Bernard, le malade que "tous les Français aiment..."
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Bernard, le malade que "tous les Français aiment..."

"...parce qu'il ferraille contre l'Etat depuis 25 ans"

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Il ne rêve plus, il ne fume plus. Il est malade. Atteint d’un “cancer de l’estomac et de l’oesophage”, Bernard Tapie est “fatigué”, “amaigri” et “pâle”. Mais il est bien entouré. Depuis des mois, journalistes et animateurs sont à son chevet. Laurent Delahousse, Pascal Praud, Ruth Elkrief, Ali Baddou, Jean-Michel Aphatie, Anne-Elisabeth Lemoine, Jean-Marc Morandini, Cyril Hanouna et Michel Denisot prennent régulièrement de ses nouvelles. Et en donnent surtout aux téléspectateurs de France 2, France 5, C8, Cnews et BFM. “C’est toute la France qui a un peu de [son] cancer”, a résumé un vieil homme avec une Rolex. Si vous ne lui avez pas encore rendu visite, voici des nouvelles de Bernard, le malade le mieux suivi médiatiquement.

Il y a des malades du cancer qui se battent en silence. Il y a des malades du cancer qui ont besoin de parler, pour eux, pour les autres, pour témoigner.

Et puis, il y a Bernard. Un malade à part. D’abord parce qu’on connaît, grâce à lui et à la presse, le moindre détail de sa maladie au point de pouvoir presque cartographier ses cellules cancéreuses. Et aussi parce que Bernard a la chance d’être très bien entouré.

La semaine dernière, c’est Jérôme (Béglé, du Point) qui lui a rendu visite. Bernard et Jérôme ont discuté pendant des heures et immortalisé leur rencontre par une photo-souvenir :

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 Jérôme a raconté son entrevue à Ali (Baddou, de France 5). Un journaliste très à l’écoute lui aussi :

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Ali : “Comment l'avez vous trouvé ?”

Jérôme : "La première fois, fatigué, amaigri, pâle. Et la dernière fois, je ne vais pas dire en pleine forme mais il avait retrouvé son peps, son tonus, il bougeait pendant l'interview, il faisait des moulinets avec ses bras, il apostrophait. Donc en forme ascendante pendant un mois”.

Ali : “Il en est où la ?”

Jérôme : “Il va comme quelqu'un qui a eu une chimiothérapie d'un bon mois avec six séances, une opération de cinq heures au cours de laquelle on lui a retiré les trois quarts de l'estomac et la moitié de l'oesophage. En plus, pendant l'opération, on lui a sorti le poumon droit, je suis désolé des détails, de façon à bien retirer la tumeur qui était mal placée. On lui a replacé ensuite le poumon. Donc évidemment c'est une opération lourde, exténuante”.

Petite précision de Jean-Michel (Aphatie, de France 5), qui a lu le dossier médical de Bernard dans Le Point : “Il imagine qu'il y aura une deuxième séance de chimiothérapie qui va arriver, donc il comprend lui-même qu'il y a évidemment encore beaucoup de souffrances devant lui”.

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Il est malade, Bernard. Et France 2, France 5, C8, Cnews et BFM s’occupent bien de lui. Car depuis des mois, pas une semaine sans un check-up médiatique.

Son cancer a été diagnostiqué médiatiquement le 24 septembre 2017 par Le Parisien.

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Dès le lendemain, sur Cnews, on apprend d’un de ses amis “qu’il a fait sa première chimio, vendredi et ça s’est très bien passé. Une chimio en plus, où on a mis la dose pour tout faire pour l’en sortir”.

Deux mois de repos plus tard, Bernard retrouve un peu d’énergie et décide de se promener avec Laurent (Delahousse, de France 2). 

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Ils ont fait quelques pas “dans les jardins des Tuileries” et Laurent s’est montré très à l’écoute : “Ils vous disent quoi les médecins ? C’est une course contre la montre ? Il y a la chimio ? Il y a une opération potentielle ? Ils vous disent quoi les médecins ? Il faut se battre ?”

Oui, il faut se battre. Bernard se bat, Laurent écoute. C’est un bon confident Laurent, il sait vous faire parler : “Vous ne vous posez pas la question de savoir… après quoi j’ai couru pendant toutes ces années ? Qu’est-ce que j’ai voulu faire, démontrer, raconter finalement ? C’est quoi la reconnaissance, la gloire, le pouvoir, l’argent ? Il y avait quoi d’important dans tout ça ?”

Vingt-deux minutes de balade sur France 2 à une heure de grande écoute. Ca lui a fait du bien à Bernard. Et à ses proches aussi : “C’est une interview très touchante, c’est bien qu’il parle, on est tous concernés…” (Jean-Michel, de France 5), “J’ai été très touché de le retrouver aussi gouailleur… J’ai aimé le voir aussi combatif, ça m’a fait tellement du bien” (Faustine, de France 2 sur Canal+), “Je l’aime beaucoup” (Cyril, de C8), “C’était un très grand moment de télévision, c’était une très belle interview, c’était quelque chose d’admirable” (Michel, sur Europe 1).

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Les marques de sympathie se multiplient. Comme ce tweet, repéré par Pascal (Praud, de Cnews) :

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Commentaire de Pascal : “Je trouve qu’il y a beaucoup d’émotion dans ce tweet, beaucoup d’élégance, beaucoup de choses qui nous touchent (...) Un homme face à la maladie, ça a touché le plus grand monde”.

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En janvier, LCI nous apprend que Bernard est sur la table d’opération.

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L’occasion pour Jean-Marc (Morandini, de Cnews) de lui souhaiter “de se remettre très vite et très bien”. Et surtout de faire un point sur “la communication des stars françaises face à la maladie”

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Il est comme ça Jean-Marc : un communiqué sur une opération et une recherche google plus tard (tapez les mots clés “stars malades”) et vous avez 10 minutes de télévision sur une chaîne d’information en continu. Bernard est malade ? C’était le cas aussi de France Gall et Johnny (“cancer”), mais aussi Marthe Mercadier (“Alzheimer”), Laetitia Millot (“Endometriose”), Enora Malagré (“Elle s’est fait retirer l’utérus”). Cela n’a rien avoir, mais il est comme ça Jean-Marc, il ne peut pas s’empêcher de faire du journalisme de qualité.

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Quelques semaines après son opération, c’est Ruth (Elkrief, de BFMTV) qui prend des nouvelles de Bernard. 

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Comment va-t-il ? “Je suis dans une séquence plus difficile que les autres. Après 4 mois de chimio, une opération, je suis dans une séquence un peu dure”. Ruth s’inquiète : “Comment vous tenez ?”. Grâce à l’entourage : “Je suis formidablement touché par tous les témoignages”, confirme le malade.

Et parmi les témoins et les proches, il y en a un qui a une place à part. C’est le vieil homme à la Rolex. Il s'appelle Jacques (Séguéla, retraité d’Havas). Dès le lendemain matin du diagnostic du Parisien, le 24 septembre, il donne des nouvelles de Bernard à Pascal sur Cnews : “Comme tous les boxeurs, il prend un coup à l’estomac parce que c’est à l’estomac que ça se passe. Il met un genou à terre et 48h après, le fighter était revenu”.

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Jacques en est convaincu, tout le monde est derrière Bernard : “Je me promène dans les rues avec lui, pas une seule fois, je n’ai pas vu s'agglutiner autour de lui des gens, mais qui tiennent toujours le même discours. “Bernard, on est avec toi. Bernard, on les aura. Bernard te laisse pas faire, Bernard vas-y”. Et Jacques de poursuivre : “Bernard, on est avec toi pour ce combat et on ne te laissera pas tomber. Tu as vu déjà les Français se mobilisent, c’est toute la France qui a un peu de ton cancer qui va le partager, c’est toute la France qui va guérir de cette saloperie”.

“LES FRANÇAIS L'AIMENT PARCE QU'IL FERRAILLE CONTRE L'ETAT DEPUIS 25 ANS”

Après être passé chez Pascal le matin, Jacques a de nouveau donné des nouvelles de Bernard le soir chez Anne-Elisabeth (Lemoine, de France 5). Oui, c’était important que les téléspectateurs de France 5 soit aussi bien informés que ceux de Cnews. 

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Comme prévu, Jacques répète au mot près ce qu’il a dit le matin même. Avec une précision sur la nature du soutien des Français : “Une partie de la France est en train de partager son cancer parce qu'il en a tellement bavé. 25 ans de combat, c'est pour ça que les Français l'aiment. Les Français l'aiment parce qu'il ferraille contre l'Etat depuis 25 ans. Donc ils se reconnaissent en lui, ils veulent qu'il gagne. Quand il ferraille sur les sommes qu'on lui réclame, eux, comme ils n'ont pas fini de payer leurs impôts, bah ils sont de tout coeur avec lui”. C’est bien connu, tous les contribuables doivent plusieurs centaines de millions d’euros à l’Etat.

Et gare à ceux qui exprimeraient la moindre réserve sur Bernard. André Ciccodicola, ex-directeur de la rédaction de L’Humanité Dimanche en a fait l’expérience chez Pascal quand il a osé s’interroger sur le bilan professionnel de Bernard.

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Ciccodicola : “Comment est-ce qu’on devient, en dix ans, c’est rien dix ans, millionnaire, vingtième fortune de France, quand on n'est ni un héritier, ni un artiste, ni un inventeur de génie et qu’on n’a pas gagné au loto. Eh bien, il a montré ce qu’on peut faire du système (...)

Pascal : “C’est pas vraiment le sujet de ce matin. André, si vous le permettez”

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Ciccodicola : “Je sais bien. Quand je dis ça, je n’en veux pas plus à lui, et sûrement moins à lui, qu’à ceux qui vont planquer leur pognon, les 90 milliards d’euros qu’on va (…)"

Pascal : “C’est pas le sujet, franchement. Moi je n’ai pas envie de rentrer là-dedans. Il y a un homme qui est malade, et c’est tout".

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Il est malade, Bernard. Comme Mariannick, Henri, Lisette, Marcelle et tous les autres qui n’ont pas été aussi bien suivis médiatiquement. Il est malade, Bernard.

Tapie, lui, est attendu au tribunal avec tous ses amis. Mais c’est une autre histoire, racontée ces dernières semaines dans Le Canard enchaîné et sur Mediapart.

Pipe-du-bas
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