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"Du boulot, il y en a !" dit Macron. Oui, mais lequel ?

Amazon s’implante au sud d’Amiens avec 500 emplois en CDI à la clé ? L’arrivée du géant américain de la vente en ligne a été saluée par Emmanuel Macron lors de sa discussion avec les salariés de l’usine Whirlpool diffusée sur Facebook Live le 26 avril dernier. Une bonne nouvelle ? Pas vraiment. Presse et radio locales, d’abord séduites par l’arrivée d’Amazon, ont souligné la précarité de ces emplois dont une grande partie sont pour l'instant réservés aux jeunes qualifiés.

Derniers commentaires

Est ce que quelqu'un (calme et pas trop suspicieux sur toute demande de comprenette) peux expliquer un peu plus en détail les tenants et les aboutissants économiques et politiques de M. John Rawls et de l'économiste Amartya Sen qui a croire, cet article *, inspire la politique de candidat Macron, le "libéralisme égalitaire"


Aujourd’hui, le programme du candidat Macron est inspiré par deux [autres] philosophes, John Rawls (1921-2002) et Amartya Sen (né en 1933). Le premier est considéré comme le plus important philosophe politique du XXe siècle, le second a reçu le Prix Nobel d’Économie en 1998 The conversation 1er mai 2017 auteur Speranta Dumitru Associate Professor of Political Sciences, Université Paris Descartes – USPC
Au fait, merci Anne-Sophie. :)
Les salariés de Whirlpool ont un problème que beaucoup d'entre nous auront : il faut pouvoir faire quelque chose de payable par le marché qu'une machine ne peut pas faire. Tout indique que des places comme ça, il n'y en a déjà plu pour tout le monde et que ça va s'accentuer. Ca peut être une excellente nouvelle, mais pas si on garde l'organisation de la société actuelle.

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Anne-Sophie, merci pour cet article réaliste et... pessimiste
boudiou...Ça commence à sentir le STO à plein nez...
Dans le genre, Envoyé Spécial nous présentait la super bonne idée des "marcheurs" pour les licenciés de Whirlpool : les faire bosser dans une blanchisserie, en faisant passer cette blanchisserie pour une "start-up du numérique" (ah ben ouais, vous les contactez avec votre téléphone mobile, rien à voir avec l'époque où vous sonniez la bonne pour qu'elle vienne chercher le linge sale, nan, nan, nan, c'est super "innovant", ce système ! Et en plus, Madame la Marquise n'aura plus à loger/nourrir/regarder das les yeux ce petit personnel, quand même, ça lui gâchait la vie !). Évidemment, les ouvriers et employés de Whirlpool devraient s'estimer heureux, au lieu de fabriquer des sèche-linges, ils vont pouvoir les utiliser et prendre leur revanche sur leur ancienne boîte dont les bourgeois n'achèteront plus les produits puisqu'ils auront ce merveilleux "service" !

Non, vraiment, ce sera sans moi.
De toutes façons, l'automatisation est en marche (désolé pour cette expression...) :

Zero Hedge

C'est insidieux, mais ça nous vient dans la gueule sans que personne - comprendre politique, journaliste, économiste, philosophe - mais vraiment personne ne prenne la mesure de la "révolution" en cours.
C'est terrifiant.
Moins de 200 000 postes non pourvus pour 6.5 millions de chômeurs, mais "du boulot, il y en a !" Allez bosser pour vous payer un costume. Levez-vous tôt, bandes de feignasses d'assistés.
Indécent. Obscène. Abject.
Macron est le champion des formules creuses frappées du sceau de l'évidence.
"Il y a du boulot".... mais pour combien de monde ?


D'un côté entre 200 et 500 000 offres non satisfaites (les statistiques sont floues, ce qui permet de dire tout et n'importe quoi à leur sujet) ;

Et de l'autre... 5 millions de demandes non satisfaites (ce qu'on appelle communément... des chômeurs).
Du boulot il y en a. Ah mais c'est qu'on espérait plutôt avoir un travail qui ait du sens. Et bien entendu, les 10 millions de chômeurs, précaires et pauvre n'ont rien compris, outre leur mauvaise volonté évidente.
Si vous saviez où nous amène l'innovation en logistique... Un cauchemar qui se pare de ses plus beaux habits d'utopies de l'innovation...

L'objectif : ne plus avoir besoin des humains, ne plus être contraint par l'humain et en particulier pouvoir contourner tout mouvement de grève.

Usines et entrepôts 100% automatisés et 100% mobiles, transport par drones ou camions automatisés, uberisation de tous les emplois restants. Objectif : garantir les profits dans n'importe quelle condition, s'absoudre du moindre risque. Une catastrophe écologique, on bouge tout le site en 24h. Une grève générale ? Peu importe il n'y a plus d'employés et impossible de bloquer les chaînes logistiques devenues totalement fluides. Une guerre ? On se casse, on reviendra piller les ressources plus tard. L'organisation ultime au service du capitalisme le plus vil.

Je vous invite à vous renseigner en particulier sur l'internet physique. En particulier des travaux menés par la chaire "coca-cola" (ça ne s'invente pas) à Georgia Tech. Sous couvert de "développement durable" on nous vend un système dont les objectifs cachés sont bien cachés. La dernière conf où j'ai vu cette présentation l'exemple des grèves en France a été repris plusieurs pour vanter les vertus de cette logistique du futur... Ce qui est particulièrement pervers dans ces recherches c'est qu'elles mettent en avant, au public, uniquement le côté écolo du bousin et pseudo-social (quelques avancées de confort pour les quelques salariés restants) sans jamais expliciter clairement les buts premiers.
Merci Anne-Sophie, de ce travail, qui confirme ce qu'on soupçonnait déjà : la débâcle a été évitée par une annonce gadget.

Amazon est un employeur modèle, dont les employés campent par tous les temps :

Amazon workers camping in Scotland

L'avenir est radieux.
A cinq jours du second tour, Hillary Clinton toujours en tête face à Donald Trump.
"Amazon va créer 500 emplois". Cette fausse évidence, Lordon l'avait bien déconstruite dans un article intitulé "Les entreprises ne créent pas l'emploi".
Car l'ouverture par Amazon d'un centre de stockage correspond de leur part à une anticipation d'augmentation du nombre de commandes dans le futur, ou à des capacités présentes de stockage trop réduites.
Or, quoi qu'il en soit, à mesure qu'Amazon s'implante en France, il capte des parts de marché sur le secteur de la distribution de livres (bye bye les librairies indépendantes), de produits audiovisuels (bye bye les concessionnaires culturels type Fnac et Virgin), d'électroménager, et autres innombrables biens de consommation. Ce qui correspond à autant d'emplois évaporés. Et la balance a toutes les chances d'être négative, car Amazon correspond a un modèle d'entreprise qui capte énormément et réinjecte très peu dans le circuit économique.

Les questions à se poser sont : pour telle marchandise achetée, dans telle ou telle entreprise, quelle part est reversée aux salariés et quelle est celle qui revient aux actionnaires ? dans quelle mesure l'Etat va-t-il capter le profit généré via taxes et impôts ? Quelle part de la valeur ajoutée est touchée par les autres entreprises impliquées dans le processus de production et de distribution (sous-traitants...) ? Quelles sont les conditions de travail des salariés ?
Sur tous ces plans, c'est Amazon qui propose les options les plus dégueulasses. A savoir que les salariés de chez Amazon touchent une part moindre de la valeur ajoutée sur chaque marchandise vendue que chez un libraire indépendant (salariés sous-payés et en nombre limité du fait de la mécanisation), au contraire des actionnaires qui se rincent ; les salariés sont incroyablement pressurisés et fliqués ; le pouvoir d'Amazon à fixer les prix auprès des sous-traitants est démesuré (effet multinationale oblige), ce qui a aussi tendance à tirer l'emploi vers le bas chez ces entreprises sous-traitantes ; enfin Amazon pratique l'exil fiscal à grande échelle et "vole" donc des ressources publiques.

Bref, ce que fait Amazon se résume à une entreprise de captation conduisant au pourrissement des conditions de travail, à l'appauvrissement de la collectivité, et à des pertes structurelles d'emplois si on considère l'ensemble du secteur de la distribution.
Au final, qui est content ? Amazon, bien sûr, mais aussi le sacro-saint consommateur qui aura payé son grille-pain 1€ de moins et se le sera fait livrer dans les 24h.

Pour que chacun ait droit à un emploi décent, il faut d'urgence relocaliser et désintensifier la production et la distribution des biens et services.
Merci beaucoup pour cet arrêt sur "discours lénifiants".

Merci encore. Voilà qui nous change des pesantes et lassantes rengaines sur les injonctions dures et molles, à tirer dans les coins, et j'en passe.
Reste à évaluer le nombre d'emplois que cette compagnie qui n'a rien inventé a détruit à la FNAC et ailleurs, chez les libraires, les disquaires, le petits commerces qui avaient résisté aux grandes surfaces.
Je ne retrouve pas le lien mais un papier dans le diplo avait évalué à -de mémoire- 11 emplois détruits pour un créé par Wallmart aux USA à chaque ouverture de magazin.
En toute logique le modèle pourra importer de la main d'œuvre détachée, pourra payer les taxes dans la station spatiale en orbite, raflera les aides des contribuables pour s'implanter, et les crédits recherche pour la robotisation qui évacuera cette charge humaine si décevante, comme les sociétés d'autoroute.
EM et ses "walkers" vont parcourir la lande à la recherche du dernier sang frais.
Bordel de bordel jamais je n'arriverai à me convaincre de voter pour ce type d'ici dimanche... Si encore il ne faisait pas une campagne aussi lamentable, je pourrais compter sur les gens qu'il aurait conquis...

J'en viens à me demander si je déteste ce type à cause de ces idées, ou parce qu'il est simplement INCAPABLE de me donner ne serait-ce qu'une seule raison de voter pour lui.
Ils en sont réduits à faire de la com' pour vendre leurs emplois... Si c'est flou, c'est qu'il y a un loup, et le loup en question ça doit être la médiocrité des emplois en question (on connaît les conditions de travail des employés d'Amazon, ce n'est pas loin du Bangladesh).
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