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Abus de "crimes passionnels" dans la presse régionale

Les statistiques des violences faites aux femmes sont tombées la semaine dernière, elles sont en augmentation par rapport à l’année précédente. 174 personnes sont mortes sous les coups de leur compagnon (28 de plus que l'année précédente). Dans la presse, ces violences sont souvent mal traitées : on emploie très souvent le terme de «crime passionnel», et il arrive parfois qu'on emploie un ton sarcastique voire moqueur pour parler de femmes battues. Tour d’horizon.

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A côté de ces "violences faites aux femmes" ont parle aussi de "violences conjugales" ou encore de "violences féminines". "violences féminines" est une expression relative à l'agresseur ; de ce fait la ou les victimes ne sont pas définies.

Pourtant, je n'ai jamais lu ou entendu nul part l'expression "violences faites aux hommes" ou "violences masculines". Pourquoi se réfère-t-on à la victime ou à l'agresseur lorsqu'il s'agit d'une femme. Et lorsqu'il s'agit d'un homme agresseur ou victime, celui-ci n'est jamais expressément défini ou désigné ?

D'ailleurs "violences faites aux femmes" est une expression générique (typique des relevés statistiques ou de sondages) qui laisse penser que les femmes correspondent à une entité unique - comme lorsqu'on dit "les français pensent que...".
Une femme qui boit et qui fume est une alcoolique dépravée...
Un homme qui boit et qui fume est un bon vivant joviale

Une jolie femme habillée de manière sexy est une pute
Un bel homme habillé de manière sexy est un don Juan

Une femme obèse est une grosse vache
Un homme obèse est un fin gourmet

Une femme qui meurt sous les coups de son compagnon le mérite puisque c'est de sa faute
Un homme dans ce cas est victime d'une matriarcale dangereuse

Une femme seule la nuit est une provocatrice
Un homme seul la nuit est un noctambule...


Et jean passe.
Tant que les hommes seront parfait par la faute des femmes...la pensée collective n'a aucune raison d'aller bien loint

En tout cas merci Laure pour votre vigilance

T'cho
...sinon la réponse est aussi dans l'adjectif. "Décent". qui signifie "convenable, séant". c'est à dire que tout dépendra du contexte et des gens qui nous entourent. je pense qu'il est plus "convenable" pour sa propre sécurité de ne pas mettre des décolletés très ouverts et des jupes très courtes quand on marche seule la nuit. On peut le déplorer mais il vaut mieux s'y tenir. On ne peut pas ignorer que la manière dont on s'habille aura un effet c'est tout. Alors mieux vaut déclencher cet effet dans un contexte dont on maîtrise les conséquences.
Donc adaptation reste le maître mot je pense.

Et oui il faut reconnaître que les cuisses, ou les seins des femmes restent des parties du corps plus érotiques, plus sexuelles que les autres dans notre culture occidentale. Si toutes les femmes se promenaient toujours seins nus comme dans certaines régions du monde, et les vieilles femmes, et les femmes ayant allaités pendant longtemps, alors les seins perdraient sans doute beaucoup de leur potentiel érotique. Du coup on pourrait toutes se balader seins nus. En revanche si on est à la plage, comme tout le monde est en maillot, ben là on fait plus ou moins ce qu'on veut et encore, tout dépendra du type de plage ! il n'y a pas de règles générales à édicter, c'est juste qu'il faut prendre conscience que notre corps a un effet sur les autres. Et que ce serait vraiment naïf que de croire qu'on peut s'habiller quand on veut quand on vit dans une société.

Après je suis consciente que cela peut nourrir le discours de ceux qui voudraient voir toutes les femmes sous des burkha. Mais c'est d'un extrême à l'autre. Pour eux, la femme doit être entièrement cachée, pour nous elle devrait pouvoir se vêtir d'une manièrement explicitement sexuelle (disons le style Rihanna-Britney) dans tous les contextes . On devrait pouvoir trouver un niveau intermédiaire quand même.

Par ailleurs, on parle toujours de la mini-jupe comme d'une libération de la femme. Je pense qu'on pourrait éventuellement remettre cela en question de temps en temps. Autant le pantalon, et la fin du corset on libéré le corps des femmes, autant marcher en mini-jupe relève d'une autre forme de contrainte. (ne pas pouvoir se pencher, se baisser, courir...) et rester sous un faisceau de regards. Personnellement je n'ai jamais éprouvé de sentiments de libération en portant une mini-jupe (expérience d'ailleurs non renouvelée :) !
on peut aussi considérer qu 'un vêtement décent

Et c'est quoi un vêtement décent ? À mi-cuisse, au genoux, jusqu'aux cheville...? Et qui décide... vous, komodor, le pape...?
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j'arrive après la bataille ! débat intéressant en début de discussion après j'ai un peu lâché la partie sur la sexualité gréco-romaine !

Je suis embêtée parce que l'indignation de Laure Daussy, puis celle d'Oriane, me parle, peut-être parce qu'en tant que femme nous sommes sans cesse sur le qui-vive (et avec raison) pour soulever toutes formes de paternalisme-condescandent. Néammoins je comprends aussi les objections de Komodor. Il faut bien reconnaître que les hommes et les femmes ne sont pas semblables, et que nos différences ne sont pas uniquement le fruit de notre éducation culturelle. La sexualité masculine n'est pas identique à la sexualité féminine, les hommes sont aussi des primates, et nos racines de primates sont à la fois très loin et en même temps absolument inhérentes à notre manière d'être. Une étude, souvent citée, a montré que les hommes clients des peep show, donnent plus de pourboires aux streap teaseuses lorsque celles ci sont en période d'ovulation.(!) Et les seins et les fesses rebondies qui peuplent les publicités et les liens vers des sites payants, n'ont rien d'esthétiques en eux mêmes sinon de promettre une bonne descendance et une transmission génétique réussies, même si le cerveau masculin ne le saisit pas de cette manière.

Donc, les hommes ne sont pas comme des femmes, et vice et versa. Il ne s'agit pas de raser les murs, mais en se promenant à moitié nue dans la rue, il faut être consciente qu'on va attirer (attiser) des regards, du désir qui bien sûr dans la majorité des cas ne conduira pas à un viol (mais si il y a plusieurs garçons ? et si ils sont bourrés comme des coings?) . Et ce serait bien naïf que de croire qu'on se promène à moitié nue juste parce qu'il fait vraiment trop chaud, ou parce qu'on en a envie, ou parce que nous les femmes nous sommes libres de faire ce qu'on veut. Est-ce qu'on se met en mini jupes et talons hauts à la maison ? ce qui compte dans ce type de vêtements c'est que d'autres le voient, et nous trouvent attirantes, et plus spécifiquement des garçons.
Si je me balade à Toulouse en mini jupes je sais que je vais attirer des commentaires tous les 100 m. On peut le déplorer tant qu'on veut, on peut aussi considérer qu 'un vêtement décent ça marche aussi. Personnellement je pense que c'est aussi un choix. Une fille qui se balade à demi nue dans les rues la nuit, doit savoir qu'elle prend des risques, parfois c'est sans doute aussi pour ce goût du risque qu'elle le fait, mais dans l'ensemble il faut aussi reconnaître que l'image actuelles des femmes, telle qu'elle apparaît dans les publicités, les films, les photos, l'art, bref la culture occidentale, est de plus en plus devenue celle d'une femme habillée comme une prostituée et se conduisant plus ou moins comme telle (voir les clips de Britney, Rihanna, Skahira et consorts qui abreuvent l'éducation de nos pré adolescentes) ce qui peut conduire certaines filles à oublier que le risque est réel et que ce n'est pas seulement un jeu d'apparences.

Peut-être un jour les rapports entre les sexes seront absoluement pacifiés et on pourra envoyer sa fille se promener en bas résille et talons hauts dans tous les quarties de la ville, juste pour se promener à trois heures du matin. Peut-être aussi qu'à ce moment là, ce type de vêtement n'ayant plus aucun effet, plus personne ne voudra les porter, et on reviendra à la chaussure plate et au bon vieux jogging, qui quand même est bien plus confortable.
Mais en attendant ce temps utopique où nous serons débarassé de nos pulsions animales, ce n'est pas possible, alors les "conseils de bon sens" on peut les trouver prêchi prêcha, perso quand je vois comment certaines filles s'habillent, je trouve qu'ils ne font pas de mal.
En sous-texte de votre message, je lis des postulats qui sont autant de fourmilières dans les quels j'aimerais donner des coups de pieds, ou même des violons dans lesquels...
La sexualité masculine serait une et unique d'origine biologique et tendant naturellement vers le viol.
Les vêtements qui dénudent ou à connotation sexuelle sont en eux-même des appels au viol.

C'est parce que de telles idées (fausses) sont ancrées que des normes de comportement masculin qu'on croyait s'imposant moins perdurent et que les avancées des libertés des femmes les plus fondamentales et basiques sont remise en cause.
Totalement d'accord avec toi.
Est-ce qu'on se met en mini jupes et talons hauts à la maison ? ce qui compte dans ce type de vêtements c'est que d'autres le voient, et nous trouvent attirantes, et plus spécifiquement des garçons.
Monique Wittig avait donc raison : " les lesbiennes ne sont pas des femmes".
@ Emilie
Le problème d'un raisonnement comme le vôtre est qu'il se tire une balle dans le pied.
Vous partez d'un postulat essentialiste -les hommes seraient fondamentalement différents des femmes du fait de leur biologie/physiologie- je pense que c'est une grave erreur de conception, mais faute de temps, je ne la discuterai pas maintenant. Mais même en admettant qu'il puisse y avoir des différences de pulsions hommes/femmes, cela ne veut pas dire qu'il faut en inférer des normes de comportement. Pour le dire de façon simpliste: les hommes ont des pulsions sexuelles animales donc il est normal qu'ils se jettent sur leur proie féminine ? Celle-ci n'a qu'à apprendre à courir vite ? Ou se dérober aux regards du prédateur ? Non, même si l'on pense (à tort) que tous les hommes (ils ont pourtant bien le droit qu'on leur reconnaisse une diversité de caractères, de personnalités, de désirs, bon sang !!) sont attirés par les filles en mini-jupe et décolleté, rien, vraiment rien, ne justifie le viol ou l'agression sexuelle (ou l'agression verbale d'ailleurs): surtout pas la tenue de la victime, son comportement ou les lieux où elle se promène.

La résignation dont vous semblez faire preuve me navre: ce serait logique qu'une femme habillée de façon provocante selon vos critères essuie des remarques tous les 100 mètres. En réalité, c'est proprement révoltant: elle a simplement le droit qu'on lui foute la paix. Et ça existe tout de même: il me semble qu'on peut, de nos jours, à Paris, marcher dans la rue en tenue estivale, prendre le métro, durant une journée entière, sans se faire emmerder... Comme quoi il ne faut pas généraliser sur l'irrepressibilité des pulsions masculines.

Enfin quand je disais que vous vous tirez une balle dans le pied, c'est là que je voulais en venir: à considérer que la différence entre les sexes (je laisse tomber l'explication sur sexe/genre, mais je n'en pense pas moins) est irréductible, vous vous exposez simplement à ce que l'on vous renvoie éternellement à votre animalité et si vous êtes une femme comme votre pseudo le laisse supposer, ce sera toujours à votre désavantage: vous serez moins bonne en affaires que vos collègues masculins parce que vous êtes naturellement plus tendre, vous serez moins susceptible de diriger une équipe parce que vous êtes plus susceptible de vous conduire en victime ou d'obéir, vous devez faire une croix sur l'idée d'une carrière professionnelle parce que vous devez vous occuper des enfants étant donné que c'est vous qui accouchez... Dans tous ces exemples, volontairement caricaturaux, j'infère une norme sociale d'un donné biologique... Rationnellement, ça ne tient pas. Pour la mini-jupe et l'appel au viol, ça ne tient pas non plus. Je veux dire, dans les faits ça ne tient pas. Statistiquement, les filles ne se font pas agresser sexuellement parce qu'elles se balladaient seules dans une ruelle sombre, elles se font agresser ou violer par quelqu'un qu'elles connaissent un membre de leur famille, leur petit ami, un copain, leur mari, elles sont font violer chez elles ou chez leur agresseur, et oui, elles se font violer en survêt'. La réalité brute du viol, c'est ça (données à votre disposition, si vous le souhaitez).
ya qu'sur ASI qu'on peut assister fasciné à un duel entre deux ravagés du ciboulot.
Fait divers dans Causette n° 37 juil-août 2013 "La prof l'élève et l'amour interdit" : http://www.causette.fr/interface/publications/Causette37_Une%20liaison%20particuliere.pdf Une liaison particulière - Causette s’explique et s’excuse
http://www.slate.fr/life/74593/pedophilie-feminine-ultime-tabou-causette-nouvel-obs


Par ailleurs ASI avait consacré l'émission "@ux sources de" à Causette
il y a le féminisme et la "la réalité" .

http://www.youtube.com/watch?v=RTuBf4BrIgE
Je me demande si élever ses filles en faisant d'elles des petites choses fragiles à protéger ne dessert pas l'objectif de liberté proclamé.
J'ai élevé ma fille sans la crainte et personne n'a jamais osé trop l'emmerder. Et elle ne fait pas 1.80m et 80kg
En 2011 d’abord, on apprend que «les morts violentes dans le couple» représentent 17,40% des homicides et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Quelque 42 % des auteurs se sont suicidés et 14 % ont tenté de le faire.

Par ailleurs, 28% des criminels sont au chômage. Les catégories socio-professionnelles les plus représentées sont les employés, les ouvriers

http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-hajdenberg/140812/les-persistants-mysteres-du-crime-passionnel
En tant qu'homme, je trouve personnellement absolument consternant que des journalistes se permettent de blaguer, de minimiser ou d'ironiser à propos de drames liés à des violences faites aux femmes. Je suis d'autant plus choqué qu'il est malheureusement évident que s'agissant d'hommes un tel ton ne serait jamais employé. C'est édifiant de voir qu'en France, en 2013, il puisse encore exister un conservatisme machiste aussi puissant et facilement accepté que celui que l'on peut constater en lisant de tels articles dans la presse. Heureusement qu'il existe, parallèlement, d'autres articles comme celui-ci qui permettent au lecteur de se rendre compte de l'inégalité du traitement qu'on réserve aux femmes comparé à celui dont bénéficient les hommes. C'est insupportable d'entendre des esprits aussi primitifs considérer ouvertement et sans vergogne 50% de la population humaine comme des midinettes, des simplettes ou des "objets" servant uniquement à satisfaire des pulsions sexuelles.

Pourquoi n'entend-on pas davantage d'hommes s'exprimer à ce sujet ?
Je suis d'accord que certain traitements journalistiques du crime passionnel sont parfois un peu douteux comme avec le boxeur,mais je trouve qu' on est dans une société curieuse qui sacralise l'amour, et qui en même temps ne trouve aucune circonstance atténuante pour les crimes passionnels....


Dieu se rit des [s]hommes[/s] femmes qui déplorent les effets dont [s]ils[/s] elles chérissent les causes " - Bossuet



Mythes et réalités du crime passionnel
Le crime passionnel n'existe pas : il est commis dans un contexte sexiste par des hommes incapables de faire le deuil d'une relation pathologiquement fusionnelle.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-mythes-et-realites-du-crime-passionnel-21304.php
Merci et bravo pour cette article.

Un détail retient mon attention toutefois. L'an dernier, à la même époque où l'on avait redécouvert que des hommes frappaient leurs femmes, un certain nombre d'associations machistes avaient mis en exergue le fait qu'un nombre non négligeable d'hommes mourraient sous les coups de leurs conjointes. J'avais trouvé ça étrange. Mais j'ai entendu à plusieurs reprises des émissions ces jours-ci expliquer que dans la plupart de ces cas, il s'agit en réalité de femmes s'étant défendues. Je me disais qu'il pourrait être bon de le préciser dans l'article (si c'est vrai). Les chiffres nus fournissent en effet des arguments à des organisations assez détestables, qui les exploitent allègrement.

Sinon, concernant le débat "Crime passionnel / Violence conjugale", j'ai le sentiment que l'affection des journalistes pour le premier terme vient, en plus des arguments développés dans l'article, du retour à la réalité de ce genre de fait divers. L'homme qui bat sa femme n'est pas uniquement le saoûlard violent et jaloux qui s'en sert comme d'un souffre douleur parce qu'il aime ça. Celui-ci existe évidemment, mais même lui est parfois un malheureux bougre, inexcusable certes, qui ne fait que reproduire ce qu'il a connu. Et puis il peut y avoir des disputes qui tournent mal, sous l'effet de l'alcool ou autre, il y a les Bertrand Cantat, etc…

Bref, si toutes ces personnes ne peuvent être excusées et méritent d'être sanctionnés par la justice, elle ne sont pas forcément toute dans le même panier. Chaque crime a sa propre histoire, et doit avoir son propre traitement, qui atténue souvent l'aspect macho violent et améliore le côté 'crime passionnel', et cela les rend différent aux yeux des journalistes. Et bien sûr, une partie des journaliste cités peuvent être des gros machos qui pensent que faut peut-être pas trop qu'elles cherchent non plus, et qu'un homme a des besoins légitimes et que le viol conjugal est une fable. Ce n'est pas incompatible.
« Abus de "crimes passionnels" dans la presse régionale » Et pourtant la justice actuelle n'est plus sensible à l'excuse de la passion dans le crime :
« Amour à mort : peut-on expliquer le crime passionnel » http://www.franceinter.fr/emission-service-public-amour-a-mort-peut-on-expliquer-le-crime-passionnel
Je vais me faire l'avocat du diable donc, si j'ai tort, n'hésitez pas à me mettre le nez dans mon caca.

Voilà : il me semble que le terme de "violence conjugale" n'est pas plus neutre que celui de "crime passionnel". Je m'explique : le crime passionnel sous-entend une explosion de violence soudaine, incontrôlée, liée à un choc émotionnel sévère tandis que la violence conjugale penche plutôt du côté d'une violence habituelle, répétée, qui se termine un jour par la mort de la victime. Utiliser l'un ou l'autre terme revient donc à prendre position sur le type de circonstances qui a majoritairement entraîné la mort de ces femmes (et de ces hommes).

Or, moi, je n'ai aucune idée de ce qui l'emporte dans les statistiques.

Ces 174 décès sont-ils majoritairement imputables à des meurtriers qui avaient pris l'habitude de battre leurs conjoints ou pas ? Intuitivement, j'aurais tendance à répondre 'oui'. Mais je n'en suis pas sûr. Déjà, ça ne correspond sûrement pas à la réalité de ce qu'ont vécu les 26 victimes masculines de ce macabre inventaire. Quoique. Bref, je n'en sais rien. Mais il me semble qu'en revendiquant l'emploi de "violence conjugale", vous introduisez dans le débat ce que vous reprochez à "crime passionnel" : un biais de description.
Il fut un temps, "Détective" se pourléchait les babines de ce genre de faits divers...
J'ai même eu une amie qui rewritait les "témoignages crapoteux" recueillis par ses chers confrères journalistes...
J'avais honte pour elle. Elle n'avait pas honte.

En fait, Détec était précurseur... se faire du blé en racontant le calvaire de cette femme française qui meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon... franchement, ça l'fait ! Et ces flics qui prennent ces histoires pour des faits mineurs, et ces juges qui sont si cléments avec de gros cons violeurs et tueurs ? Z'ont honte, eux ? Moi j'ai honte pour eux, pour une majorité de la presse française.
Beau boulot, merci Laure.
bravo un texte de combat contre l"apologie de la violence'!
Henriette Caillaux crime passionnel ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Henriette_Caillaux Je viens de découvrir cette affaire judiciaire de 1914 qui concerna les hautes sphères de l'Etat et un journaliste.
Dans la même série que "crime passionnel", il y a aussi le terme de "drame familial" lorsqu'un homme (le plus souvent) entreprend de zigouiller toute sa famille avant de se donner la mort. [3 exemples trouvés en 10 secondes via google: un, deux, trois]. Pour être tout à fait honnête, ce terme journalistique semble recouvrir tout type de meurtres/assassinats multiples intra-familiaux (donc l'homme n'est pas forcément l'auteur, même s'il l'est très majoritairement). Reste qu'en bon français, un "drame familial" n'a rien strictement à voir avec un pleuri-assassinat. Sauf pour des journalistes imbéciles.

Merci pour cet article.
Je profite de l'article pour parler d'une autre violence dont on a (un peu) parlé la semaine dernière suite à un colloque organisé au Sénat sur la maltraitance des enfants. Selon les estimations (basses), deux enfants par jour meurent en France des suites de violences des adultes. Je regrette que ce chiffre soit bien moins connu que celui sur les violences faites aux femmes.
L'article est accessible aux abonnés mais le début donne déjà un aperçu du sujet : http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/14/enfants-maltraites-deux-morts-par-jour_3430128_3224.html
La rubrique des "faits divers" des journaux locaux est souvent traitée de manière décalée et voyeuriste. Ce n'est pas mieux ou pire que l'émission "Toute une histoire" présentée par Sophie Davant.

Pour ce qui est du conseil : « Régulièrement, à Toulouse, des jeunes filles sont victimes d'agressions sexuelles la nuit. Il leur est conseillé d'éviter de se promener toutes seules. » C'est comme dire : « Laisse pas traîner ton fils Si tu ne veux pas qu'il glisse » http://www.frmusique.ru/texts/n/ntm/laissepastrainertonfils.htm http://www.youtube.com/watch?v=AaJWrnLwryg Quelles autres solutions ?
Merci pour ce billet nécessaire, Laure.
26 hommes seulement, faibles femmes...
gamma
Il est intéressant de constater qu'en Espagne, le nombre de femmes mortes en 2012 sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint était de 46. Ce chiffre était connu le 31 décembre au soir. Mais ce pays a mis en place depuis des années une vraie politique de lutte contre les violences de genre.
En France, il y a eu 3 fois plus de victimes et il faut attendre juin pour l'apprendre. Le pays du droit de l'homme à cogner sa femme jusqu'à ce que la mort les sépare.
Vous auriez du pousser cette minette dans ses retranchements, elle vous aurait dit qu'un enfant a besoin d'une mère et d'un père, elle le sait, elle a entendu Freud dire ça, et s'est empressée d'oublier tout le reste de ce qu'il a dit.
[quote=Laure Daussy]La violence conjugale a davantage tué en 2012 qu'en 2011. Un total de 174 personnes, dont 148 femmes et 26 hommes sont mortes en 2012, victimes de leur conjoint ou ex-conjoint. Soit 28 personnes de plus que l'année dernière.

Merci d'avoir bien spécifié qu'il y a des femmes ET des hommes même si ces derniers sont minoritaires.

Pour le reste, je reviendrai demain...
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