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Deux thunes dans le bastringue Taubira

Et c'est reparti. Les semaines se suivent, et se ressemblent. C'est France Inter, qui remet dès 8 heures

Derniers commentaires

Vais-je , ou pas , remettre Deux Thunes dans le bastringue Schneidermann ?
"...les medias évitent par exemple de mentionner les sévères critiques adressées à Taubira par le principal syndicat de magistrat..."
Si Taubira se retrouve sur le mur des cons c'est raciste ?


Très bon billet dans l'(extrème-)droite ligne du billet du 13 Novembre.
Je me demande simplement si on va arriver à faire plus long sur ce thème que sur l'Indonésie...C'est fort possible.

P.S. : pétition perdue dans le forum signée et diffusée
Je vais jouer la paranoïaque de service, mais je trouve qu'on les voit tous arriver avec leurs gros sabots.

Les socialistes ont un problème : ils ont besoin d'un électorat parce que le leur est très volatile.
Ils ont le choix entre un électorat plus à gauche, et ils seraient obligés de faire du social et lutter contre les diktats européens et leurs commissaires acquis aux idées néo-libérales, et sans doute contre leurs idées propres.
Ou récupérer des voix vers le centre et la droite.

Donc premier pas, on avance avec Valls vers la droite. Et là, ça ne marche pas, les écolos se mettent à hurler. Ils menacent. Pour que les écolos les plus velléitaires de ce côté ci du Fleuve Bleu hurlent, c'est vraiment que c'est foutu.

Faire des mesures sociales réelles, trop dur, l'Europe et certaines puissances d'argent veillent, un mec comme Arnault par exemple, qui a des milliards et qui fait de l'évasion fiscale en Belgique. Et pourtant, il faut bien qu'il y ait un nombre minimum de gens qui votent pour les socialos, sinon leur parti se déliterait, aux municipales et aux européennes.
Alors, on emploie les vieilles ficelles employées par Mitterrand, la battue.

Dans la battue de chasse, les rabatteurs font grand bruit pour chasser le gibier devant eux, dans un angle bien choisi.
Le gibier fuit et se retrouve dans les filets qui l'attendent à l'opposé.

C'est ce que font les socialistes, ils font donner le FN pour que le gibier, les électeurs, tombent dans leurs filets.
Apeurés, nous autres électeurs de gauche, nous votons contre Sarkozy, contre Le Pen, et pour le parti le plus susceptible de les contrer, or le PS est vu comme tel, à tort ou à raison.
Et qui pousse les rabatteurs ? les médias, tenus d'une manière ou d'une autre, parfois idéologiquement comme les gôchistes de France Inter. D'ailleurs, si ça se trouve, ils croient à toute cette salade. Et si ça se trouve, ils voient vraiment le FN gagner aux municipales et aux européennes si les électeurs de gauche s'abstiennent et ils rabattent en toute connaissance de cause. Et ils veulent l'éviter.

Mais c'est justement parce que les socialos se servent de cette technique que la situation empire. Ils n'ont rien à faire sauf attendre que le gibier tombe dans les filets. Il suffit de faire donner la charge des rabatteurs.
Pas besoin de réfléchir, d'être courageux, de faire une politique de gauche, de défendre les intérêts des classes populaires, et de rééquilibrer la démocratie et la société. Rien d'autre à faire que faire donner les rabatteurs.

Cétipabossa ?
Rien à voir avec Taubira, mais pendant qu'on parle racisme, il y a aussi des lois qui se votent, par exemple sur le chalutage profond.
Explication et pétition ici.
Les Pens ne font ici que recycler ce que l'on a dit des Rade et des Dati. C'est un sujet très différent de la banane (la gauche antisarkozienne n'a pas agité de banane à Rade). Les Pens, en rôles officiels, font plus ou moins gaffe à s'en tenir aux critiques qui font respectable, tout en lâchant et aiguillonnant leur meutes sur le registre du lepénisme décomplexé.

Sur ce plan, il n'y a pas plus "dérapage" ici que chez les bonono de l'autre. Dans les deux cas, il s'agit de soutien poli et de justification aux foules bananières, mais sur un mode qui en parait détaché.

En d'autres termes, s'il n'y avait pas les fureurs racialistes des attardés lepénistes derrière, cette phrase isolée serait une mise en cause banale, sur laquelle on peut être en désaccord (personellement je pense que Taubira est la seule pour qui j'aurais voté à une présidentielle), mais qui n'est pas, en soi, d'une nature différente des argumentaires utilisés (peut-être à raison) contre les "minorités visibles" du gouvernement Sarkozy.
A mon avis, après les tirs à Libé, l'opération Buzz du Matin a du plomb dans l'aile (si j'ose m'exprimer ainsi)...
J'aime beaucoup asi mais quand est ce que diable Daniel (Schneidermann) prend sa retraite et laisse les autres travailler ?
Je n'encaisse vraiment pas sa formule "Le feuilleton bananier de Taubira".
J'ai beau la retourner, çà ne passe pas.
Soit c'est une très regrétable erreur et Daniel (Schneidermann) s'engage à faire reiire ses chroniques avant de les poster, soit je dois m'attendre à d'autres perles de ce genre en restant abonné à ce site et je dois en sortir au plus tôt pour m'éviter de telles mauvaises surprises.
Merci de me renseigner.
Pour moi on parle quand même du gouvernement prétendu de gauche qui a fait le mariage pour tous pour pouvoir passer la fin du CDI en loucedé, démontrant d'un même coup son génie politique et son projet résolument opposé à l'intérêt des citoyens et au concept de la légitimité électorale la plus basique. On est tellement loin dans l'ignominie et la félonie en ce qui me concerne que je ne peux même plus juger comme invraisemblables les procès d'intentions de monsieur Lepen, alors que je suis très loin d'être son électeur.

Je ne suis donc pas bien sûr que la mise en avant de ses propos ait l'effet escompté. Il dit en gros que le gouvernement est d'un cynisme sans limite. Ses propose ne sont pas racistes, mais impliquent que le gouvernement instrumentalise les couleurs de peau. Oui, ce gouvernement où officie également Monsieur Valls, celui qui voulait "quelques whites, quelques blancos" du coin de la gueule dans le beau marché chamaré de sa municipalité (remember). Et d'un coup, ce serait la parenthèse enchantée ? A l'heure de faire un gouvernement, tout ces politiciens habitués à instrumentaliser les thématiques éthniques éteindraient d'un coup leur logiciel ?

J'en reviens à un édito précédent de D.S. ou aux propos de Todd: nos médias, nos politiciens de pouvoir sont déjà profondément racistes, sectaires. Ce n'est pas Sarkozy qui a droitisé le débat, il a juste révélé la vision éthnicisante épouvantable de la culture politique qu'ils manient tous. La vérité toute nue c'est que quand il fait son gouvernement, Monsieur Hollande sait parfaitement qu'il va faire le mariage pour tous et que le garde des sceaux va en prendre plein la gueule. Et il nomme une femme noire pour cette mission. On n'est pas dans le secret de son esprit, mais on peut constater de quoi ça a l'air : au minimum, c'est un énième débarquement en Normandie...
J'aurais davantage apprécié que toute cette affaire de "banane" et de guenon" ne soit pas édulcorée et uniquement centrée sur l'injure racisme mais aussi tienne compte du SEXISME grandissant qui l'autorise et de la haine des femmes qui est derrière. Car il ne s'agirait pas de signer, comme J. moreau nous y invite gentiment, la pétition "nous sommes tous des singes" mais "nous sommes tous/tes des guenons"... AH la, ça aurait d'un coup, une autre gueule!! La haine des femmes est le premier maillon du refus de l'Autre. Le fait que ces insultes soient venues au début de femmes (petite fille) ne changent rien à l'affaire, au contraire, elles manifestent juste la puissance de l'intériorisation d'une haine de soi, première couche de l'aliénation à l'idéologie dominante.
JE SIGNERAI AVEC GRAND PLAISIR UNE PETITION QUI PARLE DE CE COLLAGE DES EXCLUSIONS.


Depuis le temps que ça empire...
Bref rappel des faits:
A l’assemblée nationale, Cécile Duflot s’apprête à prendre la parole, elle est sifflée comme une barbie pour sa "jolie robe" ! On laisse faire ! Un mois auparavant, Eva Joly s’était vue traitée de « ménopausée » sans que cela n’ait suscité le moindre tollé, au contraire, les rieurs n’étaient pas de son côté… Récemment la ministre Madame Taubira, s’est vue traitée de guenon, puis une députée (je ne sais plus son nom) de « plante verte », une autre s’est vue caricaturée comme une poule caquetante… Toujours rien, rien, rien.., Personne ne lève le doigt pour dire « pouce ! » Aucun homme, digne de ce nom, ne dit sa honte face à ça ! Des chasseurs étaient bien venus CHIER dans le bureau de la ministre Mme Voinet et rien ne s’était passé non plus !! Décidément les femmes ne servent à rien. Même élues, elles ne vous représentent pas ! La parité, plus il y en a et plus on la cherche... Seuls les hommes ont apparemment le pouvoir de distiller la reconnaissance symbolique aux autres hommes. A la TV, on ne voit qu’eux. Aujourd’hui c’est comme hier. Triumvirat. Hollande-Ayrault- Valls. Les femmes dans l’histoire ne les ont aidés, via des mariages arrangés sophistiqués entre pays, dynasties, royautés, qu’à tisser la toile de leur hégémonie de plus en plus grande et arrogante dont au final, hommes et femmes compris, sortiront brisé-e-s. Les droits de l’Homme s’arrêtent aux hommes. Point final. Il faut bien se le rentrer dans la tête ! Amandine et Rachelle insultéEs quotidiennement au Monoprix de Vincennes peuvent en témoigner. Moi aussi par la même occasion qui ai voulu les défendre. A qui se plaindre ? Vers qui se tourner ? Que faire, face aux insultes, aux menaces à la haine sexiste? Quelle association peut prendre en charge, ne serait-ce que symboliquement, l’outrage fait ? La Licra ? Non. Les droits de l’homme ? Non plus! Quand on les appelle, ils nous renvoient au commissariat de police de quartier le plus proche et au dépôt d’une main courante ! Ce monde qui fonce vers Mars et la conquête des nouveaux espaces galactiques n’en finit pas de se répéter dans ses vieilles obsolescences misogynes auto-programmées…

pk
"......en faisant déraper l'octogénaire Le Pen,..."
Monsieur DS. Ce simple propos qui n'est que la réalité déplorable des faits n'est pas un dérapage ! !
Cessez cet acharnement sans motifs contre le FN, pour le moins traitez le comme les autres formations politiques de votre connivence.
Je suis d'accord avec la tonalité de l'article, mais le titre me semble particulièrement mal venu. Aujourd'hui "bastringue" a un sens très péjoratif (voir plus bas les définitions qu'en donne le Littré - je ne sais si, étant donné le poste occupé par C. Taubira- D.S a pens à la 3ème). Le titre donne l'impression que tout cela n'est que du cirque, or les enjeux sont quand même de première importance, même s'il faut souligner évidemment le caractère suspect de la démarche de Radio-France, et ne pas oublier que le politique pénitentiaire de C.T. est loin de correspondre aux espoirs que sa nomination avait suscités.


bastringue
nm
1 bal populaire
2 par extension tapage, désordre
3 argot étui contenant une lame de scie qui s'introduisait dans le rectum pour de futures évasions
4 familier attirail, ensemble d'événements
C'est la journaliste de France Inter, qui est venue le chercher dans son coin de salle, et a branché le vieillard sur le cas Taubira.

La photo du vieillard en train de s'écrouler sous son bonnet rouge et sous ses replis et ses bajoues... ça se mange sans faim !

http://harmoniques-nuances.blogspot.fr/2013/11/un-principe-inamovible-et-intemporel.html
Tant qu’à faire dans l’atterrissage de mes pieds dans le plat, mais quel plat ? Autant y aller franco.
Je suis d’accord avec notre lider maximo, alias Daniel Schneidermann :

Compte tenu de l’état de stress de nos dirigeants au niveau (sic) de leur survie politique au delà du temps nécessaire à la survie de leurs proches et de leur descendance, compte tenu dis-je de cet état de stress, comment ne pas imaginer qu’ils sont désespérément à l’affût de tout ce qui pourrait les dédouaner, ne serait-ce qu’une semaine ?
Alors qu’imaginer ? Le plus facile est de recycler un thème dont la principale intéressée et c’est tout à son honneur (elle, elle a vécu, elle a compris), la principale intéressée disais-je a décider de ne pas « profiter ».
Il y a longtemps que les élites « indigènes » issues de notre passé colonial sont plus une source d’élévation que d’abaissement. Madame Taubira n’a donc pas besoin de se retrancher derrière sa couleur de peau pour revendiquer la qualité. C’est sûr qu’elle est plus brune que la Marine, le sieur Hortefeux ou la femme Morano. C’est sûr aussi qu’ils ne sont ni l’une ni l’autre capables de soutenir le test d’une dictée contre elle.
En plus, tare supplémentaire, elle n’est pas borgne*.
La référence à la dictée « républicaine », c’est exprès. Cela a longtemps été le test incontestable pour décider de la « francité ». (J’ai une autre approche du respect de la syntaxe et de l’orthographe mais ce n’est pas le sujet.)
Tout ça pour écrire que je pense parfois qu’il y a des sujets qui sont un peu « boostés » pour ne pas avoir à parler d’autre(s) chose(s).

* il y a des circonstances où il faut parler comme votre adversaire. C’est le seul langage qu’il comprend.
La Cour de cassation s'appuyant sur la convention européenne des droits de l'homme, laisse le champ libre aux terroristes et aux dealers.
Ces hommes obtiennent de la loi, le droit de poursuivre leurs actions criminelles au sein d'une société qu'ils gangrènent et qui les protège.
Bonne chronique.

Peut être un prémisse d'une émission qui serait intéressante à mener : la lepénisation du système médiatique ? Comment les thèses d'extrême droit infiltre-t-elle l'univers médiatique, des gazettes locales aux chroniqeurs nationaux ? En passant par l'appartenance sociale des journalistes qui ont voix et du coup aborder la droitisation d'une partie des classes moyennes supérieures.

Ca vaudrait le coup de se pencher sur le sujet, en tout cas !
Que vous aussi euphémisiez le racisme sous le terme de "dérapage", c'est regrettable.
Mais là, dire en somme que le Pen a raison et que Taubira est en quelque sorte protégée des critiques de fond sur sa politique par sa couleur de peau et les attaques qui y sont liées est tout bonnement ignoble. Un fumigène est lancé volontairement, c'est un écran de fumée. Le racisme qu'elle subit et qu'une grande partie de la population qui vit en France subit n'est pas fictif. Une bonne question à ce propos serait d'ailleurs de savoir pourquoi elle continue à faire partie d'un gouvernement qui n'en a visiblement rien à faire.
Les journalistes font le choix de parler de ce qu'ls veulent. Taubira n'a pas inventé le racisme qui l'afflige aujourd'hui, et qui est un sujet au moins aussi important que les problèmes que l'on peut relever dans la politique qu'elle mène, d'autant plus que la plupart de ceux qui s'échauffent à dénoncer à juste titre les propos et les gestes racistes qui lui ont été adressés ne font pas grand-chose d'autre sur la question et s'achètent ainsi une bonne conscience à prix cassé.
Mais bon, ce n'est pas la première fois que votre démarche, que vous souhaitez critique, n'est que cynique.
Parfaite démontration de la justesse de la chronique du matinaute ! Et bim ! les deux pieds dedans Potiron...(mon côté conspi me fait même me demander s'il ne fait partie de l'équipe, c'est tellement illustratif, tous les poncifs éculés y sont... : un gouvernement qui n'en a visiblement rien à faire. Mais LOL...le gouvernement s'y accroche comme son unique planche de salut !

Un indice, la petite sauterie à St Germain des Près, fumisterie avec tous nos indigné mondains [s]islamophobes[/s] professionnels ...vous ne sentez pas l'odeur de la fumée ?
Que le gouvernement l'instrumentalise (enfin, seulement une partie) démontre précisément qu'il n'en a rien à faire. Du racisme en général, je veux dire. Parce que je ne me concentre pas sur le cas Taubira, comme vous. Qui dénonce vraiment ce que fait Valls (qui n'est qu'une petite partie de la partie visible de l'iceberg), par exemple ?

Tout ce que je dis, dans mon message (mais encore faudrait-il le lire sans lunettes embuée par les préjugés), c'est qu'on peut très bien combattre les propos abjects tenus à son endroit et le racisme en général, elle n'en est pas la seule victime, et critiquer la politique qu'elle mène. Croire le contraire, c'est précisément avoir des préjugés racistes.
Entièrement d'accord sur la première partie. Vous avez raison, le gouvernement n'en à rien faire en vérité. Pire, en en faisant trop, en rameutant tout St Germain des Prés, il favorise ce sentiment. Vous ne l'aviez pas exprimé clairement.

Sur la deuxième partie, je dirais que le bruit autour de cette histoire rend le reste inaudible (médiatiquement parlant), c'est ce que j'ai compris de la chronique (et le retour du théme @si sur Le Pen et les journalistes) et j'adhère complètement. Personne d'autre ne le dit, ne l'écrit. Je dis ça tout en étant favorable au contrôle par un juge d'instruction de la mise en place de balises gps.
Que vous aussi euphémisiez le racisme sous le terme de "dérapage", c'est regrettable.

Vous avez mal lu la chronique de Daniel Schneidermann.
Ce que dit DS, en substance, c'est que les propos de JM Le Pen vont à contre-courant de la politique de dédiabolisation de FN menée par Marine Le Pen, dont on peu penser qu'elle n'est pas ravie de cette sortie du vieux et qu'elle doit se dire : "S'il me refait un coup comme ça, je le laisse à la maison et j'emporte la clé".
DS ne se prive d'ailleurs pas de rappeler que JM Le Pen est octogénaire.
Lire les messages en diagonale et répondre à coté devient décidément la règle sur les forums d'@si.
Accuser DS d'euphémiser le racisme, ça n'a pas de sens.
Pour être plus clair, "le racisme" n'est pas le sujet de ce papier.
Le sujet, ce sont les méthodes qu'emploie une journaliste pour faire parler "le vieillard" (sic DS) en allant "le chercher dans un coin de la salle" (sic DS) dans le but d'obtenir une exclusivité.
Parler d'un "bastringue Taubira" peut sembler néanmoins malheureux, non ? Les facheux apprécieront la métaphore.

Les insultes racistes que la ministre a essuyées ces derniers jours (et que j'ai essuyées avec elle) m'ont paru effarantes. Elles redondent, mais je ne m'y fais pas. Aurais-je dû pourtant considérer plutôt qu'il n'y avait pas là de quoi faire un plat ? Que l'essentiel est ailleurs ? Que dénoncer vingt fois cette violence crasse revient à lâcher la proie pour l'ombre ? Si oui, la situation est pire encore que ce que j'imaginais.

Entièrement d'accord avec le mot de Potion ci-dessus.
Pa d'accord, bien sûr.
Mépriser le contenu de la chronique de DS (dénonciation de la recherche du scoop à tout prix par les journalistes) pour transformer ce forum en tribune anti-raciste me parait inconvenant (et d'ailleurs inutile : y a-t-il beaucoup d'@sinautes qui soutiendraient les propos racistes de Le Pen et les insultes de "Minute" envers Christiane Taubira?).
Ce que DS désigne par "bastringue Taubira", c'est évidemment le pianola qu'utilisent les éditorialistes en mal d'inspiration : il leur suffit de glisser chaque jour deux thunes dans le piano mécanique pour qu'il nous rejoue la même rengaine.
yes !
même moi j'ai "lu" correctement le billet de DS...
gamma
?

Je ne méprise pas du tout la chronique de Daniel, ni ne mets en cause sa réaction ou celle des @sinautes, que j'imagine horrifiée, devant les insultes proférées contre Christiane Taubira.

(J'ai aussi entendu des gens se disant racistes trouver que, quand même, la traiter de guenon, c'était un peu trop. C'est dire à quel point de banalisation du racisme nous en sommes.)

Je crois avoir bien compris le fond du message, dans la chronique de Daniel. Je disais juste que le terme de "bastringue" (plutôt péjoratif) accolé à son nom me paraissait inapproprié. Mme Taubira et des dizaines de milliers de personnes ont encaissé des mots très violents dont vous n'imaginez peut-être pas le mal qu'ils font. Je déplore que Daniel et vous voyiez comme une rengaine les réactions indignées auxdits mots et, si en êtes importunés, j'en suis désolé (pas pour vous, mais pour moi.) J'en redemande. Pas ici, évidemment, mais dans les médias consommés par le plus grand nombre. Et même si ces réactions indignées sont anônnées par des hypocrites (ce que je ne crois pas être la majorité des cas).
Je crois que nus ne nous comprenons pas bien. Peut-être n'ai-je pas assez dit que j'ai une très grande estime et une grande sympathie pour Christiane Taubira, que j'admire son courage et son sang froid et que je suis choqué par les attaques ignobles qu'elle subit. Là n'est pas la question
Je ne vois pas ce qu'il y a de péjoratif dans le mot "bastringue". Quand bien même ce serait le cas, sa proximité avec le nom du ministre (le bastringue Taubira) n'en fait pas un qualificatif de la personne. Il décrit l'agitation désordonnée qui se développe autour d'elle et condamne l'activisme des journalistes qui font tout pour entretenir le buzz en donnant la parole (au besoin par des procédés discutables) à des extrémistes.
J'espère que vous ne soupçonnez pas Daniel Schneidermann de penser qu'on fait beaucoup de bruit pour pas grand chose et qu'il n'est pas conscient de la gravité de ce phénomène de banalisation des comportements racistes.
Lire les messages en diagonale et répondre à coté devient décidément la règle sur les forums d'@si.


Précisément.

Curieux, Julot, que vous lisiez si correctement les billets du taulier de céans et que vous fassiez si manifestement un blocage sur ma prose. N'ai-je pas écrit ainsi : "Que vous aussi euphémisiez le racisme sous le terme de "dérapage", c'est regrettable." ? Tous les mots comptent, et vous semblez les piocher à votre guise...

On va donc faire une petite explication de texte.

Bien sûr, j’ai compris la chronique. Bien sûr, je partage ce que je crois (j'espère) saisir du fond de son analyse.

Mais la formulation, que voulez-vous, ne passe pas.

Qui est dupe du jeu du PS aujourd’hui ? Personne, je le crains. C’est bien pour ça que la « popularité » de ces tristes clowns est au plus bas. Trahison sur trahison, ce parti qui n’a plus grand-chose de socialiste accumule les preuves d’allégeance aux franges les plus réactionnaires de la population. C'est clair : depuis que l’on s’est aperçu que la Second Guerre mondiale était assez loin dans les esprit pour qu’on se permette d’en jeter les quelques leçons humanistes qu’un rare éclair de génie nous en avait fait tirer, on assiste à une instrumentalisation des luttes (mais très mesurées, faudrait pas non plus qu’on se gêne trop) contre les discriminations au service d’un passage en force de la raison du plus fort, en l’occurrence, du (des) plus riches. Bref, on affiche un anti-racisme (qui ne cache pas grand-chose) pour se dédouaner de la destruction méthodique de toutes les protections sociales.

Diviser pour mieux régner, c’est la tactique de base : on fait croire au prolo que c’est l’étranger qui le menace, à l’étranger que c’est le bobo et ses dépravations et à l’homo que c’est l’islamiste forcément lapideur. On fait croire qu’on lutte contre le racisme à peu de frais, en accumulant les preuves évidentes que le raciste, c’est l’autre, et pendant ce temps, on a les mains libres, quoique sales, pour faire la petite cuisine des ultralibéraux. Et à tous, et à chacun de dire que les droits des autres sont moins urgents que les siens.

Mais à vous lire (un vous plus large que votre personne, bien entendu), il n’y aurait que deux réactions possibles à l’affaire des insultes racistes contre Taubira : soit on fonce dans le panneau que le PS et lémédias tendent, soit on résiste vaillamment contre l’intox et on insiste pour rapidment passer à autre chose, de tellement plus important, fondamental, dangereux etc. Eh bien, à mon avis, la deuxième solution tombe dans le panneau également.

Les panneaux, c’est pas ça qui manque dans ce bas-monde.

On peut condamner le racisme, le combattre même, et combattre toutes les autres tendances inacceptables de notre société, dont la politique ultralibérale du PS. Lorsque récemment d’aucuns critiquaient la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe sous prétexte que ce n’était pas l’urgence, les pédales et les goudous qui défilaient dans la rue défendaient aussi les droits des sans-papiers, avaient des mots d’ordre écologiques et critiquaient la politique économique du PS et ses multiples trahisons. L'intersectionnalité, c'est pas pour les amibes.

Il faudrait commencer à comprendre que l’urgence économique et l’urgence écologique ne sont pas plus importantes que l’urgence de la lutte contre les discriminations, toutes les discriminations. Elles le sont AUTANT.

On peut mener tout de front : qui empêche Daniel Schneidermann de développer une critique de la politique de Taubira au ministère de la Justice ? Personne, puisqu’il le fait. Il a même son média à lui pour le faire, quelle chance, pourquoi se priver.

C’est donc ce que je dis : les journalistes font des choix. Certains vont faire celui de l’instrumentalisation d’une lutte légitime contre une manifestation raciste pour oublier toutes les autres manifestations de ce racisme et éviter de parler d’autres problèmes.

Certains vont faire celui d’ignorer ou de sous-estimer, à tort, ce problème de racisme pour parler d’autre chose, qu’ils jugent plus important.

Enfin, certains vont prendre une seconde pour dire leur solidarité avec Christiane Taubira, cinq minutes pour parler du problème du racisme en France, et quinze ou plus pour les autres sujets brûlants. Ceux-là manquent, cruellement.

C’est un choix.

Celui que fait Daniel Schneidermann, dans sa chronique de ce matin, est le second : celui de la délégitimation de la vigilance antiraciste sous prétexte qu’elle empêche de critiquer la politique d’une ministre qui a par hasard la peau sombre. Formulé comme il l’a fait, c’est penser comme le Pen, et c’est pas joli-joli : le danger, c’est bien de finir par ne plus concevoir la critique de l’antiracisme que comme un instrument de distraction populiste, et c’est largement, en effet, la faute de ceux qui sont à l’origine de cette instrumentalisation. Mais ça n’en reste pas moins inacceptable, en particulier dans la société dans laquelle nous vivons, qui laisse libre cours comme jamais depuis longtemps à ses pulsions haineuses, et qui se sert de l’instrumentalisation réelle de l’antiracisme, de l’antisexisme et de la lutte contre l’homophobie pour se donner le droit de casser du melon et du pédé, de traiter de singes des concitoyens à la peau sombre, de renvoyer les femmes à leurs casseroles et de leur supprimer le droit à l’avortement. Parce qu'il y a tellement plus urgent...

C’est en cela que l’esprit critique de Daniel Schneidermann confinait ce matin au cynisme de mauvais aloi.

Un propos raciste n’est pas un « dérapage ». Le Pen n’a pas besoin qu’on aille le chercher pour prophérer des atrocités, et aucun raciste n'en a besoin d’ailleurs, en général, comme le montre l’actualité : de 7 à 77 ans et moins, et plus, on se donne le droit d'exprimer tout haut les plus vils soubresaut de l'ignoble en nous.
L’expression « feuilleton bananier de Taubira » est au minimum maladroite et de très mauvais goût… qui place Taubira à l'origine du feuilleton, elle doit apprécier.
La « recette qui gagne », elle gagne quoi, au juste ? De l'audience ? Une auréole ? Un brevet d'antiracisme sans se fouler ? Et alors, cela enlève-t-il toute pertinence à la démarche ? (Schneidermann lui-même reconnaît que non)

Enfin, dire que "les médias" évitent de critiquer Taubira en lançant des bananes à leurs lecteurs, c’est non seulement insultant pour Taubira et les lecteurs, mais c’est en plus assez largement infondé : lesdits médias n’ont pas manqué de taper sur Taubira à maintes reprises depuis qu’elle a été nommée au ministère de la Justice, reprenant en chœur l’idée reçue (aux racines un peu racistes elles aussi, et sans doute pas mal sexistes) qu’elle serait trop laxiste avant même qu'elle ait commencé quoi que ce soit...

Et comme je ne veux pas entrer dans une énième discussion stérile, ce sera mon dernier message ici ; je pense que je n'ai pas besoin de m'expliquer davantage sur le fait que la formulation de cette chronique me choque terriblement.
Bonjour Potiron,

Votre commentaire est remarquable.

Il mériterait d'être proposé comme article.

Bien à vous,

Cordialement
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