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Askolovitch, ou l'islamophilie acceptable ?

Que se passe-t-il ? Voici soudain que se déverse, dans les lieux les plus inattendus, un plaidoyer pour les musulmans opprimés.

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Je ne vois que deux manières de n'être pas religieux: être en deçà, ou être au-delà de la religion. Rappelons que la religion est toujours première, au sens où l'histoire ne nous offre aucun exemple de civilisation " athée": Ce mot n'a de sens pour aucun de nos ancêtres. Rappelons qu'elle est l'envers du travail (" qui a créé l'homme" selon Hegel et Marx), au sens, par exemple, où le Dimanche, jour où l'on communie en dilapidant, s'oppose aux jours profanes où l'on se sépare en accumulant. C'est parce que les bêtes ne travaillent pas qu'il n'y a chez elles aucune trace de comportement religieux: ou, pour dire le même différemment, c'est parce qu'elles ne sont pas séparées ( individuées) qu'elles ne parlent ( communiquent) pas. Je perçois chez beaucoup d'athées ou de laïcistes d' opérette une méconnaissance totale de ces réalités anthropologiques: croyant possible de faire table rase du passé, ils sont effectivement passés à l'acte et se sont placés en deçà de la religion, au point, pour les plus faibles d'entre eux, de servir de gibier facile à toutes sortes de sectes. La seule et simple question " une humanité sans mythes est-elle possible ?" ne les effleure même plus. D'où la force de la sentence de Bataille: " l'absence de mythes est encore un mythe, le plus froid, le plus beau". Cela s'appelle être au delà de la religion.

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Que s'est-il passé?
Loin d'ASI de puis quelque temps, je reviens et ne reconnais plus le forum. Tout semble brouillé ; des interventions peu claires et un ton d'invective plutôt que de débat.
Me serais-je trompée de site?
" L’islam, la religion musulmane, y compris très affirmée, fait partie de notre paysage, c’est compliqué, ça n’a rien de naturel" a dit l'auteur de ce livre sur RTL, face à Fogiel.

Personnellement, je suis d'accord avec ça, mais je trouve que ça ne va pas assez loin.

C'est la religion en général (judaisme, chrétienté, islam et autres courants minoritaires) qui n'est pas naturelle.

En recherchant le fondement des choses, on se rend compte que c'est le fait religieux qui est une anomalie, un artefact dans le mouvement évolutif de la société humaine. Un archaïsme du millénaire précédant. Nous devrions, si nous assumions notre place dans le temps présent, considérer les œuvres religieuses du passé monothéiste comme nous regardons avec respect, mais sans dévotion, les reliques antiques du panthéon gréco-romain. Pauvre gréco-romains, il ne reste pas grand chose de leurs croyances, qui pourtant ont prospéré pendant des millénaires.… les sociétés humaines évoluent, il faut s'en réjouir.

Qu'une femme ne montre pas ses cheveux (comme les intégristes juives ou musulmanes), qu'un croyant s'impose des restrictions alimentaires, qu'un partie de la population trouve que la société moderne n'impose pas assez de contraintes et qu'il faut qu'elle en rajoute, la belle affaire ! Respectons la liberté de penser de chacun, et chacun a la liberté d'évaluer son voisin comme bon lui semble. Cette liberté de penser est la marque de notre modernité, ou devrait l'être.

Par contre, quand certains individus prônent la violence et l'utilisent, l'actualité nous le montre aujourd'hui, nous sommes tous concernés. Et quand cette violence va chercher son inspiration dans cet archaïsme que nous devrions avoir dépassé, il y a effectivement un problème… et pour résoudre un problème il faut toujours le prendre à sa source.

Que chacun en tire les conclusions qui s'imposent à son esprit.
Vous avez pris votre retraite Monsieur Schneidermann ?

Car, à vous lire, j'ai l'impression que la critique des médias n'est plus votre objet, tant vous passez dans cette chronique à côté de l'essentiel la concernant, puisque celle-ci démontre, à votre corps défendant, tout autre chose que votre conclusion, que je rappelle ici : "Dans l'immédiat, ne serait-ce que parce qu'il rééquilibre le tintamarre inverse, il fait du bien à entendre."

Outre le fait que je me demande bien ce qu'il peut y avoir de réjouissant dans la substitution d'une cacophonie à un tintamarre, tout ce qui précède votre conclusion démontre tout autre chose, à savoir l'inutilité et plus encore, la dangerosité du journalisme compassionnelle, au ras des pâquerettes ou "sur le terrain" comme vous dites.

Vous avez beau vous extasier : "Askolovitch a un talent certain pour explorer les complexités de la société, et son éloge d'aujourd'hui du "musulman pratiquant qui ne demande pas mieux que de s'intégrer" sonne vrai, et fait écho à son éloge, dans un précédent livre, du "militant FN qui n'est pas le fasciste qu'on prétend".", vous ne faites que démontrer que vous prenez à tort comme beaucoup trop de monde, hélas, l'idiosyncrasie pour la complexité, alors qu'elle n'est que l'impossibilité de donner du sens à quoi que ce soit, puisqu'un cas particulier peut toujours en contredire un autre... nous voilà bien avancé ou plus exactement paralysé.

A vous suivre dans votre éloge de ce journalisme de micro-trottoirs, nous arriverions rapidement à ne pouvoir plus rien penser (et par conséquent à ne pouvoir prendre la moindre décision), car, même les pires régimes que l'Histoire nous ait donné, lorsqu'on recueil directement la parole de ceux qui en constituent les rouages, ne sont fait que d'humains trop humains. A écouter de trop près, il n'y a plus de bourreaux, que des victimes, la belle affaire.

Quoi, l'électeur FN n'est pas un facho, tout au plus un gros con... non, même pas, quelqu'un qui souffre et dont les partis traditionnels n'entendent pas la douleur... Il peut même faire du bénévolat après son travail ou donner à la quête à la sortie de l'église...

Woua, en voilà des informations pertinentes.

Que devons-nous en faire ?

Depuis quand la souffrance est-elle une excuse recevable pour tolérer quoi que ce soit ? Depuis quand la connerie, la bêtise sont des motifs pour suspendre nos jugements à l'égard de ceux qui s'en rendent coupables ?

Quoi, ma voisine, ma collègue musulmane voilée est une bonne personne, qui aide les aveugles à traverser la route, j'en passe et des meilleurs.

Et alors ?

Ce n'est pas en vertu de ce qu'elle fait "par ailleurs" que l'on doit juger de ce qu'elle fait en se voilant ainsi.

A suivre cette imbécile logique, il n'est pas surprenant que régulièrement d'aucuns s'étonnent encore que tel pédophile, meurtrier, escroc, violeur était par ailleurs un bon professeur, éducateur, père de famille, entrepreneur, journaliste, élu, etc.

Heureusement que nos lois ne suivent pas (toutes) nos réflexes compassionnels et se basent (parfois) sur des principes.

Or, c'est en vertu de principes que la port du voile est condamnable, et bien avant le respect de la laïcité (tant que les religieux n'accepteront pas qu'on puisse afficher son mépris du divin dans la sphère publique, une croyance tout aussi légitime que la leur, ils seront de fait en contradiction avec leur revendication au respect), c'est ceux liés à la lutte contre les idéologies et comportements sexistes qui justifient qu'on puisse s'opposer à cette pratique.

yG
l'effet produit par ici à savoir des gens qui sont d'accord avec Askolovitch (même si ça leur fait un peu mal) est aussi savoureux...
Cona et Szafran ont eux aussi lu le livre, et même donnent des citations. Ils ont l'air moins emballés que DS :


http://www.marianne.net/Des-islamistes%E2%80%AF-Non-des-bisounours%E2%80%AF_a232317.html

Bah, ce sont sûrement des racistes qui font partie des gars de la Marine.
Quizz - qui a déclaré récemment :

« Ça suffit, on ne va pas continuer à édicter continuellement de nouvelles contraintes au nom de la laïcité. [...] Je suis tout à fait hostile, par exemple, à ce qu’on légifère sur le voile à l’université, lieu où l’expression politique doit rester libre. J’irai même plus loin : je pense qu’aujourd’hui le plus grand danger n’est plus la montée des communautarismes religieux – même plus l’islamisme, en raison de la situation géopolitique qui a dégonflé l’influence des Frères musulmans, et cela a des répercussions ici aussi -, mais la montée du racisme antimusulman* pour tenter de revenir au vieux clocher, à la France éternelle, où la norme est celle de l’homme catholique. »
?
Tant que les directeurs de banque persisteront à confiner leurs employé(e)s musulman(e)s pratiquant(e)s dans des placards à balais, les problèmes relationnels que connait cette communauté ne sont pas près de se résoudre.

Askolovitch était dans le 28 minutes d'Arte de ce soir. J'ai zappé. Ceux qui l'ont vu, me racontez surtout pas. J'ai horreur des faux-culs.
[quote=DS]Et à ses côtés sur le plateau de France 5, dans le rôle de la contradictrice-pas-d'accord-avec-tout-mais-il-y-a-du-vrai-dans-ce-que-vous-dîtes, Caroline Fourest en personne. Que se passe-t-il ? Val n'est plus dans Val, Charlie n'est plus dans Charlie ?

On ne comprend pas bien ce que vient faire Charlie ici : Val et Fourest n'y sont plus depuis un bon moment.
Rien à faire, je n'arrive pas à croire en une quelconque sincérité d'Askolovitch, plusieurs fois que je l'entends et j'éprouve chaque fois un malaise, trop hypocrite peut-être ce genre de journaliste. Quant à la laïcité, oui , et même pour le catholicisme, mais, nous n'allons pas détruire tous ses symboles , ils appartiennent à une France de religion catho, mais aujourd'hui à chacun ses croyances aprés tout.
Je ne suis pas du tout de votre avis, Daniel !! Ne tombez pas dans le panneau tout de même !

il me semble plutôt que la posture d'Askolovitch ce matin sur Inter résonnait très bien dans l'actualité anti-syrienne quotidienne.
La laïcité (D'Assad) serait trop dure avec nos amis musulmans (wahhabites)...On prônerait donc le retour à la tolérance envers les vraies valeurs religieuses, la foi, le voile (intégral)... il faudrait donc aider nos amis les rebelles - qui ne demandent qu'à prier librement - à renverser un régime laïque sanguinaire, soutenir les efforts de nos amis Qataris et Saoudiens (nos très aimés fournisseurs d'énergie) pour instaurer la charia en Syrie.
Voilà ce que j'ai entende en filigrane derrière ce vibrant plaidoyer. Derrière ce discours nouveau, il y a ce spectaculaire retournement de la politique arabe de la France, ancienne alliée des pays socialistes arabes, à présent alliée aux fondamentalistes...
ma qualité de femme je suis étonnée car il me semble plus facile et aisé de defendre l'islam lorqu'on est de sexe masculin...en effet, en 1968 ,nous avons du nous battre pour obtenir une "liberté" que toutes les religions et tous les régimes nous refusaient et persiste à refuser au sexe feminin.....je ne puis tolérer que sous mes yeux, des jeunes femmes se soumettent aux dictats non de leur dieu mais de l'interprétation que les hommes ont fait de paroles sibyllines.....il est toujours plus facile de defendre l'islam lorsqu'on est un homme car après tout seule la foi peut se discuter ou non..mais que des jeunes filles elevées en france qui porte le voile integral, justifiant à mon sens leur non existence du point de vue social c'est inacceptable,!!!!! et je persiste et signe pour les jours qui viennent
A titre personnel, je n’ai aucun problème avec l’Islam ou toute autre religion tant que celle-ci ne m’ait pas imposée. Je ne suis pas choquée par une femme en voile s’il s’agit de son choix personnel.
Je n’ai jamais compris (et ne comprends toujours pas) ce ressentiment des français vis-à-vis de l’Islam. Et encore une fois cela vient de mon expérience personnelle. En Côte d’Ivoire, les fêtes chrétiennes et musulmanes sont fériées. Et il est normal qu’un élève manque des cours du fait de son orientation religieuse sans que cela ne choque nullement. Nous avons plutôt une laïcité à l’américaine ; à savoir que chacun est libre de montrer sa religion.

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Dans l'immédiat, ne serait-ce que parce qu'il rééquilibre le tintamarre inverse, il fait du bien à entendre

Heureusement qu'il y a cette dernière phrase, qui sauve cette chronique dans laquelle, cher DS, vous vous escrimez à dégommer le pauvre Asko.

Après, on peut certes rappeler les retournement, les renversements d'opinion peut-être, les incohérences. Et les postures.

Mais ne boudons pas notre plaisir ! Enfin un "personnage médiatique" qui rame à contre courant, contre l'islamophobie ambiante. On entendait très bien, ce matin sur FI, combien il est difficile de se battre contre cette pensée dominante, tant elle est ancrée dans le paysage. Alors que la laïcité est préemptée par l'extrême droite, rappeler simplement qu'elle signifie d'abord le libre exercice de "liberté de conscience".

Alors oui, ça fait du bien à entendre, et moi je ne retiens que ça.
Hum... hum... la contribution d'Asko est peut-être "intéressante" sur le fond mais, sur la forme, moi j'ai du mal à suivre jusqu'au bout un type qui se défonce d'un côté pour plus de liberté, d'égalité et de justice, et qui, de l'autre, se comporte aussi mal dans les débats. L'avocat le connaît bien puisqu'il lui a demandé de ne pas lui couper la parole au bout de 20" ! Ce qu'Asko s'est pourtant empressé de faire, d'un air de dire : "Cause toujours tu m'intéresses pas !")
Dans un autre registre, Attali fait la même chose : il coupe et reprend son interlocuteur dès que celui-ci dit quelque chose qui lui déplaît. Todd aussi d'ailleurs.

Pas cool et surtout pas très convaincant (ni confortable pour les oreilles des auditeurs).
Il manque une petite info pour que votre analyse soit complète Daniel. Aujourd'hui Claude Askolovitch pigeote sur bein sport. D'où peut-être un éveil certes salutaire mais pas si spontané ou désintéressé que ça. Pour ma part c'est un journaliste "Guillaume Durand", c'est à dire un journaliste avant tout respectueux du patron puis vient ensuite l'indépendance d'esprit, la déonthologie, l'esprit critique contre tout ou tous y compris sa propre personne.
Je trouve aussi la contribution d'Askolovitch intéressante, y compris si elle peut amener à une réflexion critique sur la République.
La laïcité est-elle en péril si on tolère des voiles ou des lieux de prière au travail, voire des menus à la cantine et des jours fériés dans le calendrier pour d'autres religions que le catholicisme (qui pour le moment est seul pris en compte) ?
J'ai bien aimé sa référence à Patrick Weil, un des chercheurs les plus fins sur la question (lire aussi ce qu'il écrit sur le racisme au sommet de l'Etat sous Giscard, et sur le colonialisme, pour comprendre d'où vient peut-être le traitement de l'islam en France)
Avez-vous remarqué qui portait une forme de contradiction à 8h40? C'est Richard Malka, le grand copain de Val et toujours avocat de Charlie.
Je pense exactement comme Kerian et Rémy Loury.
Quand j'écoute Askolovitch en itw, je ne peux pas m'empêcher de l'entendre se dire à lui-même: "Ca leur en bouche un coin, hein, que je tienne ces positions-là: ils voient que j'ai des c... Regarde comme ils s'étonnent. Je les ai bien eus."
Du bien à entendre, vraiment, vous trouvez ? Askolovitch - qui personnellement m'exaspère, mais là n'est pas la question...- me semble en quête, une fois de plus, d'un opportunisme porteur. Quelque chose qui fasse causer ( de lui ) dans les micros,. Qui buzze comme on dit, et peu importe que ce soit dans le courant ou à contre-courant, pourvu que ça buzze.

Il va d'un ratelier l'autre, ici au Nouvel Obs, et là au Point, et puis ailleurs et encore ailleurs, et tout cela me semble surtout le symptôme d'un débat de plus en plus confus et impuissant. Mais comment voulez-vous qu'il en soit autrement avec toutes ces voilées qui se multiplient quand la Syrie est à feu et à sang et le Moyen Orient une foire d'empoigne comme l'Histoire en a connu rarement.
Dans l'immédiat, ne serait-ce que parce qu'il rééquilibre le tintamarre inverse, il fait du bien à entendre.

Je ne suis pas si sûr, Daniel...

On peut aussi y voir une posture, opportuniste de surcroit.

Mais pire encore, à mes oreilles, est ce sentiment d'avoir entendu en sourdine un appel à une redéfinition de la laïcité à la française, trop "dure" à son goût, dans le sens d'un moins-disant.

Je ne serais pas étonné qu'il poursuive, et qu'il soit repris par d'autres en ce sens : Trop de laïcité tuerait la laïcité et serait la source, et du malaise de la communauté musulmane, et de l'islamophobie à son encontre.

J'espère tant me tromper...
Et Marine, elle en pense quoi ?
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