United Airlines, Spicer : deux bad buzz
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United Airlines, Spicer : deux bad buzz

Ça se passe à bord d'un vol de United Airlines.

La compagnie a pratiqué le "surbooking". Entendez qu'elle a vendu davantage de billets qu'il n'y a de places disponibles, d'autant qu'au moment de l'embarquement, se présentent quatre employés d'une compagnie associée, membres de l'équipage d'un autre vol, qu'ils doivent rejoindre. Trois passagers régulièrement enregistrés acceptent les dédommagements proposés par la compagnie, pour prendre le vol suivant. Mais il faut quatre places. Un quatrième "volontaire" est donc tiré au sort. Il refuse catégoriquement de descendre. Il est médecin, dit-il, et des patients l'attendent. Mais il a été tiré au sort. Des policiers l'arrachent à son siège, et le trainent dans l'allée centrale, pour le tirer hors de l'avion. Dans l'opération, il a été légèrement blessé à la tête. Il saigne. D'autres passagers filment l'expulsion de l'avion.

Les images deviennent virales, et déchaînent sur les réseaux sociaux une créativité débridée contre la barbarie de United Airlines (pour un échantillon, c'est ici). Cette viralité va jusqu'à rivaliser, dans le bruit médiatique étazunien, avec la dernière fulgurance du porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, lequel, dans une aventureuse comparaison de tyrans avec Assad, explique que Hitler, au moins, n'a pas utilisé les armes chimiques "contre son peuple" (même si bien entendu, Spicer est au courant de l'existence de "holocaust centers", expression que je peine à traduire en français. Centres à holocauste ? Centrales à holocauste ?) Il y a des jours comme ça, où l'actualité se bouscule.

Bref, aux Etats-Unis et dans le monde, toute la presse compatit avec le passager arraché à l'avion. De manière assez générale, il est considéré comme la victime de l'épisode, avec des titres comme celui-ci :

Toute la presse ? Non. Presque toute. Il existe au moins un journal, pour lequel la victime... n'est pas le passager :

Ne croyez pas que l'on s'acharne ici sur le quotidien patronal de Bernard Arnault, et sur son directeur délégué Dominique Seux, après la chronique de Romaric Godin sur la chronique "martienne" de Seux, et notre matinaute d'hier. Simplement, il est bon de rappeler qu'il est toujours possible, sur la narration d'un même événement, et même dans les cas extrêmes, de choisir qui tiendra le rôle de la victime.

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