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Bravo, David, pour le choix de cette photo et vos commentaires. C’est tout à fait bien trouvé, je suis sûr qu’elle restera.
Je trouve que la main semble émerger du crâne du gros a double menton comme un phylactère, une bulle contenant la pensée du bonhomme.
encore mieux: Quelle audace, quelle résolution, ces Américains ! Mais personne ne fait
attention aux détails du projet de loi que le secrétaire au Trésor, banquier
d'affaires de profession, a présenté. S'il était adopté en l'état (ce qui
n'est pas sûr, grâce à la majorité démocrate au Congrès), le secrétaire
d'Etat (quel qu'il soit) serait doté de pouvoirs tout à fait extraordinaires
: possibilité d'embaucher qui il veut, notamment ses amis de Goldman Sachs,
de passer des contrats avec des entreprises privées hors du code des marchés
publics, le tout sans contrôle, puisque le texte précise que son action ne
serait susceptible ni d'une commission d'enquête, ni d'une cour de justice.
Une sorte de dictature, au pays de la séparation des pouvoirs et du contrôle
étroit de l'exécutif par la justice et le Congrès, succéderait à la
dictature des marchés.


http://www.marianne2.fr/Etats-Unis-apres-l-ultraliberalisme,-la-dictature-_a91554.html?PHPSESSID=efeb28d010a70beb1f936b9839e3288f

c'est confirmé sur le site du NY TImes...

on comprend mieux les allusions au "11/09 économique"...
je copie colle un extrait d'une analyse d'un intermédiaire financier (Aurel):


Si un accord est trouvé cet après midi, les marchés pourront enfin connaître le montant final du plan (certains envisagent de permettre au Trésor d’acheter pour « seulement » 350 Mds en 2009 et 350 Mds en 2010) et la détermination du prix d’achat des actifs.
Le plus étonnant a été la communication du président du Fed sur la détermination de ce prix d’achat des actifs éligibles. M. Bernanke a évoqué le fait que les actifs devraient être acquis à une valeur proche de celle qu’ils observeraient à maturité (concept Hold-to-maturity) et non à leur valeur de marché actuelle, jugée incohérente. Mais, outre que le concept lui même mérite d’être précisé, ce prix suppose au moins de connaître la valeur finale de ces actifs, donc le taux de défaut et de recovery sur les saisies. L’application de probabilités à ces grandeurs ferait retomber les investisseurs dans l’incertitude sur la relation entre ce prix et la valeur « réelle » de ces actifs. Le risque de perte pour le contribuable est alors important…


traduction: les créances douteuses pourraient être rachetées à un prix très bas (hors valeur actuelle de marché) ce qui soulagerait beaucoup les banques et niqueraient le contribuable...

on comprend d'autant mieux la dramatisation du discours de Bush hier...

petit rappel: lors de la crise des caisses d'épargne des années 90, le plan n'avait coûté "que" 50% de la somme initiale (les contribuables avairent profité du retour à meilleure fortune)
Euuhh, s'cusez-moi, mais : et si c'était un photo-montage ?
Pour cette main qui se tend ... et si la Société Générale donnait un coup de pouce !!!
Pour l'état français, à supposer ce soit la même situation..., on aurait inscrit : "no wood checks" ? rapport aux caisses vides quoi.
Moi j'ai une interprétation plus métaphorique encore de cette photo, même si elle ne contredit pas vraiment celle de David.

Cette main anonyme, dont on ne connaît pas l'origine, et qui se tend pour demander quelque chose, même si c'est très revendicatif, symbolise à mon sens tous ceux qui n'ont pas la parole aux USA, et dans tous les pays occidentaux, alors même que nous sommes sensés être en démocratie.

Nous avons vu nos dirigeants déréguler à tout vat, enlever un à un tous les pétales qui faisaient notre prospérité : Le keynesianisme, le service public, les cohésions nationales qui réduisaient l'écart entre dominants et dominés..... Et nous n'avons rien pu empêcher. Cette course folle voit son aboutissement en ce moment (regardez surtout l'avant-dernière colonne du tableau, cette descente aux enfers a été accompagnée de mesures extrêmement coûteuses au coup par coup par les banques centrales, et les gouvernements, mais malgré tout, la bourse s'est effondrée dans des proportions énormes)

Nous ne saurons pas qui a fabriqué ce panneau maladroit pour confier son existence dérisoire à un photographe qui passait par là, si ce n'est qu'il s'agit d'un des sans-visages dont parle le sous-commandant Marcos. Ceux qui ne comptent pas mais qui font résonner leur existence à la face du monde.
Eh oui ! C'est bien nous !
Et nous n'avons rien pu empêcher, et nous n'éviterons rien.

Paulson et son acolyte sont bien des fantômes qui sont à l'avant-plan mais qui n'ont jamais décidé de rien. Cela s'est joué ailleurs. Par des politiques qui avaient imaginé que le marché se régulerait tout seul, qu'il fallait infliger des lois draconniennes aux habitants des ghettos parce que les pauvres seraient fondamentalement mauvais, mais que les riches se limiteraient seuls, sans règles, sans doute parce que la richesse et les riches sont bons par essence. Par des politiques qui avaient été élus tout en choisissant de renier la politique elle-même, et de tout laisser aux mains des caciques de l'économie.

Stupide et criminel. L'idéologie du déni de la réalité dans toute sa splendeur !
C'est la dame qui a perdu sa maison dans les hedge funds
qui nous hurlent que ceux là ne sont jamais responsables.
Degas aussi, en son temps, avait eu l'idée de nous faire chercher à qui appartient la main, à la bourse, émergeant de la foule.
Un petit coup d'oeil sur sa peinture...?
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=500&FP=30818769&E=2K1KTSMD521Q&SID=2K1KTSMD521Q&New=T&Pic=470&SubE=2C6NU0XIC137
il s'agit de "la chose" dans la famille adam's ...
Il y a une similitude entre la pâleur du visage de la dame et la blancheur du bras tendu mais pas seulement... Il y a la même détermination : On ne paiera pas ! La bouche fermée à double tour hurle le message écrit sur la pancarte.
Le jeune homme bronzé n'a rien à voir là dedans.
Enfin... pour moi c'est évident... mais pour moi seulement.
C'est peut-etre ça finalement la main invisible...

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