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Aphatie, Mitterrand, et l'anonymat

Jean-Michel Aphatie fait décidément tout pour occuper nos écrans. Le 4 juin, sur le plateau du Grand Journal (Canal +), il racontait l'histoire d'une vieille affaire politique, peu connue du public.

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Bruno Roger-petit vient d'annoncer sur Europe 1 dans l'emission de Dominique Souchier qu'il etait l'auteur de "Francois Mitterrand 2008".
Montesquieu ne se faisait pas passer pour quelqu'un, son écrit pouvait être considéré en dehors de la personne.

Ici, ce qui fait tout l'intérêt du livre et de ce qui y est écrit, c'est le prétendu statut de la personne qui apporte des critiques et des révélations. Ce serait "un dirigeant du parti socialiste".

Et puis, comparer ce genre de livre à Montesquieu... Montesquieu, on le met en valeur dans sa bibliothèque, on ne cale pas des tables avec.
Pour Monsieur Apathie, un livre anonyme, comme les lettres du même nom, doit être mis à la poubelle.
À la poubelle, donc, beaucoup de nos grands auteurs, et pas les moins virulents contre la société de leur époque. Montesquieu, par exemple, et ses Lettres persanes.
Apathie a 100% raison sur ce point. L'anonymat donne la liberté à son auteur d'affirmer avoir vu ou entendu à peu près n'importe quoi. L'information est invérifiable. De plus l'exemple prit par Apathie est tout à fait pertinent. Je ne vois pas le problème de reprendre deux fois le même exemple pour illustrer deux propos et ne comprend donc pas l'intérêt de la chronique sur ce site. La présence de cette article ainsi que le ton employé me semble bien éloigné d'une volonté d'éclairer objectivement les téléspectateurs mais relève plutôt d'une opinion subjective sur la personne d'Apathie. Chacun pense ce qu'il veut d'Apathie. Moi je ne viens pas sur ce site pour lire ou écouter l'opinion de quelqu'un. Je viens sur ce site pour y trouver un éclairage sur les sujets d'actualités.
Ce qui me gêne chez ce journaliste, en dehors qu'il ne s'écrit pas comme il se prononce, c'est son style "radio", avec une bonne diction servie par un accent qui oublie peu de syllabes.

Je l'écoute, concentrée : j'ondule tel un serpent à sonnettes (ou à lunettes, c'est plus exact car si le serpent est tel moi, c'est inévitable) au rythme de son ton chantant (qui fait valser Delanoë avec Royal), et qui nous fait farandoler pour nous emmener où il veut, puis il nous lâche la main au dernier moment après une pirouette endiablée qui nous laisse sur le c..
On n'a rien suivi de sa logique, car c'est trop speed pour vraiment comprendre, mais le ton est catégorique, sa conclusion semble l'accabler, mais c'est un constat irréfutable, qu'il regrette, mais il faut s'y résoudre, on voudrait tous être du côté du bien, du mieux, mais voyez comme c'est impossible; donc quand on l'écoute, on s'incline, ou on demande le verbatim ou on fait rembobinage-lecture-rembobinage-lecture, si on n'a que ça à faire. Ou on se désintéresse de son avis qui nous arrive "en tornade" : on n'a plus qu'à tout remettre en ordre après.

Si quelqu'un a trouvé le livre dans la poubelle, je le veux bien, merci de ne pas le brûler, ça pollue.

Comment peut-on être si catégorique sur l'anonymat?
Tout le plaisir est pour le lecteur parfois. Prenons le cas de ce Mitterrand, rendu fantôme, sans doute condamné, comme le fantôme de Canterbury, à errer dans le net sidéral parce qu'il a tué la gauche, alors qu'il l'aimait au fond. Pour qu'un revenant trouve le repos, les conditions sont drastiques. Là il s'est couché sur les pages d'un livre, mais on dirait qu'il hante encore le chateau de JM Aphatie.
Tout le déplaisir est pour les gens cités, dont on parle sans s'en faire, mais rien ne prouve que la vérité est trahie. Mouais, il a eu beau en appeler à d'autres histoires d'anonymes où il n'était pas impliqué, comme preuve que son avis est neutre, pas du tout dû au fait qu'on parle de lui dans le livre, objection incluse dans le discours alors qu'on allait pas répliquer du tout qu'il criait vengeance, alors quoi mouais. Qu'est-ce qu'il croit? qu'on est binaire? Qu'il faut qu'on croit qu'un journaliste comme lui a toujours raison, parce que sinon, on croit qu'il a toujours tort?

Attention, ce qui est dit dans ce post est entaché d'anonymat. Heureusement très peu de gens ont le pouvoir de le mettre à la poubelle, aux ordures, au recyclage...
Aphatie je l'ai découvert par @si, en mode "critique acerbe". Et puis j'ai vu sur Le grand journal... Plein de fois.
Et à part sur l'invité JF Kahn, je l'ai trouvé très bon. Ça fait du bon à 99% dans mon cas.

Anonyme, auteur anonyme mais en vrai connu pour autre chose... Livre... Mouaip, première référence, Emile Ajar... Romain Gary, seule manière d'avoir deux fois le Gouncourt... Enfin, si on est bon, et il était bon.

Anonyme, auteur anonyme mais en vrai connu pour autre chose... Livre, seconde référence, un polar sorti il y a pas très longtemps, qui a remporté son petit succès d'estime, et qui a eu sa chance, paske signé Patrick Sébastien, il n'en avait aucune de chance.


Journaliste, nom de journaliste, et si on s'en foutait de leur nom, et si on s'en foutait de leur CV, de leur pedrigree, etc... Paske moi je m'en fous.
C'est qui Schneidermann? Vu d'ici, une espèce de talentueux journaliste mais aigri, trop aigri, m'en fous de sa life, m'en fous de ses potes, de ses ennemis, de ses emmerdes, de ses amours.
C'est quoi son problème avec JM Aphatie? D'où est-ce qu'il se pose en grand détenteur de vérités absolues sur machin truc?

La presse traditionnelle se prend le vent de liberté du net, et de ses multiples sons de cloche en pleine gueule, les masques tombent, on commence à avoir enfin de quoi se faire sa propre opinion, liberté, liberté chérie, tes ennemis se liguent. Les journalistes sont des ennemis de la liberté des autres, c'est surtout la leur qui est menacée en ce moment, et la leur ne m'apporte rien.

PS:

@ Lionel XIII:
S'il vous reste un parrainage sur Médiapart, je prends. Je pourrais m'abonner en septembre, à vue de nez.

@ D Schneidermann:
Autant d'@sinautes qui vous demandent des "comptes" sur ce que devient votre petite entreprise, c'est surement par intérêt positif, pas pour vous chercher des poux dans le business plan.
Votre opacité et votre mépris envers certains de vos abonnés n'encouragent pas les bons buzz. Quant à vos collègues "têtes de turc", dans mon cas, vous avez une influence proche de zéro.
Je n'étais pas venue ici pour suivre les conseils d'un prescripteur d'opinion.
lorsque l'auteur "anonyme" de ce "Mitterrand 2008" est passé chez Amar j'ai très vite reconnu la voix de Bruno Roger-Petit malgré le floutage vocal ( qui était très mal fait car on arrivait à distinguer quand même le timbre de Bruno Roger-Petit et sa façon caracteristique de parler avec ironie )
Bonne synthèse du dossier sur "De Sources Sûres"
Quel est le problème ?
La lecture des corbeaux, le discours récurent ou la poubelle ?
Quand un livre n'est pas signé, c'est vrai il ne présente pas d'intérêts. A moins que le lecteur ne soit friand de la langue des corbeaux et du bruissement de révélations sulfureuses.
Que le discours parlant d'une éventuelle manipulation soit récurent, comment l'éviter ?
Timisoara par exemple reste un mot générique pour illustrer un type de manipulation.
La poubelle ? Pour le symbole ?
Nous faisons moins de bruit en y jetant nos croûtes de fromage dont nous avons savouré la subtile architecture.
Pour moi je n'opposerai que mon indifférence.
La télé a besoin de gestes forts pour tenir le spectateur en éveil et remuer les popotes le matin près de la machine à café.
D'ailleurs c'est bien ce que nous faisons ici même.
Ce geste, aura eu au moins le mérite de faire une petite chronique sur @si.
En attendant, quel ennui !
Et dire que ce geste va donner à certain Réactifs, l'envie de lire ce bouquin.
Elle est pas belle la vie?
“ Il ne faut pas être grand-clerc pour voir que les gros talk shows sont dominés par une pensée réac, qui fait l'inventaire de 68, se pince le nez quand on lui parle d'Internet, n'est jamais la dernière à stigmatiser les musulmans mais peine à critiquer la politique d'Israël vis-à-vie des Palestiniens,vomit le rap, l'altermondialisme et tout ce qui se trouve à gauche du PS.

De Ruquier à Denisot, d'un ancien type de gauche à un type de droite qui a attendu son heure (que tous les gonzos de canal se cassent la figure), la télévision est réac, revancharde. On y est plus invité pour sa promo, on vient s'y faire insulter engueuler accuser, stigmatiser que l'on ait sorti un CD pour enfant, un film ou un livre polémique.

L'épisode Aphatie n'est qu'un étape vers toujours plus de sensationalime télévisuel. Parce qu'il parait que la provoc post facho, ça plait aux téléspectateurs. Facho oui. Jeter un livre à la poubelle en direct sur une grand chaîne dégage une symbolique infiniment violentes et anxiogène.

Tous les Aphatie, Zemmour se croient intouchables. Ils sont les petits marquis de la télé, étalant leur morgue à qui veut. Tout comme leur copine Bravo qui il y a six mois, face aux Lycéens grévistes parlaient de "casser la gueule" à ces fainéants.

Quant à Zemmour... Mais c'est un voyou qui vous parle, une petite frappe qui vous conchie. Qui ? Pourquoi ? Comment ce type a pu arriver là où il en est ? Quelle mauvais sort a subi la télé, à quelle mauvaise cocaïne les producteurs télé carburent-ils pour penser que le discours réactionnaire et insultant de Eric Zemmour peut fidéliser les téléspectateur au delà de l'électorat de Sarkozy ?

Pourquoi ne s'est-il jamais pris un bourre-pif en direct, ce type ? Car c'est à ce niveau qu'il descend la discussion.

Franchement, je ne comprends pas. Ou alors le but de l'émission est d'offrir une séance d' "exécution télévisuelle" de tout ce qui réfléchit ou pense un peu à gauche.

Mais si c'est ça, on nous prépare une drôle de société.

Encore une fois, c'est grave, car il n'y a presque plus que ce genre d'attitudes à la télé. Pas de contre-pouvoirs, pas d'avis contraire, sauf chez les invitée de ces talk show, quand on les laisse parler. ”
Ouch... Pas très clair cet article... Plusieurs questions que je soumets à plus expert que moi :

La sortie d'un livre donnait en effet l'occasion à Aphatie de rappeler une vieille affaire de manipulation politico-éditoriale, l'épisode "Caton", qui a impliqué de hauts responsables socialistes au début des années 1980.
Ce serait bien d'avoir ici un bref résumé de l'affaire Caton (pour les tout jeunes qui n'étaient même pas nés), histoire de s'en épargner le récit fun & naïf Canal+ Approved d'Apathie.

...François Mitterrand 2008... il revient (Éditions Ramsay). Cet ouvrage anonyme reprend le principe du blog du même nom, lancé au moment de la campagne présidentielle de 2007. L'auteur (soupçonné d'être Arnaud Montebourg, Georges-Marc Benamou ou encore le journaliste Bruno Roger-Petit)
Je croyais que l'auteur avait été identifié avec certitude fin 2007, par Daniel Schneidermann sur le Big Bang Blog, au cours d'une querelle avec Guy Birenbaum justement...

De multiples et vagues allusions à une mystérieuse anecdote, dont aurait été témoin Jean-Michel Aphatie (et concernant Laurent Fabius) avaient, à l'époque, considérablement agacé le journaliste.
Je me souviens de cette anecdote, qui n'a rien de bien grave et dont tout l'intérêt venait en fait surtout de l'énervement d'Apathie à son sujet ; mais pourquoi ne pas la rapporter ici, cette anecdote, pour en casser le "mystère" justement ?

Guy Birenbaum, directeur de collection chez Ramsay, n'en est pas moins particulièrement remonté : « Le geste me choque. Je suis absolument ulcéré. »
Guy Birenbaum est l'éditeur précisément de François Mitterrand 2008 ? Ou il est juste convoqué ici en simple témoin dont l'avis peut être intéressant de par sa qualité d'éditeur ?

Seule nouveauté de la chronique Aphatie-2008 par rapport à 2007 : la bande-son d'époque de l'interview de François Hollande à France Inter, se faisant passer pour le faux dirigeant de droite.
Et pourtant donc ce n'était pas Hollande le "Caton" des eighties... Décidément, cet article, à l'image de son sujet, aime beaucoup l'anonymat ;-)
Bonjour
Mr Aphatie jouerait-il le rôle du "guignol" devenu indispensable dans les radio et télé?
Un peu plus "fou du roi" et il est mûr pour prendre la succession de Mr Elkabbach.
Si je me trompe c'est que je regarde peu la télé et écoute peu la radio, c'est la faute à @si et à internet.
Il me fait penser à Hercule Poirot sans moustache
N'est-ce pas un peu de lui-même que M. Aphatie met à la poubelle? Ce remord furieux d'avoir eu un jour la bêtise d'adhérer au PS... Peut-être aussi celui de ne pas avoir le panache de croiser le fer quand il sent que l'adversaire rendra coup pour coup... M. Aphatie semble ignorer que l'anonymat relève du jeu littéraire et que de très grands auteurs y ont recouru... Et puis, à jeter les livres, on s'expose à la théorie du boomerang: ils vous reviennent en pleine figure...
Voir Aphatie offusqué, jeter ce bouquin à la poubelle, avec l'approbation de sa petite cour et sous les applaudissements de son public d'otaries, m'a donné envie de l'acheter.
Arrêt sur images, les bœufs-carottes des journalistes.
Jeter un livre de cette manière, j'espère au moins que c'est lui l'a ramassé après.
Caton a que l'amertume, comme aurait pu le dire mon vieux compagnon Fandasi pour Clavier (clin d'oeil).
Joli rappel.

Encore un peu de votre part, @SI, et ça ne m'étonnerait pas que votre confrère finisse par parler de vous sur son site... !
Autant le basque dégarni peut être un interviewer tenace tentant plus ou moins d'être honnête intellectuellement, autant là il révèle son côté procureur opiniâtre à l'indignation plus que sélective.

C'est d'autant plus amusant que le 7 juin 2007, oui mesdames et messieurs, il y a presque un an jour pour jour de cela, il écrivait sur son blog :

[quote=Jean-Michel Aphatie]Puisque M. Mitterrand 2007 m'a mêlé à ses élucubrations avec la volonté claire de m'embarrasser, qu'il sorte donc de cette scène ridicule en ayant lui même le courage de raconter ce qu'il sait.
Ou bien, voilà une porte de sortie honorable, qu'il reconnaisse son tort d'avoir agi ainsi et pour ma part, je n'en parlerai plus.

Notez tout de même qu'il avait déjà rompu sa promesse le surlendemain, en écrivant en commentaire dans le blog de Birenbaum grosso modo ce qu'il a raconté sur le plateau du grand journal.

Et tonton a déjà répondu d'ailleurs : hop
La question demeure : François Mitterrand était-il de gauche ?
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