Mélenchon, Drucker, et les violences
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Mélenchon, Drucker, et les violences

"Salaud, larbin", et depuis hier soir, "laquais" :

ce sont les qualificatifs attribués à Pujadas par Mélenchon. C'est violent. A la décharge de Mélenchon, sa violence verbale est une violence évidente, une violence qui se montre, qui se revendique. Alors que la violence de Pujadas dans les questions à Xavier Mathieu, délégué CGT chez Continental, cette violence-là n'apparaît pas forcément au premier visionnage. "On comprend votre désarroi" dit Pujadas à l'ouvrier en lutte, avant de tenter, à trois reprises, de l'amerner à désavouer ses camarades, qui viennent de dégrader la sous-préfecture de Compiègne. Pujadas connait les codes télé. Il connait les recettes de l'enrobage. Il ne dit pas qu'il préfère écouter le patron plutôt que l'ouvrier, ce qui contreviendrait à son devoir sacré d'objectivité. Pujadas regrette simplement, dans une autre déclaration fameuse, que ses chers confrères, selon lui, préfèrent donner raison a priori au "salarié" plutôt qu'à "l'entreprise". Irréprochable.

Mélenchon, lui, les fracasse, les codes. Ou en crée d'autres, ce qui revient au même. Il n'y a qu'un petit problème, tout petit, dans la posture mélenchonienne. Mélenchon va aller s'asseoir dans le canapé rouge de Drucker. Si on l'a bien compris, à RTL, il le justifie en expliquant qu'il ne voit pas pourquoi seuls les politiciens bourgeois, pro-traité de Lisbonne et bien-pensants, auraient droit au canapé rouge. Drucker pour tous ! C'est la revendication de Mélenchon.

La question qui se pose est donc, en toute logique, la suivante. Mélenchon considère-t-il Drucker aussi comme un salaud, un larbin et un laquais ? Si non, en quoi l'homme du "je veux vous foutre la trouille", celui qui menace les expatriés fiscaux de ne plus pouvoir rentrer en France, en quoi considère-t-il que l'entreprise de dépolitisation dominicale de Drucker, son exhibition hebdomadaire de chienchiens à leurs ministres et de photos d'enfance des expatriés fiscaux du showbiz, en quoi considère-t-il cette émission plus supportable que les questions de Pujadas ? Et si oui, si la violence sucrée invisible de Drucker parait aussi insupportable à Mélenchon que les questions de Pujadas, le lui dira-t-il en face ?

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