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Autriche : un peu de Sigmund, un peu d'Adolf, et on explique tout !

Derniers commentaires

Ne savez vous pas que les Autrichiens ( j'allais ecrire : les Autruchiens) sont le peuple le plus intelligent du Monde : ils ont fait passer Hitler pour allemand et Beethoven pour un des leurs. Ce n'est évidemment qu'une blague un peu grossière car il y a des autrichiens démocrates et progressistes. Mais il y a un fond de vrai, non ?
BiBi (http://www.pensezbibi.com)
Fritzl a dit lui-même avoir probablement été inconsciemment influencé par les valeurs nazies d'ordre et d'autoritarisme. Mais cette explication est un peu courte, sinon les caves autichiennes et allemandes seraient remplies d'enfants séquestrés. Elle est sans doute plutôt à chercher dans l'étrange relation qu'il avait avec une mère très admirée (il a avoué avoir refoulé son désir pour elle). Fritzl, un cas passionnant pour les psychanalystes...Sylviane Torche a raison, l'interview qu'il a donnée est hallucinante...Il y a cependant deux détails troublants, qui viennent à l'appui de la thèse du lien entre le passé nazi de l'Autriche et cette affaire : Fritzl aurait menacé de gazer ses victimes s'ils tentaient de s'en prendre à lui dans la cave, et il a brûlé le corps du bébé mort quelques jours après sa naissance... dans une chaudière !
Voilà une expression intéressante: "le pays des caves." La cave, c'est effectivement la petite pièce sous-terraine où l'on range les objets que l'on préférerait oublier. Sans être une freudienne convaincue, il faut bien admettre que la cave est une représentation très convaincante de l'inconscient. On y cache les choses reniées (disques ringards ou navets cinématographiques), et elles prennent la poussière. Il suffirait pourtant de peu pour retrouver ce passé refoulé. Il suffirait d'ouvrir la porte de la cave pour que les conflits inconscients jaillissent, comme Natascha Kampusch et la fille de Josef Fritzl et ses enfants, enfin libérés après des années de séquestration.
S'il avait 10 ans en 45, Fritzl n'a pas pu être membre des Hitlerjugend (ou alors pour une très courte durée) puisqu'on n'y entrait qu'à l'âge de 10 ans.
l 'Autriche sera devenue le pays des caves

Mais si on stigmatise l'Autriche comme pays des caves, que dire de la France où on n'a même pas besoin de cave pour faire ses petites affaires ?

La question des serial violeurs est impressionnante, car elle n'a pas de frontière, j'ai même envie de dire pas de culture type, le monde entier est atteint.


Est-ce parce que les médias font mieux le travail de diffusion ou bien y en a-t-il davantage à notre époque qui héroïse ces monstres ?

Ce qui est curieux, c'est que la même information génère des informations paradoxales :
- que l'Autriche est bizarre avec ses serial violeurs, un autre de ses génies nationaux?
- Nous en France, on a aussi notre quota de violeurs,
et on ramène le père incestueux de 6 enfants.

N'est-ce pas tout simplement que "ça fait causer" et que le mal n'est jamais épuisé par aucun argument, c'est justement pour cela qu'il fascine et qu'il résiste à l'explication.


http://anthropia.blogg.org
Lisez l'interview que Fritzl a souhaité donner, pour protester contre le fait qu'il est présenté dans les médias comme un monstre, alors qu'il estime être un homme tout à fait décent et compatissant. Lisez ce qu'il dit à propos de son enfance et de sa relation à sa mère. Cette interview est hallucinante et montre à quel point la réalité devient totalement biaisée dans son esprit. Il estime avoir fait montre d'un total humanisme avec "sa famille du bas". Il a même offert à sa fille une machine à laver le linge en 2002... mais il n'a rien fait alors qu'elle perdait ses dents l'une après l'autre, et passait des nuits sans pouvoir dormir dans les plus grandes douleurs. Il explique pourquoi il l'a enfermée: pour lui éviter de tourner mal car cette adolescente était trop rebelle, elle n'obéissait plus à ses ordres, elle sortait le soir, elle avait un petit ami. Bref, dans son esprit il lui a évité de mal tourner. Il explique qu'il était obsédé par l'idée de violer sa fille et ne pouvait s'en empêcher, tout en sachant qu'elle refusait absolument ce genre de relations avec son père. Et le bouquet final, il estime que ses enfants l'ont "trahi" encore plus rapidement que qu'il avait escompté.

Cet article est vraiment une plongée dans un esprit totalement dément, qui ne tient aucun compte et n'est touché en aucune manière par la douleur qu'il provoque chez d'autres, qui n'est préoccupé que de son plaisir propre et de sa volonté de totalement dominer "sa famille d'en bas". En voulant corriger l'image de monstre que les médias donnent de lui, Fritzl nous donne à voir sa logique intérieure démente. Je pense que son avocat sait très bien ce qu'il fait en laissant une telle interview se faire...

Sylvaine
Ce qui est dingue c'est surtout qu'on accorde autant de crédit aux déclarations de Natascha Kampusch parce qu'elle a malheureusement été séquestrée. Je ne crois qu'elle ait les compétences et l'objectivité suffisante pour analyser au mieux ce qui a conduit à cette horreur.

Les journalistes ne doivent-ils pas éviter ces conclusions à deux balles et ce sensationnalisme ? A celui qui ira le plus loin dans les raccourcis et les détails sordides ...
peut-être qu'il faut laisser les gens qui font des généralités dans leur coin faire des généralités...
franchement ! ...
déjà que je ne suis pas très convaincu par le déterminisme génétique, mais, alors là, le déterminisme patriotique...
et la france le pays de l'hypocrisie
Dix jours ont passé, et l'Autriche, confrontée aux commentaires parfois effarés, souvent narquois, de la presse internationale, commence bon gré mal gré une douloureuse introspection. Après les psychologues, les éditorialistes, la classe politique, ce sont ses écrivains qui à leur tour montent au créneau.

Dans la plus droite ligne de la tradition contestataire érigée par Thomas Bernhard (1931-1989), Elfriede Jelinek a publié sur son blog un texte grinçant sur la tragédie d'Amstetten. «Les politiciens craignent maintenant, une fois que tout le monde est sauvé, que l'image de l'Autriche soit attaquée, ce serait terrible, on n'entend déjà plus les cris en provenance de la cave», écrit le Prix Nobel de littérature 2004, qui conclut par cette fulgurante ironie: «A l'étranger, s'il vous plaît, écoutez nos paroles, regardez le Bal de l'opéra et écoutez notre concert du Nouvel An. Ecoutez, écoutez, mais pas nos cris! Ne les considérez pas. Nous-mêmes, nous ne les écoutons pas, et nous sommes ceux qui savent. Le cri qui est poussé depuis la cave n'arrive même pas chez le voisin, et on ne l'entend pas non plus dans notre maison.»

A l'instar d'Elfriede Jelinek, les auteurs autrichiens contemporains osent «des propos dérangeants, inquiétants», observe Jérôme Segal, chercheur à l'Institut de recherches interdisciplinaires en sciences sociales (ICCR) de Vienne. «Dans l'affaire Fritzl, remarque celui-ci, c'est le respect implicite des codes sociaux qui étonne. Fritzl était bien intégré, saluait gentiment, sa famille participait comme il se doit à la vie de la petite ville d'Amstetten». Tout en accomplissant ses méfaits, sans que personne autour de lui n'y trouve à redire.

Hypocrisie sociale

Pour l'écrivain Josef Haslinger, tout cela découle de la culture du «Wegschauen», cet art si tragiquement autrichien de «regarder ailleurs». Il y aurait dans ce pays «une tradition fatale de balayer sous le tapis», écrit l'auteur du livre Opernball (1995), dans lequel il s'en prenait au symbole du Bal de l'opéra, imaginant que ce serait l'endroit idéal pour massacrer toute l'élite du pays. Né en 1955, l'année de la «renaissance» officielle de l'Etat autrichien, Haslinger veut voir dans la tragédie d'Amstetten une allégorie de la société autrichienne, qui a pris l'habitude de masquer les défaillances historiques de ses citoyens derrière un vernis d'Etat moderne et pacificateur. La faute à «une dénazification ratée», assure Haslinger, qui croit déceler un décalage entre «les péchés individuels» et «la morale publique», symbolisée par la toute-puissante Eglise catholique et ces charmants personnages dans leur costume traditionnel, paravent pittoresque aux crimes les plus abjects.

Maurin Picard, Vienne
Source : http://www.letemps.ch/template/culture.asp?page=10&contenuPage=&article=231395&quickbar=
Autrichien vivant en France depuis 1991 (je poste avec le login de ma femme), je confirme le statut quelque peu grotesque de l'Autriche auprès de nombreux Français. J'avais travaillé en tant qu'assistant en prépa littéraire à Montpellier, donc a priori face à un public raisonnablement cultivé. Je me suis permis, juste par curiosité, d'effectuer un test de civilisation sur mon pays natal. Résultat des courses: l'Autriche se situe "entre la Suède et la Pologne" ou alors "avant la Russie là-bas", compte entre 1 et 100 millions d'habitants, et le système politique en vigueur, c'est une dictature militaire avec un président nazi. Parmi les autrichiens célèbres, on trouve Hitler, Mozart, Sissy, Heidi et Werner Schreyer (top-model masculin). Voilà ce que l'on obtient lorsqu'on interroge l'élite en herbe de la nation. Après, il ne faut pas s'étonner des aberrations décrites dans l'article d'ASI. Tout cela est bien triste, mais j'ai quand-même décidé d'en rire un bon coup.
Bof, en France quand une expo photo n'est pas assez présentée avec pédagogie, on crie au retour de la Bête et au collaborationnisme, non ?
[quote=DS]Soit, l'hypothèse est purement gratuite, et tous les médias ayant diffusé cette interview de Kampusch auront participé à la stigmatisation d'un pays, sur la base de deux simples faits-divers

Quand cela provient d'un autochtone, cela prend une autre valeur. Qu'elle attribue, a tord ou a raison, un lien entre le passé nazi et ces évenements constitue une information. Non pas sur l'affaire, mais une information sur poids du passé nazi sur les consciences (peut etre plus particulierement des jeunes genérations?). D'ailleurs cela représenterait une info d'autant plus intéressante s'il n'y a pas de lien réel, dans le cas de cette affaire.

Si elle montre la lune, ne regardons pas son doigt.
si j'ai bien compris, les débouchés quand on a suivi le cursus des jeunesses hitlériennes c'est soit ravisseur soit secrétaire général à l'ONU ?
Bonne chronique de Daniel Schneiderman. Cette tentative d'explication renseigne sur la ligne éditoriale de ces médias
(Grrr, pitié, qu'on argumente et discute, mais qu'on laisse ce fichu point Godwin de côté, il en devient tyrannique !)
Et un point Godwin pour Natacha !
Excellent Mr Shneidermann ! j'y ai pensé ce matin en écoutant la radio :-)
Cette genre d'affaire sordide ne pouvait que susciter de tels commentaires à l'emporte-pièce, effectivement. Mais au-delà, il me semble (d'après mes informations glanées en Suisse) que l'Autriche elle-même (pas que citoyenne, mais institutionnelle) s'interroge sur l'éventualité d'une "particularité nationale", et songe à engager des enquêtes et recherches en ce sens. Réaction naturelle à un traumatisme, certes, mais cela indique tout de même que les affirmations malencontreuses des uns sont en partie le reflet des interrogations des autres.
Bref, la stigmatisation, c'est mal, mais ça n'empêche pas que le débat puisse effectivement se tenir dans le pays lui-même.
Même si Fritzl a été, bien qu'un peu jeune à l'époque, dans les mouvements de jeunesse sous hitler, obligatoires à cette période, ce n'est pas une explication très valable. Un certain pape en a fait partie à l'âge de 14 ans que nous disent aussi les médias..(c'était obligatoire, ce n'est pas une prouesse). Appartenance obligatoire, Il faut donc visiter de nombreuses caves si il y a une relation de cause à effet, dont les caves du vatican.

Mozart et ses culottes de peau (de peau? non, c'est dingue!) est allemand et non autrichien. A croire que l'Autriche, bien maligne, a fait un pacte d'échange Hitler/Mozart pour que les talents de chacun s'épanouissent chez l'autre. On se demande, est-ce qu'il faisait renouveler une carte de séjour Mozart, à Vienne?
On rapprochera l'affaire autrichienne avec celle qui est faite entre le chasse aux sans-papiers et le régime de Vichy.

Comme ça, ça semble plein de bon sens. Mais la vérité, c'est que cette poltique brutale envers les immigrants date de plus d'un siècle.
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