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"Le Monde" : une fondation pour sauver l'indépendance ?

Spécialiste de l'économie des médias et du financement de la démocratie, la chercheuse Julia Cagé a pris une place déterminante dans la réflexion sur l'actionnariat et l'indépendance des médias en France. Elle explique à ASI pourquoi une fondation peut être la bonne idée pour le "Monde".

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et la mar(...)

Derniers commentaires

Le genre d'article ennuyeux au possible. Le Monde "un journal de cette qualité* alors qu'il s'agit d'un torchon infâme. Voilà donc mon avis : il peut disparaître, on aura rien perdu. Peut-être juste un canal plus ou moins officiel de la macronie et de la propagande ambiante. 

Il ne faut jamais oublier qu'il y a une grande pluralité de la presse , en France :


- l'une qui défend une idéologie capitaliste de gauche,


- l'autre qui défend  une idéologie capitaliste de droite.


C'est complètement  différent.


On pense immédiatement à la pensée géniale ( H. Jeanson ? ) : "le capitalisme , c'est l'exploitation de l'homme, par l'homme. Le marxisme, c'est le contraire ". 

Coluche

Non, c'est bien plus ancien que ça. Mais Coluche était un admirable "popularisateur*" d'idées intéressantes. 


*Popularisateur: en attendant que le mot "populariser" soit devenu péjoratif, ce qui ne saurait tarder, je le préfère au mot "vulgariser".

Sûre ? Je suis surpris. Vous avez d'autres exemples ?


Autrefois, on disait publiciste.

Bon, je suis vieille, et on disait déjà ça dans ma jeunesse (années 60) quand on faisait de l'anticommunisme "primaire". C'est une très vieille blague, dont les sources sont perdues. Ce qui n'enlève rien au mérite de Coluche.

Niel étant une crevure, j'attends de voir le coup fourré qui se prépare dans l'ombre...je ne peux tellement plus faire confiance à se genre de crapule que même si un jour il fait une vrai bonne action(je doute que ce genre de personne en soit capable), il me faudra des années pour que mon cerveau l'accepte en tant que tel...

Mouais... vu ce qu'est depuis des années Le Monde, ça a vraiment une importance que sa rédaction soit indépendante ou pas ?

Elle était indépendante quand elle est devenue le meilleur porte-parole du macronisme, quand elle a abondamment craché sur les gilets jaunes, quand elle a lancé le Decodex... (à propos, le procès intenté par Berruyer commençait hier)

Donc, que tel milliardaire vende ses parts à tel autre, franchement, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre !

La survie des médias en papier dans ce monde ultracapitaliste dépend des recapitalisations opérées à intervalle régulier par des milliardaires en quête de pouvoir. Ces derniers sont en général prêts à sacrifier régulièrement quelques dizaines de millions pour perfuser tel ou tel titre ou groupe de presse prestigieux et influent, ce qui leur permet d'assurer leur vrai business dans d'autres secteurs, souvent stratégiques, qui eux rapportent gros (industries, télécoms, etc). Ce modèle de financement, complété par les subventions directes et indirectes de l'État, fonctionne ainsi depuis grosso modo une cinquantaine d'années. Sans cela, la plupart des grands titres papier de la presse française n'existeraient plus depuis belle lurette. Tout le monde trouve son compte à entretenir des journaux déficitaires, en l'occurence pour le Monde, les actionnaires d'Iliad et Cie. Il est donc bien naïf de croire que le financement de la presse peut changer profondément sans que tout le système économique et politique français change lui aussi. Qui peut raisonnablement croire que nos grands milliardaires affairistes type Niel, Bolloré, Drahi et cie, vont donner leur fric pour la seule indépendance de la presse et abandonner ainsi leur pouvoir sans contrepartie, sachant que ce pouvoir est intiment imbriqué à de puissants groupes et réseaux politico-économiques (parfois étrangers) qui jouent in fine leur influence et leurs profits ? Même la petite expérimentation en cours à Médiapart n'est pas claire, tout n'est pas si transparent que ça et il y aurait sans doute beaucoup à redire si on examinait de près tous les détails de l'opération. Appliquée à grande échelle pour un titre comme Le Monde, n'en déplaise à la nouvelle égérie Julia Cagé, on n'imagine même pas l'embrouille et la carambouille. La seule façon d'assurer cette fameuse "indépendance de la presse" dont journalistes et politiciens nous gavent alors que les faits démontrent chaque jour le contraire, c'est — paradoxalement — de nationaliser les journaux, et de revenir à des principes fondateurs de base tels que ceux exprimés dans l'immédiat après-guerre. Mais ne rêvons pas, tant que notre bourgeoisie capitaliste aura besoin du Monde, de Libération et autres gazettes pour faire son business et encadrer l'opinion, leur "non-indépendance" est assurée d'avoir de beaux jours devant elle.




"Niel se donnerait le beau rôle de celui qui est vraiment désintéressé, et se retirerait d'une situation épineuse."


Est-il arrivé à l'âge où on commençait, autrefois, à penser au salut de son âme et désormais à sa gloire posthume?

"Julia Cagé : - Tant qu'il y a des actifs, de l'argent, elle pourrait faire un emprunt bancaire. Elle pourrait aussi lever de l'argent auprès de nouveaux donateurs. Avec un journal de la qualité du Monde, ils seraient au rendez-vous.  "


et la marmotte ...... si ces solutions la fonctionnait les medias y auraient deja eu recours massivement.

un peu malhonnête cette réponse , dans les faits soit le journal déposera le bilan soit il devra changer ses statuts pour qu'un actionnaire entre au capital et remette au pot.

 

  


Mediapart a fait un LBO : pour simplifier, la fondation s'endette pour acheter les parts du capital de Mediapart. Avec quel argent la fondation rembourse-t-elle la dette ? Avec les bénéfices de Mediapart !


C'est donc possible car Mediapart génère des bénéfices (entre 15 et 20% du chiffre d'affaires, ce qui est très important pour un média).


L'endettement n'est pas un problème de montant, mais de capacité de remboursement.


Or, la stratégie de Niel depuis son rachat du Monde, c'est d'équilibrer les comptes. Et on comprend bien pourquoi ! A l'équilibre, le journal ne lui rien, mais l'entreprise reste dépendante de lui. Le bénéfice étant nul, sa capacité d'endettement est... nulle. Donc le rachat du capital du Monde par une fondation, à la manière de Mediapart, est impossible.


C'est donc probablement du bluff de la part de Niel. C'est pratique pour l'instant, car ça permet de s'attirer le soutien des salariés contre Pigasse et Kretinsky. Mais ça cache probablement une autre stratégie : rachat des parts du Pigasse et Kretinsky au moindre coût ? Création d'une fonds de dotation à la suisse, ou à l'américaine (c'est-à-dire un outil de défiscalisation des revenus du patrimoine), contrôlé par la famille Niel ?


À mon sens, ça ne peut qu'aller vers un contrôle encore plus important de Niel sur le journal.

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