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20 000 plaintes après un article jugé "anti-gay" du Daily Mail

Un article jugé anti-gay du Daily Mail

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En réponse à misfit, sur ce que je crois comprendre (car il faudra avouer que sa clarification n'était pas claire) de sa réponse, désolé si j'ai mal compris :

J'ai la faiblesse de croire en la liberté d'expression. Et la liberté d'expression ne se donne pas rien qu'aux gens qui ont les mêmes opinions, ni même à ceux qui n'ont pas les mêmes opinions mais-qui-ne-sont-pas-assez-dégueulasses-pour-les-censurer. La liberté d'expression, soit c'est pour tout le monde, soit c'est pour personne, il y a sinon une contradiction. Pourquoi certains seraient plus libres que d'autres ? S'il faut un critère, sur quoi se baserait-on ? Quel critère objectif et absolument irréfutable pourrait servir ? Ça me fait penser, d'ailleurs, aux problèmes qu'avait eu Noam Chomsky quand il avait défendu la liberté d'expression de Faurisson et qu'on l'avait accusé d'avoir par là défendu les thèses négationnistes de Faurisson. Je ne crois pas une seconde aux conneries de Faurisson ou aux idées du FN, et pourtant je crois que je serais les premier à défendre leur liberté de les exprimer. Défendre la possibilité d'énoncer une thèse n'est pas défendre cette thèse. Autoriser que des thèses soient énoncées dans les journaux, à la télévision, etc., c'est prendre le risque que ces thèses circulent, mais si les gens les acceptent, c'est leur affaire. C'est le prix de la démocratie. La démocratie ce n'est pas un endroit aseptisé des idéologies qui sont jugées mauvaises par la majorité mais bien l'endroit où chaque idée à sa place, toute révoltante qu'elle puisse être. Censurer le FN, ce serait porter un coup à la crédibilité de la démocratie française quand bien même on croirait défendre cette crédibilité en empêchant que des énergumènes du type de Le Pen (père ou fille, peu importante) s'expriment. Cela est égal qu'il soit socialement correct de penser dans un certain spectre politique (comprendre par là : pas trop à droite, pas trop à gauche, bien souvent) : la démocratie, c'est la possibilité de la diversité, toute nauséabonde qu'elle puisse être, n'en déplaise à certains.
J'ai la faiblesse de croire en la liberté d'expression. ... c'est la possibilité de la diversité, toute nauséabonde qu'elle puisse être, n'en déplaise à certains.

Oui, oui, moi aussi j'y crois, mais votre opinion est purement théorique. On sait tous quel gouffre sépare la théorie de la pratique. Oui certaines idéologies sont nauséabondes et inviter les gens qui les défendent à des émissions de télé ou de radio, c'est risquer de faire du prosélytisme, quoi que vous en pensiez. D'ailleurs vous citez vous-même l'exemple de "Noam Chomsky quand il avait défendu la liberté d'expression de Faurisson et qu'on l'avait accusé d'avoir par là défendu les thèses négationnistes de Faurisson.". C'est très bien ce qu'il a fait là ; je ne peux que l'approuver, mais c'est parfaitement déplacé.

Si on applique votre théorie à l'affaire Faurisson, cet homme n'aurait donc pas dû être poursuivi en justice pour avoir nié l'existence des chambres à gaz ; Le Pen père non plus, ainsi que tous ceux qui professent une façon de penser différente de ce que nous enseigne l'Histoire, ou quel qu'autre domaine que ce soit. On aurait dû les laisser dire, mais est-ce que ce n'est pas un peu trop risqué tout ça ?

Bien sûr, dans un monde idéal, ces gens pourraient s'exprimer librement et tout le monde rejetterait leurs opinions avec une mine dégoûtée. Ça serait bien, mais où avez-vous vu que nous vivions dans un monde idéal ?

En toute amitié,
Le problème sera certainement de savoir si l'on cherche un idéal pour l'individu — dans la liberté d'expression — ou pour la société — dans la "sécurité intellectuelle" (si j'ose dire). Dans le premier cas, on s'en fichera bien de savoir si la société devient pire car certains auront fait leur prosélytisme ; dans le second cas, c'est l'intérêt de la collectivité qui compte, c'est-à-dire que l'on préfèrera supprimer la liberté de certains dans l'intérêt du plus grand nombre, ce qui sonne presque utilitariste. Il est clair qu'intuitivement on choisirait bien plus facilement la seconde solution. Mais je défendrai tout de même la première qui me paraît plus juste d'un point de vue individuel, alors que la seconde est peut-être plus juste d'un point de vue collectif mais une catastrophe du point de vue individuel car alors l'individu est complètement destitué de son pouvoir de jugement et de critique car on considère qu'il tombera dans le panneau du prosélytisme. Le problème de toutes les choses puissantes — telle la liberté d'expression —, c'est qu'il faut être soi-même puissant pour s'en protéger : et tout le problème est que l'on ait donné en premier la liberté d'expression avant d'offrir l'esprit critique — ou ce que l'on voudra d'autre du même ressort. J'avouerai que l'esprit critique n'est pas la solution idéale car vu qu'il fonctionne dans l'esprit d'un être humain — comprendre par là un être qui sera toujours imparfait —, il est quasi toujours empêtré dans des jugements (si ce n'est préjugés) qui le déterminent ; l'esprit critique, et c'est là l'intérêt de l'enseigner jeune, ne s'utilise pas que ponctuellement (face à un journal par exemple), mais face à toutes les idées qui nous déterminent dans nos jugements (la peine de mort c'est bien, gifler un enfant c'est mal, etc.).
Pour en revenir à ce cher Chomsky, j'avoue ne pas bien vous saisir. Comment pouvez-vous dire à la fois que vous approuvez ce qu'il a fait mais que c'est aussi "parfaitement déplacé" ? Je crois qu'il faut vous décider ici. Il aurait du le défendre mais sans le défendre ?! Ce qu'il faut voir, dans la défense de Chomsky, c'est qu'il ne défend pas un homme-qui-défend-des-thèses-négationnistes, mais qu'il défend un homme-qui-veut-exprimer-ses-opinions-quelle-qu'elles-soient. Et je crois que c'est parce que vous confondez les deux que vous tombez dans une contradiction en disant que vous approuvez tout en pensant que c'est déplacé. Chomsky n'en a rien à faire que Faurisson nie l'existence des chambres à gaz et des camps d'extermination (mais pas de concentration d'ailleurs) : ce qui intéresse Chomsky n'est pas le contenu mais bien seulement la possibilité d'énoncer ce contenu. La liberté d'expression est un droit dont personne ne doit statuer sur son contenu, sinon ce n'est nécessairement plus la liberté d'expression.
Et oui, appliquons donc ma "théorie" à l'affaire Faurisson. Je suis contre les lois qui condamnent le révisionnisme, ou plus spécifiquement ici le négationnisme. Ce n'est pas à l'État d'imposer la vérité historique. C'est seulement le travail des historiens de s'en occuper. Et même quand ceux-ci en arrivent à des conclusions irréfutables, comme je crois effectivement que c'est le cas ici, ce n'est tout de même pas une raison suffisante pour entrer dans une "dictature de la vérité". Si quelqu'un a envie de dire le contraire, il doit en avoir le droit et l'effective possibilité. Certes des crétins se feront avoir à ce genre de pièges, comme ceux qui croient qu'il y a des complots internationaux contre eux tous les matins... Donc oui c'est risqué, loin de moi l'idée de penser le contraire, j'en ai tout à fait conscience, mais entre le risque et la liberté, je prends clairement le deuxième car le premier pourrait se gérer par l'instruction — enseigner aux gosses à penser par eux-mêmes, avec doute et méthode, et même si ensuite ils veulent rejeter ce doute et cette méthode au nom de la liberté, hé bien soit, qu'il en soit ainsi, c'est le jeu.
Oui nous ne vivons pas dans un monde idéal : mais est-ce une raison pour aller dans le sens inverse de l'idéal ? Je ne crois sérieusement pas.

En toute amitié aussi,

Cédric C.
[quote=Pour en revenir à ce cher Chomsky, j'avoue ne pas bien vous saisir. Comment pouvez-vous dire à la fois que vous approuvez ce qu'il a fait mais que c'est aussi "parfaitement déplacé" ? Je crois qu'il faut vous décider ici.]

J'ai un boulot de réinstallation à faire sur mon ordinateur, aussi je ne répondrai qu'à la question ci-dessus, pour l'instant, parce que je reviendrai.

En effet, intellectuellement j'approuve ce qu'il a fait, car théoriquement c'était ce qu'il fallait faire, mais son geste était déplacé, selon moi, car apportant un soutien à un homme dont les positions intellectuelles sont inacceptables. Je n'ai pas besoin de choisir. ;)
Mais encore une fois, il ne s'agit pas d'accepter ou de ne pas accepter ces positions. Défendre sa liberté d'expression, ce n'est pas défendre le bien fondé des opinions de Faurisson par exemple. C'est seulement défendre leur droit d'être exprimées. J'aimerais savoir pour quelle raison, outre la colère, on devrait censurer ce genre d'opinions, sans à la fois tomber soit : 1) dans une dictature du vrai ; 2) une dictature d'État ; 3) la lutte contre le prosélytisme intellectuel. Pour le 3), il me semble que le prosélytisme intellectuel, quand on partage les idées qu'il véhicule, ne dérange personne, ou même quand on ne partage pas les idées qu'il véhicule mais qu'on ne les trouve pas assez dégueulasses pour les éliminer : c'est-à-dire qu'on va grogner mais sans faire d'inquisition. Là on passe par contre le stade au dessus. On nie la possibilité même d'expression. Et encore une fois, soit la liberté d'expression est entière, soit nulle. La liberté d'expression est une forme qui ne doit pas se soucier de son contenu : seul l'orateur qui utilise cette liberté doit s'en soucier ; ceux qui écoutent cet orateur n'ont rien à dire sur le bien fondé de cette forme, seulement sur le contenu qu'elle véhicule.

Bon courage pour votre réinstallation.
Désolée, je n'ai plus la tête à la discussion. Un autre jour peut-être. ;)

Un de mes disques durs vient de tomber en panne et il contient toute ma vie, ou presque, 110 Go de données, films, enregistrements d'époque, tous plus introuvables les uns que les autres, ma comptabilité, toutes mes photos, et un certain nombre de documents personnels ... C'est la galère intégrale. Zut, j'ai pas d'alcool à la maison ...
Ah, effectivement. Je comprends, il n'y a pas de problème :-) Bonne soirée (quand même) !
Ce qui est important dans cette histoire, c'est moins l'article en lui-même - le Daily Mail est ce qui se fait de pire en matière de torchon ; on ne peut donc rien en attendre de bon- que les plaintes des lecteurs auprès de la PCC.

Les britanniques ont au moins ça pour se protéger de ces prédateurs que sont les journaux à scandales. Avons-nous ici un équivalent à la PCC ? Aurions-nous besoin d'en avoir une ?

L'article paru sur le site de la PCC au sujet des plaintes :

PCC to consider complaints about Jan Moir column in the Daily Mail
Il n'y a pas beaucoup de réactions sur le forum. Ça c'est intéressant.
Si au moins le tabloïd avait le courage d'une attaque frontale, non dissimulée, sur le fait de coucher à trois et l'usage de la drogue ... tout ça mélangé avec le décès lui-même. Les médias français ont aussi largement repris la spéculation du Sun selon laquelle il aurait pris de fortes doses de cannabis ... parce qu'on a retrouvé qq traces de THC dans ses urines ! Il me semble qu'il est mort du pb cardiaque : Comme si le tabac, et par exemple celui fumé avec le cannabis, ne tuait pas tous les jours de cette façon là (entre autres). Mais je crains de me fatiguer pour rien car ces polémiques ne sont sûrement pas un brin sincères ... juste là pour remplir du vide, c'est consternant.
Bref, la connerie elle ne tue pas ... heureusement, vu l'épidémie !
C'est bizarre, si j'invite quelqu'un chez moi connu ou pas de mon couple, personne, je pense n'ira imaginer qe nous partouzons à 3.

Les homosexuels ne sont pas plus zobsédés que les zhétéros.
@ Petit Chahut

Meric de souligner cette absence que jke corrige tout de suite
Il ne serait peut-être pas inutile de mettre un lien vers l'article en question ?
Pour l'avoir lu en ligne ce week-end, l'article était effectivement absolument dégueulasse : tout en allusions sur la vie immorale d'un couple qui pourrait avoir des aventures à trois -- et ainsi discréditerait forcément le civil partnership (le "mariage" gay anglais, qui a toutes les propriétés du mariage, contrairement au Pacs, sauf le nom). Et accessoirement, rempli de contres-vérités. Par exemple, le jeune Bulgare en question n'était pas un inconnu mais un ami régulier du couple, etc.

Jann Moir a réagi en dénonçant une manipulation et une campagne orchestrée, face à ce qui n'a été que la diffusion virale d'une émotion légitime face à un article représentant le pire de ce qu'on peut attendre d'un tabloïd trash à l'anglaise.
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