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Azerbaïdjan, une "dictature" ? Elise Lucet confirme à la barre

Poursuivis par l’État d’Azerbaïdjan pour diffamation, les journalistes Elise Lucet (France 2) et Laurent Richard (Agence Premières lignes) comparaissaient mardi 5 septembre au tribunal de Nanterre. Nous y étions.

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Le fait est que le journaliste "Lucet" utilise pour sa défense les mêmes moyens qu'elle dénoncerait s'ils étaient utilisé à mauvais escient (pour une mauvaise cause) en tant que syndrome d'une violation de l'Etat de droit ? :

mise en scène émotionnelle avant tout débat au fond (le témoignage oral d'une personne torturée)
convocation des amitiés en périphérie de la justice pour faire pression (concomitance des publications)
affirmation de légitimité sur argument d'autorité (le journaliste dit la vérité)

Le journaliste "Lucet" dirait que la différence se situe dans le fait que ses moyens à lui sont vrais (la personne torturée a été torturée, l'enquête rapporte des faits exacts et il dit la vérité) ?

L'Etat de droit régulateur fait le choix de condamner ces moyens sans considération de leur légitimité pour privilégier une enceinte de sérénité. Autrement dit, aucune intimidation quelque soit la bonne foi de l'intimidant (les victimes présentes dans une salle d'audience qui ne parviennent pas à garder leur calme, et on les comprend, sont sorties par l'huissier audiencier).

Moi, je me pose une question : pourquoi le Président du Tribunal, qui exerce la police de l'audience et doit en assurer la sérénité, a accepté d'entendre le témoignage alors même que la preuve de telles tortures se rapportent par des moyens écrits bien mieux à même de préserver cette sérénité des débats ?

S'il vous plaît : je le fais bien la réunion des critères qui permettent de caractériser la violation de l'Etat de droit ?
Ca ne peut pas ne pas faire penser a l'historique proces subit par Francois-Xavier Verschave de l'association Survie, assigne en 2000 par les trois dictateurs Sassou N'Guesso, Deby et Bongo pour "offense a chef d'etat etranger".

Verschave les avait qualifies de « dictateur », auteur de « crimes contre l’humanité » pour Sassou, Deby comme quelqu'un qui « entretient soigneusement sa réputation de tueur, par des carnages réguliers ». Bongo avait eu droit au qualificatif de « parrain régional » et encore plein d'autres verites.

Le proces avait ete l'occasion de voir une bonne partie de la mafia Francafricaine apporter leur soutient a ces trois predateurs.
Tiens, j'y repense : si un quelconque pays "démocratique" vante ses qualités notamment (par ex) son peuple "libre et fier" et qu'un français constate sur place que le peuple n'est ni libre ni fier, le français pourra t il déposer plainte pour publicité mensongère :-D?
Bien vu à Manuel Vicuna.
Au delà du magnifique effet Streisand-Morano qu'aurait ce procès (Morano: cf Bedos), l'irrecevabilité de la plainte est nécessaire sous peine de voir se multiplier ce genre d'affaire et de voir des journalistes s'auto-censurer faute de moyen d'embaucher des avocats à répétition.
À contrario, si la plainte est considérée comme recevable, j'imagine l'embouteillage que cela va poser aux palais de justice. Lorsqu'un quelconque ayatollah ou dictateur insultera la France et les Français, 60 millions de citoyens iront porter plainte pour injure ou propos calomnieux :-D
"J'ai bien ri."
...mais encore?
Ah z'ai ri !

Je sors, je sors..
J'ai beaucoup aimé "On ne peut pas tout dire quand on est journalistes, on ne peut dire que la vérité".
J'ai bien ri.
L'Azerbaijan est le seul des nombreux Etats répressifs et autoritaires issus de l'ex-URSS a avoir vu un fils succéder à son père à la présidence.
Aussi étrange que cela paraisse, le régime autocratique et totalitaire (comme la Corée du Nord donc) du Turkmenistan a eu l'habileté de changer de famille à la mort du "guide" local, et le régime ultra-autoritaire et autocratique ouzbek a suivi la même voie en 2016 (la fille du président, à la tête d'une holding gigantesque basée en suisse et qui détenaient des participation et des commandes avec toutes les entreprises publiques du pays était déjà en disgrâce quelques mois avant sa mort). Reste à voir comment ça se passera avec Nazarbayev au Kazakhstan, Rahmon au Tajikistan et Lukashenko en Bélarus... Mais pour l'instant, la succession de type monarchique héréditaire est le signe, comme en Syrie et en Corée du Nord, qu'on a peut-être affaire au régime le plus absolutiste de tous...
"Azerbaïjan, Land of Fire" disait la pub il n'y a pas si longtemps.
L'autre jour, sur BFM, passait en boucle une pub pour investir en Turquie. Ca laisse rêveur.
Donc à la question, un Etat peut-il poursuivre un journaliste dans notre pays comme n'importe quel particulier, je répondrai:
Ca dépend s'il paye cash...
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