102
Commentaires

17 octobre 61, la mécanique du silence

Excellente initiative de Patrick Cohen

Derniers commentaires

Bonsoir, désolé pour mon précédant poste qui n'était pas à la hauteur de la gravité de ce sujet, pour ma défense je n'avais visionné que les premières secondes/minutes. Maintenant j'ai revisionné l'intégralité de ce numéro poignant que j'avais déjà vu sur France 5. Ce numéro me rappelle complètement pourquoi je suis abonné à @si. Merci.
Ce Maurice Jacob....euh pardon Christian Papon....oops pardon Christian Jacob...il a l'air vachement dangereux...
Ces mecs là n'ont pas de mots assez dur pour les ados qui volent des scooters ou fument des joints...mais ils couvrent les assassinats massifs, les empoisonneurs (multinationales agrochimiques, agroalimentaires etc), le management par le stress qui pousse le salarié à la dépression, à la maladie et parfois au suicide...et bien sur un système capitaliste mondialisé qui fait travailler des momes de 8 ans dans des mines comme des esclaves et provoque la mort d'un enfant toutes les 4 secondes dans le monde à cause de la famine.
Au lieu de condamner ce genre de types au silence médiatique, on élimine du paysage médiatique les voix dissonantes dans le grand concert morbide du capitalisme moderne et de la répression policière et du fichage électronique et génétique de toute la population.
On vit vraiment une époque de merde dans un monde de merde.
En tout cas, c'est la meilleure décision qu'ait prise Hollande depuis son avènement. Du bout des lèvres, mais bon.... Mieuv vaut ça que rien.
Les victimes de ce massacre atroce sont enfin reconnues.L'ump s'illustre une fois de plus par les propos outrés de Jacob.Fidèle toutou de Copé,le maire de Provins aboie avant de rentrer dans sa niche quand son maître sera battu.
Mais pour qui achetait, comme moi, le canard Enchaîné à l'époque le savait parfaitement.
Ce qui me surprend c'est le pseudo étonnement d'aujourd'hui des personnes de mon âge.
Quel silence? J'étais au lycée en première, à Rodez, donc loin de tout et je savais tout. Certes, j'ètait trés politisée, proche du parti communiste, mais dans le fin fonds de l'Aveyron, j'ai su, je ne me souviens plus comment (le Libération de d'Astier de La Vigerie?), des radios peut-être.
Donc, c'était un secret de polichinelle....

Ce message a été supprimé suite à la suppression du compte de son auteur

Sans aucun doute pour les sentiments de culpabilité ..Les allemands le sont encore il ne faut pas croire, beaucoup de leurs enfants les ont mis en porte-à-faux en les obligeant a parler. . Mais les crimes commis par nos pères ou grand-pères devraient au contraire nous ouvrir les yeux sur ce que les Etats sont capables de faire faire à leurs citoyens en leur disant que c'est "pour la Patrie, la France, le drapeau, etc..." le patriotisme" c'est la plus grand mensonge pour faire tuer les gens entre eux .

.Maintenant toi le fils(fille ) ou petits fils(fille) tu n'a rien fait et c'est pas à toi de le ressentir. Mais pour éviter que de telles choses recommencent il faut se souvenir et regarder le Diable en face. Certains voudraient bien remettre la haine au gout du jour car les guerres continuent malgré tout et malgré le "plus jamais ça" ..Il faut replacer les faits dans leurs contextes pour nos ainés qui ont participé de gré ou de force.

De toute façon ce n'est pas à toi a porter le poids mais l'histoire doit s'arrêter avec celle de ton grand-père. Il a été élevé dans des conditions ou la patrie, le drapeau et tout cela les faisait s'engager pratiquement par force. Toute une éducation faite au nom des intérêts des élites.

.Combien de conflits "au nom de la liberté", "des droits de l'hommes, qui sont en fait que la continuation des guerres coloniales ? Que fait-on en Afghanistan ? Pourquoi nos jeunes vont-ils mourir ou tuer d'autres personnes là-bas ?

L'Armée est l'école du crime disait quelqu'un ...Et bien oui ceux qui en reviennent n'en sortent pas indemnes quand ils réfléchissent à ce qu'ils ont fait comme victimes ! ..Et les bourreaux d'hier peuvent devenir les victimes à leur tour faire d'autres victimes pour cause de PST (post-syndrome traumatique !) la famille en paie souvent le prix .

.D'ou aux States des "associations de vétérans" pour aider les nouveaux vétérans. Car l'Etat aide peu les soldats blessés de retour. Ils sont marginalisés, se droguent et souffrent de pathologies mentales, et bien sur des blessures graves physiques.

Et les "parents" pleurer des gosses "pour du pétrole" du "gaz" ou d'autres "prédations économiques". Car pour les droits de l'homme avec des canons et des bombes j'ai de gros doutes là ! Il est facile à l'Etat de donner une "médaille post-mortem" et de "beaux discours". Ils n'ont qu'à y aller eux-mêmes d'ailleurs.

Pourquoi envoyer des jeunes à leur place ? "les guerres sont faites par des gens qui ne se connaissent pas au bénéfice de gens qui eux se connaissent bien " phrase célèbre dont j'ai oublié le nom de celui qui l'a dite Sorry !

Bien à toi ....
Vous avez raison Yèza. Vous noterez d'ailleurs la précaution ("dits" de souche).

Mais la question que je me pose c'est : pourquoi est-ce qu'on ne reconnaîtrait pas tout en bloc ? D'un coup, comme ça et on remonte jusqu'au plus loin que la crainte du ridicule peut nous permettre, on fait la liste de toutes les saloperies de l'état français et on fait un gros mea culpa. Et comme ça on n'en parle plus et on passe à autre chose, ça nous permettra peut-être de s'attaquer aux vrais problèmes.

Là ça fait vraiment joker du gouvernement quand il est dans le pétrin.

Bien sur pendant 5 ans on nous a martelés du rôle positif de la colonisation, mais c'est juste un bon moyen de mettre la "poussière" ou la "cendre" sous les tapis de l'Elysée ?? Comme quoi Sarkozy et sa bande ont fait quelques émules hélas.

Vous exagérez, ça a fait l'objet d'une sortie malheureuse à l'assemblée nationale par un député inculte et ça a fait un tollé dans l'instant. Ça a certes marqué les esprits mais je n'ai pas le sentiment qu'on nous ai martelé quoique ce soit. Quand au rôle "positif" de la colonisation c'est un débat d'historien. La colonisation est un processus de conquête violente et de domination et/ou d'assimilation forcé (selon les modèles) donc en soi c'est pas un truc souhaitable, pour aucun peuple. Maintenant ça a eu lieu. Donc c'est un travail de recherche qui laissera chacun devant la responsabilité de déterminer si la colonisation a joué un rôle positif ou pas.
Du coup, c'est Cohen qui reçoit tous les lauriers. (Evidemment, @SI est un meta media; l'objet d'@SI, c'est la presse). Subséquemment, aucun jugement sur la déclaration de F.Hollande elle-même (bien sûr, ça, c'est pour lémédia). Voyons si @SI applique cette règle à toutes les déclarations de tous les hommes politiques! A suivre donc.
Personnellement je me pose la question de l'agenda politique... La reconnaissance de la responsabilité de l'état français de cet événement tragique était-elle dans son programme. Je n'en ai pas le souvenir mais j'ai pu passer à côté. Est-ce que c'est un truc qu'ils ont sorti de leur chapeau à un moment où le gouvernement est en difficulté ?

Pour ce qui est de la responsabilité et de la repentance, oui, bien sûr, ce sont deux choses différentes, et oui, les réactions "affectives" sont toujours dommageables et/ou stériles sur ce genre de sujet. Mais ce serait faire preuve d'un peu de naïveté et de condescendance que de ne pas pas prendre en compte les effets que peut avoir une telle annonce sur la société française, d'autant que les annonces de ce type dites "mémoriels" se suivent depuis une 10aine d'années, et dans un contexte de crise à un moment ou d'aucun n'hésitent pas à tailler un costard aux petits français dits "de souche" (Les indigènes de la République, Alain Finkelkraut : "ce pays mérite notre haine").

J'ai le sentiment que tout ça tombe un peu du ciel et n'a été concédé que pour faire gagner du temps (un semaine, un mois ?) à un gouvernement qui n'en finit pas de se débattre dans la mélasse en courant après tous les combats "à la marge" pour ne pas avoir à toucher à l'essentiel. Mais peut-être me trompé-je.
Cet article suscitera-t-il autant de commentaires que ceux sur le cannabis ?

Les paris sont ouverts !
Trouvé ce commentaire haineux, ici :

http://www.lemonde.fr/societe/infographe/2011/10/17/les-photos-inedites-du-17-octobre-1961_1586457_3224.html

Nos bien-pensants semblent oublier qu'il s'agissait d'une guerre d'indépendance. Le commentaire parle même de la "bataille de Paris". Pour le reste, il s'agit d'une opération de communication visant à culpabiliser le méchant Français métropolitain. Je ne retiens de ce porte-folio que la dernière photo. En effet, on se prend à regretter ce regard apeuré lorsqu'on voit l'arrogance des générations suivantes dans les banlieues...

Inutile d’expliquer à ce desouche (ou descendant d’immigré, va savoir) que ce qu’il appelle arrogance est la fille en colère de la peur, de l’humiliation des gens à l’époque quasi invisibles, sauf si on faisait l’effort d’aller les rencontrer sur les chantiers, dans les usines où le patronat les avait embauchés pour casser les intolérables prétentions (ironie) des Français en matière de conditions de travail. Ou dans les bidonvilles.

Inutile de lui expliquer que cette rancœur face à l’oppression dont ses pareils se rendirent alors coupable est el fumier où prospère l’intégrisme islamiste. De lui expliquer qu’à pisser contre le vent, ça vous revient dessus. Tout le drame étant que cette retombée se fait sur les habitants de quartiers où lui, plus que probablement, ne croupit pas.

Quand, même, ce regret, qu’est-ce qu’il en dit long en matière de mépris colonial…
Il ne faut pas oublier non plus que Papon était aussi du quart de Brie du pitre de l'Ump... et que Jacob et Copé ne font pas spécialement reluire ce qui reste du gaullisme (sont plutôt côté OAS et Vichy, ces deux-là... suivent Buisson ardent). Je trouve dommage qu'on ne reparle pas d'Elie Kagan, le seul photographe de presse qui a "suivi" tous ces événements. Il est faux, aussi, de dire qu'il n'y eut pas de réactions (excusez du mot) : deux jours après, on manifestait sur les grands boulevards (j'y étais)... Nous étions lecteurs de Libération (l'autre, pas celui de Demorand), de France Observateur, de l'Express et aussi de l'Humanité, voire de TC. Trois mois et demi plus tard, il y avait Charonne et, une fois encore, les troupes tueuses de Papon (dont nos chers harkis)... Je rappelle à nos auditeurs qu'il y eut aussi une sévère pétition signée pour la première fois depuis longtemps par Sartre et Aragon et autres grandes plumes qui comparaît la Porte de Versailles et Vincennes au Vel d'Hiv' de 42. Je rappelle que Roger Frey couvrit tous ces massacres... ainsi que Michel Debré. Quand ils ne justifiaient pas les assassinats.
Le journal le Monde mets en ligne les photos d'époque : Exposition photo sur le massacre des algériens

Evidemment si on paralait aussi des massacres de Guelniche et Sétif et plusieurs autres villages on n'a pas mal de "jours mémoriels" sans compter sur ceux d'Afrique dite subsaharienne :

Massacres en 1945 Setif, Gelma, Gelniche

Pour ceux qui demande la fin de la plainte et de la repentance savent bien l'enjeux de la vérité ..Les fameux droits de l'hommes et les Lumières qui aurait fait de notre pays un exemple mondial à suivre.

Là on est bien loin du rêve ...
Oui, il était temps. Même si ce bref communiqué n'est que la moindre des choses.
Enfin, la réaction de la droite vous réconcilierait presque avec le PS. Quel dégoût. (Y a encore de vieilles momies Algérie Française dans l'électorat UMP ou quoi?)
Sur cette déclaration, un commentaire lu sur médiapart que j'ai trouvé très judicieux :

" Espérons que des historiens rectifient le communiqué du président qui semble avoir séché quelques cours d'histoire - géographie :

« Le 17 octobre 1961, des [s]Algériens[/s] Français qui manifestaient [s]pour le droit à l’indépendance[/s] contre un couvre-feu à la seule intention des Français de confession musulmane nés dans le département algérien de la France ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » "
Un petit troll, mais pas vraiment pour un site consacré à la critique des médias :

http://www.marianne.net/Le-nouveau-panurgisme-mediatique_a223517.html
Communiqué - 17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression.

La République reconnaît avec lucidité ces faits.

Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes.


Ce communiqué est remarquable par sa sobriété.
L'hommage du Président de la République à la mémoire des victimes est rendu.
Les faits y sont reconnus dans une globalité qui laisse à ceux qui ne l'ont pas encore fait, la possibilité (le devoir) de chercher à en savoir plus.
Elle met en évidence, par contre, l'insondable cuistrerie de ceux qui (tels François Fillon ce matin) le dénoncent en termes grossiers ("J'en ai marre, etc").
Voté pour cet excellent 9.15

Quand on parle de cette époque, 1961, il faut rappeler aussi, pour autant que je me souvienne, que la société française
était extrêmement traumatisée, entre les attentats de l'OAS, les crimes du FLN, le putsch des généraux OAS, la guerre d'Algérie
(les "événements"...) qui touchait presque toutes les familles qui voyaient partir là-bas leur fils (service militaire de trois ans)
après quelques mois d'instruction en métropole.

Les jeunes en âge de faire leur service redoutaient beaucoup d'être envoyés combattre en Algérie.

Et, couvercle sur la marmite, une information dénaturée aux ordres du gouvernement.
Hors sujet et ça n'a vraiment rien à voir, hormis le silence:
Que se passe-t-il à Notre Dame des Landes? Ça ne mérite même pas un "vite-dit"?
[quote=Daniel Schneidermann]Comme toujours, d'ailleurs, il apparait que la vérité n'est pas manichéenne.(...) Faire la lumière, la faire toute, prendra encore du temps.

Mais étant mon intention d'écrire chose utile à qui l'entend, il m'est apparu convenir davantage devoir suivre la vérité effectuelle de la chose (la verità effettuale della cosa) plutôt que l'imagination que nous nous en faisons. Machiavel, Le Prince, chap. XV

Machiavélienne, ainsi, la vérité n'est pas machiavélique. Car ce que le réel contraint de supporter n'est pas pour autant justifié. Qu'outre la stupidité, le mensonge et le crime soient, l'un toujours, et l'autre tout de même moins, l'ordinaire de la politique, ne signifie pas qu'il faille s'en accommoder. Les hommes politiques se distinguent précisément en ceci que certains commettent (non sans "aides"), et d'autres s'aveuglent devant "la chose" ou la "tolèrent", alors que les meilleurs combattent ce qu'ils ne peuvent empêcher. Il ne saurait donc être question de considérer de la même façon ces derniers (et le pays qu'ils ont sauvé de la honte et de l'abjection), et ceux dont ils ont dû combattre comme ils ont pu les méfaits: cela dit, non tant en défense, qu'en illustration de de Gaulle. Machiavel, quant à lui, alla jusqu'à rappeler que les fondateurs d'État, ou grands législateurs: Romulus, Lycurgue et, même, Moïse, ne firent pas exception. Assimiler, comme vous le faites encore, la France au Sarkosistan* est ainsi une déplorable facilité en laquelle vous vous discréditez, ce qui cependant ne me conduit pas, bien au contraire, à ne pas saluer, par ailleurs, votre lucidité. La passion partisane dans ses lapsus de pensée peut être patiemment supportée dès lors qu'elle n'affecte pas le régime normal de l'esprit de qui s'y laisse aller. Principe de charité, sinon considération de la dure médiatique nécessité.

* Sarkozistan un jour, Sarkozistan toujours. pour finir de vous citer.
Assez régulièrement et depuis plus de 20 ans, Daniel Mermet revient (et il est bien le seul) sur cette "journée particulière" dans La-bas si j'y suis... des émissions trèèès intéressantes mes frères ! Voici le lien pour se les remettre en mémoire le cas échéant :

http://www.la-bas.org/recherche.php3?recherche=octobre+1961
Quand j'ai découvert, il y a une vingtaine d'années, avec le bouquin d'Einaudi, la réalité historique du 17 octobre 1961, je n'ai pas compris pourquoi je n'en avais rien su avant: je me rappelais parfaitement de Charonne, et de l'intense émotion soulevée dans tout le pays par ce "massacre d'État" (voir le livre d'Alain Dewerpe) . Par contre pas le moindre souvenir de ce massacre tellement plus sauvage qui avait eu lieu quelques mois plus tôt.

Deux aspects sont en cause: d'une part le silence des médias. Mais aussi le silence des partis de gauche et des syndicats: dans leur indignation, 9 morts "français de souche" (le mot n'existait pas encore, mais la chose, oui) pesaient tellement plus lourd que 70 ou 400 (on n'a toujours pas de chiffre officiel consensuel!!!) morts moins "de chez nous". Pourtant, y aurait-il eu 9 morts à Charonne si la réaction à ces 70/400 morts avait été "normale"?

Le silence des pantoufles précède et annonce le bruit des bottes.

Sur quoi faisons-nous silence aujourd'hui?
Bonjour,
Je suis en thèse et je travaille sur Bloody Sunday, je suis donc très intéressée par ce sujet car c'est aussi un massacre d'Etat lors d'une manifestation.
En 2009, pendant les commémorations de Bloody Sunday, je me souviens avoir vu Jean-Luc Einaudi parler de ce massacre. Ils avaient diffusé un film, censuré en France pendant très longtemps, et intitulé "Octobre à Paris".
Je trouve vraiment excellent que Hollande ait jugé bon de prendre le contrepied de la position sarkoziste "anti-repentance" (mot qui me hérisse de plus en plus). En revanche, je suis simplement atterrée par les réactions négatives que j'entends de toutes parts (notamment ce matin sur RMC).

Les gens n'ont aucune idée de la façon d'appréhender l'histoire.
Pour commencer, ils ne font souvent pas la différence entre responsabilité morale des individus, et responsabilité de l'institution. Ce qu'on demande, lorsqu'on demande la reconnaissance officielle d'un événement, c'est la reconnaissance de la vérité, et celle de la responsabilité de l'Etat en tant qu'institution. Ce n'est pas une séance d'auto-flagellement collectif des citoyens Français d'aujourd'hui.
Nous n'étions pas responsables de ce qu'il s'est passé, en ce qui me concerne, je n'étais même pas née, nous n'avons pas à nous sentir moralement responsables de cet événement. Mais nous devons le reconnaître.

Les gens qui parlent de la nocivité de la "repentance", de la "culpabilisation", n'ont tout simplement pas compris cela. Notre rapport à l'histoire de notre pays ne peut pas être un rapport passionné, sinon tout est fichu. Je le compare souvent à la relation que l'on a avec ses parents: l'enfant défend à cors et à cris ses parents contre toute accusation, ne supporte pas qu'on les critique de la moindre manière, qu'ils soient en tort ou pas. Lorsque l'on atteint la maturité intellectuelle, en revanche, on est censé être capable de ne plus prendre pour argent comptant ce que disent nos parents, on a atteint une capacité à se distancier de façon critique, même si on garde un rapport affectif privilégié avec eux.
Pour le pays, c'est pareil: on aime son pays parce qu'on y est né, qu'on y a grandi, mais si on est incapable d'entendre la vérité sur son histoire sans avoir une réaction épidermique de rejet et de déni, alors on n'a pas atteint la maturité nécessaire pour réfléchir à l'histoire.

D'autre part, j'entends des arguments complètement à côté de la plaque qui demandent pourquoi Hollande "ne reconnaît que ce massacre-là et pas celui des autres". Est-il vraiment besoin de répondre à cette question? Ce n'est tout de même pas bien compliqué: l'Etat français reconnaît ce massacre en particulier parce qu'il a été perpétré par des représentants de l'Etat français! Ce n'est pas à l'Etat français de reconnaître des massacres perpétrés par les autres!
En revanche, une fois que l'Etat français est "clean" et a reconnu ses propres actions honnêtement, il peut prétendre demander aux autres qu'ils en fassent autant. Ceux qui se plaignent n'ont donc pas compris qu'en faisant cela, Hollande a en réalité augmenté les chances d'obtenir une reconnaissance similaire venant de "l'autre côté".
« Pas touche à de Gaulle ! »

Dit par le porte-parole d’un parti où l’anti-gaullliste Buisson a plus que jamais ses grandes entrées, c’est assez croquignol, non ?

Bon, pour une fois que Fromage Mou se fait dur, on ne va pas tordre du nez.

Au fait, le vice-président Manuel Valls qui a repris la place de Papon, il en pense quoi, lui, de l’action de la police française, toujours zélée quand il s’agit de s’occuper d’immigrés un peu moins célèbres que Ray Charles ?

(J'avais écrit "il ne pense quoi". Belle coquille, non ?)
[quote=Excellente initiative de Patrick Cohen]
Ah ? Ca lui arrive ? Je le note dans la colonne "bons points" désespérément vide le concernant...

Pour le reste je suis pour la recherche historique et la reconnaissance officielle des faits, mais plutôt contre les séances de repentance à rebours inutilement culpabilisantes pour des générations de français que ça ne concerne plus. Chirac avait ouvert la voie avec Vichy, et depuis on nous colle du devoir de mémoire tout au long de l'année. Fatigant.
"Pour comprendre le déchaînement policier du 17 octobre, il faut aussi se souvenir des attentats perpétrés par le FLN, les jours précédents, contre de nombreux policiers en uniforme et et civil."

Ces attentats ne faisaient que répondre à la torture qui se pratiquait alors nuit et jour à Paris dans des locaux de la Préfecture de police. En plus d'Einaudi, il faut aussi lire et relire Pierre Vidal-Naquet.
Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.