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Comment le terme "ensauvagement" s'est imposé

Popularisé par l'extrême droite et le Rassemblement national, le mot "ensauvagement", a été repris cet été par le ministre de d'Intérieur Gérald Darmanin, et plus récemment assumé par sa ministre déléguée Marlène Schiappa. Les talk-shows adorent le vocable. Comment en est-on arrivé là ?

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Banalisation et glissement sémantiques déjà observés et commentés par le philologue Vicor Klemperer. Intéressant à lire ou relire.  


Les médias ont fait élire un rhétoricien du grand capital animé d'un mépris de classe


La fait-diversificati(...)

Première phrase

"Popularisé par l'extrême droite et le Rassemblement national"


Y a que moi, ou le "et" ça fait comme si le RN c'était autre chose ?

J'ai l'impression que comme la plupart des attaques de la droite, il est possible de la retourner comme une chaussette et d'appliquer leur critiques à eux-mêmes : parlons de l'ensauvagement de la police, de l'ensauvagement de la société capitaliste d(...)

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"ensauvagement" contre "corruption des lois" , l'un fait peur , l'autre moins , et pourtant les exemples d'ensauvagement des élites sont significatifs d'actions peu recommandables , certes sans violence apparente , mais plus sourde .


Chirac a fait joujou avec l'insécurité et ça a mené le FN à la place de "premier parti de France". Macron fait pareil et ça mènera peut-être le RN au pouvoir suprême.

Les mêmes prémisses qu'il y a 18 ans: les toutous médiatiques qui surévaluent l'impact de quelques faits divers et une "gauche" incapable de se positionner clairement.

J'ai l'impression que comme la plupart des attaques de la droite, il est possible de la retourner comme une chaussette et d'appliquer leur critiques à eux-mêmes : parlons de l'ensauvagement de la police, de l'ensauvagement de la société capitaliste dérégulée, de l'ensauvagement de Didier Lallemand, de l'ensauvagement de la politique du gouvernement, des classes dirigeantes, et du haut patronat qui détruit tout sur son passage par la corruption...


ça marche pareil avec les discours de Macron : Le séparatisme, c'est lui. La violence, c'est lui. Les attaques contre les valeurs républicaines, c'est lui. etc.


On peut alors tomber d'accord avec son discours.


Aujourd'hui, Attila et les Vandales n'habitent pas Sarcelles, mais Neuilly sur Seine...


Banalisation et glissement sémantiques déjà observés et commentés par le philologue Vicor Klemperer. Intéressant à lire ou relire.  


Les médias ont fait élire un rhétoricien du grand capital animé d'un mépris de classe


La fait-diversification de l'actualité politique favorise l'amnésie  et dissimule la superficialité des déclarations comme le caractère (très) éphémère des engagements. 


Par ex. les promesses sur le monde d'après qui se transforment en nécessité à poursuivre la réforme des retraites (pendant que la fraude fiscale prive l'Etat de dizaines de milliards d'euros tous les ans, depuis des années).


La mystification n'opère cependant plus comme au début. Le pouvoir doit se contenter de cyniques (un ministre de l'intérieur accusé de viol, un ministre des comptes perquisitionné pour corruption, ...) pour composer un gouvernement.


Le soutien à l'ensauvagement est peut-être théorique. mais l'ensemble est cohérent avec les " riens ", les " fainéants ", les ...


Il y a un parallélisme du discours politique stigmatisant et l'importance - euphémisme - de son écho médiatique, validant une dynamique discriminatoire et cautionnant à la fois la régression sociale et la proximité avec l'extrême droite. 


Quand il ne s'agit pas de journalisme ouvertement raciste comme en a été victime Danièle Obono (toujours pas unanimement condamné par la profession).


Il est peut-être donc erroné de parler de dérive.


Ne serait-ce pas plutôt l'expression décomplexée d'une pensée conservatrice et réactionnaire qui ne s'en cache plus et que promeut avec une certaine bienveillance le business des médias ?


Une dimension culturelle paraît s'affirmer par l'absence de critique dans le personnel médiatique, hormis quelques exceptions qui ne peuvent pas faire illusion face à une adhésion quasiment collective . Le consensus est assez manifeste.


La pensée contre-révolutionnaire s'est nettemenbt décomplexée avec Hollande et Valls ; lorsqu'ils ont invoqué la même argumentation que Carl Schmitt, juriste nazi, pour justifier l'état d'exception et la légitime défense de l'Etat. L'" Union sacrée " contre l'ennemi de l'intérieur se retrouve dans le soutien à Darmanin.


Vichy apparaît dès lors comme un moment de l'histoire où la pensée politique française profonde s'est assumée ouvertement et dont l'éclipse s'achève, comme l'article de Valeurs actuelles amène à s'interroger.


Ce texte raciste témoigne du regain d'une famille de pensée disqualifiée dans la forme comme sur le fond. Il renvoie à Boulanger (mimétisme de Fillon), Gobineau ou Lapouge (prétention à la scientificité sans compétence) et Drumont (fatuité stylistique pour travestir l'indicible).


Enfin, l'usage que font de leur fortune MM. Bolloré, Drahy, Arnaud et Cie à financer des émissions douteuses finit de démontrer l'enracinement de  cette culture politique et interroge sur l'adhésion de la bourgeoisie à la République et à la démocratie. Ce ne sont pas les téléspectateurs qui embauchent Eric Zemmour, Pascal Praud, ... 


La liste des clown blanc,  auguste et contre-pitre de la "société du spectacle" ne se limite à un ou deux médias. La multiplication des agents d'influence permet la répétition nécessaire à convaincre. Elle trouve un aboutissement provisoire dans le succès de l'infotainment, paravent d'un autre opium du peuple,  chez qui se bouscule un nombre renouvelé et considérable de participants. 


Le défaut de pensée critique n'est donc pas un phénomène marginal en France. Cela favorise une grande porosité de l'opinion à l'enviolencement du discours public et l'écho qu'il trouve dans l'emballement médiatique à le reprendre et le valider. Une information inertielle que favorise le vide, l'absence de pensée critique.


Première phrase

"Popularisé par l'extrême droite et le Rassemblement national"


Y a que moi, ou le "et" ça fait comme si le RN c'était autre chose ?

La référence récurrente au roman de Burgess me semble aussi une récupération limitée et douteuse dans la rigueur de sa lecture. Dans le roman la violence trouve petit à petit sa véritable source : la volonté par le pouvoir adulte de contrôler une jeunesse incomprise et lâchée à elle même dans un monde hostile et indifférent. Le pouvoir s’empare d’un rat de laboratoire (Alex) pour en faire un zombie domestique qui finira par se faire tabasser par ses anciens « droogies » devenus ... flics, et trop heureux de légitimer leur violence par leur nouvelle casquette. La récupération est bien déjà partout grâce au talent de Burgess. La lecture du « testament de l’orange » permet aussi de comprendre le point de vue de Burgess de manière plus approfondie et élargie à d’autres rapports sociaux (université, mondes de la littérature et du cinéma) : il vient à la suite de l’interprétation de Kubrick et met en scène les incompréhensions et distances que Burgess a souhaité mettre vis à vis de cette lecture de son roman. 

A noter une autre occurrence de ce terme concomitamment, sans que cela ait pu être une référence pour les politiques qui l'ont popularisé. 

Le dernier roman de James Ellroy s'intitule "la tempête qui vient" en référence à un poème de W.H.Auden : "la tempête / qui vient / ce / désastre / qui ensauvage / la pluie / l'or / le feu / tout ça / une seule / et même / histoire."

Visiblement aucun lien avec l'utilisation systématique dans les discours médiatiques actuels, même si le roman dresse un tableau apocalyptique de la société américaine des années 40

entre ça et les amendes pour usage de cannabis on a l'impression d'être revenu sous l'ère Sarkozy

On pourrait déjà s'entendre sur ce que signifie "sauvage"?

Au départ il s'agit de ce qui vit dans les bois à l'état naturel.

Puis par opposition, de ce qui n'est pas domestiqué.

Donc si je comprend bien l'usage actuel, je ne peux être que d'accord avec le terme et le fait.

Vive l'ensauvagement !

Ils ont fait une grosse erreur à utiliser le terme. Puisque qu'elle montre le chemin opposée à la domestication totalitaire genre "Orwell" que tendent à mettre en place les Pouvoirs. L'ensauvagement l'avenir de l'espèce humaine.

MDR :-) 


Vive l'ensauvagement! A bas la domestication!

L'ensauvagement de certains politiques et intellectuels permet à l'extrême droite d’instiller ces opinions ignobles


Eric Ciotti a d'ailleurs dévoilé au grand jour médiatique ce matin la vraie nature de Macron en proposant un front commun de la droite avec Emmanuel en vue de la présidentielle : il se prépare une place au sommet le Ciotti

Le concept d' "ensauvagement", traduction du concept de "brutalization" a été employé par l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau pour décrire la perception et l'intériorisation de la violence par les combattants de la Grande Guerre qui les rend insensible aux grandes violences de leur siècle (génocide...).  Que la droite ou LREM utilise ce concept dévoyé par l'extrême droite, cela présage d'une présidentielle de haut niveau...

Dominique Reynié est aussi l'ancienne tête de liste LR-UDI de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées lors des régionales de décembre 2015. 


C'est la chronique de l'ensauvagement de la droite.

La civilisation pour la droite c'est la brutalité, le rapport de forces, mettre des baffes, cogner. Ils devraient normalement aimer le concept d'ensauvagement. Non ?

Bonjour,

Merci de la précision effectivement importante, elle est ajouté à l'article !

C'est d'ailleurs un politologue si brillant que son élection a été invalidé par le conseil d'Etat pour domiciliation factice.

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