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À Saint-Denis, la SNCF montre les muscles devant les caméras

Ce 8 octobre, la SNCF organisait une "opération de bouclage total de gare" à Saint-Denis (93). Soit un contrôle massif des titres de transports, en présence de policiers. Elle avait convié les médias, priés de respecter les consignes données par le service de com' de l'entreprise ferroviaire. Reportage.

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""Il n'y a que des bureaux là-bas, au moins ici c'est plus hétéroclite."" : c'est en effet dégueulasse, car ST DENIS est une ville remplie de travailleurs pauvres, mais aussi de chômeurs non indemnisées... ou effectivement de gens avec des problèmes (...)

Une seule solution les transports en commun gratuits pour toutes et tous. 

J'ai eu la chance de vivre au Japon, sans idéaliser leur modèle, il y a là bas au moins 3 ou 4 employés permanents dans chaque station de métro, présents en guichet et surtout sur les quais. La SNCF et la RATP plutôt que d'organiser ce genre d'opérat(...)

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Ce type d'opération pourrait-elle être réalisé à l'autre bout de la ligne B du RER, c'est à dire dans la vallée de Chevreuse ? Concernant les transports publics, je ne vois rien dans les médias concernant le CDG Express en construction qui est un véritable scandale. Plusieurs milliards pour réaliser un train pour riches et touristes aisés qui ne veulent pas se mélanger à la population locale de la ligne B du RER (29€ l'aller prévu entre gare de l'Est et CDG). Vive le communautarisme ! En outre aucun mur anti-bruit ni aucune mesure d'isolation n'ont été prévus par la société gestionnaire pour réduire les nuisances sonores prévues. Et en plus des riverains ont leur maison fissurés par les travaux.  Mais cela n'intéresse aucun média.

Ce que ne dit pas l'article, mais qu'on voit bien sur les photos qui l'illustrent : la gare de Saint-Denis est en chantier depuis 2019 pour une livraison estimée en 2023 (rénovation complète des quais, des accès, creusement d'un passage piéton souterrain, etc.) : tout est détaillé là.

Le dernier contrôle de ce type ("bouclage") dans lequel je me suis trouvé, une fin d'après-midi après le début des travaux mais avant le confinement , a occasionné un énorme embouteillage au niveau des portiques et la sécurité des passagers n'était clairement pas assurée, ni celle des contrôleurs. Il y avait des mouvements de foule et les passagers des trains suivants venaient s'accumuler à la queue dont il était impossible de s'extraire, ne serait-ce que pour attendre à l'écart que les choses se calment. 

A côté de l'opportunité et de la question du gain réel de ce type d'opération (faible), je pense que ces contrôles montrent aussi à quel point les passagers transportés sont globalement considérés : sous le double angle du "manque à gagner" (les fraudeurs) et de la "criminalité" (les trafiquants, les vandales, les resquilleurs, les sans-papiers). Ces fameux muscles que montrent la SNCF, à qui les montre-t-elle finalement ? à Pécresse ? Pour en obtenir quoi ?


Dans les années 2000, il y avait eu un papier (dans Capital? ou Marianne? je ne sais plus) sur les coûts de maintenance et de fonctionnement du contrôle d'accès et de la billeterie RATP/Transilien qui, de mémoire, étaient à eux seuls  très supérieurs aux montants de la fraude, en plus d'être un calvaire à passer par un voyageur en règle mais chargé de bagages. Mais ça enrichit les patrons et actionnaires de toute une palanquée de prestataires, et c'est quand même bien ça le but.

 "On a voulu interviewer une contrôleuse qui était d'accord, mais ça nous a été refusé par la SNCF. Visiblement, ce n'était pas dans le plan com'. C'est agaçant, on a l'impression de ne pas pouvoir faire notre boulot. "


ça fait un moment qu'on a cette impression aussi si ça peut vous rassurer . Mais bon, en même temps on peut comprendre vous savez... 


Si vous avez pas eu la permission...

Encore une décision de ronds de cuir managés par objectifs et gouvernés par l'image, plus soucieux de montrer qu'on fait (mal) que de faire (bien).

Au moins le message est clair : l'usager est suspect par défaut et la SNCF préfère à sa mission de service public les coups de bâton qui frappent plus les voyageurs de bonne foi que les vrais fraudeurs.

C'est sans doute moi, mais je n'ai pas vraiment compris l'objet de l'opération de communication (ils veulent montrer qu'ils font des contrôles ?) et à qui elle s'adresse, aux méchant.es fraudeur.ses, qui du coup ne frauderaient plus ?

A propos des tourniquets, je n'ai jamais compris leur intérêt à part (faire ch...) bloquer les gens, même si on a son titre de transport, puisque de toute façon si on veut passer, tourniquet ou non....
Dans le même esprit, même si je m'éloigne beaucoup, je n'ai jamais compris l'intérêt des frontières. On sait le mal qu'elles font, mais est-ce qu'il y a un moment où elles font qqch de bien ?

En fait, il faudrait vérifier tout ce qu’ils racontent.


Le gars de la SNCF dit qu’il y a 9% de fraude (or, sur le terrain, je n’ai jamais constaté 9% de personnes qui fraudent). De plus, et surtout, ces 9% de fraudes ont été évaluées sur les bus et tramway, comme c’est écrit dans ce document de Île-de-France Mobilités. Bus et tramway sont gérés par la RATP, pas la SNCF.

Je cite :

Le réseau ferré, (métro, RER, Transilien) connaît un taux de fraude relativement stable allant de 2,2 % à 7 % car il est majoritairement équipé de points de contrôle qui rendent plus difficile l’accès au réseau sans titre de transport.


Même chose pour les 400 millions de fraudes. Comment est-il calculé ? Spontanément, je fais le rapprochement avec le nombre de trajets dans l’année et le prix parfois élevé des tickets. Rien que sur les deux principales lignes de train franciliennes (RER A et RER B), le nombre de trajets uniques est de plus de deux millions par jour !

« Initiative coup de poing » dans la lettre de la SNCF, « la guerre contre la fraude dans les transports » de la journaliste télé... contre des personnes qui prennent simplement un train pour probablement aller travailler (le nassage est réalisé en heures de pointe), c’est la grande classe...

Combien d‘amendes ? Car j’ai lu des articles plus anciens concernant ces nasses et le résultat est ridicule par rapport au nombre total de personnes contrôlées.

ayant emprunte durant de nombreuses années le RER D j'ai toujours trouve les contrôlés sncf en gare incroyablement anxiogène qui rappellent effectivement une descente de la BAC. le choix de gare pour l’opération de com en dit long sur le biais idéologique qui se retrouvera inévitablement dans le reportage, saint denis la "no go" zone.






Ayant grandi à Saint-Denis, ce genre de bouclage c'est une bonne grosse blague : ils font ça de temps en temps, parfois jusqu'à tous les quelques mois. Dans la nuit, ils réparent tous les portiques (notamment poussette) pour faire les fiers devant avec la police. Au maximum, ils reviennent le lendemain pour pérorer... Et le portique poussette est de nouveau cassé deux heures après le départ des flics, ne serait-ce que parce que vu l'affluence moyenne et la taille de la gare, ça évite les embouteillages. 

Bref, avec ou sans caméras, c'est de la pure opération de com' inutile, qui coûte probablement plus cher qu'elle ne rapporte.

Une seule solution les transports en commun gratuits pour toutes et tous. 

Comme disait Coluche : "Salaud de pauvres" et "Il y en a qui seront noir, petits et moches et pour eux ce sera très dur". C'est prouvé une nouvelle fois et c'est à la fois grotesque et pathétique de la SNCF, la RATP (c'est la même chose) et la police. Sans oublier une bonne dose de racisme sous-jacent.

Les trains étaient-ils à  l’heure? 

J'ai eu la chance de vivre au Japon, sans idéaliser leur modèle, il y a là bas au moins 3 ou 4 employés permanents dans chaque station de métro, présents en guichet et surtout sur les quais. La SNCF et la RATP plutôt que d'organiser ce genre d'opération ridicule ferait mieux d'employer beaucoup plus de personnel, quitte à faire payer le trajet plus cher. Cela vaut aussi pour la police nationale, 4 lascars dans une voiture par ville quand on pourrait employer de nombreux agents de proximité, plus sympathiques et accessibles.

Vous connaissez alors le prix des billets de train et métro japonais, n'est-ce pas ?

Tellement chers que pour de nombreux japonais, il est plus rentable de prendre l'avion pour passer des vacances à l'étranger. Aucune réduction, jamais de promo. Les employeurs remboursent l'intégralité du transport à leurs salariés, alors les compagnies en profitent un maximum. Mais quand vous êtes à votre compte ou en vacances, c'est vous qui raquez un maximum.

Un trajet de une à cinq stations à Tokyo coûte plus d'un euro sur la ligne la moins chère. Vous avez un changement de ligne et donc de compgnie ? Il vous faut repayer et ça vous coûte encore plus cher. A Tokyo, il n'est pas rare de débourser cinq à dix euros pour un aller simple en ville. Les stations sont moches et en mauvais état, les quais trop étroits, il y a des tuyaux qui pendouillent partout avec des bouteilles en plastique au bout pour récolter l'eau des fuites, les changements sont parfois très éloignés car les compagnies privées se tirent la bourre. Dans les grandes stations, il n'y a aucune concertation entre les différentes compagnies. La circulation y est aberrante, les files d'usagers se croisent et se bousculent, les panneaux indicateurs sont aléatoires, souvent incompréhensibles même pour un Japonais, les sorties sont numérotées de façon fantaisiste. Et les métros n'arrivent pas plus à l'heure qu'à Paris, il y souvent des annulations ou des problèmes sur les lignes.

Bref, la logique capitaliste dans toute sa splendeur. Mais en France aussi, alors que la RATP et la SNCF sont censées être des services publics. 

La particularité du Japon est le sur effectif  présent absolument partout (d'où un service irréprochable mais des prix déments sur tous les biens de consommation et services), alors que chez nous, c'est le sous effectif chronique pour économiser sur tous les postes, et reporter le travail sur le consommateur..

La particularité du Japon est le sur effectif  présent absolument partout (d'où un service irréprochable...

D'après ce que vous décrivez du métro le service n'est pas toujours irréprochable.

Bonjour,


J'ai bien précisé : "sans idéaliser le modèle" ;)


Cependant je trouve votre tableau bien exagéré. Le transport est plus cher, certes, mais pas innaccessible (et compensé par le salaire plus élevé des Japonais). Dire que le métro japonais est sale et arrive en retard, vous avez vraiment dû aller chercher la petite bête... C'est incomparable avec le métro parisien.

Ensuite par souci d'exactitude, le réseau japonais n'est pas privé mais moitié public moitié privé.


J'y ai vécu comme étudiant avec très peu de moyens et ça ne m'a pas vraiment dérangé. D'ailleurs, pour voyager loin, j'ai utilisé plutôt que l'inabordable shinkansen des trains locaux (équivalents TER) extrêmement nombreux et fonctionnels... et ponctuels, quoi que vous en dites (arrivé pile à l'heure sur un trajet de cinq trains et douze heures à travers tout le pays). En France, on a de la chance si le petit train auvergnat ou rhônalpin n'est pas en panne ou annulé.


Bref, mon propos n'est pas de défendre coûte que coûte le modèle japonais (j'ai précisé tout cela car je trouve votre commentaire exagéré).


Je parlais avant tout de la différence que faisait la présence d'un personnel, quand en France on remplace tout par des machines (pourtant pas incompatible avec le personnel) ou des "hôtes d'accueil" en sous-traitance.

Shinburu,

Je n'ai pas dit que le métro était sale, mais que les stations étaient en mauvais état.

Comme étudiant, vous aviez sans doute du temps pour prendre les trains locaux sur de longues distances, mais ce n'est pas le cas du Japonais moyen pour qui quatre jours de vacances sont de très longues vacances et qui ne peut pas perdre une journée dans les transports.

Je ne parlais pas des trains régionaux mais des trains de Tokyo. Sur ma ligne, une rame sur trois arrive avec du retard, lequel n'est certes pas dramatique, sauf qu'entre temps les salary men et office ladies s'accumulent sur le quai étroit sur au moins quatre ou cinq épaisseurs. Et quand il s'agit de monter dans une rame archi bondée, les Japonais ne font pas de quartier. Ils y entrent quoi qu'il arrive, les pauvres femmes en font souvent les frais.


Renaud,

Le service humain est irréprochable. Les employés sont tellement nombreux qu'ils peuvent bien consacrer du temps pour les renseignements ou l'aide aux usagers. Et cela est vrai aussi dans les magasins ou les services en ligne que vous pouvez toujours joindre et obtenir quelqu'un sans trop attendre. J'évoquais plutôt les disfonctionnements à la marge. Par exemple, il suffit qu'il pleuve un peu fort, ce qui arrive fréquemment au Japon, pour que le service soit désorganisé sur certaines lignes ou que des accidents se produisent.

"Je parlais avant tout de la différence que faisait la présence d'un personnel, quand en France on remplace tout par des machines (pourtant pas incompatible avec le personnel) ou des "hôtes d'accueil" en sous-traitance. "

Pour le coup shinburu, encore mauvais exemple, le Japon est le roi de la robotisation. commander son repas sur une tablette pour manger en face du mur. J'ai moyennement apprécié l'expérience... Et je suis d'accord sur les prix exorbitants (malgré des plus gros salaires au Japon), et surtout l'incohérence du mélange de gares appartenant à divers entreprises, chacun son billet et son tarif, aucun abonnement. J'ai testé les petites lignes c'est mieux.

Pour les agents de proximité, déjà testé avec succès notamment dans les quartiers dits difficiles. 


Si je ne dis pas de bêtise, supprimé pour des raisons budgétaires sous l'ère Sarkozy. 



""Il n'y a que des bureaux là-bas, au moins ici c'est plus hétéroclite."" : c'est en effet dégueulasse, car ST DENIS est une ville remplie de travailleurs pauvres, mais aussi de chômeurs non indemnisées... ou effectivement de gens avec des problèmes de papiers.
Un pauvre intégré a la gratuité (un pass navigo Solidarité)... mais un pauvre marginalisé paye plein pot... cad qu'il ne paye pas et "saute" le portillon.
Dégueulasse, oui.

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