37
Commentaires

Blanquer, et le vrai-faux retour du redoublement

Scoop ! Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, va autoriser le redoublement. Une pratique jusque là prohibée, si l'on en croit les titres des nombreuses reprises de dépêche AFP et autres articles parus ce jeudi 8 juin. Pourtant, le redoublement n'a jamais été réellement interdit, et le ministre de l'Education, qui reste peu précis, ne semble pas annoncer de grand changement sur cette question.

Derniers commentaires

Je me permets de faire remonter ce sujet pour rappeler qu'en 2009 Alain korkos avait consacré une de ses chroniques ici même sur @si à l'analyse d'un portrait de Blanquer.
Il y a dix minutes, deux lycéens sont venus me proposer des produits Thiriet, en m'affirmant qu'il sont en compétition avec des élèves de leur classe, et que trouver des clients pour la vente à domicile de ces surgelés, leur rapporterait des points au bac !
Les former très jeunes aux nouvelles stratégies commerciales en les aidant, de surcroît, à obtenir leur diplôme est une excellente initiative.
Merci, Thiriet !
L'interdiction de redoubler existe bel et bien et,malgré ses déclarations,le nouveau ministre ira à Canossa. En première on trouve des élèves (plutôt des garçons) qui ont fait une seconde médiocre mais pour lesquels le choix (des parents) s'est porté sur la section S en raison du "syndrome du wagon de première classe". Pour ceux qui ne connaissent pas: c'est ce qui vous pousse à choisir ce wagon parce que vous avez vu que ceux qui sont dans ce wagon ont l'air plus riches,plus détendus et sont mieux traités. Que se passe-t-il à la fin d'une année catastrophique en fin de première? L'élève continue dans sa filière sauf si ses parents sont revenus de leur aveuglement et sont POURVUS DE SOLIDES RELATIONS. Que se passe-t-il ensuite pour l'élève collé au bac? Le proviseur de son établissement admet qu'il a le DROIT de redoubler mais que les murs de son établissement ne sont pas extensibles et qu'on ne peut bourrer les classes au-delà d'un certain seuil,bref,il engage cet élève à aller se faire voir ailleurs (si on y veut bien de lui).
A moins que les choses aient bien changé il en est de même pour le passage de quatrième à troisième puis de troisième à seconde pour les mêmes raisons. A de rares exceptions près la troisième et la seconde se faisant dans 2 établissement différents il est tentant de céder aux objurgations des autorités administratives et d'envoyer tout le monde en seconde. Il faut savoir ,en effet, que les dites autorités tiennent des états des pourcentages de redoublement et font pression pour que ça baisse.
Toute cette gabegie fait d'ailleurs partie d'un ensemble plus vaste qui concerne l'orientation des élèves. Ici je vais évoquer un souvenir personnel,il est ancien mais je pense que les choses n'ont pas vraiment changé. A la fin d'une année scolaire dans le collège où j'enseignais alors tous les professeurs principaux ont été convoqués (dont moi-même) pour se faire savonner la tête:"VOUS DEVEZ ENVOYER MOINS D'ELEVES EN COLLEGE TECHNIQUE ET PLUS EN SECONDE GENERALE" ... Explication (et je jure que c'est vrai!) "On peut toujours mettre quelques élèves de plus dans les secondes générales,c'est l'affaire de quelques tables et chaises supplémentaires,en revanche créer un poste supplémentaire en collège technique nécessite d'acheter de coûteuses MACHINES et nous manquons de moyens".
Autre scoop ce matin...

Des stages de remises a niveau au mois d'aout avec des profs volontaires payés en heures sup....

Ah ben non ca exixte déjà...

LOL des fois quand même
Je me demande si les journalistes savent bien ce qu'il se passe à l'EN ?

En fait, je ne me le demande pas du tout.
Bon, là, ça y 'est, ça m'énerve.

Ce papier est typiquement du genre de ceux qu'on peut pondre en faisant une recherche sur internet, mais y'a un moment où il faut se dire que la vraie vie passe peut-être AVANT, non ?

Si, le redoublement a été interdit en partie dans les textes et beaucoup dans les faits.

Si un jour @si veut faire un vrai dossier là-dessus, y'a pléthore de profs de tous niveaux parmi les abonnés et je suis sûre qu'on serait nombreux à être ok pour expliquer ce qui est interdit par les textes et ce qui est interdit dans les faits.

Donc, une fois n'est pas coutume, je trouve que les titres de ces jours-ci ne sont pas si abusifs que ça et que le "démenti" d'@si est bâclé.

Et j'en profite pour dire que je trouve carrément insultant et irrespectueux qu'un ministre dise que ça peut s'envisager " si c'est dans l'intérêt de l'élève" sans que personne ne relève l'immense stupidité de cette posture.
Mais scrogneugneu, on est profs, pas bourreaux !
Qui pense sérieusement que quand on a passé 6 heures par jour avec un enfant pendant un an (ou plus), c'est en pensant à autre chose que son intérêt qu'on en arrive à la conclusion que lui demander d'aller plus loin c'est lui en demander trop et que du coup on trouve préférable de lui laisser du temps !?!?!

Et entièrement d'accord avec GPMarcel, il est à prévoir que les délires sur les méthodes de lecture vont recommencer....
Attendez un peu!
Dans quelques temps on va reparler des méthodes d'apprentissage de la lecture.
Quand il était chez de Robien c'était un des thèmes privilégiés...

Sur ce thème là, on va redoubler.
Ce qui est interdit depuis 2014? C'est simple: en fin de 2nde en tout cas, c'est de proposer le redoublement à l'élève. La demande doit venir de la famille, ce qu'elle fait parfois si elle n'est pas d'accord avec la 1ère proposée. Oui, on est obligé de proposer une 1ère.
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.