole autour de la Terre, crânes chevelus et crânes rasés bras-dessus bras-dessous, manches retroussées pour survivre à l'effondrement.


Se retrouvent ainsi évacués les rapports sociaux concrets, qui devraient pourtant être à la base de l'analyse . Qui domine qui ? Comment ? Pour quelle organisation politique ? Une fois accepté le constat de la non-soutenabilité du capitalisme, l'enjeu fondamental est de savoir par quel bout nous sortirons de la crise de celui-ci, qui se manifeste notamment par les déséquilibres écologiques : irons-nous plutôt dans le sens d'un gouvernement autoritaire, éventuellement raciste, d'extrême-droite, qui se légitimera par la fabrication de bouc-émissaires, par la répression et par sa prétention à gérer la pénurie, ou dans celui d'une gestion collective, socialiste, démocratique, des sociétés, de la définition des besoins et des moyens mis en oeuvre pour y répondre ? Aucun terrain d'entente n'est possible avec l'extrême-droite, qui propose dors et déjà des "solutions" fondées sur le postulat de l'indignité des catégories sociales les plus stigmatisées ("remigration", eugénisme, politiques autoritaires de dénatalité...). Aucune "solution partielle" ou "bonne idée" ne peut être tirée de l'idéologie autarcique et raciste d'un Piero San Giorgio, qui à ma connaissance n'a inventé ni le panneau solaire ni la culture du poireau.


Le discours de P. Servigne est davantage de l'ordre de l'esthétique que de l'ordre du politique. Il dessine de manière impressionniste les contours d'une société soutenable et apaisée qui séduira en priorité des individus de classe moyenne et supérieure en pleine crise existentielle chez qui subsiste un résidu de christianisme ou de spiritualisme non résolu. Discours mystificateur donc, dont l'efficace politique est nulle et peut-être même régressive. En ces temps de dépolitisation, il est urgent de partir des rapports sociaux et des luttes politiques concrètes pour envisager des modalités d'organisation collective et s'opposer aux tendances liberticides et excluantes qui menacent les catégories les plus marginalisées à l'heure d'une crise du capitalisme qui va en s'aggravant.

Enfin un peu d espoirs dans ce monde de M.... Pour moi c'est rappé, j'ai subi et sans doute aussi participé à cette déliquescence inexorable, impuissant. Et pourtant j'ai été en d'autres temps un abonné de "La Gueule ouverte", j'ai aussi été sur la liste  "Décroissace" aux dernières Européenne.

Juste, j'ai deux enfants et deux petits enfants je voudrais juste me sentir encore un peu responsable en transmettant ce que Pablo Sévigné  à repris de Saint-Exupéry "...révéler au sein des hommes les désirs de mer grande et belle" 

Dire que l'espérance de vie avant l'ère industrielle était de 25 ans est ridicule. Platon est mort à 80 ans, Pythagore à 90 ans, Diogène à 86, etc, etc...

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

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A propos d’effondrement et de survivalisme je suis surpris que personne n'ait évoqué le roman de Barjavel "Ravage" quand vous avez proposé le thème de l'effondrement (d'une société ou civilisation) c'est l'ouvrage qui m'est venu tout de suite à l'esprit !

Sans doute parce que le propos de "Ravage" n'est pas la survie, mais la nature maléfique de la science et des technologies qui en découlent.

Pour moi c'est l'effondrement et le survivalisme qui en découle... donc tout à fait dans le thème de la série ;-)

Tout roman mentionnant un effondrement passé ou en cours ne traite pas obligatoirement de la survie. Parmi les œuvres pertinentes, on aurait pu mentionner le cycle de Fondation de Isaac Asimov (survie des connaissances), le cycle de Maurai de Poul Anderson (reconstruction après effondrement), The Postman de David Brin (conflit entre survivalistes individualistes et survivants grégaires), Malevil de Robert Merle ou encore.I Am Legend (une catégorie à part pour sa conclusion magnifique) de Richard Matheson.


A l'inverse, Ravage de René Barjavel, Beastchild de Dean Koontz, le Quartet Jerry Cornelius de Michael Moorcock, la trilogie The Vagrant de Peter Newman, le Codex Alera de Jim Butcher, la tétralogie King of Ys de Poul Anderson ou Embassytown de China Miéville, tout en montrant différentes manières d'effondrements, n'ont pas pour sujet cet effondrement, ni la survie et l'éventuelle reconstruction qui en découle. Ravage est un pamphlet anti-science (comme beaucoup de romans de Barjavel), Beastchild est une ode à la tolérance, le Quartet est une variante surréaliste sur le thème du Champion Éternel, The Vagrant est une fable morale sur le danger des extrêmes et le sacrifice, le Codex Alera suit le schéma du Héros aux milles visages, Ys est une tentative d'intégrer une légende à l'histoire (similaire au Gilgamesh the King de Robert SIlverberg pour l'Épopée de Gilgamesh), et Embassytown montre la nécessité du mensonge pour comprendre véritablement l'univers..

Le discours de critique des techno-sciences est aussi chez des survivalistes évoqués dans l'émission.

Extrait de cet article Catastrophe, sacré et figures du mal dans la science-fiction : une fonction cathartique : "Ainsi, dans Ravage, de René Barjavel, l’ultime catastrophe, qui se traduit par la disparition soudaine de l’électricité, sépare ceux qui ont toujours su garder une certaine indépendance face au système technicien (comme le personnage principal, François Deschamps) et ceux qui en étaient les esclaves volontaires (comme Jérôme Seita, son antithèse)."

Catastrophe et survie de ceux qui ont gardé une indépendance face au système technicien, ça semble assez en accord avec l'émission.

Le discours des survivalistes américains n'est pas anti-science ou anti-technologie, mais anti-collaboration. Ils considèrent toute forme d'inter-dépendance comme une relation de servitude à leurs dépends, dont ils doivent se libérer. Pour une position véritablement anti-science, il faut regarder du côté des Old Order Amish.


Quant à l'article que vous citez, il étudie un procédé littéraire sous l'angle de la philosophie. Cet article confirme mon analyse précédente de Ravage: la survie dans le roman n'est pas la conséquence d'une préparation en dehors de la communauté, mais bien d'un rejet de la science et des technologies qui en découlent. On retrouve des propos similaires dans La Nuit des Temps (la science mène obligatoirement à la destruction du monde), Le Voyageur imprudent (même chose avec la destruction de l'individu, avec en prime une critique négative des thèses de Darwin), Le diable l'emporte (la conquête spatiale est vouée à l'échec) et Le grand secret (ce qui n'est pas compris doit être détruit), entre autres.


Encore une fois, l'usage d'un thème n'en fait pas obligatoirement un sujet majeur de l’œuvre. Tout comme Micromegas ne traîte pas de la possibilité de la vie sur d'autres planètes, Ravage n'explore pas les différents moyens de survie en cas d'effondrement de la civilisation.

survivre à quoi, et pour quoi faire ?

La BAD  vise à survivre à une catastrophe ( peut-être même localisée) . Elle prépare la survie individuelle ou familiale.Et dans dix ans ils seront où, les mormons ?.


D'autres mouvements «survivalistes» envisagent la survie de façon plus générale : faire vivre la société pendant ou après  un effondrement catastrophique (nucléaire, désastre écologique..) ou étalé (réchauffement climatique). Dans cette optique on peut garder la mémoire de «Survivre et vivre» mouvement du début des années 70 ou de «La Gueule Ouverte»  créée sous l'impulsion de Pierre Fournier. On peut lire la collection de leur journal éponyme ou une  Histoire de cette époque par Céline Pessis.


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