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Corbyn antisémite ? Les photos du Daily Mail qui...ne prouvent rien

"La couronne de fleurs de Corbyn sur les tombes des terroristes de Munich". C'est avec ce titre choc que le Daily Mail a repris une vieille obsession ce samedi 11 août. Celle selon laquelle Jeremy Corbyn, en 2014, aurait rendu hommage à un, voire plusieurs, Palestiniens soupçonnés d'être impliqués dans les attaques terroristes de Munich, en 1972. Une accusation sans preuve qui tombe alors que le parti travailliste de Corbyn fait face à des accusations d'antisémitisme.

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Hélas, il semble que pas mal de britanniques, comme beaucoup de nos concitoyens en France, vont chercher leur information au fond des poubelles.

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J'ai écris sur ce forum.


Je n'écris pas par ailleurs.


J'ai écris sur ce forum d'abord parce que je m'y sens à l'abri, à la grâce de son patron, et ensuite car je préfère répondre que dire. Mais aussi pour savoir si ce que je peux proposer à l'écriture peut procurer du soulagement. Non pas en soi, mais en complément ; comme si une différence supplémentaire pouvait constituer un groupe. Des idées différentes constituent un groupe de discussion vivant ; la même idée partagée constitue la fin de la discussion. J'ai entendu Eric Zemmour dire que l'Etat de droit, c'est le gouvernement des juges ; je ne partage pas cette définition. L'Etat du droit, ce sont les points sur lesquels la discussion est close et que la démocratie majoritaire n'est plus habile à remettre en cause(rie). L'Etat de droit est commenté par des juristes et c'est dommage que la France n'ait pas de lieux pour recueillir les analyses de ses juristes qui se feraient connaître à la manière des philosophes. Un professionnel du droit est un praticien ; un professeur de droit est un énonciateur et un juriste est un commentateur ; il attrape les idées et complète le groupe. 


Le racisme est le fait de considérer que le comportement d'un individu est principalement déterminé par son appartenance à une race et (comme conjonction obligatoire) que les races sont différentes entre elles (car sinon ce serait du bio-déterminisme). 


Dans le racisme, il y a deux propositions dont l'une comporte deux branches : la détermination biologique des comportements ; l'unité biologique au sein d'une race et la différence biologique entre les races.


En l'état actuel de nos connaissances, ces deux propositions ne sont ni fausses, ni vraies. Le déterminisme biologique a priori existe, mais l'action sociale semble pouvoir le modifier : les personnes impulsives voire explosives ne sont pas nécessairement le fruit de traumatismes antérieurs, et elles peuvent parvenir à se contenir. Le découpage du genre humain en race rend compte de différences objectives entre les races et de ressemblances objectives dans une race, mais ne rend pas compte des ressemblances objectives entre les races, ni des différences objectives au sein des races. La notion de race peut être un outil intéressant pour organiser et parler de la morphologie des humains et sans doute aussi des parcours historiques et culturels au temps où les morpho-types étaient peu mêlés ; dans un monde où l'individu est libre d'adopter la culture de son choix et où les mélanges morphologique sont nombreux la notion de race est devenue obsolète et ne permet plus de mobiliser un discours intelligible ; sauf celui qui tend à la préservation de l'état antérieur.


Ainsi présenté, être juridiquement antiracisme car la notion est obsolète, c'est prioriser le libre arbitre sur le déterminisme biologique et affirmer le droit de l'individu à choisir ses pratiques culturelles (points semi-clos disons en France) : et là, j'ai immédiatement envie de dire que la représentativité politique ne peut en aucun cas s'opérer sur le morphotype puisque par définition le morphotype ne permet aucune déduction de comportement. Ce qui conduit à établir clairement que pas plus les femmes ne représentent les autres femmes politiquement, que les hommes à la peau noire ne représentent les autres hommes à la peau noire. La politique des quotas ne reposant sur aucune proposition logique est une aberration juridique ; la proposition juridique consiste à dire que le morphotype n'est pas un critère de représentativité politique et de lever tout obstacle textuel entre la candidature et le morphotype. Quand on introduit des quotas dans les textes, on sort du droit pour entrer en politique et accélérer l'histoire en quelque sorte. Mais comme on est sorti du droit pour ne pas convaincre mais contraindre, on s'expose à un cycle de violence en retour.

J'ajoute que j'ai l'intime conviction que les enfants qui ne parviennent pas à se projeter dans des morphotypes différents du leur sont des enfants qui grandissent dans des contextes où la notion de race fait sens dans leur propre famille : il n'existe aucun obstacle de principe à s'identifier à un autre différent de soi. Aussi, un moyen pacifique de modifier le cours de l'histoire est de ne pas apprendre aux enfants de penser la couleur de peau et de ne pas les scinder en fille et garçon. Dissuade-t-on les enfants blancs de faire de l'endurance car les vainqueurs mondiaux sont principalement noirs ?



Le sémitisme me parait relever d'une autre logique : je connais mal la tradition juive, pour ceux qui la pratiquent naturellement, mais il me semble que la proposition est de celle qui consiste à considérer que la naissance d'un individu s'inscrit dans une généalogie ; l'histoire des ancêtres se transmet par le corps. Ce n'est pas un déterminisme comportemental, c'est une génétique historique. L'individu est libre de ses postures, mais il lui est impossible de s'extraire de ce dont il est dépositaire, la mémoire du peuple juif inscrite dans chacun des corps nés juifs.


Il me semble que l'anti-sémitisme est un rejet puissant et souvent violent de cet enchaînement ; qui n'est pas la promotion d'une race. Dans le judaïsme, les dissemblances entre juifs l'emportent sur la constitution d'un groupe homogène comme c'est le cas dans la race.  Mais le corps juif est tout de même la constitution d'une séparation ; c'est une séparation constitutive. Pour certaines personnes, cette histoire déposée dans le corps est une allégeance à une patrie historique qui rend impossible la participation à un corps politique (ghetto). Pour d'autres, ce corps historisé a vocation à saboter ce qui ferait corps politique comme mode concurrentiel et libérateur du corps historisé (pogrom). Dans tous les cas, ce qui ressort le plus du discours anti-sémite, c'est la démangeaison physique que le judaïsme provoque. On sent bien que le juif est tenu à l'écart pour ne pas qu'il pénètre et détruise. Il y a un antagonisme entre le corps historique et le corps politique, entre le long cours d'acceptation et le cours terme de l'émancipation, qui mériterait d'être discuté par d'autres que par les intellectuels. Je crois profondément que le sentiment de rejet n'est pas un stigmate mais une conséquence ; et c'est précisément là, dans ce point précis, que peut commencer le débat contradictoire. En amont, il n'y aura pas débat, mais coercition. Je veux dire par ce propos que l'élément d'extranéité du corps historisé juif est une réalité ; avec laquelle on peut composer de bien belle mélodie car si elle est une fierté, elle n'en est pas pour autant un mépris. Ce en quoi elle est une réussite historique.


Selon cette petite balade conversationnelle, l'antisémitisme repose sur une réalité mal perçue, quand l'antiracisme repose sur une logique mal comprise. J'imagine que ce parallélisme est de nature à rendre compte de mon propre corps défendant [tendresse[.  

Autre angle (mais à voir si ça se confirme ou si ça tourne comme l'affaire des "bots russes déstabilisant l'exécutif français" !!) :

https://www.middleeasteye.net/news/israel-s-hidden-hand-behind-attacks-jeremy-corbyn-139423040

"Pour moi, l'antisémitisme est un racisme. Je trouve absurde (et suspecte) la formulation "racisme ET antisémitisme".  

Et vous avez raison, jeanbat, le racisme dont fait preuve le gouvernement israélien mérite d'être combattu, comme les autres racismes. C'est là que la distinction entre antisémitisme et racisme montre toute sa capacité de nuisance. "

Cultive ton jardin (ci-dessous en réponse à jeanbat).

Vous avez raison, Cultive.

 ASI ne semble pas s'être ému du vote de la  "loi raciste israélienne" le  19 juillet dernier. Sûrement une chronique de rentrée pour Daniel ?

 ce n'est pas corbyn qui est un problème c'est le parti travailliste qui n'a pas adopté les termes voulus.  Ça ne dérange pas la communauté juive que d'autres que corbyn soit élu du parti travailliste comme, Blair  ?  où l'on voit que c'est bien la gauche de Corbyn qui les dérangent et non pas les prises de position de quelques politiques que ce soit ....

Une bonne part de la presse anglaise n'est pas vraiment Corbyn-friendly. Mais que Corbyn admette qu'il y aurait un problème d'antisémitisme au sein du Labour est franchement incompréhensible (d'autant plus que selon un rapport de l'Institute for Jewish Policy Research (voir ici, p. 64), on apprend qu'il n'y a pas plus d'opinions antisémites à gauche du paysage politique que dans le reste de la population britannique). Maintenant qu'il a admis, on va lui sortir des "exemples" pour montrer qu'il ne fait pas ce qu'il aurait promis.

Parmi les traductions possibles de "presse de caniveau" en anglais, on trouve "Daily Mail". 


Hélas, il semble que pas mal de britanniques, comme beaucoup de nos concitoyens en France, vont chercher leur information au fond des poubelles.

"Nous avons été trop lents dans le traitement disciplinaire de propos antisémites, surtout sur internet, par des membres du parti", reconnaît le leader travailliste "


donc ca n'est pas corbyn qui s'avère être antisémite ceux sont juste des membres de son parti. Rassurant !

Ne perdez pas trop de temps à chercher la vérité dans les tabloïds , c'est une denrée rare.



Caroline Fourest, l'essayiste  qui essaie toujours sans y parvenir ...

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