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Comment le 17 octobre 1961 est tombé dans un "trou noir médiatique"

Jean-Luc Einaudi, historien de la répression sanglante du 17 octobre 1961, face à Constantin Melnik, conseiller du Premier ministre d'alors; au milieu, Daniel Mermet, producteur de Là-bas si j'y suis (France inter), et qui se trouvait, en 1961, au coeur de cette manifestation d'Algériens à Paris: tel était le plateau de notre émission du 26 octobre 1997, sur France 5.

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J'avais un voisin de palier qui était un policier parisien, et qui nous racontait une des opérations de "distraction" des véhicules de patrouille, la nuit. Quand il passait sur les bords d'un des canaux parisiens et que les policiers du véhicules apercevaient un Algérien, ils ouvraient la porte coulissante, et, quand ils passaient auprès de lui, hop ! un grand coup de pied pour l'envoyer dans le canal... Il faut bien s'amuser...
Merci pour cette rediffusion.
Bonsoir, désolé pour mon précédant poste qui n'était pas à la hauteur de la gravité de ce sujet, pour ma défense je n'avais visionné que les premières secondes/minutes. Maintenant j'ai revisionné l'intégralité de ce numéro poignant que j'avais déjà vu sur France 5. Ce numéro me rappelle complètement pourquoi je suis abonné à @si. Merci.
Merci á Asi de mettre le projecteur sur cet évènement bien trop souvent occulté par les médias français. Mon père était parmi les manifestants ce jour-lá. Il avait 25 ans. Il a été raflé par la police et emmené au palais des sports avec des milliers d'autres manifestants. Il y est resté 3 jours sans manger ni boire. Il y avait tellement de monde que ses pieds ne touchaient même plus terre parfois. Personne n'osait aller aux toilettes car ceux qui en revenaient étaient en sang, tabassés par les policiers. Ils ne nous a pas beaucoup parlé de tout cela quand on était petites. J'ai seulement su ce qu'il s'était passé au moment des 40 ans de commémoration du 17 octobre car il a alors témoigné pour un journal (je ne sais plus lequel). Voilá, c'est tout ce que je sais de ce qui s'est passé ces jours-lá, je voulais juste vous faire part de son témoignage, pour donner un autre éclairage.
merci beaucoup pour la rediffusion de cette émission. Est-il possible de la visionner directement sur dailymotion? je voudrais la sourcer dans mon site web.
Bonjour
Ca fait du bien de revoir d'aussi bonnes émissions.
La séquence avec les lycéens est magnifique. Hélas l'analyse qu'ils font des médias n'a pas bougé depuis, et eux qu'en pensent-ils aujourd'hui ?
Un fringuant Daniel, une pétillante Colombe, que de souvenirs... ah la la tout ceci ne nous rajeunit pas :(
Cela fait maintenant 50 ans que je lis,que j'écoute et que je regarde tout ce qui me tombe sous la main à propos de l'Algérie.
C'était mon pays, j'y suis né, de même que mon père et mon arrière grand père; ça restera toujours ma terre et pourtant je suis français.

J'avais 16 ans, en 1962. J'ai vécu, à Oran, les "évènements"...et , vous vous en doutez peut-être, là-bas on n'entendait pas parler de la Seine,
ni de Charonne. C'est -moi aussi - Mermet qui m'a permis de Connaître jean-Luc Einaudi et son travail.

Ce que je sais, c'est que les morts de Paris ne font que s'ajouter à ceux de " la guerre " d' Algérie.
Comment parler d' "évènements" ? L'évènement prend par surprise...ici, en Algérie, on a eu le temps de s'habituer aux bombes, aux chars et aux avions.
l'évènement se situe pour moi à Paris:
Il consiste dans le fait que des gens du peuple ont décidé (certainement que tous ne l'auraient pas
fait spontanément) à manifester leur indignation vis à vis de la manière odieuse dont-ils étaient traités: en sous-hommes.

Pourquoi le silence? A mon avis, au delà de la souffrance, comme cela a été dit dans l'émission (à juste titre)
Il s'agit, je pense, de la honte: La honte pour ceux, à la place de ceux...qui se sont "défoulés" sur des êtres sans défenses.
Avaient-ils le choix, ces policiers, gendarmes ou CRS de ne pas agir ainsi ? Pouvaient- ils dépasser leur haine et leur violence du moment?
Je n'en sais rien...mais ce dont je suis sûr, c'est qu'à 16 ans j'aurais peut-être agi comme eux, vu le contexte dans lequel je vivais,
mais je suis sûr aussi que j'aurais eu honte de moi toute mon existence.
Qui a eu besoin de coloniser l'Algérie ? A qui ça a rapporté ? Il faut garder ce lien en mémoire!
Drôlement sympa cette rediffusion ! D'abord revoir Daniel avec 15 ans de moins ! et puis
comprendre tous les rouages de cette sordide soirée .. c'était déjà quelque chose "arrêt sur images" ! Bravo ! Et continuez !
Ha mais zut elle n'est pas en accès libre... je voulais aiguiller qq'un dessus...pourtant c'était de la tv, ça.
Quand on a vécu le temps de l'évènement tout près du moment de "faire son régiment" (avec Fanon et Les Temps Modernes dans l'une des poches de son treillis*, et la Bible dans l'autre), quand on se souvient n'en avoir rien su non seulement alors, mais pendant deux décennies encore, quand on se rappelle aussi avoir accueilli l''information" avec un scepticisme non dissimulé bien que depuis toujours tout naturellement partisan de l'indépendance de toutes nos colonies, et, pour avoir passé son enfance au sein d'une bande dont le chef était un tunisien, particulièrement des pays maghrébins, j'en passe... Bref quand, plus que se souvenir de tout cela, on sait en être habité à jamais, on ne peut regarder l'émission sans en éprouver un sentiment contrasté, qui conduit à:
1) tout d'abord saluer le fait qu'elle répond justement au titre sous lequel sa rediffusion en est présentée: les raisons de l'oubli sont précisément indiquées, mais cela ne fait que davantage ressortir cet autre (et plus important) fait que...
2)plus d'un demi-siècle après, le fait lui-même: le degré de la tuerie, n'est toujours pas précisément établi.
De sorte que la question n'est pas seulement: quand le sera-t-il vraiment, mais pour qui pourra-t-il l'être? Car, lorsqu'on va répétant: "les faits sont sacrés", on oublie de se demander si cela ne signifierait pas, pour les plus importants d'entre eux, qu'il sont tabous pour le grand nombre, et que fort peu auraient le courage d'en affronter la vérité.

* Porté non en Algérie, mais en France comme tenue d'entraînement: notamment à des exercices de préparation, et à des compétitions militaires inter-régiments.
Je crois que c'est chez Mermet que j'avais entendu pour la première fois cette horreur, sans doute au boulot, en écoutant d'une oreille, mais cette émission avait été un complément salutaire, elle m’avait beaucoup marqué.
Ha chouette, merci.
C'était quand on était jeunes et c'était du bon :-)
merci @si pour cette archive.
J'ai découvert le 17 octobre 1961 vers 17 ans, grace à eux et eux (le texte est de Yacine Kateb).

A l'époque pas d'internet ni de wikipédia, il était pas évident d'en savoir plus...
Excellente idée que cette "rediffusion", qui mériterait d'être renouvelée sur d'autres thèmes.
Bien à vous.

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