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Commentaires

Attentat contre Charlie : faut-il parler de "terrorisme" ?

Un mot "tendancieux" et "non neutre". Le chef du service arabophone de la BBC a expliqué, dimanche 25 janvier, pourquoi la chaîne avait choisi de ne pas utiliser le mot "terroriste" pour qualifier les auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo. L'agence de presse Reuters a fait le même choix. Les médias français, quant à eux, sont plus partagés : si l'Agence France-Presse essaie également d'éviter d'employer ce terme, de nombreuses publications n'ont pas hésité à l'utiliser.

Derniers commentaires

Les résistants pendant la Seconde Guerre mondiale, terroristes ? Les Brigades rouges, terroristes ? Les poseurs de fer à béton sur des caténaires, terroristes ?
Question de vocabulaire, effectivement, qu'il est bon de se poser.
@ jeanbat,

Fan de canard n’est pas là pour débattre.

Dès qu’il est en difficulté sur le plan argumentaire, il utilise des techniques rhétoriques qui relèvent de la manipulation.

Dans la discussion qui nous occupe, vous remarquerez qu’il s’arc-boute sur une question, qui est la suivante :
« Affirmez-vous que tout en étant inscrit sur des forums nazis, il était en même temps pas antisémite et même, pro-sioniste ? »

Il s’agit d’une question fermée.

Les questions fermées autorisent seulement une réponse de type « oui, non », et vises à décourager les développements dans les réponses qui sont faites. D’ailleurs, dans son message d’hier de 20h55, il ajoute après sa question « je vous aide : oui ou non ? ». Comme c’est aimable de sa part.

Et quand je dis que l’objectif vise à décourager les développements des réponses, c’est exactement ça. Ainsi, quand dans la discussion je répond à sa question par : « Je pense qu'il est tout à fait possible de s'inscrire sur un site à vocation politique/idéologique, d'en partager la majeure partie des thèmes, tout en ayant des dissensions. », je répond explicitement à sa question, mais il veut un oui ou un non et les développement n’ont pas leur place.

La façon même dont est formulée la question vise à exclure une partie des réponses possibles.
Ce type de question fermée contient un maximum de présupposés, car le contexte est contenu dans la question.

La présupposition se définit en linguistique comme l'ensemble des informations implicites d'un énoncé, qui peuvent s'en déduire, mais n'y sont pas formellement exposées.

L’objectif n’est pas de débattre, mais d’obtenir quelques choses.
C’est une technique de marketing (quand il s’agit de vendre un produit) et de manipulation.

Et si on prend l’historique des ses débats avec ses contradicteurs (jeanbat, RV, moi et d’autres), alors que chacun expose ses arguments, dès qu’il s’estime mis en difficulté, il finit par sommer son interlocuteur de répondre à une de ses questions fermées.

Cela relève clairement de la manipulation.
Pour mémoire et élément de comparaison, cet article du site Arrêt sur images concernant les qualificatifs de la presse française à propos de Breivik.

(C’est dommage, il n’est pas référencé sous le mot-clef « terrorisme »).
un travail similaire sur le mot "islamophobie" serait utile.
A priori "terroristes" me paraissait correct pour désigner des gens qui cherchent à inspirer la terreur mais c'est le propre de toutes les armées donc vague. Assaillants est encore plus vague. Les gendarmes étaient "assaillants" mais pas terroristes!
on les tient..

http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/28/apologie-terrorisme-enfant-8-ans-convoque-police-257379
Faut il parler de terrorisme quand des gens tuent des civils pour terroriser ceux qui ne suivent pas leurs injonctions quant aux contenu de journaux que personne n'est forcé à lire ?
Euh... oui. Ou le terrorisme n'existe pas si même ça ça n'en est pas.

Après faudrait-il aussi parler de terrorisme chaque fois que des gens tuent des civils pour intimider une communauté ?
Faudrait il parler aussi de terrorisme quand des gens bombardent des civils pour imposer leur autorité non reconnue par la communauté internationale sur un territoire ?
Ca peut être un débat intéressant.
Je viens de voir une phrase citée (sur twitter) par un certain "Subversivos", en espagnol qui veut dire en français : "s'il n'y avait pas de terrorisme, il faudrait l'inventer"...
Sous-entendu : beaucoup ont besoin du "terrorisme" pour faire voter des lois liberticides.
Alors, voir des terroristes partout contribue à mon avis à entretenir la peur chez les gens. Et on fait avaler ce qu'on veut à des gens effrayés ;o(
terroriste, ca fait plus de buzz , c'est comme les journalistes dont Daniel qui comparent ces meurtres avec le 11/09 , faut juste pas avoir peur du ridicule. Nos élites son tellement époustouflé par les USA qu'ils ne veulent que se comparer a ce pays , lamentable . Du coup le mot terroriste c'est dans la même vague de 'je suis comme papa USA , je suis grand '.
Les actes du Hamas et Hezbollah , terrorisme ou actes de résistance face à l'occupation?
Bravo pour cet article !

En effet, il n'y a pas plus vague et subjectif que ce mot "terrorisme".
Je m'en suis rendu compte en lisant des extraits de presse et des affiches pro-allemandes de la Seconde Guerre mondiale, où la résistance était systématiquement qualifiée de "terroriste".

Et par conséquent, il est encore plus stupide de parler de "War on terror" (Bush 2001) ou de "guerre au terrorisme" (Hollande ou Valls depuis 2012)
Si on s'en tient au sens premier, le terroriste, c'est celui qui veut terroriser. Mais on peut commettre un acte de violence sans vouloir terroriser. Et on peut terroriser avec une arme en plastique ou seulement des mots. Celui qui utilise le mot terroriste indique que, selon lui, l'auteur de l'acte violent a la motivation de terroriser. Mais comment peut-il être sûr de quelque chose qui n'est pas dans sa propre tête ? Celui qui sait quelle est la motivation de l'acte, c'est le "terroriste", mais parfois il ne sait pas exactement, ou il n'est plus là pour en parler, ou il ment... Et sa motivation peut être différente de celle de ses commanditaires....

L'utilisation du mot "terroriste" est surtout liée à la motivation .... de celui qui l'utilise.

Est-ce que vouloir faire peur à tous ceux qui pourraient être poursuivis pour apologie du terrorisme s'ils s'expriment mal ou si leurs mots ne sont pas compris, ce n'est pas aussi une forme de terrorisme soft ?

Alors oui, désigner les auteurs d'actes violents par leur nom ou celui de leur groupe, c'est pas mal. Plus factuel.
Cet acte a été revendiqué. Par Al Qaïda au Yémen. Pourquoi ne pas envoyer un journaliste au Yémen pour interroger les chefs d'Al Qaïda ? Ils doivent savoir.

Bon, c'est vrai que c'est dangereux et qu'il faut faire un effort linguistique.

Mais en même temps, ce qu'en disent des éditorialistes payés à la pige derrière leur ordi à vapeur, on (je) m'en tape un peu.

Enfin, c'est interessant pour comprendre comment résonnent les éditorialistes payés à la pige derrière leur ordi à vapeur, mais on (je) m'en tape un peu.

Ad lib.
Ça me rappelle que Jean-Luc Mélenchon a d'emblée qualifié ces assassinats de crime politique. Tout étant dans tout en matière d'horreur humaine, et comme il va sans doute être une fois encore impossible de s'entendre, on pourrait être tenté de laisser mourir la polémique des cons. Tiens, je deviens vulgaire, dommage.
Article très intéressant Justine.

À partir de quel moment un action armée peut-elle être considérée comme une action terroriste ? "Nous le faisons lorsqu'il s'agit de pratiques qui consistent à terroriser des civils pour obtenir gain de cause", précise Ayad.

Un acte terroriste est un acte de terreur.
Les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, sont bien des actes de terreur, mais en aucun cas on ne peut dire qu'il s'agit de terrorisme.

"En Irak, pendant dix ans, ces groupes se sont livrés à des actes terroristes – des attaques à la voiture piégée, etc. Mais ces mêmes groupes ont aussi mené des actions armées contre l'armée irakienne. Même si on peut les considérer comme illégitimes, ça n'est pas du terrorisme, mais bien un groupe insurgé qui affronte un armée."

Dans ce cas, je pense qu'on peut qualifier ça de terrorisme.
Ce qui différencie les deux, c'est justement la légitimité de ceux qui agissent.
Justine, je vous kiffe grave !
C'est super d'avoir abordé ce sujet, et vous l'avez fait de bonne manière !
On peut juste dire charia...
Très bon article, sur un très bon sujet.
À partir de quel moment un action armée peut-elle être considérée comme une action terroriste ? "Nous le faisons lorsqu'il s'agit de pratiques qui consistent à terroriser des civils pour obtenir gain de cause".
Si on est d'accord avec çà, on est obligé de remarquer la présence d'au moins un fieffé "terroriste" au premier rang de la manif' du 11 janvier à Paris : Netanyahou.
S'il s'agissait d'un commando envoyé par une structure terroriste connue et "reconnue", il faudrait employer le terme qui convient. Mais dans le cas de ces trois sinistres crétins effrayés et effrayants, issus de notre société, je suis extrêmement sceptique.
De plus , je suis devenu sceptique sur la réalité d'Al Quaida en dehors des effets d'annonce porté par une propagande omniprésente. Je vois plutôt des populations acculées à une indigence et une immense souffrance et que les services secrets occidentaux et des mafias instrumentalisent pour leurs basses oeuvres...

Cordialement
Noam Chomsky fait remarquer l’hypocrisie de l’indignation occidentale

(à propos des événements en ex-Yougoslavie d'avril 1999) :
"l’attaque des missiles de l’OTAN sur le siège de la télévision nationale serbe avait fait disparaître Radio Television Serbia des ondes, tuant 16 journalistes".

Il ajoute que :

"Il n’y eut aucune manifestation ni pleurs d’indignation, ni slogan « Nous sommes RTV », pas d’enquête sur la raison des attaques, dans la culture chrétienne* et son histoire. Au contraire, l’attaque contre la presse a été applaudie. Le très respecté diplomate américain Richard Holbrook, alors représentant en Yougoslavie, a décrit le succès de l’attaque de la RTV comme un « développement positif et, je pense, extrêmement important », sentiment partagé par d’autres".

* allusion, bien sûr, aux commentaires sur la culture musulmane des auteurs de l'attentat contre Charlie

Bien entendu, conformément aux prescriptions de la BBC, nous n'emploierons pas le terme de terroristes pour qualifier Georges Bush et le gouvernement américain.
Comme d'hab', propos clair, rigoureux, nuancé, documenté, mis en perspective, bref : éclairant.
Merci Justine pour votre travail.
Ou comment couper les cheveux en quatre.
Ou comment ne pas nommer le réel.
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