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Argent, pouvoir, racisme : Le Média se déchire

L'actuelle direction du Média conteste la gestion financière de Sophia Chikirou, l'ex-numéro 1 de la web télé. Laquelle contre-attaque. Autant de dissensions qui s'étalent dans la presse et par messages interposés sur les réseaux sociaux où la rédaction se déchire.

Commentaires préférés des abonnés

"Précisons aussi que le Média, qui revendique de lutter contre le racisme, ne peut accepter que plusieurs journalistes se qualifient eux-mêmes par le terme « racisés ». Cette expression est odieuse ! Au moment où le terme de race doit disparaître(...)

Accuser la nouvelle direction de "racisme anti-blanc" c'est quand même fort. Peut être qu'après leur démission ces quatres gugusses pourront trouver un emploi chez Valeurs Actuelles ?

[les quatre journalistes écrivent : "La question républicaine, de la lutte contre le racisme et le communautarisme, ne sont pas des valeurs négociables. Elles sont fondamentales au Média." Ils ajoutent : "Précisons aussi que le Média, qui revendique (...)

Derniers commentaires

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L'absence de débat concernant la publicité, c'est un problème qui a commencé quand Chikirou dirigeait Le Média.

J'ai joué l'attentisme depuis le début. N'ayant pu supporter le PG plus d'un an (2012) pour ses procédés "ici on obéit et on fait où on te dit" et donc m'étant auto-reproché d'y avoir "cru" depuis j'attends et je vois. J'ai vu. 


Cependant ne faudrait-il pas voir là les éternelles divisions de la gauche depuis 1920, qu'on pourrait étendre au massacre des anar espagnols par "l'autre gauche" durant la Révolution espagnole ? En fait division qui remonte à 1905 et l'écrasement de tout ce qui n'était pas Bolcheviks jusqu'années 1920 en URSS. On pourrait la faire remonter jusqu'au 19ème siècle (Marx, Proudhon).


Elles ont su se réconcilier entre 1981 et 1983_1984. Depuis ? Rien. ah si l'épisode qui précéda l'élection de Macron : Mélenchon/Hamon. Vive l'élection de Macron : ce qu'a voulu Mélenchon en refusant toute alliance tant avec le PCF qu'avec Hamon : c'était couchez vous. Ben non moi je reste debout.


Et on a beau jeu de reprocher tout et son contraire au PS avec juste raison : il a su survivre de 1973 à 2017 en intégrant tous ces courants qui au moins avait un lieu où causer, voire se taper dessus !

Cette crise a en fait tout d'une crise politique et illustre l'incapacité de la gauche à se gouverner elle-même. 


Le Média a été beaucoup trop prétentieux, à commencer par son nom. Cette manie de vouloir essentialiser tout avec un pronom devant (le parti "les républicains", le parti "la république en marche", le rayon "les légumes" à la supérette, et ça ne fait que commencer), c'est quoi le but, organiser le monde en le rangeant dans des petites boîtes avec des étiquettes plus simples et plus chics parce que c'est vendeur ?


Parenthèse fermée, il est désolant de constater que cette prétention se solde par une irresponsabilité collective totale qui marquera la gauche d'un stigmate supplémentaire. DS a été bien avisé de ne pas signer le manifeste. Je ne suis pas devenu "socio" (désolé, j'aime pas ce mot) car je ne voulais pas être caution de cette prétention et des manoeuvres marketing notamment à propos de l'appartenance prétendue du média aux "socios" (j'aime vraiment pas ce mot). En devenant socio, j'aurais eu l'impression de devenir partie prenante dans un truc collaboratif mais pas vraiment, journalistique mais pas tout-à-fait, teinté de politique mais en fait complètement détrempé.


Et puis cette manie de foncer tête baissée dans les pièges type Tolbiac. Schéma classique: un manifestant à NDDL perd une main suite à l'explosion d'une grenade. Tous les copains disent que c'est pas possible qu'il l'ait ramassée car il fuyait les CRS, et la photo montre des blessures sur le flanc qui ne sont pas compatibles avec la versiin ramassage etc. Je vois la photo (merci Gaspard Glanz) et c'est évident que le gars a ramassé la grenade. Le gars se réveille et confirme qu'il a ramassé la grenade. Résultat, les copains ferment leurs gueules, tout penauds, terminé barres et machine. Les gars sont tombés dans le piège, en centrant le débat sur la question du ramassage de la grenade. Alors que le débat doit porter sur l'utilisation de telles grenades, il n'y a que ça qui compte. Même schéma pour Tolbiac. Quand on engage sa crédibilité sur un point précis, c'est comme faire "all in" au poker. On repart sans sa chemise. Aude Lancelin aussi s'y met parfois (attaque prématurée d'un réseau social sur une prétendue censure de contenu lié à l'affaire Bénacron). 


Alors, le Média a confondu ambition et prétention ? Il n'en reste pas moins que l'initiative et les individus ont ma sympathie, malgré de nombreuses réserves, mais le collectif est déplorable, les fronts ouverts sont multiples et tellement clivants qu'aucune entente ne semble plus possible, et que tout "nouveau départ" sera nécessairement lesté de bombes à retardement. Le débat sur l'emploi du mot "racisé" est significatif. Je comprends que le mot mette mal à l'aise, car il semble assigner un ensemble de personnes à un statut victimaire, pendant que les autres se sentent considérées au mieux comme inutiles, au pire comme couplables. Ce qui est important, c'est d'essayer de comprendre le besoin d'un tel mot, pas de nier ce besoin parce que François Hollande a sorti le tipp-ex.


Enfin, cette affaire ne va engendrer que frustration pour tous et discrédit sur la gauche. Le ciel est toujours aussi radieux pour EM, la seule incertitude sera de savoir s'il fera campagne à droiche ou à gaute en 2022. Les Inconnus nous le diront.

Je me fiche bien de tous les déchirements médiatiques ce jour, Aretha Franklin m'a rappelé qu'il ne sert à rien de dire une petite prière

ASI va bien ?


Il y a eu ces messages :


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Je vais consulter le Monde ou Mediapart pour en savoir plus.

Pendant ce temps là , de l'autre coté de la mare , çà hurle . Le débat de fond sur la liberté de la presse malmenée par Trompe est en cours...(autrement plus grave que "le média se déchire" ?).

Comme on dit dans les commentaires des certains sites dédiés aux jeux où les intrigues partent en sucette:


/popcorn

Je suis curieux de savoir comment "Le Média" va se relever d'un conflit d'une telle ampleur...


Je serais tenté de dire "clap de fin pour Le Média qui s'enterre après des débuts chaotiques largement influencés par des conflits internes". Même si d'aucuns diront que les premiers pas sont souvent les plus difficiles.


En attendant, Mélenchon se tient à distance en jouant deux cartes :

1 / c'est leur tambouille interne, qu'ils la règlent eux-mêmes, ce qui m'évite de me mettre un clan à dos en intervenant;

2 / Le Média n'est pas l'organe de LFI et ma non-intervention (officielle) dans le conflit en cours le prouve.

L'effondrement a donc effectivement déjà massivement commencé sur cette planète et cela à de nombreux niveaux ... Nous sommes donc vraiment foutus ...

Me concernant tout l'intérêt du le média était dans ce journal quotidien. Sans lui tout cela devient une chaîne vidéo comme il en existe des milliers. Dommage....  un beau gros gâchis causé comme souvent par des luttes d'ego.

@si se transforme un peu en "voici" des medias, il manque juste les photos de paparazzi. Allez encore un petit effort ! (cela dit c'est très divertissant /popcorn )



sinon j'en viens a me poser la question suivante :  Y a til une personne vraiment de gauche au media ? qui s'applique a elle meme les principes et idées qu'elle defend ?


Quand je lis nombre de témoignages sur le mur des socios de ceux qui se disent sans le sou mais qui cotisent tous les mois au media et continueront a le faire malgré la deception ca me fait honnêtement un peu de la peine....  Il y a quelque chose d'indecent dans la manière dont ce journal est géré et dans les reactions des protagonistes qui sous couvert de vouloir défendre la cause du media semblent tous atteins de nombrilisme.


C'est moche.

Illustration qu'un contre-système de gauche n'est pas possible sans révolution permanente. 


J'ai eu des sympathies pour l'initiative du média, confortées par de beaux moments. Mais j'ai aussi eu de nombreuses réserves sur la façon dont le projet a été vendu aux "socios", sur la personne de Sophia Chikirou, et sur celle de Gérard Miller. 


Parfois un peu déçu par le manque se recul d'Aude Lancelin, qui reste cependant la clef de voûte de l'édifice. Jacques Cotta fait aussi un bon travail.


Après, il faut avouer que la tâche n'est pas facile, présente des risques importants malgré une rémunération que je pense assez faible. Ils méritent mieux que ça.

"un blessé grave à Tolbiac" information qui s'est avérée fausse:, on ne dit pas avérée fausse. L'information s'est avérée ou ne s'est pas avérée. Martine Guillot-Dufour

En réalité, tout ça ressemble à une diversion, tenté le FI contre "la nouvelle direction du média", j'ai surtout l'impression que La demoiselle Sophia détourne l'attention.


Elle fut déjà épinglée sur sa gestion dans les comptes de campagne mélenchon, et la, elle apparait comme "s'auto financant" tout en disant avoir fait ça bénévolement. "mais quand même, c'est cher !"


Peut être que Mme Lancelin souffre d'un PTSD de l'Obs et simule encore et encore les débordements de DRH, j'en sais rien. Mais tout le contre feu me semble surtout être la pour sauvée sa placée d'élue aux Européennes dans la liste FI, non ? 

Trois orthographes pour Alexis Poulin, me paraît beaucoup. 

A-t-il tant de noms ? Choisissez-en un pour tous et tous Poulin.

J'avais pris un chemin de traverse parlant du mythe de la transparence.

Je m'y suis mal pris. Planté. Pas grave.


Par contre aujourd'hui, France Inter que nous payons...la chronique de ce matin appelé : "Le billet de presque 6h55" aujourd'hui Thomas VDB  traitait le sujet suivant: " Qui es-tu Laurent Wauquiez?" .


Que se passa-t-il? Censure? Manque de personnel? Podcast?

On ne peut toujours pas réécouter le billet sur Wauquiez.

Bizarre, non?


Transparence demandée, exigée.. alors que l'on ne voit pas, qu'on ne voit plus les gros morceaux de manip sur UNE CHAINE PUBLIQUE. 


On est bien mal barré.

On vie une époque formidable.

Une chose est sûre : avec des anticapitalistes de cet acabit, le capitalisme a encore de belles années devant lui !

On a du mal à suivre .


Quel est le statut du Media ?


Est-ce une association ? Une société ?  


Ca ne semble pas être  une coopérative ..


Si c'est une association de type loi de 1901 : le mode de fonctionnement est très cadré . 


Y compris pour la comptabilité .....


S'agit-il d'un différend idéologique ou d'une banale lutte pour le pouvoir ? 








Merci pour cet article, il me semble que j'y vois un peu plus clair. Cette histoire autour du terme "racisé" fait pour moi écho à une phrase qui m'était restée en travers du gosier dans la rubrique Chikirou de Wikipedia: 


"En , elle rejoint le mouvement La Gauche moderne2, fondé par Jean-Marie Bockel. Elle explique alors qu'elle « n'adhère pas au programme présidentiel mais soutient la volonté de réforme de Nicolas Sarkozy »9. Elle indique alors : « J'ai compris qu'il [Nicolas Sarkozy] avait gagné le jour où il a parlé d'un ministère de l'Identité nationale. Cette question de l'identité est centrale, il fallait l'affronter » 


Ma foi, s'il s'agit de choisir entre l'expression "racisé" et cette autre expression "identité nationale"... on comprend à la fois que le clivage est grave, et qu'il est justifié. Personnellement... mon identité n'est pas nationale. En aucun cas. 

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Quand le marxisme-léninisme et l'anti-américanisme servent de justification à l'ignorance… Une remise à niveau en études culturelles, féministes et post-coloniales (merci à l'école de Brimingham, aux universités de New York, Chicago, Los Angeles et bien d'autres!) s'impose pour décrasser le marxisme de grand-papa…

Ne contredisez pas Serge F. Il va vous accuser d'être malsain...

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Il s'agissait bien d'un malentendu.

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"Nielda ne devrait venir vous embêter avec un problème dont il est le seul responsable. "

Il y a longtemps que vos échanges ont viré au pugilat intime. Je vous suggère de les continuer en privé, suffit de cliquer sur le nom de "l'adversaire".

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Et sur lequel vous n'êtes intervenu que depuis peu de temps et toujours à propos du Media

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Dommage, vous aviez des choses à dire, vous allez nous laissez seuls avec Zabou... LOL

Au revoir, Serge F.

Au revoir Nielda.

Même pas en rêve.

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Vous n’êtes pas le premier abonné que Nielda fait fuir (si le moteur de recherche fonctionnait, je vous le montrerai dans ses œuvres).

Il n’intervient que dans les forums qui concerne le Média et aboie après ceux qu’il a choisi.

Voici un exemple : il vient dire à un abonné (pas connu) d’arrêter de mettre des messages sur le forum de l’émission sur les comptes des candidats à la présidence alors que lui en avait déjà rédigé 25…


https://www.arretsurimages.net/discussions/dun-seul-coup-35-medias-ont-demande-les-comptes-de-melenchon?uuid=f8b5a53d-2b37-49b6-9893-eb15d04bb10d

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J'invite tous les Asinautes à  aller consulter ce lien pour constater la mauvaise foi de Oblivion.

En voulant démonter (...) à  mon propos, il démontre (...) à  son propos - histoire connue...

C' est faux et ça peut se vérifier très facilement. Donc, c'est con.

J'oubliais : avant de "nous quitter", Serge F a posté ce message : "Une dernière chose Nielda : ce n' est pas vous qui m'avez fait quitter Arrêt sur images. Soyez tranquille sur ce point."

Donc c' est vraiment très con - et ça rime avec Oblivion.

Il est gentil et souhaitait être honnête.

Pour ma part, depuis un bon bout de temps, vous m’avez fait chier sur des forums.

Juste parce que vous avez repéré que je suis proche de la F.I..


Si vous souhaitez parler de votre orientation politique, par exemple le N.P.A., allez-y. Je ne vous le reprocherai pas.

J'ai bien compris que vous contredire, c' est vous faire "chier".

J'ai voté Mélenchon aux dernières présidentielles. Mais je ne recommencerai pas.

Merci Serge, un peu désolé quand même...

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C'est assez récurrent chez les "dominants sympa" de vouloir dicter aux dominés la manière dont ils devraient se libérer, et de blâmer la manière qu'ils ont choisie pour cela. 


Il me semble pourtant que "l'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-même" est à la base un précepte marxiste, qui pourrait se décliner concernant l'émancipation des femmes, des "racisés", et de toute autre "communauté". 


L'accusation de "communautarisme" me fait bien rire: on reproche aux "racisés" de se concerter avec leurs semblables pour lutter contre une ségrégation qu'on leur a imposée. Faut pas manquer d'air!

Je suis d’accord avec vous.


Juste une remarque à propos de ce constat :

l'émancipation des femmes, des "racisés", et de toute autre "communauté".


On dit racisés, mais femmes, homosexuels, etc…

Il n’existe pas de terme pour définir les personnes victimes de sexisme, d’homophobie.

Pas de sexisée, homophobisé.


Ça m’intrigue.

Je pense que le mot "racisé" a été créé à cause de l'ambiguïté du mot "racisme" qui semble reconnaître paradoxalement l'existence des "races", et aussi parce que les personnes victimes de "racisme" sont bien plus diverses que d'autres groupes ostracisés, plus homogènes donc plus faciles à nommer.

Il reste néanmoins le problème de fond de ce qu'on fait de tout ça dans le contexte français, avec notre histoire politique à nous.


Un exemple récent de "choc culturel" avec les USA : Trevor Noah, sud-africain présentant le Daily Show aux USA, qui twitte "Africa won the world cup" après la victoire française (cf le passage télé avec la phrase "You don't get that tan by hanging on in the South of France"), avec derrière des réactions indignées (notamment de noirs français) parce que pendant toute la coupe du monde l'extrême-droite disait aussi que l'équipe de France était une équipe africaine, et puis une lettre de l'ambassadeur de France à Noah et sa réponse à la polémique.


Il y a des questions de fond derrière et cf cet article qui montre que le sujet est aussi d'actualité aux USA :

"(...) The core issue at stake is deep and philosophical: a divide over the fundamental role of diversity in democracy, one that explains, among other things, a major part of the debate over “identity politics” currently raging in the United States.

So even though this incident started with one comedian’s joke, it’s worth taking quite seriously — as it tells us a lot about modern politics.

(...)

While Araud’s specific arguments are grounded in French identity and history, his basic starting point — that the best way to approach issues of race is a kind of colorblind emphasis on what unites us as citizens — is the same argument that underpins liberal critiques of “identity politics” in the United States. 

After the 2016 election, Columbia University professor Mark Lilla wrote a New York Times essay, “The End of Identity Liberalism,” making an argument similar to Araud’s (a piece that also follows a long tradition of liberal hand-wringing about identity in the US). In the piece, Lilla even cited his time taking a sabbatical in France as formative of his opinions on this subject. 

American liberalism’s emphasis on identity and difference, Lilla argues, is destroying the foundations of democracy in the country — helping the far right in precisely the way that Araud says"

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Je pense que vous devriez vous renseigner sur le concept de "racisé". Vous et L. Vincent êtes omplètement à côté de plaque.

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Ok. Pouvez-vous me donner une définition précise de "racisé"? Je ne dis pas ça pour faire une interro, mais parce que je pense qu'il peut y avoir un quiproquo.

En fait, vous donner +/- une définition ci-dessous, mes excuses, je ne l'avais pas vue. Définition  (d'intellectuel de gauche... ce qui est péjoratif) qui n'est pas correcte du point de vue de la science sociale. Je suis 100% avec la réponse de Gunther ci-dessous. Ça n'est pas en interdisant l'usage de concepts qu'on résoud les pb. La race est un concept certes problématique pour nous (malheureusement pas pour tout le monde), mais c'est ce concept qui explique certains comportements (et comprendre n'est pas excuser...).

L'excès de psilocybine nuit à la santé

Sur le sujet, sans rentrer dans les détails j'aime bien la vidéo de Dirtybiolgy.





Par contre sur le terme racisé je pense que vous faites une confusion :

 "Etre racisé-e, ce n’est pas, disent-ils, appartenir à une race, mais vivre dans des structures sociales discriminantes, qu’il faut identifier comme telles pour pouvoir les renverser."


Après comme partout il y a des excès (des gens qui délire et ne se définissent qu'autour de ce genre de terme au lieu de le considérer comme une simple part de son identité) mais le terme en lui-même me parait utile car il désigne quelque chose de précis.




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"un terme d'intellectuel de gauche"


Intellectuel, passe encore. Mais de gauche... pouah!

Pour certains, en nombre, "intellectuel de gauche" est un oxymore....

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Dans votre long commentaire à propos (de l’inexistence) des races, il manque l'élément fondateur du racisme: la notion de discrimination. Le racisme n’est pas l’exercice d’une distinction, c’est l’exercice d’une discrimination, expérience concrète qui se vérifie de diverses manières, comme le fait de trouver plus difficilement un emploi ou un logement, de se faire contrôler de manière répétée par la police, ou d’être victime de violences ou d’insultes en raison de l’appartenance supposée à une certaine catégorie de la population. A noter que l’exercice de la discrimination n’est habituellement pas perçu par ceux qui n’y sont pas soumis – à moins de porter une grande attention aux témoignages de ceux qui la subissent.


Le problème de ceux qui, comme Léonard Vincent, en appellent à l’universalité des valeurs soi-disant garanties par le contrat républicain, c’est que ce contrat est trompeur, et cette universalité mensongère. Le racisme s’exerce  aujourd’hui avec une grande violence, aux Etats-Unis comme dans les pays européens, et tout particulièrement en France. Les raisons de cette aggravation sont bien connues, et tiennent principalement à la montée des inégalités et à la dégradation des conditions de vie des classes défavorisées, ainsi qu'au conditionnement politique et médiatique visant à faire des catégories racisées le bouc émissaire d’une crise essentiellement économique (cf. le slogan du FN de 1979: «1 million de chômeurs, c’est 1 million d’immigrés de trop! La France et les Français d’abord!»).


Dans la phrase qui précède, j’emploie le terme «racisé» dans son sens précis de «victime du racisme». L’utilité de ce terme ne suppose donc pas l’existence des races, mais seulement celle de l’exercice d’une discrimination appelée racisme. Supprimer le mot «race» de la constitution ne supprimera pas le racisme. Seule l’amélioration de la condition des classes défavorisées pourra enrayer son aggravation. Il n’est donc pas question de supprimer de la langue ni le terme «racisme»  ni le mot «racisé», qui sont des outils permettant précisément de pointer du doigt l’exercice des discriminations.


L’ensemble de ces éléments est tout à fait clair pour tout ceux qui suivent les évolutions des recherches en sciences humaines – ce qui est mon cas par fonction (je suis enseignant-chercheur en sciences sociales). Car toutes ces notions aujourd’hui débattues dans l’espace public viennent de la recherche scientifique. Ce sont les «cultural studies» qui ont ouvert la porte, dans les années 1950 à l’université de Birmingham, à l’étude des minorités, des dominés ou des victimes. Les études féministes et postcoloniales sont aujourd’hui parmi les plus beaux fleurons de ces recherches, qui se sont attachées à quantifier, dater et établir les chaînes de causalité de l’exercice des discriminations. Il est un fait que ces études se sont surtout développées dans les pays anglo-saxons, et que la France, longtemps à la traîne dans ces domaines, ne fait que commencer à rattraper son retard.


L’universalisme hérité des Lumières a subi le contrecoup de ces recherches, non seulement parce qu’elles montrent les failles des sociétés occidentales, fondamentalement patriarcales et colonialistes, mais aussi parce qu’elles soulignent combien l’injonction universaliste fonctionne comme un outil de légitimation de l’ordre établi, autrement dit de la préservation des dominations. Pour toutes ces raisons, il n’est plus possible de se contenter de brandir le drapeau de l’universalisme pour répondre aux revendications des dominés.


Un journaliste n’est pas un chercheur, mais il est néanmoins de sa responsabilité de se tenir au courant de l’évolution du débat contemporain, et je ne peux qu’exprimer mes regrets lorsque je vois à quel point certains n’ont pas fait l’effort de remettre à jour leur logiciel. Je ne comprends pas comment on peut se réclamer de la création d’un nouveau média attentif aux discriminations et aux inégalités sans maîtriser un minimum de notions nécéssaires à la compréhension de ces mécanismes. Le terme «racisé» est l’une de ces notions, parmi les plus utiles. Réclamer de glisser ce mot sous le tapis, c’est avouer qu’on n’a rien compris à la discussion actuelle sur l’exercice de la domination. 

Bonjour M. Gunthert,


La science, en tant que production de nouveaux savoirs, procède comme par exploration: des chemins se créent, de nouvelles disciplines apparaissent, des théories s'étendent et se divisent à l'image des branches et des racines d'un arbre. Parfois, de nouvelles voies sont empruntées avec enthousiasme pour être abandonnées quelques années, décennies, ou siècles plus tard.


Les sciences sociales sont particulièrement jeunes. Par exemple, il ne serait pas déraisonnable d'énoncer qu'il existe aujourd'hui presqu'autant de psychologies que de psychologues. Et dans 200 ou 300 ans, il ne fait aucun doute que l'arbre actuel des sciences sociales aura été éclairci, de par sa propre croissance et maturité.


Je ne sais pas si les termes de "racisation" et de "racisé" feront long feu. Pour autant, et actuellement, j'ai l'intime conviction qu'il s'agit d'un chemin contre-productif -je dirais même un tire-sève si je filais la métaphore. Alors, permettez-moi de vous présenter un argument différent de ceux que vous avez évoqués jusqu'à présent: tels que l'attachement aux valeurs universalistes, et la suppression du mot "race" dans la Constitution.


Si vous le voulez bien, partons du diagnostic que nous partageons: "le bouc émissaire d'une crise essentiellement économique". Et pour moi, intuitivement, tout découle de là, tout est dit: l'actuel "racisme", l'actuelle "xénophobie", l'actuelle peur de l'autre sont motivés par des considérations économiques, et non par des considérations raciales, ethniques, ou de couleur de peau. En d'autres termes, celui qui fait peur à celles et ceux qui font et qui écoutent BFMTV, ce n'est pas l'arabe, le noir, ou le syrien: c'est le pauvre. Et si le niveau de vie de la Suède était celui du Nigéria, "nous" aurions probablement peur des grandes blondes aux yeux bleus dans le métropolitain.


En fait, il faut comprendre ce qui se passe dans notre société: les chercheurs Pinçon-Charlots décrivent la violence et l'exclusion de la grande bourgeoisie à l'encontre du "commun des mortels". Mais il faut comprendre que cette dynamique est également présente à l'intérieur même du "commun des mortels". Et pire que cela, dans le monde de la précarité, un handicapé et un bénéficiaire du RSA perçoivent un sans-papier (celui qui se voit refuser l'aide et la nourriture de la Croix-Rouge) comme une menace.


Rokhaya Diallo peut agiter ses membres pour montrer sa couleur de peau. Ca ne fait peur à personne. Si en revanche, elle exhibe ses potes pauvres dans le RER, c'est une autre limonade. On voit cela avec Parcour'Sup également: peu importe la couleur de peau, qui par définition ne se voit pas dans les informations communiquées, et peu importe le patronyme qui en revanche peut en donner une indication: l'adresse de résidence est absolument déterminante dans les choix de sélection. D'abord les quartiers riches (avant même les résultats scolaires), et ensuite les pauvres s'il y a des désistements.


On pourrait même dire que les adpetes du terme "racisé" font du Zemmour sans le savoir: "Les chiffres sont là ! Une écrasante majorité de personnes discriminées sont des noirs ou des arabes." ! De mon point de vue, il est temps que les sciences sociales, d'autant plus qu'elles sont neuves et nouvelles, abandonnent les obsolètes combats d'arrière-garde.


J'ai passé la majeure partie de ma vie active sous le seuil de pauvreté (foirage d'études, intérim', manutentionnaire, ce genre de choses, sans compter que j'ai grandi en ZUP). Bref, environ 35 ans de "précarité relative" dont 10 au RSA socle. J'ai ensuite repris les études en cours du soir (grâce à l'Etat et aux Régions), travaillé en support de la recherche scientifique (ingénieur en informatique appuyant la biologie et la chimie), et désormais dans le privé, mes collègues roulent en BMW, en Audi, en voiture de sport de 320 chevaux. Je me tape une cougar de droite quinquagénaire allant fièrement sur sa soixantaine. Mariage foireux, mais on ne divorce pas, ni ne consulte un psy, dans ce milieu. Elle s'est faite baiser -littéralement- et raconter des histoires lors d'une consultation par son médecin généraliste (super, la déontologie des hommes de science...). Mari foireux, amant foireux, je suis la troisième roue du carrosse qui contre toute attente apporte un peu de stabilité... Va comprendre Charles... Le monde de la petite bourgeoisie catho (pas la "grande" étudiée par les Pinçon-Charlot) mériterait une vie entière d'investigation. Toujours est-il que de mon expérience, de mon intuition, de ma bienveillance, les "fachos" désignés par les punk à chien zadistes dont je faisais partie il y a moins de 10 ans, ne sont en rien racistes. Ils ont "juste" peur de la pauvreté, comme on a peur d'une maladie honteuse et contagieuse.


En conséquence, l'antiracisme "racialisant" (celui qui s'oppose à l'anti-racisme "universaliste") m'apparaît voué à l'échec total. Car de toute évidence, en tout cas de mon point de vue, la discrimination, la ségrégation, le rejet, la peur de l'autre se fait avant tout sur des considérations de classe économique, et certainement pas sur des questions de couleur de peau ou d'origine ethnique. L'image d'un Dodi Al-Fayed continuera à mouiller les petites culottes de celles qui votent pour l'extrême-droite, de la même manière que les zélotes de Brive-la-Gaillarde continueront de se tripoter la nouille en regardant les photos de la femme de Bachar El Assad. Mais l'ingénieur blond et blanc, même travaillant en R&D en IT à 4000€/mois, qui ne connaît pas la crise, habillé de guenilles, les dents sales, accompagné d'un chien, et au comportement familier caractéristique de la "province", fera peur à une pauvre petite beurette parisienne étudiante en socio, ou à une africaine quarantenaire établie.


En tout cas de premier abord. Personne n'a plus peur des "races". Mais de plus en plus, tout le monde a peur des "pauvres". Quand bien même on est pauvre soi-même. Il semble exister une certaine injonction à paraître riche, ou de la classe sociale moyenne supérieure. Il y a des codes vestimentaires et d'apparat, des canons de beauté mondialisés. La France, en tant que l'un des pays les plus touristiques qui soit, et l'une des références de l'élégance vestimentaire, constitue un bon champ d'étude. Plus personne n'a peur d'un arabe ou d'un croate. D'un noir ou d'un asiatique. Nous avons peur d'une casquette, d'un jogging, ou d'une paire de chaussure.


Et ça, ça vous donne du grain à moudre :-)

Mis à part vos généralisations à l'emporte pièce destinées à relativiser l'apport des sciences sociales, qui ne sont pas d'une grande utilité, nous n'avons pas de désaccord majeur: les dominés appartiennent en effet pour une large part aux classes défavorisées.


En quoi cela nous fait-il avancer? Est-ce une meilleure justification pour laisser se noyer un réfugié de penser qu'il est pauvre que de penser qu'il est noir? Vous avez l'air de croire que j'accorde une quelconque valeur aux thèses racialistes, et vous pensez me contredire en livrant une autre lecture de ce que vous analysez comme une "peur" (en recourant de façon littérale au premier du "phobie" de xénophobie).


Mais, je le répète, le racisme n'est pas une affaire de peur, mais une affaire de discrimination. Je ne sais pas si Rokhaya Diallo fait peur, mais il est clair que son éjection du Conseil national du numérique relève de la discrimination.


Vous pouvez relire attentivement mon commentaire ci-dessus: je n'utilise à aucun moment le terme "race" pour expliquer le racisme. Pourquoi? Parce que je n'en ai nul besoin. La théorie d'une hiérarchie des races (théorie issue de la science anthropologique, au passage, donc merci, je n'ai pas besoin d'être prévenu contre les errances de la science…) n'est pas à l'origine du racisme: elle a au contraire servi à légitimer a posteriori l'esclavage et la traite des noirs, activités injustifiables d'un point de vue moral (or, les dominants souhaitent toujours être "du bon côté", et pas seulement du côté du plus fort…).


Ce qu'on désigne par le terme "racisme" peut être défini comme la justification d'une discrimination. Il s'agit d'un comportement proche du sexisme, qui fonde lui aussi la discrimination des femmes sur des argument pseudo-naturalistes.


Les femmes font-elles peur aux sexistes? Le critère de pauvreté ne s'applique en tout cas pas dans ce cas (pas plus que dans le cas particulier du racisme antisémite, qui désigne au contraire ses racisés comme riches). Ce que je veux dire, c'est que quel que soit le critère (race, pauvreté…), celui-ci ne saurait en aucune façon justifier le comportement discriminant. Qu'il s'agisse des femmes ou des racisés, les dominants ont intérêt à maintenir les dominés  dans un statut dont ils tirent avantage. Toutes les tentatives de légitimation ne servent qu'à cacher et à naturaliser cette inégalité.


Et c'est précisément là que le terme de "racisé" est d'une immense utilité. Plutôt que de désigner les victimes de la discrimination avec les catégories construites par les racistes ("noirs", "arabes", "juifs"…), qui sont autant de fictions essentialistes, ce terme permet de retourner contre l'auteur de la discrimination la violence de l'assignation raciste. Etre racisé n'est pas le résultat d'un destin biologique, mais la conséquence d'un comportement discriminant, qui est de la seule responsabilité du raciste.

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"Le racisme est un mal inhérent à l'espèce humaine."


NON

Certainement pas. Deux tendances existent "naturellement" chez le bébé face à ce qui est inhabituel ou nouveau: la crainte et l'attrait. Les deux sont nécessaires. 

Le racisme est une construction politique qui s'appuie sur une de ces deux tendances (devinez laquelle?) mais qui poursuit des buts bien différents.

Une construction politique qui s'appuie sur une de ces deux tendances, ça se passe chez la marmotte, celle-là même qui plie le chocolat ? Ou le racisme est un mal inhérent à l'espèce humaine ?

Il me semble que ce serait une avancée que de déterminer nos justifications injustifiables. A priori, nous avons bel et bien laissé un petit enfant se noyer, parce-qu'il avait la peau basanée, ou parce-qu'il était pauvre.


Déterminer nos raisons pourrait éventuellement nous permettre de changer de comportement. Alors que faire un travail sur la couleur de peau tandis que les gens "racistes" n'y accorderaient aucune importance... là pour le coup, c'est moi qui n'y verrais aucune avancée.


La couleur de peau des juifs n'est pas un problème. Leur statut social si: ils sont riches et dirigent le monde. Une femme, qu'elle soit noire, juive, rousse, espagnole ou irlandaise reste une femme. Et si possible à la cuisine. C'est son statut social. Compétente ? Ouais, peut-être, j'en sais rien, c'est une femme.


Si la Suède avait le niveau de vie du Nigéria, nous discriminerions les grandes blondes aux yeux bleux dans le métro ! Nous ne sommes pas racistes: nous avons peur des pauvres.

Les femmes font-elles peur aux sexistes? Le critère de pauvreté ne s'applique en tout cas pas dans ce cas (pas plus que dans le cas particulier du racisme antisémite, qui désigne au contraire ses racisés comme riches)


Il y a de la faiblesse chez les femmes. Comme culturellement chez les juifs et les catholiques. Ou par définition, chez les pauvres. Alors permettez-moi de préciser mes propos: le "raciste" a peur de la "faiblesse" comme d'une maladie honteuse et contagieuse.

A. Gunthert, dommage que vos réponses soient cachées dans les sous-commentaires d'un compte désactivée. Chaque point que vous soulevez  (par exemple "il est néanmoins de sa responsabilité de se tenir au courant de l’évolution du débat contemporain") mériterait selon moi une plus grande visibilité.

Merci! C'est en effet un exemple assez éclairant des effets néfastes de la nouvelle fonctionnalité de masquage des conversations.

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Cette ignorance peut aussi être l'expression de positions proprement politiques impliquant un refus plus ou moins instinctif de se mettre à penser comme les sciences sociales dont vous parlez, d'employer leur langage, de cadrer les problèmes comme elles etc..


Je ne sais pas trop ce que vous entendez par "rattraper son retard" en sciences sociales mais est-ce que ça a un sens en politique ?


Que ce soit dans les courants marxisant ou les tenants des Lumières, l'option politique dépend moins du constat sur l'état des choses que de convictions sur les moyens de les corriger, le tout dans des traditions politiques participant d'un imaginaire commun. Qui peut faire de la politique en France en critiquant l'universalisme des Lumières, en disant que "l’injonction universaliste fonctionne comme un outil de légitimation de l’ordre établi" ? Ca peut marcher quand on connaît le poids de 1789 dans l'imaginaire collectif ?


Et quelles sont les propositions politiques concurrentes qui émergeraient des sciences sociales en question ? Le style "identity politics"  ? Pourraient-elles s'appuyer sur l'expérience des pays anglo-saxons ? Pas évident quand on voit l'élection de Trump...

Cet article du New-York Times, The end of identity liberalism,  contient un passage se concluant par : " Identity politics, by contrast, is largely expressive, not persuasive. Which is why it never wins elections — but can lose them."


La question se pose de savoir si la politique dans un système électif  peut se faire en parlant d'autre chose que du commun. Qu'est-ce qui peut marcher en France ?


A mon sens, la France Insoumise a développé un discours "Révolution Française" voire 3e République qui peut sembler archaïque mais c'est sans doute une base légitime en France pour rallier des suffrages et mener les politiques voulues. Au niveau programmatique,  c'est Danièle Obono qui était sur le livret "Contre le racisme et les discriminations, faire vivre l'égalité"  où on trouve : "Du vœu de Champagney demandant en 1789 l’abolition de l’esclavage aux manifestations d’aujourd’hui exigeant justice pour Adama et Théo en passant par le « J’accuse » d’Émile Zola pendant l’affaire Dreyfus à la fin du 19e siècle, ce sont des luttes, petites et grandes, individuelles et collectives, qui ont donné ses lettres de noblesses à la devise de notre République. C’est de cette histoire dont s’inspire notre projet et nos propositions contre le racisme et les discriminations, pour faire vivre l’égalité réelle.

(...)

Faire France de tout bois, c’est réaliser le projet républicain d’égalité et de solidarité, 

qui ne reconnaît que des citoyen·ne·s égales et égaux en droit, sans considération d’origine, de religion, de genre."


Si Le Média entend faire vivre cette vision politique, il pourrait être normal qu'on ne s'y branche pas sur tel ou tel courant d'études sociales et qu'on perpétue un discours traditionnel sur "les valeurs de la République" avec lequel on entend convaincre. 

"Si Le Média entend faire vivre cette vision politique, il pourrait être normal qu'on ne s'y branche pas sur tel ou tel courant d'études sociales et qu'on perpétue un discours traditionnel sur "les valeurs de la République" avec lequel on entend convaincre."


Un éloge de la réaction pour le moins curieux, associé à un mouvement de gauche, supposé par nature progressiste. Je ne pense pas qu'un tel programme soit défendable, ni que la FI puisse revendiquer votre argumentation. En effet, pas plus le féminisme que les études postcoloniales ne sont "tel ou tel courant d'études sociales": il s'agit bien de mouvements intellectuels majeurs, porteurs de reconfigurations d'ampleur historique, tel que le fut le marxisme au XIXe siècle (le marxisme a été une théorie scientifique avant d'inspirer des mouvements politiques).


Ce n'est pas ma faute si les médias français sont si nuls à ce sujet, et ne renseignent que chichement le grand public sur l'actualité de recherches dont ils ignorent l'essentiel. Toutefois, en dépit de cette mauvaise information, l'espace public est en permanence agité par les notions et les schémas théoriques issus de la recherche. Ils y sont amenés par des miltant·e·s familièr·e·s de ces travaux, telles Rokhaya Diallo ou Crêpe Georgette, qui s'en servent pour nourrir concrètement leur argumentation dans le débat public, et qui font fonction de médiateur·e·s. La remise en cause de l'universalisme, que nous pouvons constater sur ce forum, n'est pas un point de détail, mais un débat crucial, conséquence des études sur les minorités, qui menace les fondements mêmes sur lequel reposent les sociétés occidentales. Désolé, mais les sciences sociales ont plus d'effet sur la société que vous ne croyez!

« La remise en cause de l'universalisme, que nous pouvons constater sur ce forum, n'est pas un point de détail, mais un débat crucial, conséquence des études sur les minorités, qui menace les fondements mêmes sur lequel reposent les sociétés occidentales. »

Les Lumières contre lesquelles ont peut distinguer ici des attaques plus ou moins claires ont été la véritable première rébellion d'ensemble contre l'autorité au nom de la connaissance. On peut en voir une première manifestation par le choix en 1660 (Voltaire, Rousseau, D'Alembert, Diderot, etc. n'étaient pas nés) de « Nullius in verba » qui  l'enjoint de ne croire personne sur parole, par la Royal Society en Angleterre. Les courants marxisants en furent et sont encore une des dérives. Certains scientismes et pseudo-scientismes de même.

Il reste qu'elles furent effectivement une étape vers l'universalisme souvent décrié aujourd'hui. Sous-jacent à ce dernier est l'universalité de la raison humaine c'est à dire sa capacité à juger de la validité des explications de quoi que ce soit. Cette universalité est l'aboutissement d'un processus d'évolution et affirmer qu'elle est atteinte revient à nier la possibilité d'explicateur universel de niveau supérieur. Si l'intelligence artificielle advenait  un jour elle ne pourrait être qu'une égale (plus performante certes dans chaque domaine particulier) de la notre.


Je ne sais pas ce que la FI peut revendiquer (je n'en suis pas...) mais durant les présidentielles, je disais à des militants que le style "républicain jacobin" pour caricaturer, poserait problème à certains mouvements de gauche notamment sur la question coloniale. Je demandais aussi pourquoi on ne voyait pas plus Danièle Obono qui portait un autre historique, et j'osais soupçonner que c'était pour ne pas effrayer l'électorat qui aurait mal supporté qu'elle puisse causer avec les Indigènes de la République et autres.

Cf par exemple cet échange avec Obono à un "QG décolonial" : Mélenchon est-il notre pote ?


Il y a un hiatus à gauche sur certains sujets, la FI elle-même ne doit pas être homogène politiquement et je crois que ça se manifeste dans ce qu'on voit au Média.


Et si je dis "tel ou tel courant" pour les sciences sociales, c'est qu'elles ne sont pas neutres politiquement, que comme vous dites, elles ont un effet sur la société et un effet que des politiques critiqueront. Pour parler de l'école de Birmingham, cf les engagements de Stuart Hall et l'influence de sa pensée sur la conception multiculturaliste au Royaume-Uni qui semble s'être achevée avec la déclaration de Cameron en 2011 : "State multiculturalism has failed" . 


Pour cerner le problème chez nous :

Rappelons ce que dit l'article d'@si : "les quatre journalistes écrivent : "La question républicaine, de la lutte contre le racisme et le communautarisme, ne sont pas des valeurs négociables. Elles sont fondamentales au Média." Ils ajoutent : "Précisons aussi que le Média, qui revendique de lutter contre le racisme, ne peut accepter que plusieurs journalistes se qualifient eux-mêmes par le terme « racisés ». Cette expression est odieuse ! Au moment où le terme de race doit disparaître de la Constitution, ils le revendiquent comme une identité !" "


A comparer à ce que dit Judith Butler (pour une certaine orientation politique liée aux sciences sociales en question) : "En France, des élus de gauche ont demandé qu'on supprime le mot «race» de la Constitution. C'est absurde ! Cela revient à vouloir construire un monde sans histoire, sans formation culturelle, sans psyché... Nous ne pouvons pas faire comme si la colonisation n'avait pas eu lieu et comme s'il n'existait pas des représentations raciales."


Il y a peut-être incompréhension de l'usage de "racisé" par les journalistes mais peut-être aussi incompréhension par Butler de ce qui est derrière la volonté d'effacer "race" de la Constitution. Ca me semble en l'occurrence une question proprement politique, d'exercice d'une volonté politique, un débat à faire en étant autant que possible informé des discours académiques mais en évitant d'en faire argument d'autorité indiscutable.


Sur ce sujet par exemple, il se pourrait bien que l'anti-racisme qui ne veut plus de "race" dans la Constitution veuille effectivement une société "sans histoire", sans cette histoire, dans une "formation culturelle" où race et colonisation ne devraient pas plus exister que les dieux de l'antiquité. Tabula rasa, c'est un projet politique. Ambition révolutionnaire ? Idéalisme archaïque coupé du réel ? Et que faire de l'appel à l'histoire, au culturel, quand on voit Ciotti s'en servir pour mettre les "racines chrétiennes" dans la Constitution ?


Le culturel appliqué à la défense des minorités semblait innocent dans les années 80-90, ça me semble plus confus dans la situation actuelle après qu'ait été remplacé le discours d'altérité-conflictualité avec le monde soviétique par celui sur le "choc des civilisations". Et puis on a aussi  le reproche à une certaine gauche d'avoir fait diversion avec le sociétal-culturel pendant qu'elle mettait à mal le social.


Enfin bon, vu les positions des uns et des autres, je crois que ça mérite débat pour au minimum clarifier les différends.

Wow! Toutes les interventions de Serge F effacées, suite à son désabonnement… Très pratique pour suivre la conversation!!!

Il a du en manifester la volonté. Mais une question se pose : à quii appartiennent les commentaires publiés dans le forum et corrélativement comment se fait-il que le logiciel ne permette pas un accès raisonnablement aisé à nos propres contributions depuis plus de dix ans?

Oui, mais l'introduction d'un peu de couleur dans l'uniformité ambiante des forums.

Il n'a pas demandé un désabonnement, il a demandé la suppression de son compte et de toutes les données qui y sont liées. Ayons foi dans le RGPD.

"il a demandé la suppression "

Et on la lui a accordé, semblant confimer que ces données lui appartiennent. Je demande encore une fois que l'accès aux miennes propres ne soit pas grévé par l'absence d'un moteur de recherche compétent.

à ce lien vous trouverez toutes vos publications.

Il n'est effectivement pas prévu d'avoir un moteur de recherche spécifique pour les recherches.... mais peut être qu'en le demandant suffisamment à qui de droit, qui sait ?

Merci, j'avais remarqué....Vous remarquerz vous-même que ce commentaire est le 9785-ème. Comment y retrouver ceux dans lesquels apparaît, disons, le nom "Heidegger" ?

J'ai posé récemment et explicitement la question à Daniel Schneidermann (existe-t-il une autorité supérieure sur ce site?) Je n'ai pas à ce jour reçu de réponse.

Selon ce qu'un administrateur comme vous a  l'air de savoir la réponse serait non ce que je  trouverais bien dommage.

Et ça, on le trouve où ?


Ce n'est pas dépendant d'un moteur de recherche spécifique, ce sont les messages personnels reçus du temps où ce forum existait.

c'est un peu déprimant de voir qu'aucune séparation ne semble pouvoir se faire dans le professionnalisme au Média, mais je suppose que c'est le reflet de l'investissement affectif des uns et des autres dans cette initiative. Dans ce cas, c'est peut-être une question de maturité affective et d'ego. Quoi qu'il en soit c'est bien triste.

J'ajoute que je suis moi aussi choqué par l'inculture politique de ceux qui dénoncent le terme "racisé", il leur faudrait de l'éduc pop (surtout s'ils prétendent participer à la conscience politique du public qui les regarde).

[les quatre journalistes écrivent : "La question républicaine, de la lutte contre le racisme et le communautarisme, ne sont pas des valeurs négociables. Elles sont fondamentales au Média." Ils ajoutent : "Précisons aussi que le Média, qui revendique de lutter contre le racisme, ne peut accepter que plusieurs journalistes se qualifient eux-mêmes par le terme « racisés ». Cette expression est odieuse !]


Quatre journalistes et pas un qui ne semble avoir pris la peine de comprendre la signification et l'utilité du mot « racisé »…  Au moins, ce ne sera pas une grande perte pour le Média



"Précisons aussi que le Média, qui revendique de lutter contre le racisme, ne peut accepter que plusieurs journalistes se qualifient eux-mêmes par le terme « racisés ». Cette expression est odieuse ! Au moment où le terme de race doit disparaître de la Constitution, ils le revendiquent comme une identité !"


Ohh les teubés !  Non mais sans dec' qu'est-ce qu'ils foutent dans un média de gauche ? S'ils se rendent même pas compte de l'énormité des privilèges de leur bêtise...

Accuser la nouvelle direction de "racisme anti-blanc" c'est quand même fort. Peut être qu'après leur démission ces quatres gugusses pourront trouver un emploi chez Valeurs Actuelles ?

Le Pouvoir, tout pour Le Pouvoir (et La Propriété, bien sûr.)

A gerber !

La transparence, cet animal diabolique, allié objectif, voire idiot utile d'une opacité constamment entretenue. 

Depuis quand une eau transparente est-elle potable?

Je n’arrive pas à m’intéresser à vos articles.


Comme TF1 et France 2, ASI a oublié l’affaire Benalla.

Et préfère radoter sur Le Média, suivant les médias mainstream, comme vous écrivez en français.


C’est à dire les médias dominants.

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 personnellement j'ai adhéré aux médias depuis les tout premiers instants malgré le faite que je ne gagne que le SMIC. Je vais continuer à participer parce que cette première année a été extrêmement difficile,  vu la haine que les autres médias ont envers eux , notamment arrêt sur images et médiapart.  ils doivent être content que Aude et Sophia se déchirent.  Aude n est pas parfaite , elle est une bobo, qui veut faire ce qu elle veut, sans rien devoir aux socio, j'ai assisté à une émission ou à la fin elle doit remercier les sociaux, elle avait oublié , la manière dont elle a dit ´ah oui il faut remercier les sociaux ´ etait une manière méprisante, je me suis senti blessé, mais malgré tout, je lui garde de ma confiance du professionnel, pas d humanisme, Elle est comme tous les bobos à qui on a fait croire qu'ils étaient les meilleurs grâce à eux-mêmes, elle ne supporte pas de devoir son travail à d'autres plus petit qu'elle. vous confondez beaucoup de choses ici, a arrêt sur images vous chercher la perfection chez les autres alors que vous-même etes incapable de la produire,  je continue à payer mon abonnement ici, malgré vos imperfections,  je sais qu'il est compliqué d'accepter l imperfection de l'autre, au vu des messages que personnellement je reçois....  le monde parfait c'est le monde capitaliste qui veut nous faire croire que si nous ne sommes pas comme des robots il faut recommencer ceci permet  au capitalisme de nous rendre coupable donc soumis,  et les bobos avec le mépris de classe leur mépris intellectuelle participe grandement à cette entreprise de culpabilisation du peuple, aude en fait partie, Sophia, non,  vu qu'elle est imparfaite et que ça se voit, elle au moins nous rend égalitaire. 

C'est mieux que Dallas

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