45
Commentaires

Assad, l'homme qui gaze avec modération

Allons enfants : cette fois c'est fait, c'est sûr, c'est prouvé, Assad a franchi la fameuse "ligne rouge"

Derniers commentaires

C'est un peu hors-sujet, mais ça concerne tout de même le monde arabe. Est-ce que quelqu'un sur le forum comprendrait suffisamment bien l'arabe pour me résumer ce qui se dit sur ces deux vidéos : ici, et ici ?
Apparemment, les artistes au Caire et les musiciens de l'Opéra du Caire sont en lutte, mais je n'ai pas plus de détails, et je serai très intéressé de les avoir (ayant joué à l'opéra du Caire sous l'ère Moubarak, et y ayant croisé certains des musiciens…).
Je me suis posé la même question :

Pourquoi le gouvernement ne parle que maintenant et sur France 2 de cette seconde preuve obtenue dans "une autre circonstance", dont "la chaîne" est parfaitement "remontée" et dont "les échantillons" sont "analysés". Comme dit M. Fabius (vidéo) : « Là, on a l'intégralité de la chaîne, depuis le moment où l’attaque1 a lieu, le moment où les gens2 sont tués, le moment où on3 a le prélèvement et le moment où on le fait analyser. » Une précision quasi militaire...

Le problème du mensonge, c'est que peu à peu le menteur s'habitue à la crédulité de son public et ses mensonges deviennent de plus en plus gros, à la limite de l'effronterie.

Allez une petite citation de notre ministre : « La France a une position claire : vérité dite à tout le monde... »

Merci.

1 - Laquelle ?
2 - Lesquels ?
3 - Qui ?
Merci pour cet édito qui enfin se mouille un peu. Le "enfin" n'est pas une critique: aussi tard qu'il arrive, c'est bien avant tant d'autres et ça vaudra certainement bien des noms d'oiseaux à l'auteur. Le parti de la guerre n'est pas réputé pour son gout du pluralisme, de manière générale.

Reste encore un non dit, une énorme pierre dans le jardin, l'étape ultime de ce qui semble impossible à ne pas mettre sur la table mais qui est tellement difficile à mettre sur la table: l'hypothèse du mensonge éhonté. Après les couveuses koweïtiennes, après les WMD de Saddam et les dossiers bidonnés de Blair, après les faux charniers de Timiçoara, après le Plan Fer à Cheval, après les avions de Kadhafi mitraillant les civiles, après une telle liste de mensonge, non pas d'erreurs, mais de mensonges construits, assumés, impliquant la participation des grands médias (laissant le choix entre incompétence extrème et servilité au pouvoir), je ne saurais même pas expliquer à mon fils pourquoi, malgré cet historique édifiant, l'idée même de remettre en question une verité officielle n'arrive même pas dans le débat public, hormis bien sûr les zinternets (ou par contre la ça grouille, manifestement). Mais dans lémédia, ça ne choque pas un journaliste que le même laboratoire, directement sous les ordres de la défense, produisent *toutes* les analyses. L'hypothèse du mensonge n'est pas envisagée. Bon.

Le jour même ou Le Monde sortait son dossier, voici ce que publiait la presse turque:
http://translate.google.com/translate?hl=en&sl=tr&tl=fr&u=http%3A%2F%2Fwww.zaman.com.tr%2Fgundem_adanada-el-kaide-operasyonu-12-gozalti_2094730.html
Saisie de 2kg de gaz Sarin dans des locaux d'Al Nosra en Turquie - une information aussi officielle qu'info peut l'être.

Verrons nous ça sur Le Monde ? Ce serait pertinent, en relation avec les sujets privilégiés du moment.
Si nous ne le voyons pas sur Le Monde, qu'est ce que ça nous dit sur Le Monde ? Et en fait, qu'est ce que ça nous dit de tout média qui ne pointe pas ce problème ?
BHL...La grosse Bertha...Ce surnom lui irait comme un gant,non,comme une chemise à col très ouvert.Clomani bravo.
DS trouve Fabius "mesuré dans son expression". Pour le coup, je serais plutôt d'accord avec Libération : La France plus va-t-en guerre que l'Amérique.
Et je n'arrive toujours pas à trouver un intérêt français menacé par Assad, alors qu'on est quand même allés faire une guerre au Mali contre ses opposants. La géopolitique est décidément un art très abstrait.
"Ils" ont sorti la "grosse Bertha" , ai-je pensé en voyant pérorer BHL hier au "Grand Journal" (qui n'a de grand que le nom)...
Même pas la peine de savoir de quoi il parlait... je me suis dit que si BHL sortait son bout de nez (pas très beau de profil, je dois le dire mais on avait dit "pas le physique), c'était que les va-t-en-guerre l'avaient emporté !
Ce matin, journal de 6h30 de F.Inter : "le gouvernement syrien a utilisé du gaz sarin... on en a la preuve etc etc..." ! Et là, j'ai repensé au général truquemuche (bon sang, ma mémoire immédiate a filé avec l'âge) agitant sa petite fiole (non, pas tafiole) de saloperies chimiques, preuves coeur sur la main de l'Iraq... euh, main sur le coeur de la culpabilité de Saddam Hussein, l'ancien ami à qui ils avaient vendu tant d'armes moyennant du pétrole en retour... Et de cette pauvre ONU, devenue complice de Bush et Blair, qui gobe toute cette fumisterie...Mais on dirait que, là, la raison vient des USA, lesquels freinent à tout berzingue. Les "rebelles" (qui ont eux aussi des petites bonbonnes de gaz) vont pouvoir écrabouiller leurs opposants, Chiites et Chrétiens syriens !


Ca va donner des thèmes de débat pour les émissions blablateuses de la télévision... Les "rebelles" (qui ont eux aussi des petites bonbonnes de gaz) vont pouvoir écrabouiller leurs opposants, Chiites et Chrétiens syriens ! Les "auto-bombardés spécialistes" vont s'en donner à choeur joie...
Une fois pour toutes, personne n'ira défendre la rébellion syrienne. La Syrie est la clé vers le pétrole iranien, les deux pays sont la porte vers les hydrocarbures dans le Caucase. La Russie et l'Iran, qui sont des puissances rivales de l'occident, ne laisseront pas faire, et sont prêtes à en découdre, c'est une question de vie ou de mort pour leurs régimes,
A côté de la Libye, il n'y avait aucune puissance menacée, qui risquait de riposter. Il suffisait d'un peu de culot et d'une grosse prise de risque. Ici, la situation stratégique est trop précaire.

La seule vraie information, c'est que Qusayr, la clé de Homs et de Damas, et de la zone alaouite, est retombée aux mains de l'armée pro-assad.

Bientôt vont venir le temps des négociations entre Israël, le Liban, les Alaouites, l'Iran et le Hezbollah les puissances sunnites, Qatar et Arabie Saoudite, sous la houlette glacée de l'occident. Avec sans doute au bout la balkanisation ou la libanisation de la Syrie.

Cette nouvelle donne, ça se sent dans les commentaires démédias, dans le brushing tarabiscoté de BHL, dans le quant-à-soi d'Obama et de Hollande. La trêve arrive, avec son cortège de reniements et d'abandons.

La seule chose qui me remonte le moral, c'est qu'en Turquie, un nouveau printemps des pays musulmans succède à l'hiver de la révolution syrienne. Quelque chose vibre encore dans le cœur des démocrates des pays musulmans. C'est encore possible.
Bonjour
Retrouver des anti et des pro guerre, est éternel.
Un peu comme ceux qui prennent les salariés pour des charges à éliminer et les autres pour des créateurs de richesse.
"Victimes, forcément victimes, les rebelles syriens (qui ont peut-être, eux aussi, utilisé du sarin, mais on cherchera plus tard)."
On cherchera plus tard?
Pourquoi ne pas rappeler l'affirmation (elle n'a pas employé de conditionnel) de madame Carlo del Ponte et de sa mission de l'ONU?
Elle sent le pâté, elle ?
Allez, qui prononcera le mot de "génocide" en premier ?
Hasard du calendrier : cette histoire de gaz sarin sort en même temps que le livre de Pierre Péan avec qui s'est entretenu Daniel Mermet. Il s'agit de se rappeler du Kosovo, et de toute la rhétorique qui a accompagné cette "guerre juste", dans laquelle on nous a rejoué les alliés contre les nazis. Encore et encore, à intervalle régulier, on retourne dans cette "glue compassionnelle" (comme dit Mermet) et ce moralisme obtus et simplificateur qui étouffent toute pensée critique autour de situations complexes.
Que s'est-il passé, le printemps arabe nous fait il prendre les vessies pour des lanternes ?
Pourtant la France a une certaine proximité avec la Syrie, un pays laïc, où les jeunes filles pouvaient se balader en jupe et nue-tête sur la plage il y a encore quelques années. Bachar el Assad, en leader pragmatique, a fait un référendum en 2012, autorisé le multipartisme pour les élections à venir en 2014, accepté d'aller à la table des négociations à Genève. La négociation semble la voie privilégiée par tous aujourd'hui, russes, américains, mais curieusement pas par la France. Chez nous, Bachar est quotidiennement repeint par lémédias en "boucher de Damas". Ici, toute information est à charge contre le gouvernement en place, nous nous asseyons sur le droit international au nom du "devoir d'ingérence". Nous sommes devenus les alliés et soutiens du front Al Nosra, des mercenaires et des jihadistes salafistes, en un mot du Qatar..
En fin de compte, et c'est triste à dire, heureusement que la France n'a plus vraiment de poids sur la scène internationale.
Il n'est pas certain que renverser le discours (c'est-à-dire faire de Bachar el Assad un parangon de vertu sous prétexte qu'il y a à présent de méchants islamistes en face) soit bien raisonnable non plus...
Qui parle de raison ?
100 000 morts, les villes ravagées, ce n'est pas suffisant pour mériter le titre de boucher?
Je pense qu'il ne faut pas tomber dans le piège du sentimentalisme comme l'Irak ou le Kosovo, avec le succès que l'on sait.


http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/guerre-en-syrie-entre-intox-118535
http://upgradeyourmind.over-blog.com/article-5-questions-a-thierry-meyssan-a-propos-de-la-syrie-96303374.html
"Leader pragmatique" ne signifie pas parangon de vertu... il faut éviter de tomber dans le piège manichéen que tout le monde nous tend, à la mode Bush "either you're with us or you're against us". Quant au décompte des morts, au ravage des ville (au pillage des sites archéologiques également) et à leur attribution à un camp ou à un autre, bien malin qui peut le dire avec certitude. Aucune source d'info n'est impartiale dans ce conflit, pas plus l'OSDH que les agences de presse syriennes, russes ou chinoises.
A propos de modération, combien de temps allez-vous laisser vos forums floodés par un propagandiste d'extrême-droite ? ça finit par devenir lassant ...
Les médias n'aiment pas les situations complexes. Il faut qu'il y ait un bon qu'ils choisissent et un méchant.
Par exemple pourquoi il est très peu repris qu'il est possible que les rebelles utilisent aussi des gaz ?
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.